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Les faits sont là mais personne ne regarde !

LE JOUR DU DEPASSEMENT 2017

Par Dr Bruno BOURGEON, président d’AID

jeudi 3 août 2017 par JMT

Chaque année, Global Footprint Network (Groupe de coopération internationale qui coordonne les recherches, développe des normes, et fournit aux décideurs des outils pour que l’économie opère dans les limites écologiques de la Terre), calcule le « Jour du dépassement » de la Terre.

Le jour du dépassement

Chaque année, il avance ; cette année, c’est le 2 août. En 2016, le 8 août. En 2000, fin septembre. Cela signifie qu’en 7 mois, nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la Terre peut fabriquer en 1 an. En continuant ainsi, on surexploite les écosystèmes et on compromet leurs capacités de régénération.

Les causes sont connues : accroissement démographique, surconsommation en énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon).

Jour du dépassement mondial 2017

Les leviers sur lesquels on peut agir sont également connus : 60% de notre empreinte écologique (EE) est liée aux gaz à effet de serre, il faut donc limiter la production électrique des centrales à fuel ou à charbon, et a contrario déployer les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la sobriété énergétique, diminuer notre EE alimentaire, en agissant sur la préservation forestière, les consommation de viande animale, en évitant ces 30% de gaspillage alimentaire, et en promouvant les techniques respectueuses de l’environnement comme l’agro-écologie ou la permaculture.

Donc nous consommons en moyenne 1.7 planètes (rapport de 365 jours à 214, le 2 août étant le 214ème jour de l’année). Ce chiffre témoigne de la demande de l’Homme sur la Nature. Le Jour du Dépassement est le jour où l’on dépasse la quantité de ressources que la Terre peut fournir en un an. On le calcule en faisant le rapport de l’EE à la biocapacité.

L’indicateur d’EE est certes simpliste, et comme tout indicateur agrégé, il a ses limites. Mais il montre des tendances et surtout sensibilise le public pour le changement d’état d’esprit.

L’EE mesure la surface terrestre dont nous avons besoin pour produire les ressources que nous utilisons, comme la nourriture, les terrains à bâtir, le bois, les produits de la mer et les forêts, que nous détruisons alors qu’elles absorbent le CO2.

On peut la calculer, allez sur le site du calculateur FOOTPRINT . La mienne est de 4.4 hectares globaux (5.06 hag en France, 5.48 hag en Europe), décomposés en 0.6 pour l’alimentation, 0.6 pour l’habitation, 1.4 pour les déplacements, 0.7 pour les biens, 1.1 pour les services. C’est trop.

La biocapacité mesure la surface biologiquement productive qui est disponible pour fournir les biens et les services écologiques dont nous avons besoin comme les forêts, les zones de pêche, de culture, de pâturage, y compris les aires citadines. Elle est assez stable, de 12 milliards d’ha.

En comparant EE et biocapacité, on établit un rapport, qui est actuellement de 1.7. Soit 1.7 planète pour l’ensemble des habitants de la planète Terre. On comprend aisément que la croissance démographique ne va pas arranger cela. Pas de doute, nous creusons le déséquilibre.

Les coûts de ce dépassement sont évidents chaque jour, en déforestation, sécheresse, perte de biodiversité, et accumulation de CO2 dans l’atmosphère. Il y a aussi un fort impact économique : comment imaginer qu’un pays puisse disposer d’une économie saine sans disposer des ressources suffisantes pour la faire tourner ? La dépendance aux importations a un coût.

Les émissions de CO2 pèsent lourd dans l’EE, c’est l’empreinte carbone : environ 60% de l’EE mondiale. Pour ma part, je produis annuellement 8.3 t de CO2, soit 65% (52% pour chaque Français en 2005). C’est encore trop. Je dois diminuer mes trajets en voiture, et surtout en avion (1 vol par an, aller et retour en métropole). Je consomme au total 1.78 planètes (chaque Français, 3.5).

Calculez votre propre EE avec le calculateur de GlobalFootprintNetwork. Ludique et instructif.

Dr Bruno Bourgeon, Président d’AID

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Le jour du dépassement

MEDIAS LOCAUX

* Publié dans Zinfos974 le Vendredi 4 Août 2017 - 10:38

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Combien de planètes ?

Combien de planètes nous faudrait-il si tout le monde vivait comme les...

VIDEOS

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* Jour du Dépassement Mondial : 2 août 2017

* Jour du dépassement de la Terre : « Il faudra surexploiter les écosystèmes et compromettre leur capacité de régénération »

Le Monde.fr 2/8/2017

Cette année, d’après les calculs du Global Footprint Network, c’est à partir de ce mercredi 2 août que nous vivons à crédit. Autrement dit, en sept mois à peine, l’humanité a d’ores et déjà consommé toutes les ressources naturelles et renouvelables que la Terre est en mesure de produire en une année.

