AID Association initiatives dionysiennes
La France face à ses démons habituels

CLAP DE FIN SUR LE COOPEK

Une belle idée de plus qui tourne court

samedi 6 mai 2017 par JMT

Et un coup de gueule de plus à rajouter au bilan dramatique de cette présidentielle 2017 plus que merdique, qui prétend que notre choix politique principal devrait se limiter à une improbable walkyrie braillarde ferraillant contre d’imaginaires ennemis et à un gourou rastignac de la finance qui essaie de nous faire croire qu’il est la seule chance des pauvres.

Le coopek dérangeait ? c’est évident, car il y avait là en germe les idées et les moyens de changer la vie du plus grand nombre. Mais "on" s’est arrangé pour le faire taire, avec la complicité au moins tacite de ceux qui déblatèrent à longueur de journée "ESS", "relocalisation" et autres éléments incontournable du discours politiquement correct. Vous trouverez ci-après quelques éléments d’information fournis par son directeur et quelques réactions. Enfin point encourageant, Gérard Poujade garde espoir de recommencer autre chose et AID en sera !

NEWSLETTER AID DU 16 AVRIL 2017

L’Etat a décidé d’introduire le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu avec effet pratique au 1/1/2018, ce qui va apporter de grands changements puisque tout le monde sera mensualisé de fait. Il va donc falloir penser longtemps à l’avance vos décisions en matière de dons caritatifs. Nous avons abandonné le Merci, notre monnaie interne que nous utilisions depuis 2006, lourde à gérer et peu pratique pour la remplacer par le COOPEK : vous trouverez tout ici https://www.coopek.fr/ (très récemment mis à jour).

C’est quoi le coopek ?

Abréviation CK C’est une monnaie complémentaire nationale électronique, qui a la même valeur que l’euro. Pas de billets de monopoly qui vous encombrent, dont on ne sait jamais où ils ont pu se planquer et avec lesquels on ne peut pas faire l’appoint.

On peut (ce n’est pas obligatoire) devenir sociétaire (ce sont les sociétaires qui sont les propriétaires du système, 1 adhésion, une voix) de la SCIC SA COOPEK, et pour cela verser 50€ par chèque ou virement, et pour la première année, payer 20€ d’abonnement pour disposer du compte courant en coopeks et de la carte de paiement.

Pour chaque conversion d’Euros en monnaie COOPEK d’un individu, il y aura une double bonification : +5% en pouvoir d’achat (donc 42CK pour 40€) et +5% en COOPEK Solidaire, utilisables pour des projets disponibles sur le site . Cette opération est valable dans les limites de 30 € minimum (limite minimale de conversion) jusqu’à 250 € maximum (limite actuelle des bonifications). Les commerces et les associations qui accepteront le paiement en coopek ouvriront un compte pour 100€, paieront 50€ par an d’abonnement et disposeront d’un terminal électronique de paiement d’un coût de 150€.

Pour acquérir des coopeks, vous pouvez les acheter contre le même montant d’euros auprès de la SCIC SA COOPEK : dans ce cas vous recevrez en prime 5% de COOPEKS SOLIDAIRES à utiliser pour des projets collectifs. Vous pouvez aussi échanger des biens et services entre titulaires d’un compte coopek.

Les coopeks sont entièrement couverts par un dépôt dans une banque (pour l’instant le crédit coopératif, et normalement quand elle sera une banque de plein exercice détachée du crédit coopératif, la NEF (www.lanef.fr). Celle-ci fait du financement éthique et solidaire ainsi que du financement participatif, donc un intérêt supplémentaire à passer par le Coopek !. Elle reçoit des placements en euros dont une partie de l’intérêt est reversé à des projets. Si vous avez un besoin d’euros et des CK disponibles, vous pouvez rechanger les CK en euros moyennant une taxe en euros de 5%

Intérêt du coopek

- Le premier est de développer les échanges locaux, donc la création de richesses locales et partant l’emploi, qu’il soit salarié ou indépendant, en fidélisant les relations consommateur/producteur, tout en gardant une souplesse que n’ont pas les monnaies locales réduites à un petit territoire. Comme la comptabilité des entreprises reste entièrement faite en euros pour toutes leurs recettes et dépenses il n’y a aucun changement technique pour elles. Sauf qu’elles rajoutent un autre moyen de paiement, analogue aux tickets-repas et autres chèques-déjeuners.

- Le deuxième est de permettre les règlements sous toutes les formes, que ce soit avec la carte, par virement, par application smartphone ou tablette et bientôt par SMS

- Le troisième sera à partir de la deuxième année d’adhésion la solidarité entre les producteurs sous forme de prêts (comme le WIR en Suisse)

- Le quatrième, à long terme, est de participer aux quatre transitions : énergétique, carbone, alimentaire et solidaire (mais pourquoi pas le transport également ?).

A noter que parmi les membres se trouve déjà la coopérative énergétique ENERCOOP et le réseau BIOCOOP (également fondateur d’ENERCOOP).

Utilité des coopeks

- vous pouvez déjà commercer : voir la liste de celles qui sont sur le site. Localement AID va le proposer à des commerçants. En métropole vous avez le réseau BioCoop.

- vous pourrez régler en ligne les cotisations des associations qui adhèreront (dont celle d’AID qui sera désormais de 60 CK). A vous d’ailleurs de vous mobiliser pour les y faire entrer ou pour celles qui sont nationales, de le suggérer à l’équipe nationale du coopek. AID a déjà approché Zero Waste France, Cacao Péi, RIVE, ARIV, Réseau VIF, ADFI Réunion, EnerCoop mais aussi les Petits Frères des Hommes et CCFD-Terre Solidaire

- vous pourrez en faire don à des associations d’intérêt général adhérentes au système COOPEK, et cela comptera pour votre déduction fiscale comme si vous aviez payé en euros.

