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Carnac ? Jarnac ? Tarnac !

mardi 25 novembre 2008 par JMT

Tarnac/SNCF : Sarkozy (comme Pétain à Vichy…), s’invente de faux « anarchistes » - Lettre ouverte des parents des inculpés du 11 novembre.

25/11/2008

Le régime de Vichy avait inventé le délit de “menées communistes et anarchistes” (je cite de mémoire), alors que justement, il y avait très peu (trop peu malheureusement), d’anarchistes stricto-sensu dans la Résistance (à part quelques très rares individuels admirables, et bien entendu les anarchistes espagnols des maquis du Sud-Ouest et de la 2ème DB de Leclerc.)

“Anarchiste”, ça sonnait bien à l’époque aux oreilles du coeur de clientèle de Pétain et de Laval, ces bourgeois étriqués qui avaient pensé “Plutôt Hitler que le Front populaire”.

Le régime de Sarkozy, lui, vient de s’inventer un ennemi intérieur imaginaire terroriste “anarcho-autonome” (probablement à l’aide de provocateurs mercenaires sur les lignes SNCF ? L’avenir le dira. Des mercenaires dans la presse nationale, c’est en tous cas avéré.)

Cet ennemi “anarcho-autonome” est évidemment une pure construction médiatique, scandaleusement reprise, sans critique, en boucle, par les médias dominants et par entre autre par la LCR, qui pourrait au moins s’excuser de ce faux-pas (pendant que le PS s’enferme en grand autiste dans son petit tas de secrets domestiques autour de la mesquine trajectoire ségoléniste, et que les directions des grandes centrales syndicales sont effectivement achetées par les ministères pour une seule tâche prioritaire qui peut sembler dérisoire mais qui n’est pas si simple ni si anodine :

Faire en sorte qu’une journée de grève des cheminots ne coïncide jamais avec une journée de grève des enseignants, des fois que ça créerait une masse critique et contagieuse de révolte agissante…).

À quoi sert cette affaire des inculpés de Tarnac et des lignes SNCF depuis plus d’une semaine ?

1 / à long-terme évidemment : Pour faire “prédiction auto-réalisatrice”, pour créer des émules “terroristes”, car le pouvoir n’aime pas faire lui même la violence, il préfère pour cela des militants bénévoles, si possible sincères, idiots et télécommandés de loin comme « Action Directe » en son temps, voire en roue libre de sous-culture anthropologique de la cruauté plus ou moins crapuleuse, comme ETA et autres officines tellement faciles à instrumentaliser.

2 / à court-terme :

C’est une affaire destinée d’abord à apeurer vraiment tous les dissidents et vrais opposants, et simultanément à déculpabiliser la tentation de violations des Droits de l’Homme par les secteurs les plus répressifs de la police et de la justice, surtout des Services spéciaux anti-constitutionnels comme la récente DCRI (Securitate ultra-moderne, créée discrètement par le pouvoir sarkozien cet été 2008) sans oublier ces conseillers spéciaux en répression, comme un certain ex-rocardien, dignitaire franc-maçon (pauvre franc-maçonnerie, réveille-toi !), devenu intellectuel organique du sarkozyme et Grand introducteur en Europe de l’expertise fascisto-compatible de type Guentanamo. Pauvre de lui.

Il ne suffira donc pas de faire sortir des oubliettes les inculpés de Tarnac, il faudra également, de cette affaire, en extraire la vérité.

Luc DOUILLARD

on ze webblog : http://lucky.blog.lemonde.fr

Lettre ouverte des parents des inculpés du 11 novembre

Lorsque la cacophonie s’accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme ; laisser place à plus de vérité.

Certains médias se sont empressés d’accréditer la thèse affirmée par la ministre de l’intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours :

Les personnes arrêtées étaient d’emblée condamnées.

Personne n’aura pu rater l’épisode de “police-réalité” que nous avons tous subi la semaine passée. L’angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéanti, ce sont les marées de mensonges déversées.

Aujourd’hui ce sont nos enfants, demain ce pourrait être les vôtres. Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.

Les interpellés ont à l’évidence bénéficié d’un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d’eux des personnes hors normes.

