AID Association initiatives dionysiennes
A Saint-Denis au Parvis des Droits de l’Homme ce samedi 1er Novembre

Hommage à Rémi FRAISSE

et aux autres disparus pour leurs idées

samedi 1er novembre 2014 par JMT

Une quarantaine de présents dans l’ombre du Théâtre de Champ Fleuri, devant l’esplanade écrasée de soleil ce samedi matin dont trois journalistes.

Pas de drapeaux sauf les drapeaux "PACE" d’AID que nous ne pensions pas devoir ressortir aussi vite cette année, mais un bouquet d’oeillets et une bannière.....

En Occitan, FRAISSE c’est le frêne (pas mal pour un botaniste futur producteur de plantes médicinales) : le barrage de Sivens est surdimensionné, alors on procède à "des compensations écologiques", on détruit un écosystème qui fonctionne, puis on va faire ailleurs moins bien que ce qui existait. Et toi Rémi, 21 ans, qui va te compenser ? (Denis Cheissoux, "CO2 mon amour" , France Inter, 1/11/2014)

Introduction à 10h00 de la cérémonie par Jean-Pierre MARCHAU (élu EELVR de Saint-Denis) qui a lancé l’appel sur les réseaux sociaux et qui fait observer une minute de silence.

Jean-Pierre Marchau et Perceval Gaillard

Par ordre de passage

Pour la mémoire de Rémi Fraisse

6 Décembre 1986 - 25 Octobre 2014 : quasiment 28 ans séparent la mort de Malik Oussekine de celle de Rémi Fraisse. On dit souvent que l’Histoire ne se répète pas, parfois elle balbutie cependant tragiquement. Dans les deux cas, quoi qu’en disent le gouvernement et certains médias de droite, il s’agissait de jeunes manifestants pacifistes et non violents tués par l’Etat pour leur opinion. C’est insupportable.

Pour beaucoup d’entre nous, même si nous ne le connaissions pas personnellement, Rémi c’est un frère, un fils, un camarade…quelqu’un dont nous nous sentons proches, intellectuellement comme humainement. C’est la raison pour laquelle nous nous sentons tellement touchés, pour ne pas dire bouleversés, par cet assassinat commis par l’Etat en notre nom à tous. Nous partageons la peine de ses proches : sa famille et ses amis, mais également la colère qui doit les animer au regard des circonstances de la mort de Rémi. Aujourd’hui nous sommes tous de la famille de Rémi même s’il est évident que notre peine est sans commune mesure avec le chagrin éprouvé par ses proches.

Beaucoup d’entre nous ici présents aujourd’hui ont déjà participé, à de nombreuses reprises pour certains, à de telles manifestations. Nous en connaissons les dangers et les pièges : l’intimidation policière, la désorganisation, l’infiltration de certains groupes violents, la brutalité aveugle des forces de l’ordre…rien de tout cela n’explique la mort de Rémi, jeune homme épris d’écologie et de protection de l’environnement, qui se trouvait sur place pour mieux comprendre les enjeux autour du barrage de Sivens et mieux défendre ses convictions de protection de l’environnement. Rien qui ne soit « absurde ou bête » pour reprendre les propos du Président du Conseil Général du Tarn qui ne mérite même pas de le nommer. Il retournera bientôt dans l’anonymat qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Comme je l’ai dit les responsabilités ne sont même pas à chercher du côté des forces de l’ordre, aussi brutales soient-elles, celles-ci ne font qu’exécuter les ordres qui leur sont donnés. Rien de plus, rien de moins. La responsabilité d’un tel drame incombe entièrement au pouvoir politique : pouvoir que nous avons élu pour qu’il mette en place une politique progressiste en accord avec les intérêts de ses électeurs. Il n’est pas interdit de penser d’ailleurs que Rémi, pour sa première élection présidentielle, ait voté en faveur du Président actuel. C’est le cas de beaucoup d’entre nous qui nous retrouvons dans l’opposition à ce gouvernement dans la rue, après l’avoir porté au pouvoir dans les urnes. Triste 5ème République qui permet de telles trahisons et abus de pouvoir.

