AID Association initiatives dionysiennes
Elections indécises en Israël

ISRAEL : coalition à droite toute ?

Sans doute de nouvelles élections dans quelque temps ?

mercredi 11 février 2009 par JMT

Benjamin Netanyahu et Tzipi Livni tentaient mercredi de former leur propre coalition après les élections législatives israéliennes, marquées par une percée de l’extrême droite qui fait craindre aux Palestiniens un gel du processus de paix au Proche-Orient.

Interview - Alain Dieckhoff, chercheur au Ceri, explique à LCI.fr que le résultat des élections est le reflet de la perception sécuritaire qui prévaut dans le pays. Il souligne également que Avidgor Lieberman, le leader d’extrême-droite, arrivé en 3e position, est incontournable quel que soit le futur gouvernement.

Les Palestiniens se montraient maussades mercredi à l’issue des élections législatives israéliennes, qui laissent présager la mise en place d’un gouvernement conservateur opposé au principe de l’échange de terres contre un Etat palestinien.

Avigdor Lieberman, arrivé en 3e position des législatives, est désormais quasiment incontournable pour la formation du futur gouvernement. Tzipi Livni et son parti centriste Kadima disposent d’un siège d’avance sur le Likoud de Benjamin Netanyahu, mais ce dernier est le mieux placé pour former une coalition.

Le parti de Tzipi Livni devance le Likoud de Netanyahu d’un siège, mais ce dernier dispose d’alliés potentiels plus nombreux pour former le prochain gouvernement. Les deux partis crient cependant victoire.

Israël : tractations post-électorales en cours, les Palestiniens inquiets

AFP - mercredi 11 février 2009, 17h50

Benjamin Netanyahu et Tzipi Livni tentaient mercredi de former leur propre coalition après les élections législatives israéliennes, marquées par une percée de l’extrême droite qui fait craindre aux Palestiniens un gel du processus de paix au Proche-Orient.

Le chef du Likoud (droite) Benjamin Netanyahu a rencontré Eli Yishai, dirigeant du parti ultra-orthodoxe Shass, membre de la coalition sortante. Avant le scrutin, la formation religieuse avait retiré son soutien à Mme Livni, du Kadima (centre-droit), qui refusait de laisser la question de Jérusalem en dehors des négociations avec les Palestiniens.

M. Netanyahu rencontrait en soirée Avigdor Lieberman, dirigeant d’Israël Beiteinou, le parti d’extrême droite laïc sans qui aucune coalition ne peut désormais être constituée.

"Nous clarifierons nos positions et ferons notre part du travail pour former le plus vite possible un gouvernement", a assuré M. Lieberman après avoir discuté en matinée avec Tzipi Livni, qui a mené le Kadima à une victoire étriquée.

Les résultats encore officieux donnent 28 sièges au Kadima (29 dans le Parlement sortant) et 27 au Likoud (12). Israël Beiteinou devient le troisième parti israélien avec 15 sièges (11). Le parti travailliste du ministre de la Défense sortant Ehud Barak n’obtient que 13 sièges (19) et le Shass 11 (12).

Ce décompte ne comprend pas le vote de quelque 175.000 soldats - entre 5 et 6 mandats - dont le dépouillement ne devrait s’achever que jeudi.

"Livni a gagné la bataille, mais va perdre la guerre", titrait mercredi le Maariv (centre-droit), alors que le président Shimon Peres doit désigner celui ou celle capable de constituer un gouvernement.

L’issue de l’élection de mardi a aussi suscité l’inquiétude des Palestiniens, déjà échaudés par la guerre menée par Israël à Gaza jusqu’au 18 janvier.

Les responsables palestiniens craignent au mieux une "paralysie" d’un processus de paix israélo-palestinien bancal et, au pire, un regain des violences.

Un gouvernement à forte coloration de droite risquerait en outre, selon les commentateurs, de se heurter à la nouvelle administration du président américain Barack Obama qui s’est engagé à faire progresser la paix dans la région.

Se faisant l’écho des cris de victoire de Mme Livni et M. Netanyahu, les responsables de leurs partis ont affiché une confiance sans faille.

