AID Association initiatives dionysiennes
Fin de la période d’urgence ?

LE MONDE DES ADDICTIONS : CREDIT, PETROLE

Quand tirera-t-on des enseignements ?

mardi 14 octobre 2008 par JMT

Carabosse ? souvenez-vous..... la méchante fée d’un conte bien français de Charles Perrault "La Belle au Bois Dormant" ,qui fit un "cadeau" quelque peu "empoisonné" à sa filleule.......écrivez le "carat-bosse" soit "diamant-boulot" et vous aurez la morale de cette histoire.....on peut aussi tenter "carat-beauce" pour faire référence à tout le "blé" (au propre et au figuré quand les multinationales céréalières ont fait grimper cette année le prix en affamant des centaines de millions de personnes supplémentaires !) que certains sont en train de se faire avec l’appui de l’argent public.

Certains ont perdu, parfois de très grosses sommes, certes, et ce n’est peut-être pas fini (voir comment Poutine continue à se venger des avanies et de la morgue de ses oligarques.....simple réédition du scénario Louis XIV - Fouquet :-) mais quand ils en gagnent insolemment, viennent-ils supplier les gouvernements d’en accepter une part ou continuent-ils à pleurer misère, à réclamer des baisses "d’impôts" , de "charges"....

Non contents de brasser du vent d’un air important, d’utiliser la fausse monnaie qu’ils créent quotidiennement et qu’ils ne garantissent même pas pour se goberger sans vergogne de tout ce que la planète compte de plus dispendieux (sans se demander qui les produit ?) ils viennent régulièrement se rappeler au bon souvenir de ceux qui triment pour les mettre à contribution chaque fois que leur casino dérape et que les joueurs se chamaillent entraînant l’arrêt de la partie et l’obligation de solder.

Pourquoi traiter nos grands argentiers, président, chanceliere, premiers ministres de "carabosses".

Parce que , fonctionnant une fois de plus dans l’urgence, ils viennent encore de rater une occasion de faire le travail pour lequel nous les payons c’est à dire défendre l’intérêt du plus grand nombre. Même si les états peuevnt "gagner de l’argent" dans cette opération, ils n’ont fait que consolider un système à la fois mortifère et voué à l’échec : la prochaine crise est déjà en gestation car la plupart des errements que cette acrise a révélés continueront, d’une manière quelque peu modifiée mais RIEN de fondamental n’a été changé. Seuls les joueurs les plus faibles, les moins appuyés politiquement auront disparu (avec des dégâts collatéraux)

Les Bourses flambent à nouveau et le pétrole a regagné 3 $ par baril dépassant à nouveau les 80 $. Normal, avec la masse d’argent injectée, il devrait y avoir un soutien de l’activité et la demande énergétique sera donc soutenue.

D’autant que certains députés UMP demandent déjà de "mettre entre parenthèses le Grenelle"

Crise financière - L’embellie va-t-elle se confirmer ?

le 14/10/2008 - 06h34

Ce matin, les Bourses asiatiques sont en très forte hausse, jusqu’à +13% à Tokyo. La journée sur les places européennes et à Wall Street sera déterminante. Wall Street a fini lundi soir sur un feu d’artifice de 11,08%, une hausse jamais vue de plus de 900 points en une séance.

Crédit Photo : AFP PHOTO DDP/ MARTIN OESER Un trader sourit devant le cours, en hausse, de l’indice Dax le 13 octobre 2008 à la Bourse de Francfort

Lundi, les Bourses mondiales remontaient aussi vite qu’elles avaient plongé la semaine dernière, quelques heures après l’annonce d’un plan commun européen proposant une garantie interbancaire.

Mardi matin, les places asiatiques confirment cette embellie : la Bourse de Tokyo s’envolait à 13,04% à mi-séance, reprenant une partie du terrain perdu lors du krach de la semaine dernière (-24,33%).

Les indices boursiers des autres places financières avaient bondi de 10% lundi, et Wall Street avait fini sur un feu d’artifice de 11,08%, une hausse jamais vue de plus de 900 points en une séance.

"Les marchés disaient qu’il était nécessaire d’injecter des fonds dans les institutions financières en difficulté et les gouvernements vont dans ce sens depuis le G7" des grands argentiers de la planète vendredi, a expliqué Kazuhiro Takahashi, chef du services des actions à Daiwa Securities SMBC.