Depuis le début des années 1970, cette date se veut de plus en plus précoce, à cause d’une démographie en hausse et surtout d’un mode de consommation toujours plus lourd pour notre planète.

Comment expliquer cette dette ? Comment inverser cette tendance ? Pour quelles raisons cet indicateur est-il critiqué ? Audrey Garric, journaliste au service Planète au Monde, a répondu à vos questions en direct sur Facebook.

CALCULATEURS D’EMPREINTE ECOLOGIQUE ET DE JOUR DE DEPASSEMENT PERSONNEL

* footprintcalculator

* globalfootprintnetwork

* overshootday

Jour du Dépassement Mondial

CALCULEZ VOTRE PROPRE JOUR DU DEPASSEMENT

Calculez votre Jour du Dépassement Mondial personnalisé grâce au nouveau calculateur d’Empreinte Ecologique

Conçu pour fonctionner sur plateformes mobiles, le nouvel outil de Global Footprint Network arrive à temps pour suggérer des solutions à la veille du Jour du Dépassement Mondial (2 août)

Jour du dépassement par pays

Jour du dépassement pour certains pays

(OAKLAND, Etats-Unis) — JULY 31, 2017 — Global Footprint Network, un organisme de recherche international, marquera le Jour du Dépassement Mondial avec le lancement d’un nouveau calculateur d’Empreinte mobile sur www.footprintcalculator.org.

Le Jour du Dépassement Mondial est la date à laquelle la demande annuelle de l’humanité sur la nature dépasse la capacité de la Terre à régénérer des ressources naturelles sur l’année entière. En 2017, le Jour du Dépassement Mondial intervient le 2 août.

Les coûts de ce déficit écologique mondial sont de plus en plus évidents dans le monde comme en atteste l’endommagement du capital naturel sous forme de déforestation, d’érosion des sols, d’appauvrissement de la biodiversité, ou encore d’accumulation de carbone dans l’atmosphère.

Le nouveau calculateur d’Empreinte permet aux utilisateurs de mesurer leur propre demande sur la nature (Empreinte Ecologique). Il leur permet également d’évaluer la date de leur Jour du Dépassement Mondial personnalisé, qui serait la date du Jour du Dépassement Mondial si tous les habitants de la Terre menaient le même style de vie que cet utilisateur.

Un Jour du Dépassement Mondial antérieur au 2 août signifie que sa demande sur la nature est supérieure à la moyenne mondiale ; antérieur au 24 avril, et sa demande est supérieure à celle d’un Allemand moyen ; au 14 mars, et elle est supérieure à celle d’un Américain moyen. Les dates pour tous les pays sont disponibles ici.

Pour le Jour du Dépassement Mondial 2017, Global Footprint Network, avec plus de 30 partenaires, met l’accent sur des solutions et des promesses individuelles qui permettent de faire reculer la date (#movethedate). En effet, si nous retardons le Jour du Dépassement Mondial de 4,5 jours chaque année, nous vivrons d’ici 2050 en harmonie avec les ressources écologiques que nous accorde notre unique planète Terre ; or nous en utilisons actuellement l’équivalent de 1,7.

Par exemple, la réduction de la moitié des déchets alimentaires dans le monde pourrait faire reculer la date du Jour du Dépassement Mondial de 11 jours. Ou encore, la réduction de 50% de la composante carbone de l’Empreinte Ecologique mondiale déplacerait le Jour du Dépassement de 89 jours. Une liste des solutions existantes qui, collectivement, nous permettront de sortir du déficit écologique est disponible ici.

Nourriture : Infographie en anglais

Alimentation : infographie en anglais

« Notre planète est limitée, mais les possibilités humaines ne le sont pas. Vivre selon les moyens que nous accordent notre planète est technologiquement possible, financièrement bénéfique et notre seule chance pour un avenir prospère, » a déclaré Mathis Wackernagel, PDG de Global Footprint Network et co-créateur de l’Empreinte Ecologique.

« Nous espérons que notre nouveau calculateur d’Empreinte permettra à des millions de personnes à travers le monde d’explorer des solutions de durabilité, et de trouver une inspiration dans le champ des possibles qui s’offre à notre société contemporaine. »

Plus de 2 millions de personnes dans le monde ont utilisé le calculateur d’Empreinte de Global Footprint Network l’an dernier, étudiants et éducateurs formant le groupe le plus important de ces utilisateurs.

L’Empreinte Ecologique d’une personne mesure la quantité de surface productive requise pour fournir tout ce que cette personne utilise, y compris nourriture, fibres et bois, infrastructures urbaines et absorption de leurs émissions de dioxyde de carbone liées à sa consommation d’énergies fossiles.

