AID Association initiatives dionysiennes
Une réminiscence coloniale aux portes de la Réunion

SOUTIEN A LA CAUSE DES CHAGOSSIENS !

Halte au mépris anglo-saxon

mercredi 11 novembre 2009 par JMT

Le Territoire britannique de l’océan Indien (British Indian Ocean Territory ou BIOT en anglais) est l’une des régions ultrapériphériques appartenant au Royaume-Uni. Ce territoire, d’une superficie totale de 60 km², est constitué d’environ 2300 îles dans l’archipel des Chagos, situé au milieu de l’océan Indien, c’est-à-dire entre l’Afrique et l’Indonésie. Les îles les plus importantes sont d’abord Diego Garcia, l’île la plus grande et la plus australe, puis les îles Salomon, l’île Nelsons, les îles Peros Banhos, Three Brothers, Eagle, Egmont et Danger.

Les habitants ont été déplacés en 1970 à l’île Maurice et vivent dans des conditions lamentables et abandonnés des pouvoirs publics mauriciens. Seuls 715 habitants natifs des Chagos sur 3000 déplacés sont encore en vie. Au total 8600 Chagossiens vivent actuellement à Maurice.

Monsieur le président, votre élection à la présidence des Etats-Unis a soulevé une immense vague d’espoir dans le monde. Pour la première fois depuis Abraham Lincoln, le président des Etats-Unis était aussi, spontanément, un peu celui de la plus grande partie des habitants de la Terre.

Diego Garcia, l’Archipel des Chagos et le BIOT

trouvé sur wikipédia le dimanche 8/11 et disparu depuis. Une partie a été retrouvée sur le site de l’Université Laval

1 Situation géographique

Le Territoire britannique de l’océan Indien (British Indian Ocean Territory ou BIOT en anglais) est l’une des régions ultrapériphériques appartenant au Royaume-Uni. Ce territoire, d’une superficie totale de 60 km², est constitué d’environ 2300 îles dans l’archipel des Chagos, situé au milieu de l’océan Indien, c’est-à-dire entre l’Afrique et l’Indonésie. Les îles les plus importantes sont d’abord Diego Garcia, l’île la plus grande et la plus australe, puis les îles Salomon, l’île Nelsons, les îles Peros Banhos, Three Brothers, Eagle, Egmont et Danger.

Situation du BIOT

Seule l’île de Diego Garcia (44 km²) est habitée (par des militaires et des civils sous contrat) : c’est un atoll de corail en forme de U évasé (voir la photo) de quelque 10 km de large, situé à peine au-dessus du niveau de la mer, un endroit idéal pour abriter une flotte de navires. La base militaire avec les logements est située au nord-ouest de l’atoll ; plus au sud, une piste d’aviation, puis les dépôts de munitions et enfin un poste de surveillance de l’espace (GEODSS). La base de Diego Garcia permet aux États-Unis de contrôler le trafic aérien et maritime sur environ 75 millions de kilomètres carrés.

2 Données démolinguistiques

Le Territoire britannique de l’océan Indien n’a plus de population indigène. En 2001, l’île de Diego Garcia comptait quelque 1500 militaires britanniques et américains, plus 2000 civils, dont un grand nombre de travailleurs agricoles.

Presque toute la population est non résidente et parle l’anglais. Les anciens Chagossiens parlent le créole mauricien ou le créole seychellois et l’anglais, sinon le français, parfois le filipino des Philippines. Les militaires n’emploient exclusivement que l’anglais, alors que la seule langue de communication reste l’anglais. Le territoire est administré par un commissaire qui réside à Londres et dépend du Foreign and Commonwealth Office ; ce commissaire est représenté à Diego Garcia par un officier de la Royal Navy.

3 Données historiques

Les îles de l’archipel des Chagos furent découvertes au début du XVIe siècle lors d’une expédition portugaise en route vers l’Inde. Les îles étaient alors inhabitées, bien qu’elles fussent situées à quelque 500 km seulement des Maldives. Les Portugais nommèrent ainsi l’archipel : Cinco Chagas, c’est-à-dire les « cinq plaies du Christ ». Ce nom aurait été transformé ensuite par les navigateurs hollandais, français et anglais en Chagos.