Il a ajouté que le marché attendait mardi soir une annonce américaine d’injection d’argent public dans le système financier. Les investisseurs japonais saluaient aussi les mesures destinées à stabiliser le marché boursier annoncées dans la matinée par le ministère des Finances, dont un allègement des restrictions sur les sociétés souhaitant racheter leurs actions.

"Les banques qu’on assistera devront payer"

La publication prochaine de mauvais indicateurs économiques pour les pays occidentaux pourrait vite doucher l’enthousiasme boursier, selon des analystes.

Mais en Europe, la coopération des gouvernements qui ont promis près de 1.700 milliards d’euros pour dégripper la machine bancaire a, dans l’immédiat, fait oublier la panique de la semaine dernière.

Berlin a mis 480 milliards d’euros sur la table, Paris 360 milliards, La Haye 200 milliards, Madrid et Vienne 100 milliards chacun, Lisbonne 20 milliards. L’Italie a annoncé qu’elle dépenserait autant qu’il le faudrait.

Ces actions concertées, réclamées de longue date, ont redonné espoir aux investisseurs auparavant restés de marbre face au plan du secrétaire au Trésor américain Henri Paulson et à la baisse des taux directeurs des banques centrales.

Autre signe de détente, les taux à trois mois sur le marché interbancaire, dont le blocage est au coeur de la crise, se sont repliés, les établissements financiers étant moins réticents à se prêter de l’argent.

Ces mesures de la zone euro s’ajoutent au plan britannique qui avait montré la voie la semaine dernière avec 380 milliards d’euros. Londres va investir jusqu’à près de 50 milliards d’euros dans trois des plus grandes banques du pays, RBS, HBOS et Lloyds TSB, les nationalisant de fait.

Garanties aux crédits interbancaires jusqu’au 31 décembre 2009, recapitalisation des banques menacées de faillite : déclinable dans chaque pays, le plan européen vise à réamorcer la pompe du crédit, qui est pratiquement tombée à l’arrêt, menaçant de paralyser l’économie.

Les gouvernements européens qui semblent ainsi prêts à laisser filer leurs déficits ont essayé de rassurer les contribuables, affichant leur intention de récupérer un jour leur mise auprès des banques. "Les banques qu’on assistera devront payer", a souligné le président de l’Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

D’après agence

Plan de sauvetage - Fillon : des mesures pour l’emploi "dans quelques jours"

Diane HEURTAUT - le 13/10/2008 - 23h18

François Fillon a appelé, lundi sur TF1, la gauche à voter pour le plan de sauvetage, qui représente "un tournant décisif" face à la crise, un "exploit". Le plan n’est assorti d’"aucune hausse d’impôts, a-t-il assuré. Au contraire, "si les choses se passent normalement, l’Etat français peut gagner de l’argent dans cette crise".

Crédit Photo : TF1-LCI François Fillon, le 13 octobre 2008 au 20h de TF1

"On a passé un tournant décisif (...) C’est une réponse considérable : rien que pour la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, c’est déja le double de ce que mettent les Américains mettent dans leur plan de sauvetage" (700 milliards de dollars), et c’est "sans compter l’Italie et l’Europe du Nord !".

Invité lundi du 20h de TF1, le Premier ministre François Fillon a mis en avant les avantages du plan de 360 milliards d’aide au système financier détaillé en début d’après-midi par Nicolas Sarkozy

"On a réalisé quelque chose que je me permets de qualifier d’exceptionnel. C’est un exploit, je crois que ça ne s’est jamais produit dans l’histoire de la République. Ce qu’on fait est sans précédent et l’audace qui a été celle du gouvernement français mais aussi des gouvernements européens est la meilleure façon de répondre à cette crise."

"Il n’y a pas de risque pour les contribuables" car "il n’y a pas d’argent frais mis au budget de l’Etat". Et il n’y aura donc "aucune hausse d’impôts" et "aucune hausse des contributions", a-t-il assuré. Au contraire, "si les choses se passent normalement, l’Etat français peut gagner de l’argent dans cette crise", a-t-il même avancé.