- vous pourrez faire des cadeaux à vos proches en virant des coopeks .Pensez-y pour vos enfants et petits-enfants qui trouveront rapidement une utilité à leurs CK.

- et bien évidemment vous pourrez faire jouer la solidarité avec des personnes

- dès lors que vous êtes adhérent, vous pouvez parrainer un nouvel adhérent : demandez-lui s’il est d‘accord et l’adresse mél durable qui servira de support. Si vous faites adhérer un individu vous recevrez une prime de 10CK, prime portée à 20CK si vous parrainez une structure

Intérêt des donateurs :

Considérant les dons, et du fait du développement des financements participatifs, l’Etat accepte que les donateurs reçoivent des contreparties pourvu que celles-ci ne représentent pas plus de 25% du don dans un plafond annuel de 65€ par donateur.(instruction DGFiP de 2011) Pour AID, cela veut dire qu’un don de 260€ annuel défiscalisé de 66% soit 171€ et recevant 65 coopeks de prime coûtera seulement au donateur 24€. Le don peut être fait à la fois en euros et en CK, le récipiendaire l’inscrivant en recette dans ses comptes pour le total à parité en euros. C’est ce total qui génère le certificat de dons en euros qui sera utilisé pour défiscaliser.

Pour une association comme RIVE, partenaire d’AID, le même don de 260€ annuel ne coûtera rien du tout puisqu’aux 65 coopeks s’ajouteront les 75% de défiscalisation soit 195€.(les 75% s’appliquent jusqu’à 530€ annuels de don, au-dessus c’est 66% jusqu’à 20% du revenu fiscal annuel). Potentiellement il y a 50.000 ménages à la Réunion qui paient au moins 171€ d’impôt net et qui pourraient donc être intéressés. C’est une masse de 10 millions d’euros minimum dont il s’agit de capter une partie par les associations réunionnaises qui entreront dans le coopek. Et ceci sans compter les donateurs hors Réunion que chaque association, comme AID, mobilise régulièrement

En résumé il y a trois domaines qui se renforcent mutuellement pour que le réseau COOPEK fonctionne bien à la Réunion ou dans tout territoire organisé :

a) la recherche de dons en euros à faire par des individus qui paient l’impôt sur le revenu à qui on va proposer de dépenser toujours la même somme mais avec le choix sur 1/4 , soit pour faire du commerce dans le cadre de l’ESS soit pour faire des dons à des assos ou à des individus

b) la dynamisation d’échanges locaux pour trouver un meilleur débouché à une plus grande production locale de biens et services, plus diversifiée incluant des emplois de proximité pour remplacer notamment du bénévolat contraint.

c) l’amélioration des revenus de tous et prioritairement des plus faibles, par la prise en compte d’activités actuellement complètement oubliées grâce à la solvabilisation des activités par les dons

Première application pratique du coopek pour AID : AID dispose désormais d’un représentant attitré pour représenter officiellement AID auprès d’autres associations notamment. Eric CHANE-PO-LIME. Cela inclut la problématique « Monnaies Locales » : à ce titre, Eric a participé le samedi 25 Mars de 8h00 à 17h30 à son premier séminaire sur les statuts de la future association « Monnaie Péi » du collectif mis en route par la Coopérative Intégrale Réunionnaise, collectif auquel AID participe depuis 2015.

====> Depuis plusieurs semaines, AID avait demandé à ses adhérents et donateurs d’ouvrir un compte coopek en achetant au moins une part de la SCIC afin de se préparer à fonctionner désormais en CK. Un certain nombre, remercions-les, l’ont fait. On verra plus tard que proportionnellement AID a "fait le job"

NEWSLETTER AID DU 23 AVRIL 2017

Dernière minute : la SCIC SA COOPEK a suspendu depuis jeudi 20 Avril ses opérations. Les transactions en CK sont donc interrompues. Il semble que suite à la croissance trop lente du nombre de comptes et de leur encours (à peine 50.000CK en 7 mois d’existence officielle), le respect des règles prudentielles ne permette pas de poursuivre l’exploitation, d’autant plus que les soutiens bancaires et collectifs envisagés à la fondation ne se concrétisent pas non plus.

AID a aussitôt fait des propositions à SCIC SA COOPEK :

a) d’organiser un crowdfunding massif au profit par exemple de l’association PROM’COOPEK qui gère tout ce que ne fait pas la SCIC, et qui pourrait donc à la fois défiscaliser à 66% tous les dons et, pour ceux de moins de 260€ par personne, valoir au donateur 25% de contrepartie sous la forme de 65CK et d’une ouverture simultanée et automatique du compte puisqu’il suffit d’une adresse mél et d’une CB pour ouvrir un compte personnel

b) d’impliquer des grands réseaux nationaux (par exemple toutes les associations défiscalisant à 75% ont manifestement tout intérêt à appliquer le même système pour augmenter leurs ressources propres, qui bénéficieraient pour 25% à la SCIC SA COOPEK

c) d’utiliser le CK dans le fonctionnement de tous les services associatifs aux personnes en difficulté : au lieu d’avoir des « bénéficiaires » sur la base par exemple d’une déclaration de revenu, ces bénéficiaires recevraient une allocation mensuelle en CK financée d’abord par le fonctionnement même des structures (restaus du cœur, boutiques solidaires, centres d’hébergement, ), mais ensuite complété par les CCAS, la CAF et ultérieurement par le RSA.

Cela permettrait d’ouvrir ces services à ceux qui y viennent sans avoir rien à leur demander (ce qui introduirait une certaine mixité sociale…pourquoi ne pas acheter ses légumes à l’épicerie solidaire du coin ?) et donc de remplacer les bénévoles surchargés par des heures supplémentaires indemnisées en CK

d) de l’étendre ensuite à toutes les activités associatives, syndicales et politiques : on remplace une « cotisation en euros » par un temps mis à disposition de la structure, ce qui ouvre les droits citoyens liés. Pour faciliter la gestion, chacun contribue en CK pour la contrevaleur de ces heures « dues et non faites » et est symétriquement indemnisé pour les « heures faites ». Pour le complément, ceux qui paient des impôts sont invités à faire un don (ce qui revient au système actuel avec une cotisation croissant avec le revenu)

Nous sommes dans l’attente de savoir si cette suspension débouchera sur un arrêt définitif (avec remboursement par La NEF des CK présents sur les comptes au 20/4 ou si une solution de trésorerie sera trouvée pour reprendre les activités).