Ludique et mobile, le nouveau calculateur d’Empreinte ne se contente pas d’évaluer l’impact des utilisateurs sur la planète et sur les émissions de carbone. Il les invite à contribuer à faire reculer la date (#movethedate) du Jour du Dépassement Mondial, par exemple en témoignant de leurs solutions de durabilité préférées sur une carte interactive et sur les médias sociaux.

Le nouveau calculateur, encore en version bêta, n’est disponible qu’en anglais. Les versions futures deviendront plus spécifiques pays par pays, multilingues et plus ludiques encore.

Dans cette première phase, financée par la Fondation MAVA, le calculateur a été développé par Global Footprint Network en partenariat avec Free Range Studios, une agence créative américaine reconnue notamment pour sa série d’animations sur la durabilité Story of Stuff.

Le calculateur est basé sur les dernières données et méthodologie de Global Footprint Network, qui tient la comptabilité précise de l’utilisation et de la capacité de régénération de ressources écologiques de plus de 200 pays et régions de 1961 à nos jours.

Ces comptes de ressources s’appuient principalement sur les données des Nations Unies. Ils sont disponibles en ligne sur la plate-forme ouverte de données Ecological Footprint Explorer

Combien de pays faut-il pour chaque pays

Signes encourageants : #movethedate est possible

Les dernières données de Global Footprint Network offrent des signes encourageants dans le bon sens. Par exemple, l’Empreinte Ecologique par habitant des États-Unis a diminué de près de 20% entre 2005 (son point le plus haut) et 2013 (soit l’année la plus récente pour laquelle les données sont disponibles).

Ce changement significatif, qui inclut un mouvement de reprise économique après la Récession, est principalement associé à la diminution des émissions de carbone. Le PIB par habitant des États-Unis a augmenté d’environ 20% au cours de la même période, ce qui fait des États-Unis un cas convaincant de découplage (où croissance économique et consommation de ressources naturelles suivent des tendances opposées).

« Malgré le retour en arrière marqué par la Maison Blanche sur la protection du climat, de nombreuses villes, États et grandes entreprises américaines ont redoublé leurs engagements, » souligne Mathis Wackernagel. « En outre, la Chine, qui affiche la plus grosse Empreinte Ecologique nationale dans le monde, demeure fermement engagée à construire une « civilisation écologique » dans son dernier plan quinquennal, avec de nombreuses initiatives pour inverser sa consommation de carbone.

L’Écosse, le Costa Rica et le Nicaragua sont d’autres exemples de pays qui décarbonent rapidement leur système énergétique. »

Eléments d’infographie en français

À propos de Global Footprint Network

Global Footprint Network modifie la façon dont le monde gère ses ressources naturelles, à travers :

• des indicateurs qui sont simples, pertinents et adaptables à diverses échelles ;

• des informations utiles sur la consommation et la disponibilité des ressources naturelles ; et

• des outils et des analyses pour guider la prise de décision.

Pour en savoir plus

Consultez le site

Suivez #movethedate sur les réseaux sociaux.

Calculez votre Empreinte Ecologique individuelle et, avec le nouveau calculateur disponible à compter du 29 juillet, la date de votre Jour du Dépassement Mondial

Les données d’Empreinte Ecologique des pays du monde entier sont disponibles sur la plateforme ouverte de données Footprint Explorer

Contacts presse :

Laetitia Mailhes (francophone) – France Media & Outreach Global Footprint Network +1 415 930-9057 laetitia.mailhes@footprintnetwork.org

Jour du dépassement « Il faut inventer un monde de post-croissance »

Par Estelle Pattée — 1 août 2017 à 19:56

Photomontage Avions Liberation 20170801

Photomontages extraits du livre « PhotoViz », paru en 2016 aux éditions Gestalten. Photos Mike Kelley et Pelle Cass

Pour l’ingénieur Philippe Bihouix, la croissance n’est plus souhaitable. Un autre système économique et social doit être mis en place pour impulser la transition écologique.

Philippe Bihouix est ingénieur et auteur de l’Age des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable, aux éditions du Seuil.

Le jour du dépassement arrive chaque année un peu plus tôt. N’a-t-on pas déjà atteint un point de non-retour ?

Le point de non-retour a déjà été franchi dans plusieurs domaines. Le problème, c’est que nous ne mesurons pas l’ampleur de la catastrophe. C’est le syndrome du décalage du point de référence (ou shifting baselines), théorisé par le biologiste Daniel Pauly.