Car, a rappelé le chef du gouvernement, "le choix qu’on a fait est d’apporter des garanties (...) qui seront rémunérées". Pour mieux illustrer son propos, François Fillon a comparé le principe de garantie des prêts interbancaires au système de caution des baux locatifs : "les cautions ne sont pas mises en jeu systématiquement, elles le sont même assez rarement, et ces garanties seront rémunérées.

L’Etat va gagner de l’argent sur les prêts qu’il fera et sur les garanties qu’il apportera aux entreprises". Deuxième volet : les prises de participation en capital dans les banques en difficulté. "Notre objectif, ce n’est pas de les garder éternellement, mais de les revendre dès que l’économie ira mieux", a-t-il insisté.

De possibles nouveaux contrats aidés d’ici à la fin de l’année

Il a donc appelé à "l’unité nationale", comme il l’avait fait fin septembre au début de la crise, cette fois pour que le projet de loi de finances rectificative soit adopté mardi à l’Assemblée nationale et mercredi au Sénat.

"Si l’opposition vote ce texte, ça renforcera beaucoup le plan de sauvetage", a-t-il estimé. François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont déjà laissé entendre que les députés PS n’envisageaient pas de voter contre.

"Plus on va vite dans la solution à la crise financière, plus on a l’espoir que la croissance reprenne dans le courant de l’année 2009", a plaidé François Fillon.

"Comme la situation est difficile et pour faire face aux conséquences de cette crise", le Premier ministre a aussi annoncé que le gouvernement "prépare des mesures complémentaires en matière d’emploi" qui seront "annoncées dans quelques jours".

Dans le champ des possibles : augmenter le nombre de contrats aidés "si le taux de chômage remonte en raison des difficultés conjoncturelles". "Nous avons décidé que nous ne nous interdirions aucune mesure pour faire face à ce qui est notre priorité, c’est-à-dire le retour du plein emploi", a-t-il ajouté.

Des conditions précises pour que les banques bénéficient de l’aide

Dernier point important, François Fillon a précisé que "les aides que nous apporterons aux banques seront subordonnées à des obligations, des contreparties, en matière de comportement éthique, moral déjà (salaires des dirigeants, ndlr).

Et surtout nous veillerons par contrat à ce que les sommes qui vont être apportées aux banques aillent bien PME, aux entreprises, aux particuliers, aux collectivités locales".

Quant à l’éventualité d’un remaniement gouvernemental, en vue de la formation d’un cabinet de "crise", François Fillon a jugé que "ce serait le moment le plus mal choisi". "Ce dont on a besoin en ce moment, c’est d’un gouvernement solidaire, uni derrière le président de la République et qui travaille".

L’union sacrée face à la crise tire les Bourses de l’abîme

AFP - lundi 13 octobre 2008, 21h42

L’union sacrée des gouvernements des principales puissances économiques mondiales pour faire face à la crise financière a revigoré lundi les places boursières, qui ont terminé la séance sur des gains records.

Après des hausses de plus de 10% des indices boursiers en Asie et en Europe, Wall Street, première place mondiale, a fini sur un feu d’artifice de 11,08%, soit une hausse jamais vue de plus de 900 points en une séance.

"Le marché réagit aux annonces du week-end", a commenté l’analyste Peter Cardillo, d’Avalon Partners, dans une allusion aux réunions à Washington des grands argentiers des principales puissances économiques qui se sont engagés à soutenir le secteur financier contre vents et marées.

"Ces initiatives ont aidé à endiguer la vague de pessimisme qui persistait la semaine dernière et à encourager un mouvement de chasses aux bonnes affaires", a ajouté son confrère Patrick O’Hare, de Briefing.com. "Les gouvernements du monde entier semblent avoir pris la mesure de la gravité de la crise financière".

En Europe, la coopération des gouvernements, qui ont promis près de 1.700 milliards d’euros pour dégripper la machine bancaire, a fait oublier la panique de la semaine dernière.

Ces actions concertées au niveau européen, réclamées de longue date, ont redonné espoir aux investisseurs qui étaient restés de marbre face au plan du secrétaire au Trésor américain Henri Paulson et à la baisse des taux directeurs des banques centrales.

"C’est mot pour mot ce qu’on voulait", exultait Maurice Gravier, directeur de Natixis Asset Management à Paris, pour qui il s’agit d’un "catalogue idéal" de mesures afin d’"éviter une contagion de la crise à toute l’économie et rétablir la confiance".