En attendant, AID poursuit normalement ses activités, y compris celles prévues avec CK, qui seront gérés « en local » jusqu’à la réouverture ou à la liquidation, ce qui nous conduirait à remettre en route le Merci, ce qui ne pose aucun problème.

====> Il était question de suspension des opérations et pas encore d’arrêt de l’activité. Apparemment le nombre de parts souscrites était insuffisant et cela aurait dissuadé de proche en proche certains investisseurs. Pour AID et ses donateurs et adhérents, ce n’était pas encore un problème, les échanges à solde nul pouvant encore plus rapidement s’effectuer en un compte interne en coopeks, comme nous avions auparavant un compte interne en mercis

NEWSLETTER AID DU 07 MAI 2017

Dernière minute : le COOPEK s’arrête définitivement. Voir l’article sur le site AID.

La SCIC SA COOPEK a suspendu depuis jeudi 20 Avril ses opérations. Les transactions en CK sont donc interrompues. Il semble que suite à la croissance trop lente du nombre de comptes et de leur encours (à peine 50.000CK en 7 mois d’existence officielle, même si c’est au dessus des objectifs initiaux), les recettes en euros sont loin de couvrir les dépenses d’exploitation de la SCIC et le respect des règles prudentielles ne permet pas de poursuivre l’exploitation.

Les soutiens bancaires et collectifs indispensables, envisagés à la fondation ne se sont pas concrétisés par des achats de parts de la SCIC pour qu’elle puisse financer durablement ses investissements commerciaux de démarrage (démarchage par des commerciaux rémunérés de professionnels acceptant le paiement en CK)

Les bénéficiaires de comptes coopek vont être remboursés de la contrepartie des euros déposés moins les 5% prévus pour la reconversion. Les porteurs de parts ont reçu un certificat fiscal ( Réduction d’impôts dans le cadre de la souscription au capital des P.M.E., Application de l’article 199 terdecies-0 A du CGI : la réduction est de 18%)

AID poursuit normalement ses activités, y compris celles prévues avec CK, qui seront gérés à nouveau en Mercis, en attendant d’autres propositions plus pratiques.

Projet COOPEK : Paradoxes.

Terssac, le 2 Mai 2017, Par Gérard Poujade

La monnaie COOPEK ne circulera plus. L’association de promotion du COOPEK a été transformée en SCIC SA à capital variable le 10 juin 2016. Il est devenu possible de s’inscrire en ligne à partir du 3 octobre 2016, et d’acheter des COOPEK en ligne à partir du 20 décembre 2016.

En s’arrêtant faute de financement à mi-avril 2017, nous n’aurons pu observer qu’un trimestre de fonctionnement sous un mode lancement.

Chapitre 1 : Les raisons de l’arrêt.

Très clairement, la SCIC n’a pu poursuivre son activité faute de financement. Faire une liste exhaustive de ceux qui ne sont pas venus serait incomplète, mais il y a un trop grand écart entre les discours tenus sur l’Economie sociale et Solidaire et les actes. Très clairement, l’absence de banque dans le tour de table initial était une anomalie en soi.

Armons-nous, battez-vous !

La liste des « adhérents de coeur » était impressionnante. Cela est d’autant plus le cas que les cotisations d’adhésions étaient anecdotiques (quelques dizaines d’euros) pour des entreprises. Mais force est de constater que les adhésions ne sont pas venues d’elles-mêmes, et qu’il a fallu mettre en place un système commercial, des plus classiques qu’il soit. Ce système se mettait en place et commençait à donner les résultats escomptés. Mais le défaut principal de financement ne vient pas de là. Ce sont les financeurs institutionnels qui ont été absents.

Nous n’aurons eu que 4 acteurs de terrain, dont le métier n’est pas de financer des start-up, qui ont participé :

- Les coopératives d’activité du Tarn (REGATE – REGABAT),

- La SA Biocoop,

- La mutuelle du Rempart,

- Et l’Union Régionale des SCOP Midi-Pyrénées.

Une centaine d’entreprises et une dizaine d’associations ont adhéré ainsi que 300 particuliers. Les adhérents professionnels peuvent tous être vus sur la carte de France COOPEK pour n’oublier personne. La progression, en elle-même sur ce début d’année était fort intéressante. Pour donner une illustration de ce qu’a été notre décollage, il est intéressant de faire le décompte des professionnels usagers du Bitcoin en France : une centaine après 4 ans de fonctionnement. Nous avons donc fait autant en 6 mois de fonctionnement et après trois mois de commercialisation réelle.

Par financement, il ne faut pas comprendre prêt bancaire. Certes des emprunts long terme auraient permis de financer le lancement, mais le manque le plus criant est celui d’actionnaires promoteurs du projet. Le décalage entre le discours des acteurs de l’ESS est leurs actes est trop grand.

Il n’est pas possible prôner un modèle économique différent, de dénoncer un système bancaire financiarisé, et attendre plus d’un an pour être simplement adhérent à 100 €. Mais plus encore, il est incompréhensible pour les acteurs importants de l’ESS de demeurer spectateur sans contribuer à quelque tentative que ce soit.

Ne reportons pas la faute sur ceux qui ne sont pas venus et essayons d’analyser pourquoi aussi peu de professionnels sont venus souscrire et financer le COOPEK.

Chapitre 2 – Les objections structurelles au projet.

Une incompréhension des systèmes économiques.