3.1 Une colonie française

En 1776, François de Souillac, alors gouverneur français de la colonie regroupant l’île Maurice, les Seychelles et La Réunion, décida de prendre possession des Chagos, encore inoccupées. Il envoya dans l’archipel des colons français et des esclaves africains et malgaches. L’île Diego Garcia devint une léproserie pour les malades de l’île Maurice (alors appelée « île de France »). Dès 1786, la Grande-Bretagne réclama les Chagos aux Français.

3.2 Une colonie britannique

Après le traité de Paris de 1814, tous les îles de l’océan Indien, sauf La Réunion, devinrent britanniques. Ainsi, les Chagos firent partie administrativement des colonies britanniques des Seychelles et de l’île Maurice. La population locale comprenant essentiellement des Métis d’Africains, d’Asiatiques et de colons français arrivés au XVIIIe siècle. À la suite de l’indépendance de ses colonies, le Royaume-Uni reprit en mains cet archipel pour des raisons de stratégie militaire.

3.3 Le BIOT et le statut militaire

Lors d’un accord secret (1961) entre le Royaume-Uni et les États-Unis — entre le premier ministre britannique, Harold Macmillan, et le président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy —, les Américains prenaient l’engagement d’installer une base militaire dans cette région afin de défendre les intérêts du monde occidental.

Pour ce faire, il fallait que le territoire britannique désigné échappe au processus de décolonisation et que sa population en soit évacuée, plus précisément les Chagossiens caractérisés comme des Noirs (anciens esclaves), des analphabètes, des catholiques et des unilingues créolophones. Les Américains croyaient alors à ce vieil adage toujours populaire : « No people, no problem ! »

À la suite de ces tractations politiques, le gouvernement britannique créait le BIOT (British Indian Ocean Territory) par un décret-loi (“Order in Council“) en date du 8 novembre 1965.

Dès lors, la région devenait officiellement un territoire britannique d’outre-mer. En 1966, le Royaume-Uni loua l’île de Diego Garcia aux États-Unis pour une période de cinquante ans, renouvelable pour vingt ans (soit jusqu’en 2016). L’article 11 du traité précisait ce qui suit :

Article 11 Le gouvernement des États-Unis et le gouvernement du Royaume-Uni prévoient que les îles resteront disponibles pendant un laps de temps indéterminé afin de répondre aux besoins éventuels des deux gouvernements en matière de défense. En conséquence, après une période initiale de 50 ans, le présent accord demeurera en vigueur pendant une période supplémentaire de 20 ans, à moins qu’un des deux gouvernements, deux ans au plus avant la fin de la période initiale, notifie à l’autre sa décision d’y mettre fin, auquel cas le présent accord expirera deux ans après la date de cette notification.

Les États-Unis y ont implanté une base militaire d’importance considérable (dont les investissements atteignent le milliard de dollars) qui est devenue le pivot de la stratégie américaine dans l’océan Indien ; en effet, l’US Navy peut y surveiller le trafic maritime à la sortie du golfe Persique.

Vue aérienne de Diego Garcia

Diego Garcia est la plus vaste des îles Chagos avec une superficie de quelque 40 km². Entre 1967 et 1973, les quelque 2000 insulaires furent tous déportés manu militari à l’île Maurice (1400) et aux Seychelles (600). Certains observateurs ont qualifié ce dépeuplement des îles de « déportation massive ».

Puis seuls les militaires britanniques et américains y eurent accès. Londres fit « accepter » la transaction aux Mauriciens, c’est-à-dire la perte de souveraineté sur Diego Garcia, en en faisant l’une des conditions imposées pour accéder à l’indépendance (qui surviendra en mars 1968). Les États-Unis ne voulaient absolument pas que leurs installations militaires puissent un jour être remises en cause par un futur État indépendant. Par la suite, le gouvernement britannique offrit à l’île Maurice une compensation de quatre millions de livres comme « règlement complet et définitif ».

En 2000, un jugement de la Haute Cour britannique invalida l’ordre d’évacuation (l’Immigration Ordinance de 1971) qui avait été donné, mais laissa le statut militaire spécial de Diego Garcia. La Grande-Bretagne avait édicté une autre ordonnance permettant celle-là aux anciens habitants des Chagos ainsi qu’à leurs descendants, y compris leurs petits-enfants, de retourner dans les îles et d’y résider, à l’exception de Diego Garcia.