"Je suppose que le président va choisir Benjamin Netanyahu car nous disposons d’une majorité claire", a affirmé le chef du groupe parlementaire Likoud, Gideon Saar.

"Le président va désigner Tzipi qui s’adressera ensuite au Likoud, à Lieberman et aux travaillistes pour constituer un gouvernement d’union nationale", a répliqué Haïm Ramon, vice-Premier ministre sortant du Kadima.

Avigdor Lieberman a d’ores et déjà manifesté sa préférence.

"Nous avons toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite et j’espère que nous y parviendrons", a-t-il dit après le scrutin, exigeant du futur gouvernement qu’il "mette à bas le Hamas" qui contrôle Gaza.

"Il y a une opportunité pour la formation d’un gouvernement d’union nationale qui pourrait promouvoir des questions importantes pour nos deux partis", a indiqué le bureau de Mme Livni après son entrevue avec M. Lieberman.

Mais avec le soutien de l’extrême droite et des formations religieuses, Benjamin Netanyahu apparaît en meilleure position pour former une coalition gouvernementale, sur la base d’une majorité de 65 députés sur 120, contre 55 députés qui soutiennent en théorie Tzipi Livni.

Le président Peres, selon la radio militaire, devrait commencer ses consultations avec les têtes de listes au milieu de la semaine prochaine.

"Il décidera qui sera chargé de la formation du gouvernement en fonction du nombre des mandats et des capacités du candidat à constituer une coalition", a affirmé sa porte-parole, Ayelet Frish.

Israël - "L’électeur moyen s’est porté sur les menaces"

Propos recueillis par Fabrice AUBERT - le 11/02/2009 - 16h56

Interview - Alain Dieckhoff, chercheur au Ceri, explique à LCI.fr que le résultat des élections est le reflet de la perception sécuritaire qui prévaut dans le pays. Il souligne également que Avidgor Lieberman, le leader d’extrême-droite, arrivé en 3e position, est incontournable quel que soit le futur gouvernement.

Crédit Photo : Reuters/R. Zvulun Avidgor Lieberman, le leader d’extrême-droite en Israël

Alain Dieckhoff est directeur de recherches et professeur au CERI (Centre d’études et de recherches internationales)-Sciences Po. Son champ de travail principal porte sur la politique et la société contemporaines en Israël.

LCI.fr : Les sondages avaient toujours placé le Likoud en tête. Finalement, Kadima arrive en première position. Comment expliquer ce retournement de dernière minute ?

Alain Dieckhoff : Il faut relativiser ce retournement puisque les ultimes sondages, en fin de semaine dernière, avaient montré une remontée de Kadima et que l’écart se resserrait. Je vois néanmoins deux éléments pour expliquer ce changement. Il semble tout d’abord que les électeurs qui s’apprêtaient à choisir le parti travailliste aient finalement choisi Kadima dans un réflexe de "vote utile". Pour ceux, la formation d’Ehud Barak, ne pouvant au mieux ne finir que 3e, n’aurait pas été en bonne position pour négocier sa place dans une coalition. Ensuite, le Likoud a été siphonné sur la fin par Avidgor Liebermann et ses positions radicales.

LCI.fr : La campagne a été très terne et a peu passionné les Israéliens. Pourtant, la participation est en hausse par rapport à 2006 (65% contre 63%), où l’élection se déroulait pourtant dans un contexte émotionnel particulier avec l’accident cérébral d’Ariel Sharon.

A.D. : Effectivement, ce chiffre est une bonne surprise. Il montre que la tendance à la baisse de la participation a été enrayée. Les électeurs ont eu le sentiment qu’il y avait bien un enjeu, qui a d’ailleurs été dramatisé par les candidats. Néanmoins, on reste loin des chiffres de participation enregistrées jusqu’à la fin des années 90, qui n’étaient jamais inférieurs à 75%.

"Menaces au Nord, au Sud et à l’Est"

LCI.fr : Droite modérée, droite dure et extrême-droite aux trois premières places, plus bas historique pour le parti travailliste. Comment expliquer ce glissement de la société israélienne ?