Qu’est-ce que cela veut dire que de mettre 1 million de COOPEK en circulation ? Mettre un million d’équivalent euro en circulation, c’est générer du produit intérieur brut (PIB). Au-delà des discours – très politiques – sur la croissance, l’emploi la plus grande des incompréhensions porte sur la méconnaissance de ce qu’est le PIB. Cela donne à penser des discours sur la croissance et la décroissance. Il m’est arrivé, fréquemment, de rencontrer des promoteurs de monnaie complémentaire qui étaient à la fois promoteur de la décroissance.

Pour le moins, c’est de l’incompréhension, au pire un mensonge. Il faut bien le redire : chaque fois que l’on crée un équivalent euro (yen, dollar ou livre) complémentaire, on crée un potentiel de croissance supplémentaire. Créer une monnaie complémentaire consiste à créer un outil pour la croissance.

Légitimement, la question qui doit venir en suivant est : pourquoi créer de la croissance avec une monnaie complémentaire ? Pour lutter contre la pauvreté. A plusieurs reprises, j’ai bien vu, entendu, qu’il ne me fallait pas parler de cela, ou pas le mettre en avant. Ce n’est pas assez « vendeur ». C’est d’autant plus étonnant d’entendre cela dans la bouche d’acteurs de l’ESS.

Comment la croissance du PIB, par une monnaie complémentaire, contribue-t-elle à lutter contre la pauvreté ? Plus une monnaie tourne plus elle contribue à générer de l’emploi. Et le gros avantage d’une monnaie complémentaire (comme le COOPEK, mais comme toutes les monnaies complémentaires aussi), c’est que cette monnaie ne part jamais dans l’économie financiarisée, elle reste dans l’économie « réelle ». Elle est donc beaucoup plus efficace pour créer de l’emploi, et donc lutter contre la pauvreté.

Il faut le reconnaître, ces données sont abstraites pour la plupart d’entre nous. Depuis le lancement du COOPEK en octobre 2016, jusqu’à sa clôture en avril 2017, j’ai dû faire des conférences devant près de 3 à 4.000 personnes et à chaque fois, il fallait faire ce minimum de pédagogie. Si l’exercice est intéressant et constitue un moment d’éducation populaire important, il est, tout à la fois, la preuve de l’incompréhension du sujet, de ce qu’est la pauvreté en France aujourd’hui. Il est donc assez logique que l’adhésion ne suive pas. Ce qui est plus étonnant, c’est que cette même incompréhension, ce même doute existe également dans le monde bancaire de l’ESS, dans le monde mutualiste, dans le monde associatif porté sur ces valeurs.

Le modèle économique de la SCIC restait à écrire ou volonté d’enterrer le projet.

Nous avons rencontré des partenaires qui ont pu douter du modèle économique. Nonobstant le fait qu’on ne le saura jamais, faute d’avoir essayé, il est plus étonnant de ne pas avoir contribué. Il faut bien le reconnaître bon nombre de ceux qui ont été associés, et qui fort légitimement pouvaient avancer des doutes sur le modèle n’ont en rien contribué à l’amender. Pour ma part, aujourd’hui, j’analyse cela clairement comme un défaut de compréhension du point précédent.

Parmi tous les sociétaires qu’il m’a été donné de rencontrer, le sentiment général sur ces spectateurs du COOPEK est beaucoup plus tranché. Pour la majorité, il a existé une volonté manifeste que ce projet ne sorte pas.

Personnellement, je n’arrive pas à m’en convaincre. Je vois beaucoup plus de pantouflages, de cantonnement à un quant à soi plus confortable. Je suis bluffé car après l’annonce de l’arrêt du COOPEK, les réactions de désolation les plus nombreuses sont venues de structures qui n’avaient pas adhéré. Et à plusieurs reprises, je me suis entendu dire que leur structure serait bien venue, mais après 3, 4 ou 5 ans de fonctionnement (oups !).

Le retour à l’euro – la parité à l’euro.

Pourquoi la parité à l’euro est importante pour une monnaie complémentaire ? Ou plus largement, pourquoi la parité avec la monnaie officielle en vigueur ? Lorsque l’on emploie l’adjectif « complémentaire », cela veut bien dire complémentaire à la monnaie en vigueur dans le pays considéré. Dans l’absolu, pourquoi le cours de la monnaie ne serait-il pas « libre » ? Cela peut être le cas. Juridiquement, je me demande si cela ne serait pas plus simple !

Mais par ce biais, nous aurions contribué à fournir un acteur de plus au monde de la financiarisation. La parité est donc importante pour la stabilité qu’elle procure. La législation française, son code monétaire et financier (plus épais que le code du travail) sont un vrai carcan pour le développement des monnaies complémentaires. De ce fait, et pour rassurer les entreprises, les professionnels qui souhaitent intégrer le réseau d’une monnaie complémentaire, le retour à l’euro, est un point incontournable.

Mais ceci est un énorme point faible d’une monnaie complémentaire. Le projet COOPEK intégrait dans son développement de devenir non remboursable graduellement. Car toute monnaie remboursable n’est qu’une source de croissance susceptible de s’éteindre dès que la monnaie est remboursée. C’est le drame de la quasi-totalité des monnaies locales. Remboursable, une monnaie complémentaire n’a pratiquement aucun effet économique, et surtout, elle n’a aucun effet sur la lutte contre la pauvreté. Mais le diagnostic que je peux fournir ici est sans appel : une monnaie complémentaire dont l’objet est de lutter contre la pauvreté ne doit pas revenir à la monnaie en vigueur sur le territoire (en euro pour la France, donc).

L’absence des acteurs publics.

En dehors d’une subvention de 20.000€ de la région Midi-Pyrénées dont les conditions d’attribution auront été abracadabrantesques, les pouvoirs publics sont les grands absents du projet COOPEK. Il en est de même pour l’ensemble des monnaies complémentaires. En France, il n’existe plus que 3 niveaux de collectivités susceptibles de financer des monnaies complémentaires : L’Etat, Les régions et les EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale). Les autres collectivités ne disposant plus de la compétence économique n’ont plus le droit d’intervenir sur ce champ.