En plus de pratiquer une politique antisociale sans équivalent dans l’histoire de notre pays pour un gouvernement de gauche, le pouvoir « socialiste » criminalise les mouvements sociaux comme le ferait la droite la plus réactionnaire : refus de l’amnistie sociale pour les syndicalistes injustement condamnés sous Sarkozy, condamnation à des peines de prison des militants de la Confédération Paysanne dans leur combat contre la ferme des Mille-Vaches, amendes pour des refus de prélèvement d’ADN…

Partout en France se multiplient les occupations et les manifestations contre de Grands Projets Inutiles et Imposés : à Notre-Dame des Landes, à Sivens, à la Ferme des Bouillons près de Rouen, sur des dizaines de sites à travers la France : vont-ils envoyer la troupe contre tous ces manifestants ? Vont-ils multiplier les bavures contre le peuple au lieu de s’opposer aux intérêts des multinationales derrière ces projets ? Ici à La Réunion vont-ils également user de la force, pour faire plaisir à Bouygues et Vinci, lorsque nous nous mobilisons contre le plus coûteux des ces Grands Projets Inutiles et Imposés : la Nouvelle Route Littorale ? Ou contre les guadeloupéens, et guadeloupéennes, qui se mobilisent contre l’extension du port de Fort de France ?

Loin de vouloir récupérer politiquement la mort de Rémi comme nous le reprochent sans honte les responsables de sa mort (qu’y a-t-il d’ailleurs à récupérer d’autre que des coups, des coups et encore des coups ?), le Parti de Gauche appelle à l’abandon du projet ainsi qu’à la démission du Ministre de l’Intérieur et du Président du Conseil Général du Tarn, également sénateur.

L’un est responsable des consignes de sécurité disproportionnées au regard de la situation sur le terrain, certainement pour ne pas voir se reproduire le même échec, pour le gouvernement, qu’à Notre Dame des Landes. L’autre est responsable de la poursuite entêtée du projet de barrage contre l’avis des experts et de la population. Et les deux, pour mieux éluder leurs responsabilités certainement, se sont fendus de déclarations insupportables et provocantes : le premier s’en prenant à notre organisation politique en disant que « nous chassons en meute » !

Sommes-nous des chiens sommés de lui obéir ? Nous rappelons à cet homme, qui perd complètement son sang-froid et qui porte des habits visiblement trop grands pour lui, que ce sont ces mêmes chiens, et les électeurs qu’ils représentent, qui ont élu le Président qui l’a nommé Ministre de l’Intérieur. Il serait bon qu’il ne l’oublie pas avant de nous insulter publiquement. Quand au second il a osé qualifier la mort de Rémi de « bête et stupide », lui qui est à l’origine du projet de barrage et de l’obstination à le continuer malgré toutes les réserves économiques et écologiques. Nous tenons à leur rappeler les propos de leur mentor et chef, le brutal Manuel Valls, qui disait le 15 Septembre dernier aux députés PS qui doutaient de sa politique : « Quand on gouverne, on doit assumer ses responsabilités ». Puissent-ils se l’appliquer à eux-mêmes plutôt que de venir donner des leçons à la terre entière pour mieux éluder leurs responsabilités ?

Au-delà de toute considération juridique, un pouvoir politique qui tue sa jeunesse est un pouvoir qui a perdu toute sa légitimité. Pour l’instant les institutions sclérosées de la 5ème République lui permettent de se maintenir à flot mais jusqu’à quand. Rien dans la vie n’est éternel, les régimes politiques ne font pas exception. Jusqu’à quand le peuple va-t-il souffrir de voir un gouvernement faire exactement l’inverse de ce pourquoi il a été élu, et qui en plus tue ses propres enfants ? Que le Président et son Premier Ministre méditent cette phrase de François Mitterrand qu’il prononça à la tribune de l’Assemblée Nationale le 8 Mai 1968 : « Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et le pouvoir qui la frappe ont toujours tort ».