A.D. : Dans le contexte de l’après-Gaza, la sensation dominante de l’électeur israélien moyen se porte sur des menaces tous azimuts avec le Hezbollah au Nord, le Hamas au Sud et l’Iran à l’Est. Tous ces éléments contribuent à créer une perception sécuritaire et à donner du crédit -à tort ou à raison- à l’idée qu’il faut avoir des positions intransigeantes. Or il s’agit grosso modo du discours des partis de droite. Ce glissement à droite est également le reflet du désenchantement sur la mise en place d’un accord de paix durable avec les Palestiniens.

LCI.fr : L’ambigüité de la situation peut-elle créer de longues consultations avant la mise en place effective du futur gouvernement ?

A.D. : Tout va dépendre du choix de Shimon Peres. La coutume veut que le président charge le leader du parti arrivé en tête de former le gouvernement. Mais rien ne l’y oblige s’il estime, après ses consultations, qu’une autre personne est plus à même de trouver une coalition. La situation est donc très singulière cette année puisque le premier parti aux élections sera celui qui aura le plus de mal de former la coalition. Et c’est le deuxième qui a le plus de chance d’y aboutir. Shimon Peres laissera-t-il néanmoins sa chance à Tzipi Livni ? Va-t-on faire une impasse politique ? Il est trop tôt pour le dire.

"Impossible de se passer de Lieberman, 3e force du pays"

LCI.fr : Quelle coalition est-elle envisageable ?

A.D. : Il y a beaucoup de combinaisons possibles. Tzipi Lvini et Benjamin Netanyahu vont tout d’abord chercher une coalition qu’ils pourront diriger. Ensuite, ils envisageront seulement de participer à gouvernement d’union nationale où ils ne seront pas Premier ministre et qui intégrera sans aucun doute Kadima et le Likoud.

LCI.fr : Que ce soit avec Kadima et le Likoud, Avigdor Lieberman est-il incontournable ?

A.D. : Aussi bien dans une coalition de droite que dans un gouvernement d’union nationale, il sera difficile, d’un simple point de vue politique, de se passer du 3e parti du pays. C’est encore plus vrai pour Tzipi Livni qui ne peut se passer de lui arithmétiquement. On ne peut pas en effet intégrer les 11 députés arabes à un bloc dirigé Kadima puisqu’ils ont déjà indiqué qu’ils refusaient toute alliance. Donc si Tzipi Livni veut se passer du Likoud, elle devra faire alliance avec Israel Beiteinou à la place. De son côté, pour Benjamin Netanyahu, Lieberman est aussi indispensable. Mais cela ne lui posera pas de problème idéologique. Lieberman vient en effet du Likoud et les deux hommes partagent une très grande proximité de vue sur de nombreux sujets (notamment leur peu d’empressement à poursuivre le processus de paix).

"Processus de paix, relations avec Obama : tout dépendra du Premier ministre"

LCI.fr : Justement, quel avenir pour le processus de paix avec l’Autorité palestinienne avec un gouvernement aussi à droite ?

A.D. : Il est trop tôt pour le dire. Cela dépendra du gouvernement, du Premier ministre et de sa plate-forme. On peut néanmoins envisager que si Tzipi Livni aux commandes, elle reprendra le fil des négociations sur la base d’Annapolis. Si Benjamin Netanyahu est Premier ministre, alors, il ne faudra rien attendre des pourparlers sur le statut final d’un futur Etat palestinien. Il se contentera de proposer, comme il l’a fait pendant la campagne, la "paix économique" en Cisjordanie. Et à l’opposé, il renforcera ce qu’il appelle le "cordon sanitaire" à Gaza.

LCI.fr : Quelles relations entre le futur gouvernement de droite et une administration Obama moins encline à un soutien inconditionnel ?

A.D. : Là aussi, tout dépendra qui de Tzipi Livni ou Benjamin Netanyahu sera aux commandes. Avec la première, on peut s’attendre à des interactions positives plus importantes qu’avec le second. Des accrochages sont mêmes prévisibles dans ce cas puisque Netanyahu fonctionnera sûrement de la même façon qu’entre 1996 et 1999 (ndlr : il était alors Premier ministre) avec Bill Clinton. Néanmoins, il connaît l’importance du partenariat stratégique entre Israël et les Etats-Unis. Il ne pourra donc totalement fermer la porte au nez de Barack Obama si celui-ci lui demande des engagements.