Il existe une circulaire qui interdit toute interaction économique entre les collectivités et une monnaie complémentaire. En effet, il est aujourd’hui possible à toute collectivité d’encaisser des services fournis par elle-même en monnaie complémentaire. Mais une fois que l’on a dit cela, décryptons pourquoi cela est un trompe l’oeil.

Tout d’abord, il faut qu’une instance délibérative (un conseil municipal départemental ou régional) délibère sur cette possibilité. Déjà en soi, je souhaite bien du plaisir aux élus en charge de l’ESS qui voudraient vouloir s’atteler à cette tâche !

Ensuite, il y a une très grande liberté pour le trésorier payeur général en charge de la collectivité d’accepter ou pas ces règlements. En dehors d’une très forte pression politique, je ne vois pas comment y arriver. Donc petites collectivités, s’abstenir.

A ce point, on perçoit bien à quel point ces règlements seront anecdotiques. Mais le plus fort est à venir. Toujours la même circulaire explicite en détail pourquoi une collectivité… n’aura pas le droit de s’en servir pour ses paiements ! En clair, une collectivité peut encaisser une monnaie complémentaire, mais elle ne peut pas les dépenser. Le seul usage qu’elle pourra en faire sera de reconvertir ces sommes en euros. Pire encore, cette reconversion ne pourra pas se faire avec une taxe de reconversion comme il est le cas pour les entreprises.

En conclusion, chaque fois qu’une collectivité accepte une monnaie complémentaire, elle en devient un acteur pour la détruire, et comme elle ne peut participer au fonctionnement de la structure qui porte la monnaie, elle sera une charge pour celle-ci.

Alors que peuvent faire les collectivités avec une monnaie complémentaire ? Uniquement de la communication. Alors effectivement, il est tout à fait normal que les collectivités soient absentes de ces projets.

Le monde militant : un monde dispersé.

Faire la promotion d’une monnaie complémentaire est, à coup sûr, rencontrer un monde militant nombreux et varié. Soyons très précis, le « monde militant » n’a que très peu adhéré à la coopérative COOPEK. Et tous ceux qui ont adhéré à la SCIC sont très militants, mais « les militants » dans leur très grande majorité ne sont pas venus. Très étrange, également, beaucoup de militants sont venus, voir « comment aider » au moment de la fermeture. Et leur démarche était sincère. Et quand je leur ai demandé pourquoi ils n’avaient pas adhéré, la réponse à presque toujours été qu’ils allaient le faire.

Néanmoins, la propagation d’une monnaie complémentaire par le monde militant n’est pas une idée pertinente pour qu’un taux de pénétration soit significatif. Impossible de traiter du monde militant sans évoquer le monde des monnaies locales complémentaires.

Tout d’abord il faut considérer le caractère très hétérogène des monnaies elles-mêmes. Il est très difficile de trouver deux monnaies locales ayant les mêmes règles. Le second trimestre 2017 nous avions prévu délivrer le COOPEK sous forme de marque blanche pour les monnaies locales ou les groupes locaux. Après une première période où nous étions perçus comme un danger pour les monnaies locales, le rapport avec un très grand nombre d’entre elles avait changé du tout au tout et nous avions une dizaine de monnaies pour lesquelles nous allions pouvoir devenir un outil d’interopérabilité des monnaies, et un outil de numérisation de leur monnaie.

Enfin, un travail utile avait été mené avec le mouvement SOL et allait déboucher sur des applications concrètes, je le crois.

La monnaie des 4 transitions : énergie, alimentation, carbone et sociale : Si du point de vue éthique et du point de vue technique, il n’y a aucune ambiguïté, ce sont bien ces quatre transitions qu’il faut bel et bien mettre en place (en rajoutant toutefois une composante culturelle). En revanche, ce point n’attire personne en particulier et beaucoup de personnes normalement aussi. Plus largement, le COOPEK était dessiné afin d’être politiquement accepté par l’ensemble du monde militant dont on sait à quel point il peut être exigeant et car les fondateurs sont ou ont été des acteurs de ces 4 transitions.

Pour mémoire, reprenons ci-après une liste d’engagements et les commentaires que nous avons pu recevoir :

- Une structure coopérative (SCIC) : nous avons surtout eu des reproches par des groupes qui se sentaient sous représentés. A chaque fois que ce fût le cas, ce fût par des groupes qui n’étaient pas adhérents ou parties prenantes (sic).

- La participation citoyenne. Près de 2.000 personnes avaient été consultées avant la création de la monnaie. Ce n’est pas pour autant qu’elles ont adhéré par la suite.

- Un modèle salarial exemplaire :

o Pas de contrats aidés, ni précaire, que des CDI

o Echelle de salaire comprise entre 1 et 2

o Pas de statut d’auto entrepreneur

- Un comité scientifique pour évaluer la monnaie. A notre connaissance, aucune monnaie n’en dispose.

- Le financement des 4 transitions.

- Un modèle juridique parfaitement cadré

Vouloir traiter le plus large spectre des revendications militantes aura été une erreur. Une anecdote pour illustration. Nous avons souvent été questionné sur l’électro sensibilité ou comment éviter le WIFI pour les paiements. Il faut bien comprendre que nous cherchions à traiter cette objection alors que dans le même temps, les publicités les plus branchés pour les voitures mettent en avant le WIFI intégré dans nos futurs véhicules !

Nous aurons été tiraillés entre l’objectif de vouloir traiter les cas les plus rares et vouloir être un modèle de masse pour être efficient. L’ensemble de ces avantages n’ont été en aucune façon des arguments pour adhérer. Vu du monde militant, cela paraissait comme étant un minimum. Ce niveau d’exigence aura été, in fine, un point faible du projet.