Pour le Parti de Gauche à La Réunion, Perceval GAILLARD.

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Pour Rémi Fraisse, à l’adresse de nos gouvernants

Il a fallu attendre le troisième jour. Pendant 48 heures, pas un mot.

Pas un mot de Hollande. Pas un mot de Valls. Pas un mot de Royal.

Pas un mot de Le Foll. Pas un mot de Cambadélis.

Pas un mot d’aucun gouvernant socialiste, après la mort de Rémi Fraisse, le jeune manifestant contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, dont le premier rapport d’autopsie indique qu’il est mort "après une explosion de grenade", lors d’un échange de projectiles entre manifestants et gendarmes, cocktails Molotov contre grenades assourdissantes.

Pas un mot ? Ah si. Cazeneuve a envoyé un communiqué lundi soir, peu avant minuit, soit plus de 24 heures après la nouvelle, communiqué dans lequel il "pense à la famille et aux proches" de la victime.

L’expression de la révolte et de la douleur est laissée aux écolos. Mais peut-être n’ont-ils, nos gouvernants, en fait, plus de mots. Peut-être n’ont-ils plus de larmes. Peut-être les ont-ils toutes versées pour le PDG de Total, dont les obsèques se déroulaient lundi, en présence de Hollande et Valls.

En attendant les résultats définitifs de l’enquête et de l’autopsie, où les forces policières ont quelques chances d’être mis en cause, Cazeneuve et Carcenac, le président du Conseil Général du Tarn, chercheront à mettre de l’huile sur le feu et à détourner l’opinion publique vers ces « écologistes irresponsables », quand la responsabilité policière risque d’être engagée.

La triste vérité, c’est qu’un jeune homme est décédé pour avoir dit non à un barrage inutile, véritable non-sens écologique et économique, surdimensionné, tous les experts le disent.

A nous d’honorer la mémoire de Rémi, de réclamer toute la vérité sur les circonstances de ce drame, et l’arrêt immédiat des travaux. Le projet de barrage qui menace une zone humide où s’étend un bijou de biodiversité, a un coût faramineux qui profitera à une trentaine d’exploitants au nom d’une logique productiviste désuète. C’est une insulte faite à l’intérêt général. A nous de réclamer justice.

Rémi Fraisse travaillait comme botaniste chez France Nature Environnement. Pas spécialement des brigands hors-la-loi. Il venait de passer un BTS environnement. Il est mort pour ses idées. Sur la brutalité très particulière dont font preuve les gendarmes dans l’occupation de Sivens, sur les réserves techniques émises sur le projet de barrage lui-même par un rapport d’experts du ministère de l’environnement, tout est dit : en gros, le projet est surdimensionné, les études ont été bâclées, mais on ne peut pas l’arrêter, maintenant que les opérations de déboisement ont commencé.

Et si on l’arrête, on perd le bénéfice des subventions européennes qui doivent le financer partiellement. Sur tous ces aspects, pas plus que sur la mort d’un jeune écolo de 21 ans, le gouvernement ne dit rien. Sur les projets qui transforment l’un après l’autre l’agriculture française, sur Sivens, sur Notre-Dame des Landes, comme sur la ferme de Mille Vaches, peut-être n’ont-ils tout simplement plus de mots.

Discours de Bruno BOURGEON, président d’AID

Alors, nous, les mots, nous les avons. Nous ne pouvons plus tolérer qu’un jeune militant écologiste et pacifique meure sur le champ de bataille d’idées.

Nous ne pouvons plus tolérer cette brutalité policière qui transforme peu à peu notre démocratie en un état fascisant, et qui s’éloigne de plus en plus des aspirations du peuple.

Nous ne pouvons plus tolérer qu’un gouvernement de gauche s’en prenne aux manifestants qui ne cherchent qu’à protéger le peu qu’il reste de cette bonne terre de France.

