AID Association initiatives dionysiennes
2 milliards d’€ sur et à l’eau....

CONTRE LA NOUVELLE ROUTE DU LITTORAL ?

... Sans garantie de résultat

jeudi 1er décembre 2011 par JMT

Chronique de la route en cornisse !

Ce serpent de terre... et de mer, qui hante à intervalles réguliers les conversations des 850.000 maîtres d’oeuvre que compterait la Réunion a refait surface pour répondre à des appétits bien réels sous prétexte de répondre à des besoins supposés : il est clair qu’après des décennies d’abrutissement à la pub pour la bagnole, le tuning et le bling-bling, il serait inconcevable qu’un nouveau morceau d’autoroute , prétendue ou rêvée comme telle n’ait pas son lot de partisans forcenés, le nez braqué sur leur nombril et se foutant autant du lendemain qu’ils se foutent et se sont foutus du passé.

Le choix de société est maintenant clair : dans une économie qui va croître de 0,3% en 2012 au lieu des 1,75% encore espérés en Mai 2011, il va falloir abandonner les "éléphants blancs" dont le projet de la NRL est, si on en tire les conséquences, un des meilleurs représentants. Comme chacun sait, les promesses n’engagent que ceux qui y croient et un protocole de Matignon peut s’évaporer aussi facilement que des dizaines de traités jurés crachés sous l’impérieuse raison d’Etat. Surtout si le locataire de Matignon change....

Dans certains lieux on fait voter les morts, ici on voudrait les appeler à la rescousse ? On prétend assurer, à grands frais, le risque zéro, les ingénieurs japonais de Fukushima voulaient nous faire croire qu’ils l’avaient fait. Mais le risque zéro n’existe nulle part, on commence à s’en rendre compte, pas encore tout le monde mais ça viendra.

En 2007 on a vu que même les plus grosses compagnies d’assurance et banques au paradis du capitalisme financier triomphant pouvaient faire faillite. Les mauvais rêves doivent faire faillite avant de tourner au cauchemar. Il nous faut construire un monde vivable, ici comme partout.

LE MEMOIRE REMIS A LA MAIRIE DE SAINT DENIS

PDF - 149.4 ko
Memoire AID 1er Décembre 2011

Véronique Veinberg a annoncé sa signature après remise du mémoire.

Cafeco 165 : La Nouvelle Route du Littoral

Une sécurisation nécessaire ? Une nécessité économique ? Une argutie électorale ?

« Pizzeria Napoletana » Mardi 28 Juin 2011, de 18h à 20h30 , 65 Rue Alexis de Villeneuve (entre rue Auber et Rue Gounod) Présentation par Bruno Bourgeon

Carte de la route du Littoral

Le diaporama du 28 juin 2011 en version .pdf

PDF - 1.4 Mo
Diaporama pdf

Quelques points techniques

la "couverture" des 5 premiers km...

...que certains proposent depuis des années est une vue de l’esprit, car il faudrait de surcroît, comme sur tous les pare-avalanches des Alpes qui servent de modèle où des blocs (et pas seulement de la neige pulvérulente) doivent dévaler, créer un talus au dessus afin que les blocs roulent directement à la mer et ne tombent pas sur l’ouvrage : on ne sait guère faire à un coût supportable une voûte capable de supporter quelques millions de tonnes voire quelques centaines de tonnes tombant de 100 ou 200m

Pourquoi la falaise est dangereuse

un célèbre Ingénieur Général des Ponts et Chaussées, qui s’appelle opportunément Monsieur Rocher, de passage à la Réunion a énoncé une vérité première qui est que le devenir inexorable d’une falaise c’est de finir en talus.... donc de s’ébouler et de s’effondrer. C’est normal ! c’est la nature !

La route est en pied d’une falaise qui est fragilisée essentiellement par la circulation interne de l’eau, qui peut se mettre sous pression lors des pluies si les fuites sont inférieures aux apports ( 200 m de hauteur d’eau ça fait 20 bars, 10 fois la pression maxi de vos pneus de voiture) et secondairement par l’érosion de surface.