La quasi-totalité des Bourses européennes ont fini sur des hausses historiques : Paris a pris 11,18%, Francfort 11,40%, Madrid 10,65%, Milan 11,49%. Un ton en dessous, Londres a gagné 8,26%.

Autre signe de détente, les taux à trois mois sur le marché interbancaire, dont le blocage est au coeur de la crise, se sont repliés. Confortés par les promesses gouvernementales, les établissements financiers étaient moins réticents à se prêter de l’argent.

Longtemps accusés d’inaction ou d’improvisation face à la déroute bancaire, les Européens ont serré les rangs.

Au lendemain d’un sommet de crise des pays de la zone euro, les dirigeants européens ont mis leurs chiffres sur la table, de quoi donner le tournis aux citoyens européens. Mais de quoi rassurer, du moins temporairement, les marchés.

Berlin a annoncé 480 milliards d’euros, Paris 360 milliards, Madrid et Vienne 100 milliards chacun, Lisbonne 20 milliards, La Haye 200 milliards.

L’Italie a annoncé qu’elle dépenserait autant qu’il le faudrait pour ses banques.

Ces mesures de la zone euro s’ajoutent au plan britannique qui avait montré la voie la semaine dernière avec 380 milliards d’euros. Londres va investir jusqu’à près de 50 milliards d’euros dans trois des plus grandes banques du pays, RBS, HBOS et Lloyds TSB, provoquant leur nationalisation de fait.

L’économiste Américain Paul Krugman, qui s’est vu décerner lundi le prix Nobel d’économie en pleine bourrasque financière, a d’ailleurs rendu hommage à l’action du Premier ministre britannique Gordon Brown, se demandant s’il "n’avait pas sauvé le système financier mondial".

Garanties aux crédits interbancaires jusqu’au 31 décembre 2009, recapitalisation des banques menacées de faillite : déclinable dans chaque pays en fonction des besoins, le plan européen vise à réamorcer la pompe du crédit, qui est pratiquement tombée à l’arrêt, menaçant de paralyser l’économie.

Les mesures européennes font écho au plan Paulson de 700 milliards de dollars adopté début octobre par les Etats-Unis et concrétisent les engagements pris vendredi par les sept grands pays riches (G7) à Washington.

Le dos au mur, les gouvernements n’ont pas hésité à briser des tabous comme la nationalisation des banques et n’ont pas lésiné sur les moyens, quitte à laisser filer les déficits publics et mettre entre parenthèses les critères de Maastricht.

Les Etats-Unis envisagent désormais d’entrer dans le capital d’une "large gamme" d’établissements financiers.

Soucieux de rassurer les contribuables, les gouvernements ont toutefois affiché leur intention de récupérer un jour leur mise auprès des banques.

"Il ne s’agit pas de faire des cadeaux aux banquiers", a souligné le président de l’Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker avant d’ajouter que "les banques qu’on assistera devront payer".

"Ceux qui ont fauté seront sanctionnés" une fois la crise financière surmontée, a prévenu le président français Nicolas Sarkozy.

Selon certains analystes, l’euphorie boursière risquait toutefois d’être freinée par la prochaine publication de mauvais indicateurs économiques aux Etats-Unis et en Europe.

Le FMI, à l’instar des dirigeants européens, compte tirer les leçons de la crise en vue de réformer un système financier qui a démontré ses faiblesses.

Gordon Brown a réclamé une vaste réforme du système financier international dans le cadre d’un "nouveau Bretton Woods", la conférence sur la régulation financière tenue aux Etats-Unis en 1944.

Premiers à ouvrir le bal, les marchés asiatiques avaient rebondi nettement lundi matin : Hong-Kong a gagné 10,2%, Shanghai 3,65%, Sydney 5,55% et Séoul 3,79%. La première place d’Asie, Tokyo, qui a subi la semaine dernière un krach historique (-24,33%), rouvrira mardi après une journée fériée.

Au Moyen-Orient, la Bourse saoudienne a terminé en hausse de 9,5% et Le Caire de 4,9%.

La Bourse de Sao Paulo, première place financière d’Amérique latine, a terminé sur une hausse historique de 14,66%. A Mexico, la progression a été de 11,01%, un record depuis 1998.