Les Palestiniens moroses après les élections israéliennes

REUTERS - mercredi 11 février 2009, 16h38

© REUTERS2009 par Andrew Hammond et Ali Sawafta

RAMALLAH, Cisjordanie (Reuters) - Les Palestiniens se montraient maussades mercredi à l’issue des élections législatives israéliennes, qui laissent présager la mise en place d’un gouvernement conservateur opposé au principe de l’échange de terres contre un Etat palestinien.

L’Autorité palestinienne a néanmoins fait valoir que le prochain cabinet israélien serait tenu de poursuivre les pourparlers de paix et de respecter ses engagements internationaux.

"La montée de la droite israélienne ne nous inquiète pas", a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas au journal italien La Repubblica. "Une fois que le gouvernement sera au pouvoir, et quelle que soit sa forme, la responsabilité et le pragmatisme prévaudront."

Le Likoud de Benjamin Netanyahu (droite) et le parti centriste Kadima de Tzipi Livni ont tous deux revendiqué la victoire mardi soir, ce qui fait planer un doute quant à l’identité du prochain Premier ministre.

Mais les partis situés à la droite de Kadima - à commencer par la formation d’extrême droite Yisraël Beitenu d’Avigdor Lieberman, arrivée en troisième position - semblent en mesure de constituer un bloc majoritaire. La gauche travailliste d’Ehud Barak aurait réalisé le plus mauvais score de son histoire.

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, dont le gouvernement pro-occidental administre la Cisjordanie occupée alors que la bande de Gaza est aux mains des islamistes du Hamas, a déclaré aux journalistes que l’Etat juif devrait remplir ses obligations internationales.

"Nous supposons que les attentes de la communauté internationale (envers Israël) seront les mêmes que les nôtres", a-t-il dit.

Les Palestiniens font encore face aux conséquences de l’offensive aéro-terrestre israélienne de 22 jours contre la bande de Gaza, qui s’est soldée par la mort de 1.300 Palestiniens ainsi que des milliers de blessés ou de sans-abri.

DIVISION

Israël a décidé cette opération en riposte aux tirs de roquettes provenant de Gaza et visant le sud de son territoire. L’enclave côtière est contrôlée depuis 2007 par le Hamas, qui en a chassé le Fatah du président Abbas.

"Je ne suis pas optimiste au sujet du prochain Premier ministre israélien. Ils ont des visages différents mais leur politique est la même. Livni ou Netanyahu - qui penserait à rendre leurs terres aux Palestiniens ?", fait valoir Osman al Natcheh, commerçant à Hébron.

"Les Israéliens ont voté pour la droite et contre la paix. Nous ne verrons pas de progrès dans le processus de paix au cours des années qui viennent", estime Ali Zaidan, employé de bureau à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.

Les Palestiniens sont très divisés sur le plan politique.

Mahmoud Abbas appuie les négociations de paix avec Israël pour la création d’un Etat en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza.

Le Hamas refuse de reconnaître Israël et tient l’action armée pour le seul moyen de l’obliger à évacuer les colonies juives, tout en proposant une trêve de longue durée aux Israéliens s’ils se replient sur leurs frontières de 1967.

"Nous n’attendons rien d’eux parce que nous sommes toujours divisés", déclare Abou Ali Chaaban, décorateur à Gaza où les habitants sont soumis à un blocus israélien affectant depuis 2007 les mouvements de personnes et le transit des marchandises.

"Nous devons nous unir comme eux pour nous remettre debout et voir ce que nous pouvons faire avec eux. D’ici là, le Hamas et le Fatah ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes."

Mais pour Sahar al Chabani, étudiant à l’université d’Hébron (Cisjordanie), un gouvernement dirigé par Tzipi Livni serait plus bénéfique aux Palestiniens et au processus de paix, bien qu’elle ait soutenu de bout en bout l’offensive de Gaza :

"En tant que Palestinien, je considère Livni comme une tueuse. Mais comme étudiant soucieux de savoir qui va être le prochain Premier ministre, je la considère comme un dirigeant capable de négocier avec les Palestiniens."