Chapitre 3 : Le bilan de ce qui a été fait et aurait pu être.

Les résultats du COOPEK.

En quelques mois de fonctionnement, il est très imprudent de tirer des conclusions généralistes de ce qu’a fait le COOPEK ou des résultats à une plus grande échelle. Néanmoins appuyons-nous sur les quelques chiffres concrets sur cette courte période. Tout d’abordreprenons les quelques dates qui permettent de donner des chiffres.

La SCIC a été créée le 10 juin 2016 par 10 sociétaires. Le premier niveau de service a été mis en ligne le 3 octobre 2016. A partir de cette date, il a été possible de s’inscrire en ligne.

• Les premières transactions ont pu avoir lieu fin octobre 2016 avec les COOPEK fournis en bonification.

• Les achats de COOPEK en euros ont été possibles à partir du 20 décembre 2016. C’est à partir de cette date que le service COOPEK a pu être considéré comme entier.

• Les inscriptions au COOPEK se sont arrêtées fin mars 2017. Et l’ensemble des échanges ont été arrêtés le 20 avril 2017.

Très rapidement, il s’est avéré que pour l’inscription de professionnels, un système commercial (téléprospecteurs et commerciaux de terrain) était indispensable. Celui-ci fût mis en place en version opérationnelle à partir de mi-janvier 2017.

En résumé, il a été possible de s’inscrire environ 6 mois et les services ont fonction « à plein » pendant à peine plus de 3 mois.

Nombre de sociétaires : A fin mars 2017, nous avions 100 professionnels, 10 associations et un peu plus de 300 particuliers. Pour comparer, les professionnels acceptant le Bitcoin après 4 années de fonctionnement en France est inférieur à 100 à ce jour.

Nombre de COOPEK en circulation : 51.000 CK à fin mars 2017. Il est à noter que plus de 8.000 CK ont été achetés dans la première quinzaine d’avril qui n’ont pas été mis en circulation. Pour mémoire, le chiffre que nous avions envisagé dans le business plan réajusté de référence en janvier 2017 prévoyait d’atteindre les 50.000 CK pour le mois de juillet seulement.

La rotation de la monnaie : nous avons produit ce calcul sur la première quinzaine d’avril, seule période où le nombre de COOPEK, d’adhérents ont été fixes du fait de l’arrêt du COOPEK. Sur cette période la rotation aura été de 3,5. Pour mémoire, la rotation de l’euro en France est inférieure à 3, et notre objectif était d’atteindre ce chiffre 3 pour la fin de l’année 2017. Cela est d’autant plus remarquable et étonnant que le réseau était pour le moins embryonnaire.

L’achat moyen de COOPEK en euros : notre modèle prévoyait que l’achat moyen se situerait aux alentours de 50 CK par achat. Sur les 4 mois où cette opération aura été possible, l’achat moyen aura été de 200 CK, soit 4 fois le montant prévisionnel.

Ce sont les seuls indicateurs qu’à ce moment du COOPEK nous avons pu analyser. Il est frappant de remarquer que l’usage de la monnaie, et de son efficacité démontrent que nous étions bien au-delà de nos objectifs.

Cela veut dire très concrètement que l’objectif de lutte contre la pauvreté que sous-tendait le COOPEK était bien en train d’être réalisé.

Un dernier point en cours de développement était la marque blanche. La marque blanche (comme vu ci-dessus), était la possibilité d’offrir à tous les groupes locaux la possibilité d’avoir un support numérique pour développer un groupe local ou une monnaie locale. C’était peut-être ce qui était le plus attendu par les militants évoqués dans le chapitre précédent. Quel dommage que ce soit à ce moment du développement que les financements aient manqué !

Le crédit COOPEK.

A partir de l’automne 2017, nous envisagions l’ouverture de crédit COOPEK. Tout d’abord quelques mots d’explication sur ce terme de crédit COOPEK (Crédit Mutuel inter entreprises). Il ne s’agit pas d’un crédit classique ou un montant est mis à disposition d’une entreprise avec un taux d’intérêt. Il s’agit d’un découvert autorisé en COOPEK, ce qui oblige de faire ses dépenses d’investissement dans le réseau des entreprises qui acceptent cette monnaie.

Ce découvert obtenu par le demandeur est sans intérêt. Car l’intérêt du COOPEK n’est pas la commission, mais la mise en circulation du plus grand nombre de COOPEK pour contribuer à l’économie. Alors même qu’aucune communication grand public n’avait été initiée sur le crédit COOPEK, il ne passait pas une semaine sans que nous soyons sollicités sur ce point.

Qu’aurait-il été possible de financer ?

a) Peut-être le plus spectaculaire aurait été l’autoconsommation électrique pour les particuliers sous forme collective : par ce biais, l’autoconsommation aurait trouvé un cadre économique ne réservant pas ce genre d’investissement aux plus militants, ou au plus fortunés, ou aux plus bricoleurs. Je ne vais pas rentrer dans les détails, très techniques, d’une telle installation, mais pour résumer, elle aurait permis un temps de retour sur investissement pour le particulier autour de 4 à 5 ans au lieu des 15 à 25 ans dans un cadre économique traditionnel.

b) Le lancement de maraîchers bio en AMAP. Sur la base d’un financement de paniers, une facilité de 2 à 3 ans de fonctionnement aurait pu ainsi être trouvée pour installer des agriculteurs sur ce mode de fonctionnement. D’après nos premières estimations, nous avions vu que nous pouvions financer un tel type d’agriculteur jusqu’à un montant de 30.000 € (ou COOPEK, donc).

c) La rénovation commerciale des centres villes. Un des sujets très actuels de l’urbanisme commercial concerne la croissance continue du taux de vacance des magasins de centre-ville des agglomérations de moins de 100.000 habitants. La mise en place d’une masse monétaire dans une telle localité développe de facto une croissance de la consommation locale. Sur une agglomération d’une centaine de milliers d’habitants c’est une baisse du taux de vacance qui pourrait atteindre près d’un tiers des rideaux tirés.

d) Logement social ou habitat coopératif : L’extension de la monnaie aux entreprises du bâtiment est assurément un biais très efficace pour construire du logement social. Compte-tenu de la difficulté de l’introduction d’acteurs publics avec les monnaies complémentaires (vu ci-dessus), ce sont des acteurs associatifs ou coopératifs qui auraient ainsi pu être concernés. De plus, sortant du champ public, de tels acteurs auraient pu consacrer les travaux à des artisans locaux, évitant ainsi l’écueil des marchés publics qui surenchérissent les coûts et renvoient des entreprises nationales en grande majorité.