Nous ne pouvons plus tolérer ce silence assourdissant de gens élus devant un tel acte de barbarie.

Nous ne pouvons plus tolérer vos manières rudes et vos orientations malsaines. Car cette zone n’est pas à défendre, non, elle est à protéger. Ce n’est pas une ZAD, c’est une ZAP. Et nous défendrons toujours, ici ou ailleurs, notre terre-mère, Pachamama l’Amérindienne, Gaïa la Grecque, Parvati l’Hindoue, Amalur la Basque.

Avez-vous noté les changements d’orientation des manifestations ? On ne défend plus un emploi, une usine qui ferme, une activité qui disparaît. Non. Dorénavant, on défend notre terre, notre nid, celle et celui que nous laisserons à nos enfants. On protège la zone humide de NDDL, on se hérisse à l’idée d’une ligne TGV Lyon-Turin, on s’horrifie à voir construire une ferme de mille vaches. Et nous avons, nous aussi, à La Réunion, un Grand Projet Inutile Imposé.

Les combats sont désormais environnementaux. L’opprimée, c’est la terre. Notre terre-mère. Celle qui nous nourrit, mais qui ne nous appartient pas, parce que nous n’en sommes que les gérants temporaires. Et cette gestion-là que vous menez, vous, élus de gauche, ne convient pas.

Je vous renvoie au dernier opus de Marie-Monique Robin, « Sacrée croissance », qui sera diffusé mardi soir sur Arte à 23h50. Ce que vous faites, c’est tuer la terre, donc tuer la vie qui est dessus. Avec le changement climatique, vous êtes là, génocidaires de demain.

Mais qui êtes-vous, si vous pleurez Christophe de Margerie et pas Rémi Fraisse ? Vos contradicteurs ne seraient alors que des djihadistes verts ? Des irresponsables ? Mais c’est de la mort d’un homme dont il s’agit : je vous retourne le compliment ! Ecoutons-les, ces « djihadistes », au travers des séquences filmées par leurs représentants, en s’adressant aux gendarmes mobiles, et à travers eux, à vous, gouvernants : « vous travaillez contre la terre, contre l’humanité, contre vos descendants » ; « nous, nous défendons la nature ».

Ainsi, ces manifestants, respectant l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, vivent leur insurrection comme un devoir.

Rémi Fraisse, un jour au mauvais endroit (1) . Pour nos frères, plus jamais ça.

Ni oubli, ni pardon.

Bruno Bourgeon, président d’AID

(1) rendons à César.... Calogero - Un Jour Au Mauvais Endroit

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Renoncule à feuille d’ophioglosse

Renoncule à feuille d’ophioglosse : Rémi participait au groupe de protection de cette plante

Les chiens de la défunte République

28 octobre 2014 par Hélène Duffau

texte interprété par Jacques PENITOT

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France. Quelque chose d’odieux qui monte insidieusement. Quelque chose de malsain qui ressemble au fascisme sans en endosser le nom. L’autoritarisme d’une meute de mâles dominants. Arcboutés sur leurs mensonges, phagocytés par leurs trahisons et leur coercition d’éternels « obligés ».

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France quand, pendant trois ans, un collectif de sauvegarde demande la discussion sur le sujet controversé d’un projet de barrage qui pue la magouille, sans jamais obtenir la moindre audience.

Quelque chose de pourri quand, au royaume de France, un conseil général flanqué de l’État décrète le lancement de travaux alors que des décisions de justice sont en instance. Pourri quand ces institutions continuent d’ignorer l’appel de citoyens éclairés dont les démonstrations seront confirmés, trois ans plus tard, après l’étude qu’une ministre aura enfin diligentée.

Quelque chose de pourri au royaume de France quand les ordres sont donnés à des escouades de gendarmes, CRS, sections d’intervention, de gazer, d’humilier, de tabasser des opposant.es en nombre systématiquement inférieur, ni équipé.es ni entraîné.es, si peu protégé.es, évitant l’asphyxie à la lacrymo en protégeant leur visage d’une écharpe, d’une cagoule.