A contre-courant des marchés mondiaux, les deux places boursières de Moscou, le RTS et le Micex, ont achevé la séance de lundi sur de fortes chutes de respectivement 6,34% et 4,85%.

L’euro a regagné du terrain face au dollar, cotant 1,3595 dollar vers 20H30 GMT lundi contre 1,3394 vendredi soir.

Les prix du pétrole se sont repris à New York où le baril a fini à 81,19 dollars, en hausse de 3,49 dollars par rapport à vendredi.

La crise met le Kremlin en position de force face aux oligarques

REUTERS - lundi 13 octobre 2008, 21h33

© REUTERS2008 par Guy Faulconbridge

MOSCOU (Reuters) - La crise financière mondiale est en passe d’entraîner une vaste redistribution de richesses en Russie, où certains oligarques ont beaucoup à perdre alors que d’autres en bénéficieront et que l’Etat déterminera dans une certaine mesure qui est appelé à surnager.

Les oligarques qui ont beaucoup emprunté en période favorable pour développer leurs empires sont très fragilisés par la chute de leurs entreprises en Bourse.

L’une des victimes de cette situation est Oleg Deripaska, 40 ans, que la revue Forbes présentait en mai comme l’homme le plus riche de Russie du fait de l’étendue de ses prises de participation. Il a promptement vendu ses parts dans deux entreprises étrangères pour se procurer des liquidités.

Parmi les bénéficiaires de ce contexte figure Mikhaïl Prokhrov. Après avoir amassé près de 10 milliards de dollars en vendant des actifs avant la crise, ce magnat de la métallurgie âgé de 43 ans prend aujourd’hui des participations à bon compte, par exemple dans la banque d’investissement Renaissance Capital.

Mais l’un des plus gros gagnants sera sans doute l’Etat.

Le président Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine piloteront les délibérations visant à décider qui aura droit aux fonds de secours puisés dans les coffres pleins à ras bord de l’Etat. Les oligarques forment déjà une file d’attente.

TEST POLITIQUE

"Une énorme bataille politique va se jouer pour déterminer qui sera renfloué au moyen des réserves gouvernementales", déclare Peter Boone, de la London School of Economics and Political Science.

"Le gouvernement décidera qui doit survivre ou non, car tous les oligarques ont emprunté. (...) Cela pourrait devenir violent, c’est un test majeur pour la solidité du système politique russe."

La crise financière a entamé la confiance des investisseurs en Russie, où la crainte d’ingérences gouvernementales dans l’économie et les inquiétudes suscitées par le récent conflit armé de Moscou avec la Géorgie ont provoqué le retrait de dizaines de milliards de dollars.

Beaucoup d’hommes d’affaires parmi les plus riches du pays sont dans la quasi-impossibilité de refinancer leurs emprunts.

Certains, ayant garanti leurs emprunts au moyen d’actions de leurs entreprises, doivent lever des fonds du fait que les marchés d’actions ont chuté de plus de 60% depuis mai et que les banques exigent des assurances supplémentaires pour garantir les prêts.

Oleg Deripaska a vendu une participation de 9,9% dans le géant allemand du bâtiment Hochtief et a rendu à des créanciers une participation de 1,4 milliard de dollars dans l’équipementier automobile canadien Magna.

Le fleuron de Deripaska est une participation de 66% dans le plus grand producteur mondial d’aluminium, United Company RUSAL. Mais RUSAL est endetté à hauteur de 14 milliards de dollars, dont 4,5 milliards de dollars d’emprunts contractés auprès de banques occidentales pour financer une prise de participation dans la firme concurrente Norilsk Nickel.

"Deux ou trois oligarques sortiront grands vainqueurs de tout cela et deux ou trois autres seront les grands perdants", commente un investisseur qui opère en Russie depuis une dizaine d’années et souhaite conserver l’anonymat. "Les autres survivront probablement grâce à la très haute qualité de leurs actifs réels", ajoute-t-il.

ARBITRAGE DU KREMLIN

Dans un monde où l’argent liquide est roi, l’Etat russe - qui détient les troisièmes réserves de devises étrangères et de réserves d’or mondiales après celles de la Chine et du Japon - pèse beaucoup plus lourd que tous les oligarques réunis.