CONCLUSION

Une suite au COOPEK ? Créer une monnaie indépendante

Que faudrait-il pour redémarrer quelque chose au vu de cette expérience ? Je livre ici à la volée une série de recommandations/réflexions pour imaginer une monnaie susceptible de lutter contre la pauvreté.

1) Simplifier le message ! Les transitions, les démarches citoyennes, le débat (controversé) sur les valeurs, sont beaucoup d’énergie perdue. Le message doit être simple. Une monnaie complémentaire est un outil pour lutter contre la pauvreté par la création de Produit intérieur Brut.

2) Un vote par adhésion plus qu’un vote par démonstration. Certainement plus long, mais beaucoup plus simple. Personne ne milite par démonstration. Et on adhère également très peu après démonstration.

3) Un outil à simplifier. Le COOPEK disposait de 4 moyens de paiement (virement internet, smartphone, carte dédiée et SMS). L’objectif était de couvrir tout le champ et tous les usagers. Là aussi, une énorme simplification consisterait à ne laisser que deux modes de paiement (virement et smartphone)(1). Les QR code pourraient avantageusement simplifier le repérage des entreprises acceptant la monnaie complémentaire.

4) Juxtaposer deux systèmes :

a. Une association pour regrouper les usagers de la monnaie. Celle-ci doit éviter d’avoir des salariés pour ne pas tomber dans le piège des subventions et d’un rapport dépendant à la collectivité. Ou alors, juste l’inverse utiliser les opportunités publiques (cynisme absolu – mais les associations citoyennes font toutes cela).

b. Une société privée (SAS) pour gérer les échanges. L’association serait un actionnaire de la SAS. C’est cette structure qui « facture » les services de la monnaie.

5) Une adhésion gratuite au service… et un service payant pour le vendeur.

a. Adhérer pour tout acteur à l’association ne doit consister qu’en un formulaire qui doit être renouvelé chaque année.

b. Une entreprise qui accepte des paiements doit payer un pourcentage de la transaction.(2) La transaction est payée à la SAS. A voir s’il est pertinent qu’une partie de celle-ci soit reversée à l’association.

c. Les donations. La mode de financement de l’association doit porter principalement sur les dons et les subventions.

6) La parité avec l’euro : une indication et pas une obligation. Peut-être la modification la plus importante. Cela permettrait au vendeur d’adapter ses prix par rapport à la monnaie.

7) La priorité chronologique n’est plus de faire adhérer des entreprises, mais de faire venir des usagers et que ceux-ci échangent entre eux. Seulement quand la masse d’usagers particuliers, et qu’une masse monétaire sera en circulation, des échanges « commerciaux » pourront avoir lieu.

NOTES

(1) Une des objections au votre par smartphone ou par internet passait par la non couverture globale de la population. Là aussi, il s’agit d’une erreur de ce qu’est la pauvreté. La monnaie n’est pas un outil pour les populations pauvres, mais un outil créant les conditions économiques pour sortir des pauvres de leur situation.

(2) Mon sentiment est que celui-ci doit se trouver aux alentours de 3%

8) Une approche sur la base d’un revenu minimum mis en place. Chaque usager devrait avoir un compte en monnaie complémentaire dès son adhésion. Et un abonnement positif, ou un abondement mensuel aurait pour mission de mettre en circulation plus de monnaie.

9) La SAS comme seul lieu d’échange ou de retour vers une monnaie officielle. C’est ainsi la SAS qui gèrerait les questions de variabilité du taux.

FAQ

En annexe, je fournis ici quelques commentaires de parties prenantes. J’en donne un commentaire ou la réflexion qui s’en est suivi.

Le monde de l’ESS ne croit pas au modèle économique de l’ESS ?

Cette remarque de dirigeants de structures de l’ESS est celle qui m’est revenue le plus souvent. Et c’est pour moi une découverte de cette fin du COOPEK. Et les variantes de cette phrase sont légion. Beaucoup de coopératives ne le sont pas par choix mais par obligation. La gouvernance coopérative ou associative n’est pas compatible avec un vrai projet de développement économique. Mais effectivement, je suis bien obligé de le reconnaître, le commentaire qui m’est le plus revenu est celui de la mauvaise idée d’avoir créé une SCIC. Cependant je serais injuste, si je ne disais pas que les seuls vrais supports, appuis ne seront venus que de ce monde-là.

N’aurait-il pas fallu réunir une AG ?

Oui, la réponse est 100 fois oui, mais n’en avons pas eu le temps. Celle-ci était prévue pour la mi-juin, mais nous n’avons pas eu les moyens d’y arriver. Et pourtant, nous (les administrateurs, les salariés) avions mille questions à poser à nos souscripteurs.

COOPEK Banque centrale ?

Fallait-il créer une monnaie complémentaire, ou ne faut-il pas créer une banque centrale ou quelque chose d’approchant ? C’est la vraie question. C’est assurément quelque chose plus proche d’une entité qui serait en capacité de produire une masse monétaire en étant moins dépendant du monde bancaire.