Quelque chose de pourri quand des hommes qui mettent leur vie en danger en se privant des jours durant de nourriture, pour être enfin écoutés, sont moqués par le président du conseil général qui les tient à distance médiatique.

Quelque chose de pourri quand, alors que le mouvement d’opposition perdure et se renforce, le même président use d’argent public pour le diffamer massivement, à l’aide de communiqués et de publireportages qui évitent systématiquement les questions de fond.

Quelque chose de pourri quand, probablement renseigné sur l’ampleur du rassemblement national du 25 octobre, l’État conseil général organise la discorde en laissant sur le site, d’abord du matériel de travaux, puis des gardes mobiles, alors qu’il en avait été convenu autrement.

Quelque chose d’ignoble, dès le lendemain de l’assassinat de Rémi, quand, au fil des dépêches matinales se profile le camouflage d’une « bavure » policière. Pourri quand on essaie de faire passer un mort pour un criminel, répandant le doute et la rumeur pour tenter de couvrir un dossier véreux, des agissements horslaloi, des violences avec usage d’armes non réglementaire répété sans fin.

Il y a quelque chose d’indécent au royaume de France quand le meurtre d’un étudiant vient réveiller les consciences, attiser la haine contre les opposants, attirer enfin massivement les médias.

Quelque chose de scandaleux quand le mouvement des opposants est accusé de tous les maux, alors qu’il manifeste sa colère et dénonce les violences policières.

Quelque chose du deux poids deux mesures quand les agriculteurs en colère saccagent Albi et que des protecteurs de la planète dénoncent l’arbitraire à Gaillac deux villes tarnaises.

Il y a quelque chose de d’ignoble au royaume de France, quand un chef de l’État, un gouvernement tout entier tombent dans l’aphasie, omettent de transmettre condoléances et signes d’empathie aux parents d’une jeune homme tué à 21 ans.

Quelque chose de pourri au royaume de France quand un politique en délicatesse avec la justice aboie à la vindicte et se trompe sciemment de coupables. Quand d’autres rejettent la faute sur une femme courageuse qui a, elle, visité le site du barrage de Sivens, discuté avec les opposants, constaté les dégâts et les outrages, dénoncé l’absurde : merci Madame !

Quelque chose de pourri au royaume de France quand le président Carcenac ironise, face caméra, grossier et indécent, sur le fait qu’il est bête de mourir pour ses convictions, vraiment.

Il y a quelque chose de pourri quand au lieu d’étudier les dossiers pour se faire une opinion, de fouiller le net pour y étudier des images, des reportages, d’aucuns prennent position sur un sujet qu’ils ignorent, pensant asséner leur leçon comme la seule qui vaille. Pourri quand, au lieu de s’exprimer sur le fond, ils réagissent sans réfléchir, évitant de considérer le sujet de l’utilisation de l’argent public, de la construction de grands projets inutiles, des conflits d’intérêt, du mirage de la transition énergétique dont on parle à tout va sans jamais l’instaurer. Quand, suivant le mode politique en vogue, ils grognent, ils dénigrent, ne sachant pas de quoi ils parlent.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France quand les chiens aboient en meute pour couvrir l’ordure d’un système parfaitement inacceptable.

Pour Rémi.

POEME :

"La mémoire des morts"

Ketty LISADOR a déclamé le poème de son amie la poétesse sublimissime Yvannick Varatchia du recueil : " De L’ île de Thulé aux rives d’ Andafy".

Voir le texte en .pdf qui respecte la mise en page :

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La Mémoire des Morts

Photo finale des participants

Nous avons reçu après la cérémonie des contributions qui n’y ont pas été lues mais dont nous remercions les auteurs et que nous publions ci-après

Los derechos no se piden, no se medigan, se arracan - José Martì !

Le béton tue !