Le bail des États-Unis sur l’île de Diego Garcia expirera en 2016, mais l’archipel des Chagos est réclamé par l’île Maurice et les Seychelles. Une zone de 200 milles marins dénommée Fisheries Convention and Management Zone (FCMZ) a été proclamée le 1er octobre 1991 pour le BIOT par une « déclaration d’intention » publiée le 7 août 1991 selon laquelle la Grande-Bretagne exercera sa juridiction sur cette zone pour tout ce qui concerne la pêche.

Aujourd’hui, quelques centaines de Chagossiens sont retournés sur Diego Garcia, même si leur rapatriement est rendu malaisé en raison de la présence militaire américaine. Mais le gouvernement britannique a décidé de recourir à des Orders in Council en juin 2004 pour interdire tout accès à l’archipel des Chagos, y compris aux Chagossiens, comme c’était le cas avant le jugement de la Haute Cour.

En conséquence, nul n’a désormais le droit d’accès au territoire ou ne dispose sur le territoire que d’un droit d’accès fort limité. Pour le gouvernement britannique, toute réinstallation à court terme des Chagossiens dans les îles paraîtrait « hautement précaire » et impliquerait des investissements permanents pour une période indéterminée.

3.4 Les revendications territoriales

De son côté, la république de Maurice continue de revendiquer les 65 îles de l’archipel des Chagos que les Britanniques ont pris de force, il y a quatre décennies, après avoir expulsé tous ses habitants vers Maurice et les Seychelles. Maurice considère qu’en supprimant Diego de son territoire en 1965 les Britanniques ont agi en violation du droit international et des résolutions de l’ONU condamnant le démembrement d’un État non encore indépendant.

Aux termes du paragraphe 6 de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux du 14 décembre 1960 (résolution 1514 XV de l’Assemblée générale des Nations unies), qui interdit le démembrement d’un territoire colonial avant l’accession de celui-ci à l’indépendance : « Toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l’unité nationale et l’intégrité territoriale d’un pays est incompatible avec les buts et les principes de la Charte des Nations unies ».

L’année 2016 est évoquée comme une date charnière, car c’est alors que prendra fin le bail de cinquante ans accordé par les Britanniques aux Américains en 1966. Il semble bien que Diego, l’île principale de l’archipel des Chagos, devrait faire l’objet d’un accord tripartite entre Maurice, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Pour les Américains, Diego Garcia compte parmi les bases militaires les plus importantes au monde ; elle abrite une flotte de bombardiers (B-2 et F-111) et de sous-marins nucléaires ; quelque 1700 militaires et 1500 civils d’origine américaine, mauricienne, sri lankaise et philippine y vivent temporairement et travaillent sous contrat.

Le journaliste britannique du Sunday Telegraph, Simon Winchester, a visité Diego Garcia en novembre 2001 et il en est arrivée à la conclusion qu’il s’agissait de la plus grosse base militaire américaine du monde.

Dans une lettre datée du 1er juillet 1992 adressée aux autorités mauriciennes, le gouvernement britannique a soutenu que la souveraineté sur l’archipel serait rendue à Maurice lorsque la base militaire de Diego Garcia ne serait plus nécessaire à la défense de l’Occident, ce qui laisse la porte ouverte à bien des interprétations.

De leur côté, les États-Unis ont fait savoir qu’ils s’opposeraient catégoriquement au retour des Chagossiens à Diego Garcia, et ce, aussi longtemps que ce territoire insulaire serait utile aux intérêts des puissances occidentales ( ?), donc la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Quoi qu’il en soit, le 22 octobre 2008, les cinq arbitres de la Chambre des lords (les Law Lords) ont rendu un jugement en faveur du gouvernement britannique. Les "Law Lords" ont estimé que la Grande-Bretagne avait vidé l’archipel des Chagos pour des raisons politiques et qu’ils n’avaient pas à évaluer le bien-fondé de sa démarche. Le chef de l’État mauricien a traité les Britanniques de « colons dominateurs ».