La première déclenche les grands glissements (jusqu’à plusieurs millions de m3 potentiellement au Cap Bernard) : il faut considérer que la falaise ressemble à une charlotte aux fraises, des tranches de basalte (le gâteau) plutôt résistant séparées par des couches inclinées de cendres et de divers matériaux ayant peu de cohésion (la crème et les fraises. )

Que se passe-t-il quand vous tentez de couper une tranche verticale (alias fissures verticales) ? tout peu s’écrouler dès que cela n’est plus parfaitement vertical. Or les couches de cendres et les couches de basalte sont inclinées car elles sont consécutives à des coulées volcaniques dévalant vers la mer. Tout celà tient debout grâce au frottement.

L’’eau est un excellent lubrifiant ! surtout si elle se met en pression .... au barrage de Longarone sur la rivière Vaiont en Italie du Nord en 1963, après des pluies diluviennes, 260 Millions de m3 de montagne ont ainsi glissé d’un coup quand l’eau du lac de barrage établi au pied a diminué ce frottement et il y a eu plus de 2000 morts suite à la vague qui est montée à plus de 240m de haut sur l’autre versant de la vallée.

La deuxième provoque les chutes "de superficie" que les filets posés au fil des ans peuvent guider (limite 50T par "événement", en blocs de 5T maxi)

Pour l’instant on néglige l’influence des séismes qu’on considère comme faibles et peu dangereux à la Réunion... Des changements dans le fonctionnement du volcan pourraient modifier cet état de fait mais cela mettrait alors plus généralement en péril l’existence même de l’Homme à la Réunion nécessitant probablement l’évacuation partielle ou totale de l’Ile ce qui est un autre cas de figure (le cas d’évacuation partielle est arrivé à Montserrat aux Antilles)

c) donc les deux seuls moyens de sécuriser une route "à terre" sont :

1- de faire un tunnel LOIN de la falaise (éloigné d’au moins sa hauteur) : mécaniquement celui-ci servira de drain pour les eaux qui y circulent donc diminuera de plus fortement les glissements en grande masse. Les fissures peuvent provoquer des catastrophes : au Japon au tunnel de Toyohama près de Furubira le 10 Février 1996 un bloc de 50.000 tonnes a écrasé un tronçon de tunnel avec 20 personnes dans un bus et une voiture qui passaient par là .

Il faudra donc une exploration méthodique de tout le massif avec éventuellement des injections pour "solidifier" et faire jouer l’effet de voûte de la roche autour et au dessus du tunnel (vous pensez bien que ce n’est pas le béton du tunnel qui supporte le poids des roches au dessus, encore moins dans le cas du Mont Blanc :-)

2- de retailler en redans ("escaliers") d’une hauteur maximale telle (20m ?) qu’on puisse contrôler les chutes de surface et les glissements en masse pour que ça n’atteigne plus la route.

En sous produit, on pourra, si les redans sont assez larges reconstruire la route plus haut si besoin est (fonte des glaces polaires par exemple, ça peut aller très vite !).

Et éventuellement aussi ça peut donner lieu à des opérations d’urbanisme..... on aime ou on aime pas....normalement on ne devrait pas trop aimer.... à cause du biotope de la falaise qui va prendre une mégaclaque, qui sera dur à reconstituer mais ce n’est pas infaisable si on phase les travaux par tranches en déplaçant les biotopes d’une tranche à l’autre. Et vu les conneries qu’on a faites ou laissé faire en d’autres endroits de la Réunion sans aucune contrepartie positive....

Variante un peu mégalo :

* un immeuble gigantesque collé contre la falaise sur toute sa surface, ancré en elle, profondément pour constituer un gigantesque bloc "autostable" de quelque 200m de haut (+ fondations à cheval sur la route actuelle)) et d’environ 3km (du Cap Bernard à la ravine du PR5)

* avec des zones "naturelles" reconstituées, certaines inaccessibles ("refuges pour oiseaux") certaines accessibles ("zones de loisirs")

* avec des parties "techniques" creusées dans la falaise, en partie haute, si on donne un "fruit" (pente à la façade de l’immeuble)

* avec des puits et des drains permettant de contrôler la circulation de l’eau pour éviter certains problèmes.