Du fait de l’importance des actifs détenus par les principaux hommes d’affaires russes, le Kremlin devra intervenir pour empêcher un effondrement et veiller à ce que ces actifs ne tombent pas dans des mains étrangères, notent des investisseurs.

L’Etat a promis de débloquer 50 milliards de dollars pour refinancer des remboursements de prêts contractés par des entreprises privées russes auprès de banques étrangères, renforçant ainsi son emprise sur les oligarques. Les firmes russes doivent rembourser 120 milliards de dettes avant la fin 2009, et 40 milliards de dollars dès la fin de l’année en cours.

La situation actuelle est l’inverse de celle qui prévalait dans les années 1990, période où un Etat au bord de la faillite implorait les oligarques de lui accorder des prêts contre la garantie de participations décisives dans des sociétés actives dans des secteurs très rentables. L’Etat n’ayant pu rembourser les emprunts, les oligarques avaient pris le contrôle de ces sociétés.

"Cette fois, les oligarques à court de liquidités demandent à l’Etat, qui en regorge, de les renflouer. Et nul ne doit se faire d’illusions, la lutte pour faire partie de la nouvelle élite sera rude", écrit Ivan Ivantchenko, analyste chez VTP Capital à Moscou, dans une note de recherche.

Version française Philippe Bas-Rabérin

Crise financière - Sarkozy : "Le contribuable sera gagnant"

O. L. avec agences - le 13/10/2008 - 18h28

Dans sa déclaration sur le plan de 360 milliards d’aide au système financier, le président de la République s’est engagé à ce qu’il ne coûte rien aux Français. L’Etat français apportera une garantie "payante" des prêts interbancaires jusqu’à 320 milliards d’euros

Crédit Photo : DR nicolas sarkozy

Les Français ne paieront pas la facture. Tout en se positionnant délibérément dans l’action Nicolas Sarkozy a voulu rassurer lundi avec un leitmotiv : "le contribuable sera gagnant" à la fin du plan de 360 milliards d’euros de sauvetage des banques qu’il a annoncé.

L’Etat français apportera ainsi une garantie "payante" des prêts interbancaires jusqu’à 320 milliards d’euros et consacrera jusqu’à 40 milliards d’euros pour recapitaliser les banques qui seraient en difficulté, a annoncé le président de la République après un conseil des ministres extraordinaire.

Très solennel, constatant que "rien ne doit être épargné pour éviter que la crise s’aggrave encore" et "l’argent ne circule plus", le chef de l’Etat a annoncé ces deux mesures exceptionnelles dans le cadre de la mise en oeuvre française du plan qui a été adopté dimanche par les 15 pays de l’Eurogroupe.

"Dérives scandaleuses"

La garantie des prêts interbancaires "s’appliquera aux emprunts contractés avant le 31 décembre 2009 et pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans".

"Les créances garanties seront prioritaires par rapport à toutes les autres créances en cas de défaillance de l’établissement emprunteur", a précisé Nicolas Sarkozy. Dans ce but, "une société sera donc créée" et "les emprunts émis par cette société pour son financement seront garantis par l’Etat".

Cela ne se fera pas "sans contreparties", a fait valoir le chef de l’Etat. "La garantie sera donc payante à un prix normal du marché. Elle aura pour contrepartie la signature d’une convention fixant les obligations des établissements bénéficiaires".

Ces "obligations porteront d’abord sur l’éthique, notamment sur la question des rémunérations", pour ne pas reproduire "les dérives scandaleuses constatées ces dernières années", allusion aux parachutes dorés accordés aux dirigeants de grandes entreprises à leur départ.

Les obligations concerneront également "le financement des particuliers, des entreprises, des PME et des collectivités territoriales". La garantie de l’Etat doit servir à "réamorcer la pompe du crédit et non à alimenter une thésaurisation par précaution", a-t-il relevé.

Ce dispositif "ne sera accessible qu’aux établissements de crédit qui auront des fonds propres suffisants", a précisé le chef de l’Etat. Le chiffre de 320 milliards est un "maximum". "Sans doute ne sera-t-il jamais atteint", a ajouté Nicolas Sarkozy, En l’absence de "défaillance" d’un établissement, "le contribuable sera gagnant du montant des commissions encaissées sur les garanties souscrites", a-t-il expliqué.