Enfin, des études britanniques ont révélé que, en raison du réchauffement climatique, la montée de l’océan entraînerait à moyen terme la quasi-disparition de Diego Garcia.

Pour les Chagossiens exilés à l’île Maurice, le temps presse, car personne ne poursuivra cette lutte quand il n’y aura plus de Chagossiens natifs de l’archipel d’ici un certain nombre d’années. C’est peut-être ce que veut le Royaume-Uni ?

CE QUI PEUT ETRE RAISONNABLEMENT DEMANDE

Les habitants ont été déplacés en 1970 à l’île Maurice et vivent dans des conditions lamentables et abandonnés des pouvoirs publics mauriciens. Seuls 715 habitants natifs des Chagos sur 3000 déplacés sont encore en vie. Au total 8600 Chagossiens vivent actuellement à Maurice.

L’Archipel des Chagos

Les américains, sur la plus grande base militaire hors frontières, ne quitteront pas de sitôt Diego Garcia proche des zones de tension en Asie. Depuis 40 ans, les Chagossiens se battent pour le retour au Pays Natal, et éventuellement travailler avec les américains dont ils ne demandent pas le départ. Il devrait y avoir des possibilités d’emploi local puisque le américains emploient des travailleurs immigrés venant d’Asie.

Ils ont le soutien de JMG Le Clézio prix Nobel de littérature 2008, ils ont contacté Desmond Tutu, prix Nobel de la paix en 1984 et aussi Paul Vergès, président du Conseil régional de la réunion et de l’Office National sur les Effets du Réchauffement Climatique..

Des actions en justice ont été intentées : en 2000, la Haute Cour de Londres avait rétabli le droit de retour mais l’avait rendu caduque pour raison sécuritaire et entériné en 2008. Depuis Olivier Bancoult qui les représente, a saisi la Cour Européenne des Droits de l’Homme... Une décision devrait être rendue en début d’année prochaine.

Tout ceci, au delà de la volonté réelle d’habitants déportés de retrouver leur terre natale est très symbolique d’une agglomération de comportements colonialistes et oppressifs.

AID ne pouvait rester indifférente à cette iniquité de plus de 45ans. Elle salue les acteurs réunionnais qui, comme la ville de Saint Paul, sous la houlette de notre amie la députée-maire Huguette Bello, a reçu Olivier Bancoul et voté 10.000 euros de subvention.

Lavez l’injustice faite aux Chagossiens

par Jean-Marie G. Le Clézio LE MONDE 17.10.09 18h03

Monsieur le président, votre élection à la présidence des Etats-Unis a soulevé une immense vague d’espoir dans le monde. Pour la première fois depuis Abraham Lincoln, le président des Etats-Unis était aussi, spontanément, un peu celui de la plus grande partie des habitants de la Terre.

Jean-Marie Gustave Le Clézio prononçant son discours du Prix Nobel à Stockholm le 7 Décembre 2008

Votre parcours politique, vos origines, votre héritage et votre conduite ont quelque chose d’exemplaire. Et puis il y a eu le discours d’investiture que vous avez prononcé devant l’Union, et nous avons compris que vous étiez un grand homme d’Etat. Nous savions que vous n’alliez pas nous manquer, que nous ne pourrions pas nous passer de vous.

Ce discours a été lu et écouté dans le monde entier, non seulement dans les grands pays, mais aussi dans nombre de petits pays sans importance pour les affaires du monde. A Maurice (j’en parle car c’est aussi ma patrie), votre discours a été salué par l’ensemble de la population.

L’idée que vous y développez est simple et lumineuse : il ne saurait y avoir de démocratie sans que soit affirmé le droit pour chaque individu de ne jamais avoir à renoncer à aucune partie de son identité. Vous êtes, monsieur le président, le symbole vivant de ce droit, et c’est pourquoi il fallait aussi que ce soit vous qui affirmiez cette conviction.

Mais vous énoncez l’autre partie de cette certitude, qui lui donne un caractère d’universalité. C’est qu’il faut savoir dépasser le particularisme pour adhérer au projet humain universel, qui nous rend égaux et libres. Sans cette contrepartie, l’identité ne vaut rien car elle conduit à l’exclusion et à la guerre.