La police les suspecte d’être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d’avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d’avoir cultivé des terres abandonnées, d’avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes âgées des alentours. Nos enfants ont été qualifiés de radicaux.

Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l’intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu’elles sont collectives.

Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre “L’insurrection qui vient” du Comité Invisible fait d’une personne un terroriste, à force d’en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire.

Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n’est pas un “bréviaire terroriste”, mais un essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Aujourd’hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d’avoir débranché quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu’ à 20 ans de prison.

L’opération policière la plus impressionnante n’aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.

Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portent s’ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.

Que devient la présomption d’innocence ?

Nous demandons qu’ils soient libérés durant le temps de l’enquête et que soient évidemment abandonnée toute qualification de terrorisme. Les parents d’Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Julien, Mathieu,Yldune

PS : Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu’ils vivent que ce qu’ils voient à la télé.

www.comite-visible.info

www.soutien11novembre.org

lue aussi sur lue sur http://nantes.indymedia.org/article/15388

Pour ceux qui veulent plus d’informations :

“Terroristes d’ultra-gauche” : Comment justice et presse prennent le train de la police par Claude-Marie Vadrot

Politis.fr

L’Insurrection

« Manuel du parfait petit saboteur » (Marianne), « bréviaire anarchiste » (Libération), « manuel de l’insurrection » (Le Parisien) : L’Insurrection qui vient a les honneurs de la presse, ces jours-ci.

Pourtant, lors de sa parution en mars 2007, cette presse avait été des plus discrètes, ce qui ne nous avait pas étonnés : nous avons l’habitude.

Les journalistes ont commencé à s’intéresser au livre il y a bientôt un an, quand a débuté la construction policière de la « mouvance anarcho-autonome » : les exemplaires trouvés au domicile des personnes arrêtées ont aidé à bâtir les inculpations contre ces représentants du nouvel ennemi intérieur.

Aujourd’hui, L’Insurrection qui vient est citée dans tous les articles sur « la cellule invisible », ses méfaits et ses membres supposés. On aurait pu espérer que les journalistes prendraient le temps de lire ce petit livre de 128 pages, mais ce sont des gens pressés : il est plus rapide et moins dangereux pour leur carrière de reprendre sans état d’âme excessif les communiqués de la police.

Ceux qui ont lu le livre savent qu’il ne s’agit ni d’un manuel ni d’un bréviaire, mais d’un texte d’une originalité et d’une hauteur de ton exceptionnelles. Nous sommes fiers de l’avoir publié à la Fabrique et nous en assumons la responsabilité jusqu’à la dernière virgule.

Pétition

Voici le texte de la pétition initiée par Eric Hazan et La Fabrique éditions au sujet de l’affaire des neuf inculpations de la semaine dernière (les soi-disant "terroristes" du Comité Invisible).

Il est possible de la signer en renvoyant votre nom et votre qualité (profession ou absence de profession, statut ou absence de statut) à l’adresse suivante : lafabrique@lafabrique.fr

PÉTITION

*Une opération récente*

Une opération récente, largement médiatisée, a permis d’arrêter et d’inculper neuf personnes, en mettant en oeuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l’inconsistance de l’accusation de sabotage des caténaires, l’affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, « le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’État, et de parvenir par la violence ? je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise ? à troubler l’ordre politique, économique et social ».

La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n’existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché.

L’inculpation pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » est plus que vague : qu’est-ce au juste qu’une association, et comment faut-il entendre ce « en vue de » sinon comme une criminalisation de l’intention ?

Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu’il peut s’appliquer à pratiquement n’importe quoi ? et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d’exception.

Les personnes inculpées n’ont pas été choisies au hasard, mais parce qu’elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations ? dernièrement, celle de Vichy, où s’est tenu le peu honorable sommet européen sur l’immigration.

Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain. On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s’est organisé dès leur arrestation. Ce qu’ils cherchaient, ce n’est ni l’anonymat, ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole. Finalement, l’absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.

En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont elles compatibles à long terme avec la démocratie ?

Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner, et d’abord en demandant l’arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l’exemple.


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