Version française Philippe Bas-Rabérin

L’extrême-droite maître du jeu ?

F.A. - le 11/02/2009 - 11h26

Avigdor Lieberman, arrivé en 3e position des législatives, est désormais quasiment incontournable pour la formation du futur gouvernement. Tzipi Livni et son parti centriste Kadima disposent d’un siège d’avance sur le Likoud de Benjamin Netanyahu, mais ce dernier est le mieux placé pour former une coalition.

Crédit Photo : TF1/LCI Avigdor Lieberman, chef du parti nationaliste israélien "Israel Beiteinou"

Shimon Peres, le président israélien, avait convoqué des législatives anticipées -le scrutin était normalement prévu en 2010- après l’échec de Tzipi Livni, leader du parti centriste Kadima au pouvoir, à former une nouvelle coalition après la démission du Premier ministre Ehud Olmert, soupçonné de corruption.

A la lecture du résultat des élections de mardi, il n’est pas sûr que la situation se soit clarifiée, bien au contraire. Contrairement à ce qu’annonçaient les sondages, Kadima et Tzipi Lvini sont certes arrivés en tête devant le Likoud (ndlr : la formation de droite) de Benjamin Netanyahu, l’ancien Premier ministre.

Mais l’écart très faible : Kadima disposera en effet de 28 sièges dans la future Knesset (contre 29 dans le parlement sortant), soit seulement un mandat d’avance sur le Likoud, en nette progression puisqu’il était tombé à 12 députés en 2006.

Les Travailllistes s’écroulent

Mais cela ne suffira sans doute pas à Tzipi Livni pour former une coalition d’au moins 61 députés (la Knesset en compte 120). Benjamin Netanyahu peut en effet compter en théorie sur le soutien d’Israel Beiteinou ("Israël est notre maison"), la formation d’extrême-droite dirigée par Avigdor Lieberman. Avec 15 sièges (+4), Israel Beiteinou devient ainsi le 3e parti du pays et confirme le glissement à droite de la société israélienne.

Il devance notamment le Parti travailliste du ministre de la Défense et ex-Premier ministre Ehud Barak. Avec seulement 13 mandats (-6), les Travaillistes tombent à leur plus bas niveau historique et ne pourront servir d’appui à Kadima comme dans la coalition sortante.

Avec 11 députés (-1), le parti ultra-orthodoxe Shass se maintient à son niveau habituel. Les partis arabes compteront également 11 députés, le reste de la Knesset étant composé de petites formations de gauche ou religieuses.

Livni et Netanyahu revendiquent le poste de Premier ministre

Conclusion : malgré sa pole-position, sans accord avec le Likoud et/ou l’extrême-droite, Tzipi Livni ne peut compter que sur au mieux 55 parlementaires, y compris les députés arabes avec qui elle avait exclu toute coalition lors de la campagne.

La ministre des Affaires étrangères a d’ailleurs anticipé son problème en appelant à un gouvernement d’union nationale comprenant le Likoud. "Le peuple a choisi Kadima. Il faut désormais respecter le choix des électeurs, respecter la décision des urnes, et rejoindre un gouvernement d’union nationale sous notre direction", affirme-t-elle.

A l’opposé, Benjamin Netanyahu, avec les formations religieuses et l’extrême-droite, disposerait d’une majorité d’environ 65 sièges. "Le peuple s’est exprimé clairement, le camp national, dirigé par le Likoud, enregistre une nette avance", clame-t-il.

Le vainqueur par procuration du scrutin semble donc être Avigdor Lieberman puisqu’il se retrouve dans une position de "faiseur de roi". "Nous avons toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite et j’espère que nous y parviendrons", se félicite-il.

Il exige déjà du futur gouvernement qu’il "mette à bas le Hamas" et qu’il rejette toute négociation et toute trêve avec le mouvement islamiste. Même s’il affirme qu’il "ne prendra aucune décision" à ce stade, ce discours est interprété par les analystes comme un appui à Benjamin Netanyahu.