En vous octroyant le prix Nobel de la paix, le comité d’Oslo a répondu à cette ferveur. Il soutient aussi votre action à un moment où vous êtes l’objet d’attaques déloyales dans votre propre pays et à l’extérieur, pour vouloir instaurer la justice en matière de protection sociale et combattre l’âpreté des lois du marché.

La tâche qui est devant vous est immense, c’est une tâche de paix et de réconciliation. Vous êtes le seul aujourd’hui à pouvoir l’accomplir. C’est pourquoi je souhaite attirer votre attention sur une injustice qui dure depuis quarante ans. Je veux parler de la déportation du peuple chagossien.

Permettez-moi, monsieur le président, de vous remémorer les faits : en 1968, l’île Maurice accédait à une indépendance longuement désirée. Au moment des négociations entre les Mauriciens et le gouvernement colonial britannique, ce dernier exigea en contrepartie de maintenir son autorité sur un groupe d’îles de l’océan Indien comprenant l’archipel des Chagos, devenues de ce fait le British Indian Ocean Territory (BIOT).

Dès l’accord signé, les Britanniques s’empressèrent de louer cet archipel au gouvernement des Etats-Unis qui cherchait à établir une base militaire dans l’océan Indien. La seule exigence préalable des Etats-Unis était qu’il s’agît d’îles désertes, afin de ne pas contrevenir au droit d’éventuels habitants.

Un mensonge des autorités britanniques apporta cette garantie : les Chagos, affirmèrent-elles, étaient peuplées seulement d’un groupe de pêcheurs qui n’y résidaient que le temps d’une saison. L’installation de la base eut lieu à Diego Garcia, l’île principale de l’archipel, après qu’une milice musclée eut expulsé de leurs îles les habitants, qui en réalité étaient là depuis des générations, pêcheurs et cultivateurs.

Ces malheureux durent abandonner leurs maisons et leurs biens dans des conditions dramatiques. A ceux qui refusaient d’obéir, les miliciens répondaient par la menace : "Partez, ou vous mourrez de faim." On raconte que, lors du dernier voyage, faute de place sur le navire, certains durent abandonner leur chien sur le rivage.

La compensation financière promise par le gouvernement britannique ne suffit pas à dédommager les Chagossiens. Depuis plus de quarante ans, ils sont sans domicile, sans identité. Certains survivent dans des conditions précaires à Maurice, sans travail, sans aide. D’autres ont trouvé asile en Angleterre, où ils sont des citoyens de seconde catégorie. Mais rien ne saurait remplacer leur patrie.

Toutes leurs demandes de retour dans leurs îles sont restées sans effet. Pendant longtemps, l’armée américaine leur a même refusé de venir fleurir les tombes de leurs ancêtres sous le prétexte de la menace terroriste (Diego Garcia était le point de départ des bombardements sur Bagdad).

Pourtant, à plusieurs reprises, des voix se sont élevées dans le Sénat américain afin qu’on reconnaisse le droit des Chagossiens, et qu’on dénonce le mensonge qui a causé leur déportation.

Monsieur le président, vous êtes un homme de paix et de justice, vous avez le pouvoir de changer le sort de ce peuple venu d’Afrique de l’Est au temps de l’esclavage. Vous avez le pouvoir d’autoriser ces gens et leurs enfants à revenir vivre sur le sol natal, à y travailler (sur la base militaire, pourquoi pas ?), à y honorer leurs défunts.

Ce ne serait pas un acte de charité, mais de justice. Ecoutez, je vous prie, la voix de la grande dame des Chagos, Charleezia, qui chante sur un rythme de séga la douleur de l’exil et l’espoir du retour. Elle en dit plus long que tous les discours.

Très respectueusement vôtre.

Jean-Marie Gustave Le Clézio, Ecrivain français et mauricien Prix Nobel de littérature (2008)

Liens

*Territoire britannique de l’océan Indien

Le drapeau du BIOT

* Archipel des Chagos

Vue spatiale de l’Ile Chagos depuis l’ISS à 391km d’altitude le 4 Juin 2003

* The UK Chagos Support Association

Vue aérienne de la base militaire US

* Un film documentaire en anglais sur les Chagos

*Comité Suisse de Soutien aux Chagossiens


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