2 Novembre 2014

La mort de Rémi Fraisse s’inscrit dans la longue tradition des violences policières françaises. Cette violence a toujours été présente depuis la naissance du monde ouvrier car elle est souvent le paroxysme de la lutte du peuple.

Elle illustre aussi la tradition de la jeunesse, estudiantine ou ouvrière, éclairée, en rébellion, comme celle de Malik Houssekine en 1987. ou celle de Placide Marie-Louise, 20 ans, tué au lendemain de l’assassinat, par la troupe, d’Illmany Sérier comme l’a montré le film « Chalvet, la conquête de la dignité », diffusé au FIFAI 2014. Ce film nous a rappelé la violence extrême des forces de l’ordre de la République lorsqu’elles tiraient, au sol mais également depuis un hélicoptère, sur les manifestants Martiniquais luttant pour l’amélioration des conditions de travail et des salaires des ouvriers agricoles (14 février 1974).

La mort de Rémi Fraisse n’est pas anodine. Elle est le point culminant de la répression aveugle des forces de l’ordre au service d’un Etat aux ordres du capital (celui qui ne paie pas d’impôts) et des multinationales (idem), ces entreprises ultralibérales qui dénoncent en permanence la mainmise de l’Etat dans les affaires économiques mais n’ont de cesse de réclamer de la commande publique, des grands travaux, des routes, des barrages, des incinérateurs … payés par le contribuable.

Quant au débat nauséabond sur le manque de légitimité qu’aurait cette poignée de manifestants, les mêmes que ceux de Notre-Dame-Des-landes, il n’est pas recevable dans une société façonnée par des médias corrompus aux ordres d’intérêts financiers supérieurs, pourfendeurs de tout ce qui dérange la pensée unique, celle de l’ultra-libéralisme.

Où en seraient les droits des ouvriers sans le sacrifice des grévistes de Fourmies (1891) quand la troupe est venue les mitrailler avec ordre de viser les meneurs ? Ces ouvriers auraient-ils dû continuer à se taire, à subir ?

La suspension des travaux suite à la mort de Rémi Fraisse montre bien le non-sens de l’enjeu « vital » du barrage ; Les écolos, les « baba cools » des années 80 et 90 ont lutté pendant plus de 20 ans contre le projet fou d’un canal Rhin–Rhône à grand gabarit qui devait détruire à tout jamais le site géographique et historique de la Vallée du Doubs autour de Besançon, la ville des LIP, avant d’obtenir l’enterrement du projet quand une partie de la population a commencé à comprendre les risques et la casse engendrés par un tel chantier !

Les Gendarmes avaient su rester professionnels le soir du meeting de Marine le Pen à St-Leu - pourtant c’était chaud !

Qu’en est-il à la Réunion ? La violence policière a tué dans l’œuf le grondement assourdissant d’une population mise à genoux par une vie chère dont se gavent les grands groupes de la distribution. La provocation policière de 2009 dont la première grenade assourdissante a été lancée depuis la Préfecture a été le signal de la fin de la récréation. Il fallait éviter à tout prix la synergie avec le mouvement Guadeloupéen. On connait la suite, la fin de manif au Chaudron et l’emprisonnement de 11 personnes.

Car ne nous leurrons pas, en ces moments difficiles pour la République Française éclaboussée par de nombreux scandales impliquant la vie politique, où le peuple ne croit plus aux discours des politiques, le maintien de l’ordre devient un enjeu capital ! La mort de Rémi Fraisse est un sérieux camouflet à ceux qui renvoient, par peur ou par mépris, l’extrême-gauche et l’extrême-droite dos à dos, car elle montre bien les formes les plus fascisantes à l’intérieur même des forces de sécurité qui gazent, matraquent et parfois tuent du « gauchiste ».

On se rappellera le visage tuméfié de Xavier, jeune militant qui avait sauté sur la camionnette de Marine Le Pen, après son tabassage en règle dans le panier à salade qui le ramenait à Malartic, la condamnation expresse de Robin, qui avait osé invectiver Sarkozy, alors Président de la République, par une justice, le doigt sur la couture !