"La Société générale ni plus ni moins"

Lors d’une courte séance de questions-réponses, Nicolas Sarkozy a précisé que les pouvoirs publics mettent "des fonds propres à disposition de toutes les banques qui en feraient la demande, la Société générale ni plus ni moins", comme on lui demandait si l’Etat s’apprêtait à venir au secours de banque.

"C’est maintenant aux banques que je recevrai demain de décider si elles veulent appeler au renforcement, ou pas, de leurs fonds propres", a-t-il ajouté. La Société Générale a démenti plus tôt des "rumeurs malveillantes" faisant état de la nécessité pour la banque française de se recapitaliser, qui ont fait chuter son titre jusqu’à 15% lundi à la Bourse de Paris (Voir notre article).

Le plan de crise annoncé par Nicolas Sarkozy sera voté mardi à l’Assemblée nationale, puis transmis mercredi au Sénat, a confirmé le président UMP de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer.

Vers une augmentation de la dette ?

Le ministre du Budget, Eric Woerth, a reconnu lundi que le plan français de recapitalisation des banques "augmentera la dette" de l’Etat s’il est utilisé. Avant même l’annonce du plan de soutien bancaire, la dette publique de la France était attendue à 65,3% du PIB fin 2008, au-delà du plafond de 60% autorisé par le pacte de stabilité européen.

Eric Woerth a toutefois précisé que le plan de soutien français au secteur bancaire n’aurait "pas d’impact direct sur les finances publiques", lors d’une conférence de presse avec Christine Lagarde.

Il a également estimé qu’il n’y avait "pas de raison de changer les prévisions" de déficit public de la France, attendu à 2,7% du PIB en 2008 et en 2009.

Le projet de loi de finances rectificative dans lequel s’inscrit le plan de soutien français maintient la prévision d’un déficit du budget de l’Etat de 49,4 milliards d’euros fin 2008. Cela correspond à une dégradation de 7,7 milliards d’euros par rapport au projet de loi de finances initial.

Videos

Sortie de crise en vue ?

13 octobre 2008 - 20h00

Au lendemain du sommet de l’Eurogroupe, les marchés ont réagi positivement au plan européen. Le film de la journée en images...

Un Conseil des ministres spécial crise

13 octobre 2008 - 20h00

C’est au cours d’un conseil des ministres exceptionnel lundi que le plan français de soutien aux banques a été adopté. Un plan qui doit être présenté cette semaine aux députés.

Les mesures du plan de soutien français

13 octobre 2008 - 20h00

Le plan français prévoit une garantie de l’Etat sur les prêts que s’accordent les banques entre elles et la création d’un fonds destiné à renflouer les établissements en difficulté.

Les raisons d’être optimiste

13 octobre 2008 - 20h00

Pour Dominique Strauss Kahn, le patron du FMI, "le pic de la crise est peut-être derrière nous". Qu’en pensent les économistes ?

François Fillon au 20 h : ’’On a passé un tournant décisif’’

13 octobre 2008 - 20h00

Invité de Laurence Ferrari, François Fillon a estimé que l’Europe et la France ont ’’fait tout le nécessaire pour sortir de cette crise’’.

Crise financière : Plan européen : appelez-le professeur Brown !

13 octobre 2008 - 18h19

Le Premier ministre britannique peut revendiquer la paternité du plan européen, en effet inspiré de la solution britannique. Il a donné le "la", les autres ont suivi. Gordon Brown est de retour.

L’Eurogroupe réuni pour éviter les faillites bancaires

12 octobre 2008 - 20h00

A la veille d’un Conseil des ministres extraordinaire sur la crise financière, Nicolas Sarkozy a reçu dimanche les 15 dirigeants des pays de la zone euro. La boite à outils financière

Crise financière : l’Islande au bord de la faillite

12 octobre 2008 - 20h00

En une semaine, l’Islande est passée du statut de petite nation riche et tranquille à celui d’un pays exsangue au bord de la faillite.

Comment cela a-t-il pu arriver ?

Crise financière : VGE : "Que l’opinion française ne se laisse pas affoler"

10 octobre 2008 - 12h42

S’il reconnaît que la crise actuelle est "préoccupante", l’ex -président de la République estime qu’il n’y a pas lieu d’avoir une inquiétude particulière.


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