* comportant des circulations intérieures

* avec des logements, des zones d’emplois, des services publics

* une ville en somme avec vue imprenable sur l’océan pour tous : 60 étages * 3000m de façade divisé par 5m de façade /personne= 36.000 personnes disposant chacune de 50 à 150m2.(locaux habitables+ circulations+ parties techniques)

d) en attendant il FAUDRA de toute manière si on veut garder la route circulable dans les conditions actuelles tant qu’on en aura besoin :

1- réparer les "renards" c’est à dire l’entraînement des particules fines par la circulation d’eau dans la route qui crée des cavernes où elle peut éventuellement s’effondrer (c’est déjà arrivé il y a quelques années)

renard sur la RL suite à GAEL le 19 Février 2009

2- réparer le "mur en terre armée" qui sert de support côté mer. On y a déjà mis 90 millions de francs en 1998 mais du fait de la circulation d’eau salée il semble que les armatures aluminium qui permettent au remblai de tenir se corrodent donc le remblai pousse sur la paroi QUI N’EST PAS UN MUR DE SOUTENEMENT, et qui ne retient qu’une hauteur de moins d’un m par tranches successives indépendantes (d’où les écailles).

3- élargir côté mer la digue de tétrapodes (blocs "pyramidaux" à 4 pointes), ce qui permet éventuellement de ne pas réparer le mur (les blocs peuvent reprendre les poussées des terres) mais il faut dans ce cas une masse suffisante et il faut dissiper l’énergie de la houle :

vue de vague de houle cyclonique

* soit passivement , donc avec une bande plus large de tétrapodes qui doivent reposer sur une fondation stable donc loin sous l’eau par rapport aux premiers émergés (à Beyrouth avec une côte plus plate cela fait 200m de large, sous la mer qui finit gentiment en vaguelettes sur le sable d’une plage agrandie)

* soit activement en coulant des blocs préfabriqués avec des dispositifs de captage de l’énergie des vagues (par transmission hydraulique vers des turboalternateurs régulièrement répartis) pour éviter qu’elles ne déferlent sur la chaussée comme cela arrive de plus en plus souvent (légère hausse du niveau de la mer de quelques centimètres mais accentuation des phénomènes de houle australe et donc de la hauteur des vagues qui dépassent celles de calcul qui ont fixé à 8,50m NGR la hauteur moyenne de la voie actuelle côté mer.

4- continuer l’entretien des fosses (curage régulier pour éviter que les blocs ne rebondissent par dessus les gabions) et des gabions (le fil d’acier n’est pas éternel et les chocs de pierres peuvent les endommager.)

cette photo de l’effondrement du 24 Mars 2006 montre les différents problèmes : chute de pierres, la fosse, les gabions , le mur en terre armée et tétrapodes

5- prendre toutes mesures utiles pour améliorer la fluidité du trafic aux extrémités (vaste programme comme aurait dit le grand Charles !) et de préférence pour le faire diminuer

PROPOSITIONS D’AID

Nous proposons à court terme, soit 5 ans :

-  de mettre en place un bureau d’optimisation des trajets, de relocalisation des entreprises et de leurs activités, ainsi que du lieu de résidence de leurs employés, accompagner ces mêmes entreprises dans les déplacements de leurs personnels.

-  d’augmenter substantiellement le prix des carburants et de verser en compensation à chaque réunionnais un montant égal en monnaie locale

-  d’offrir simultanément une desserte cadencée et maillée en transports en communs ayant la priorité de passage

-  d’aménager la route de la montagne (RD41) pour augmenter sa capacité d’être un axe alternatif à la RL

-  de poursuivre les opérations de sécurisation actuelles de la RL

-  d’acquérir des barges de transport maritime pour une liaison Le Port-Sainte Marie

-  de réparer la structure du remblai de la RL

-  d’élargir la protection de la digue côté mer entre le PR5 et la Possession, éventuellement avec des dispositifs recueillant l’énergie de la houle

-  de mettre en tunnels du PR5 au Boulevard sud

A moyen terme soit 10 ans :

-  de remettre en place un projet de transport en commun ferroviaire prévu dès le départ pour faire Saint Benoît –Saint Joseph, en maillant le territoire, au moyen de bus de petite taille mais ayant des passages fréquents, à proximité des gares pour éviter de construire de trop grands parkings.