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Bilan Projet Coopek

Réaction de JMT à ce rapport de Gérard Poujade

Bonjour Gérard,

Je suis triste de cet arrêt, mais pas surpris. Je compatis car en 2005 j’ai moi-même demandé en tant que président bénévole d’une association ( LIVE -FORMATION) qui faisait 400 k€ de CA et qui avait 15 salariés plus des formateurs pigistes, au tribunal de commerce, la cessation définitive d’activité suite à trop d’impayés de nos clients "institutionnels" et à trop de retards et de chicanes administratives !.

1°) Bon soyons pratiques et positifs : vu qu’AID a représenté avec quelques uns de ses adhérents un peu plus de 4% des 55000CK en circulation, et l’une des 10 associations (sic) je me sens donc moralement obligé de t’annoncer que nous sommes partants pour une nouvelle monnaie avec toi. Je dois t’avouer que si nous n’avons pas utilisé plus le coopek pendant ces trois mois, c’est parce que tout le monde trouvait effectivement cela assez compliqué et que ça a mis beaucoup de temps pour ouvrir les comptes et que sur les 3 mois, nous n’avons en fait pu faire que 2 ou 3 transactions en plus des parrainages.

2°) J’attire ton attention sur un changement dans la dernière loi de finance : jusqu’en 2016, les retraités qui payaient du personnel avec le CESU avaient droit de déduire de leur IRPP 50% de leurs dépenses avec un plafond de 6000€ par an plus 1500€ par personne à charge. Depuis 2017 c’est un CREDIT D’IMPOT. Autrement dit, ils peuvent défiscaliser pour ne pas payer d’IRPP et l’Etat leur remboursera leurs 50% de frais CESU !!!! ===> est-ce que tu vois le "gisement de dons potentiel" supplémentaire que ça ouvre ???

3°) Idem d’ailleurs pour les cotisations syndicales (mais pas les dons !) . L’enveloppe spéciale de 1% du revenu fiscal donnera lieu à un crédit d’impôt, et plus à une déduction fiscale comme précédemment, POUR TOUT LE MONDE ! Ca ne fait que quelques centaines d’euros potentiels qui dégagent là-aussi de la marge de défiscalisation mais c’est toujours ça et si on pouvait de ce fait inciter les gens à se syndicaliser et les syndicats à utiliser une future monnaie complémentaire !

4°) Connais-tu commown.com ? c’est une jeune association de l’Ariège (voir son site) à qui j’ai essayé de "vendre" le coopek, qui se débat dans les mêmes problèmes, qui a pour but de fournir en location des "fairphones2" . J’ai toujours refusé d’avoir un smartphone (au nom des 4 transitions :-) , j’ai déjà un téléphone portable et un ordi qui remplissent bien assez ma vie :-). J’ai vu comme un signe du destin cette proposition de location (accessibilité aux pauvres aussi !) au moment où je m’engageais dans le coopek. J’ai pris l’engagement de leur verser 29€ par mois sur 3 ans. Mais je pourrais aussi faire idem pour acquérir des parts de la SAS nouvelle que tu proposes et les "revendre" aussitôt à l’association porteuse de parts.

Commown veut aussi utiliser le réseau Biocoop pour distribuer les fairphone aux clients. Je leur ai fait la pub Coopek et ils m’ont dit OK si j’acceptais de m’en charger, juste quelques jours avant l’arrêt !!! C’est une petite structure qui doit réagir vite, je pense que tu devrais pouvoir négocier un accord win-win avec eux.

5°) Peut-on avoir une explication au sujet de la non-implication criante d’Enercoop dans le coopek ce qui, si les adhérents avaient pu payer leur note d’électricité, aurait été un puissant coup d’accélérateur. j’ai essayé d’actionner Sybille Jannekeyn (pas sûr de l’orthographe de son nom) avec qui je suis en contact par ailleurs et qui est administratrice d’Enercoop Languedoc-Roussillon. Mais à part les réponses du staff technique qui n’est pas au courant, je n’ai rien vu venir de tangible :-( Je leur ai proposé d’intervenir à la Réunion mais ils ne semblent pas intéressés.

6°) En revanche, il y a en Val de Loire des associations qui se lancent pour aider les gens à se regrouper pour produire de l’électricité photovoltaïque et la revendre DIRECTEMENT au voisinage qui s’appelle COWATT

===> là aussi une monnaie complémentaire (+ défiscalisation) peut être un fort accélérateur. Ils ont comme partenaire une structure proche d’Enercoop, Energie Partagée ! Contact pris, ils prévoient dans un futur proche de mettre leur expertise à disposition de projets dans d’autres régions.

7° Que devient l’asso PromoCoopek ? En changeant son nom elle pourrait servir de support pour développer le projet d’une nouvelle monnaie avant de créer une SAS ?

L’arrêt du coopek me crée pas mal de difficultés car j’avais modifié totalement à cette occasion le mode de financement d’AID et je vais devoir réintroduire notre ancienne monnaie interne (le Merci, depuis 2006) ce qui me promet un tas de boulot "collatéral" dont je pensais être débarrassé.

Par ailleurs, je prends ma retraite en fin d’année, je quitte la Réunion et je "rentre au village" où j’ai déjà divers projets citoyens qui m’attendent "sur le gaz" et notamment pour les "mailler tous" de participer à un projet de monnaie locale pour 5000hab (toute la vallée de la Roya dont tu as dû entendre parler depuis quelques mois pour l’assistance apportée par certains habitants à des réfugiés en danger ) et le coopek face blanche m’intéressait donc au plus haut point !

Ce qui explique que je sois personnellement partant pour une nouvelle monnaie complémentaire, d’abord avec AID, ensuite avec une autre asso pourvu qu’elle défiscalise les dons et enfin pour capitaliser la SAS avec les fonds collectés par les associations pour ceux qui n’y cherchent pas un intérêt patrimonial mais à mobiliser chaque euro disponible pour dynamiser l’économie locale au profit de ceux qui en ont besoin.

SITES

* site du coopek

* site d’Enercoop

* site de COWATT


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