Nous échouons à transmettre d’une génération à l’autre la dégradation de notre environnement, la perte de biodiversité. Mon fils s’extasie quand il voit une grenouille, grenouille que je pouvais encore disséquer en cours de science naturelle, quand mon père, lui, en voyait des centaines.

La dégradation de la planète peut encore s’accentuer, via l’exploitation des ressources. Nous pouvons continuer à aller chercher du pétrole, du gaz naturel ou des minerais, moins concentrés et moins accessibles, avec des rendements inférieurs et des conséquences environnementales accrues. La question subsidiaire étant : peut-on inverser la vapeur ?

La bonne nouvelle, c’est que nous avons une forte capacité d’adaptation et d’innovation. Mais comment orienter cette incroyable capacité à inventer dans le bon sens et à la bonne vitesse ?

Les innovations et la haute technologie peuvent-elles nous sauver ?

Il y a de nombreuses promesses technologiques. Le problème, c’est que le numérique nous a donné l’impression que les hautes technologies pouvaient nous sauver. Or, nous ne pouvons pas réaliser dans le monde physique les progrès phénoménaux que nous avons connus avec le numérique.

Nous nous heurtons d’abord à la question des ressources non renouvelables, de certains métaux comme le néodyme pour les éoliennes ou le lithium dans les voitures électriques.

Et puis il y a une seconde contrainte, celle liée à la vitesse de généralisation. On espère ainsi que toute nouvelle technologie va pouvoir être déployée à l’échelle planétaire sur une période de dix ou vingt ans, de la même manière que les réseaux internet. Là encore, c’est un très mauvais calcul.

On peut rajouter un macrosystème technique sur un autre, en installant par exemple des antennes pour créer un réseau internet sur un réseau électrique et de transport déjà existant. Et ça fonctionne. Mais quand il s’agit de remplacer un macrosystème par un autre, par exemple de remplacer le moteur thermique par un électrique, on se heurte là à la capacité industrielle de déploiement du réseau énergétique nécessaire.

L’économie collaborative paraît être une bonne solution pour diminuer notre consommation…

Oui, mais elle produit un effet pervers appelé « l’effet rebond ». Si trois passagers relient Paris à Strasbourg en covoiturage par exemple, on est tenté de dire que l’on divise par trois la quantité consommée de carburant. Mais dans cette voiture, il y a qui ?

Un étudiant qui a saisi l’opportunité de faire Paris-Strasbourg pour aller voir un copain et qui n’aurait pas forcément fait le trajet si le service n’avait pas existé. On a une autre personne qui aurait pris le train mais a préféré la voiture parce que c’était moins cher et c’est difficile de lui en vouloir. Le chauffeur, lui, fait Paris-Strasbourg plus souvent parce que la contribution économique des deux autres lui permet de payer le péage et le carburant. A l’échelle du pays, la consommation de carburant ne baisse pas.

Finalement, sans sobriété, il n’existe pas de solution technologique ?

La croissance n’est plus possible. Elle ne reviendra pas à la hauteur des fantasmes de nos dirigeants. Et elle n’est pas souhaitable, puisqu’on ne sait pas à la fois diviser nos émissions de gaz à effet de serre par quatre et faire de la croissance.

La décroissance, ce n’est pas la caricature de l’inverse de la croissance. Mais une volonté de décroître en termes de consommation d’énergie, de matières premières et de production de déchets. D’inventer un autre système économique, social, fiscal, culturel, un monde de post-croissance de plein-emploi, plutôt que continuer à croire au miracle de l’ouragan schumpeterien de la destruction créatrice - alors que toujours plus de gens perdent leur travail.

Comment faire ?

Il n’y a pas d’un côté le décroissant qui fait ses confitures et son compost, et de l’autre l’espoir d’une organisation mondiale de l’environnement. Entre les deux, il y a une gamme incroyable d’actions possibles, au niveau territorial et surtout national, qui permettraient de donner une vraie impulsion à une réelle transition énergétique et écologique.

Comment expliquer le manque d’actions malgré l’urgence ?

On est dans l’injonction contradictoire permanente, dans la dissonance cognitive : d’un côté les mauvaises annonces sur la dégradation de l’état de la planète ; de l’autre des annonces de solutions miracles.

Nos dirigeants sont dans une rivalité mimétique - Nantes a un « fablab », Rennes veut le sien - et tentent toujours les vieilles recettes néokeynésiennes : les grands travaux et la relance de la consommation créent les emplois. Cela a bien fonctionné pendant les Trente Glorieuses.

Mais désormais la consommation de produits manufacturés ailleurs crée moins d’emplois. Reste alors la politique de grands travaux : il faut faire des aéroports, des LGV, etc. Cela donne des éléphants blancs, qui sont des aberrations dans la forêt économique et environnementale.

Estelle Pattée


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