-  d’offrir de nouveaux modes de déplacement (vélos, scooters électriques, petits véhicules à air comprimé)

-  d’étudier et de réaliser progressivement les villes du XXIè siècle à la Réunion

A long terme soit 25 ans

-  en fonction de l’évolution du niveau de l’océan et de l’augmentation de la puissance des cyclones et des houles cycloniques, il sera possible de reconstruire la route plus en hauteur sur la 2eme partie et de raccorder aux tunnels de la première partie (ce qui sous-entend que de nombreux sites urbains de la Réunion seraient noyés, au moins pendant les périodes de tempête !)

COMMENT FAIRE UN CHOIX ?

Il nous semble utile de politiser ce débat, de revenir à la racine des choix de société et leurs justifications. Nous souhaiterions que le choix soit donné aux Réunionnais, et ce n’est pas avec une enquête publique suivant une concertation publique où moins de 200 personnes se sont exprimées qui pourra rallier la majorité des avis des habitants de La Réunion.

Il y a d’autres urgences à la Réunion pour utiliser en période de pénurie budgétaire ces 1,6 milliards d’€, plus les rallonges inévitables de dépassement de budget, ne serait-ce que les raccordements non compris dans le budget initial ? Des routes, un train, des écoles, des hôpitaux, des théâtres, des stations d’épuration, la conversion de l’agriculture, la conversion énergétique ?

Qui informe les Réunionnais que d’autres choix sont possibles ? Nous sommes dans une communication institutionnelle depuis des années, dans une logique de crainte, parce que chaque incident ou accident est relayé à outrance, nous avons été conditionnés et il est difficile de se faire une opinion dépassionnée sur ce sujet. Ce choix est aussi fait car les masses d’argent en jeu sont colossales, et une fois de plus l’oligarchie politico-financière va enrichir les grands groupes internationaux.

CREDITS

Dossier rédigé le 30 novembre 2011 pour l’Association Initiatives Dionysiennes par Bruno Bourgeon,

Amendé par Alain Busser, Thierry Denys, Olivier Heye, Gérard Mamet, et Jean-Marc Tagliaferri.

Soutenu par Edwige Guerrier, Etienne Rondeleux, Nila Minatchy, Loïc Damey, Benjamin Coudriet, Christiane Sudnikowicz, Véronique Veinberg, Vanessa Miranville

NB : toute personne voulant soutenir et figure ci-dessus peut envoyer un message à jean-marc.tagliaferri@wanadoo.fr

BREF RESUME ICONOCLASTE

- vive la planification écologique

- ayons le courage de réserver tout de suite une file par sens aux Transports en Commun ET covoiturage sur la route actuelle (avec péage pour les gens seuls !) !

- vivement la transition énergétique

- pas un sou pour des PPP avec les multinationales du BTP

- réquisition publique des locaux vacants pour offrir des logements proches des emplois ce qui réduira la misère et les besoins de déplacement


5 Signatures

Date Nom Message
2 janvier 2012
chicha
4 décembre 2011
charles
2 décembre 2011
Alain Busser
2 décembre 2011
Bruno Bourgeon
C’est dans le Nord-Ouest, c’est au bord de la mer, et les socialistes sont pour, les écolos sont contre, ça se fabrique avec du béton, mais ce n’est pas l’EPR de Flamanville. Qui suis-je ? La NRL œuf corse !
2 décembre 2011
JMT97400
cessons les gaspillages ! non à cette route pharaonique !
Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 2048132

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN !  Suivre la vie du site Transport   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License