42 jours

Le président Shimon Peres commencera la semaine prochaine ses consultations avec tous les partis représentés au Parlement. Il doit ensuite désigner le député, qui a le plus de chances de constituer une majorité.

Ce parlementaire -a priori Tzipi Livni ou Benjamin Netanyahu- disposera ensuite d’une période de 28 jours, qui peut être prolongée de 14 jours, pour mener à bien sa mission.

Les Palestiniens inquiets

Le négociateur Saëb Erakat, un proche du président Mahmoud Abbas, a dit craindre une "paralysie" du processus de paix. De son côté, le Hamas estime que les Israéliens ont voté pour les dirigeants "les plus belliqueux".

Israël - Livni oppose l’union nationale à une coalition de droite

le 11/02/2009 - 09h29

Le parti de Tzipi Livni devance le Likoud de Netanyahu d’un siège, mais ce dernier dispose d’alliés potentiels plus nombreux pour former le prochain gouvernement. Les deux partis crient cependant victoire.

Crédit Photo : Reuters Tipi Livni en février 2009

La victoire à l’arraché du parti de Tzipi Livni ne suffira sans doute pas. Kadima devance mercredi d’un siège le Likoud de Benjamin Netanyahu.

Selon les résultats finaux, le Kadima (centre-droit) a obtenu 28 sièges (contre 29 dans le parlement sortant), le Likoud (droite) 27 (contre 12), la formation d’extrême-droite Israël Beiteinou 15 (11), le parti travailliste (gauche) 13 (19), le parti ultra-orthodoxe Shass 11 (12).

Ce décompte ne comprend pas le vote de quelque 175.000 soldats dont le dépouillement ne devrait s’achever que jeudi.

Avec le soutien de l’extrême-droite et des formations religieuses, Benjamin Netanyahu apparaît en meilleure position pour former une coalition gouvernementale, sur la base d’une majorité de 65 députés sur 120.

Mme Livni ne dispose que du soutien théorique de 55 députés. Ce total comprend en effet les 11 élus des partis arabes avec lesquels Tzipi Livni se refuse à nouer une alliance pour former une coalition.

Les deux candidats ont d’ores et déjà crié victoire. M. Netanyahu s’est dit "convaincu d’être le prochain Premier ministre". "Le peuple s’est exprimé clairement, le camp national, dirigé par le Likoud, enregistre une nette avance", a-t-il déclaré devant ses partisans enthousiastes.

"Le peuple a choisi Kadima", a pour sa part proclamé Tzipi Livni. "Il faut désormais respecter le choix des électeurs, respecter la décision des urnes, et rejoindre un gouvernement d’union nationale sous notre direction", a-t-elle ajouté, à l’adresse notamment du Likoud.

Avec ce score très serré entre le Likoud et le Kadima, Israël Beiteinou d’Avigdor Lieberman se retrouve dans une position de "faiseur de roi" puisque, sans son appui, aucune coalition n’est concevable. "Nous avons toujours voulu un gouvernement national, un gouvernement de droite et j’espère que nous y parviendrons", s’est-il félicité. Il a exigé du futur gouvernement qu’il "mette à bas le Hamas", qui contrôle la bande de Gaza, et qu’il rejette toute négociation et toute trêve avec ce mouvement islamiste palestinien.

Ce discours a été interprété par des analystes comme un appui à Benjamin Netanyahu, bien que M. Lieberman ait déclaré qu’il "ne prendrait aucune décision" à ce stade.

Abbas craint la "paralysie"

De leur côté, les travaillistes d’Ehud Barak, le ministre de la Défense sortant, chutent à 13 mandats, le score le plus bas de l’histoire de cette formation fondatrice de l’Etat d’Israël.

Selon la commission centrale, le taux de participation a atteint 65,2% des inscrits, soit un taux supérieur de 1,7 point à celui de 2006, et ce malgré le mauvais temps.

Le président Shimon Peres doit commencer la semaine prochaine ses consultations avec tous les partis représentés au parlement. Il doit ensuite désigner le député, qui a le plus de chance de constituer une majorité. Ce parlementaire dispose ensuite d’une période de 28 jours, qui peut être prolongée de 14 jours supplémentaires pour mener à bien cette mission.

Côté palestinien, le négociateur Saëb Erakat, un proche du président Mahmoud Abbas, a dit craindre une "paralysie" du processus de paix, alors que le Hamas a estimé que les Israéliens avaient voté pour les dirigeants "les plus belliqueux".

Ce scrutin clôture une campagne sans passion placée sous l’impact de l’offensive dévastatrice et meurtrière d’Israël contre le Hamas à Gaza. Une apathie qui contraste avec l’ampleur des défis du prochain gouvernement : risque d’une nouvelle confrontation avec le Hamas, relance des pourparlers de paix avec l’Autorité palestinienne, dossiers syrien et libanais et menace d’un Iran nucléaire.

Le tout dans un contexte international difficile avec une nouvelle administration américaine du président Barack Obama moins encline que la précédente à un soutien inconditionnel à Israël.

D’après agence

Israël - Kadima en tête mais Netanyahu le mieux placé

le 10/02/2009 - 23h18

Selon les 1res estimations, le parti centriste de Livni aurait 2 sièges d’avance sur le Likoud de Netanyahu, qui reste le plus à même de former une coalition gouvernementale. Selon ces projections, le parti d’extrême droite Yisraël Beïtenu d’Avigdor Lieberman viendrait en 3e position devant le Parti travailliste d’Ehud Barak, qui enregistre le score le plus bas de son histoire.

Crédit Photo : TF1/LCI Benjamin Netanyahu, en campagne électorale, le 8 février 2009

Le Kadima (centre-droit) de Tzipi Livni arrivait mardi soir légèrement en tête des législatives en Israël, avec deux sièges d’avance, devant le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu, qui reste toutefois le plus à même de former un gouvernement, selon des sondages à la sortie des bureaux de vote.

Le Likoud a d’ailleurs déjà affirmé dans un communiqué publié juste après ces premières estimations que Netanyahu serait le prochain Premier ministre... tandis que Kadima affirme que Tzipi Livni est la prochaine Premier ministre. Le Hamas affirmait pour sa part que les Israéliens avaient voté pour "les plus extrémistes" et le négociateur palestinien Saëb Erakat que l’issue des élections "paralyse" le processus de paix.

Kadima aurait 29 ou 30 sièges à la Knesset, le parlement monocaméral, et le Likoud 27 ou 29 sièges selon les projections. Selon ces projections, le parti d’extrême droite Yisraël Beïtenu d’Avigdor Lieberman viendrait en 3e position, avec 14 ou 15 sièges, devant le Parti travailliste du ministre de la Défense Ehud Barak, en 4e position avec 13 sièges. Parti qui enregistrerait là le score le plus bas de son histoire.

Plus de 5,2 millions d’Israéliens étaient appelés à voter lors de ce scrutin pour lequel la poussée de l’extrême droite était annoncée, dans la foulée de la guerre de Gaza. A 20h locales, soit à deux heures de la clôture, le taux de participation atteignait 59,7% des inscrits, selon la commission centrale des élections. Ce taux était supérieur de 2,5 points par rapport à celui constaté à la même heure lors du dernier scrutin en 2006. 5.278.985 électeurs étaient inscrits dans 9.263 bureaux de vote. Les résultats complets pourraient être annoncés mercredi matin, voire jeudi.

VIDEOS

Israël : Qui sera le Premier ministre israélien ?

11 février 2009 - 13h00

Les résultats des élections sont serrés. Les deux partis crient victoire. Qu’en pensent les Israéliens ?

La Redaction

Elections israéliennes : vers une percée de la droite

10 février 2009 - 20h00

Trois semaines après le conflit à Gaza, les Israéliens ont voté mardi pour le nouveau Premier ministre. Benjamin Netanyahu s’est rendu à Sderot, ville symbole vivant sous la menace des roquettes du Hamas.

La Redaction

Les Israéliens aux urnes pour élire leur Premier ministre

10 février 2009 - 13h00

Les Israéliens votent mardi pour leur Premier ministre, trois semaines après une guerre à Gaza qui a provoqué une poussée de l’extrême droite. Reportage à Sdérot.

La Redaction


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1788412

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Amis du Monde Diplomatique   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License