La façon d’exercer le maintien de l’ordre et la justice, mais aussi le soutien inconditionnel de la hiérarchie au tueur de Rémi Fraisse est un signal fort lancé aux éléments rebelles de la « gauche véritable » française et aux moutons qui pourraient être tentés de les suivre.

Leurs collègues policiers, dont certains sans brassards, s’en étaient donné à coeur joie afin de gommer l’impression de laissez-faire de St-Leu et répondre ainsi aux injonctions de Marine Le Pen

Au moment où, à la Réunion, commencent les travaux pharaoniques de la NRL et que les politiques locaux , dans leur majorité, annoncent la construction « INEVITABLE » de deux incinérateurs qui pollueront à tout jamais l’air que nous respirons, faudra-t-il un nouveau sacrifice humain pour que la population comprenne ENFIN que les militants que nous sommes n’ont d’autre but que le bien-être de tous, que nous ne voulons pas de mandat, pas d’argent mais empêcher les pollueurs, les bétonneurs, les empoisonneurs de s’en mettre plein les poches sur le dos des Réunionnais et de devoir, quand ils devront se faire soigner plus tard, se rendre dans des cliniques privées, payantes, qui auront peut-être été financées par les capitaux de ces mêmes entreprises pour faire de nouveaux profits sur la santé de la population réunionnaise !

Rémi, repose en paix, NOUS, nous ne t’oublierons pas MONCADA974 (NPA-REUNION)

paru le 3/11/2014 dans le furum du Journal de l’Ile

lien NPA

Logo du NPA

Contribution d’ATTAC-Réunion parue dans le "forum" du Journal de l’Ile

3 Novembre 2014 par Didier BOURSE, président d’ATTAC-REUNION

site d’ATTAC-Réunion

MEDIAS LOCAUX

* La Réunion rend hommage à Rémi Fraisse

* Nous sommes aussi concernés

* Écologie : la Nouvelle route du littoral attend la vague de la révolte

* Article du Quotidien de La réunion du dimanche 2/11/2014

Lettre ouverte de Benoît Biteau

Vice Président de la Région Poitou-Charentes, - à Thierry Carcenac - Président du Conseil Général du Tarn

Berthegille, mardi 28 octobre 2014.

Monsieur Thierry CARCENAC, vous êtes à la fois pathétique et consternant !

Consternant, en tant que maître d’œuvre pour la réalisation du barrage de Sivens, sur le fond de ce dossier.Comment peut-on porter un projet public, mobilisant 100% de crédits publics sur un projet sans se poser les bonnes questions, dès le départ ?

Le projet de barrage vient du fait que le Tescou subit, depuis 30 ans, des étiages sévères. Monsieur CARCENAC, vous êtes-vous interrogé sur les causes de ces étiages sévères et quelles évolutions de pratiques pourraient en être à l’origine ? Visiblement non, car vous auriez rapidement pu faire le lien entre ces étiages sévères et le développement important des surfaces en maïs hybride sur le bassin versant du Tescou.

Le Conseil Général du Tarn devait-il donc, face à cette situation, avec 100 % d’argent public, accepter de réaliser, dans une fuite en avant, un équipement qui ne vient qu’en soutien de ces pratiques agricoles peu respectueuses de la ressource en eau, tant sur le plan quantitatif que qualitatif d’ailleurs, ou explorer, avec cette même enveloppe, de 8,5 millions d’euros, des alternatives à ce modèle agricole qui touche le fond ? La réponse ne peut que trouver ses fondements dans le bon sens paysan !

Monsieur CARCENAC, vous invoquez le nécessaire soutien à ce projet au motif que cette agriculture est plus « rentable » grâce à l’irrigation. Mais comment expliquer alors, que ces maïsiculteurs, grands bénéficiaires des aides publiques de la PAC (Politique Agricole Commune), expliquant d’ailleurs la majeure partie de la rentabilité de cette culture, ne puissent pas, au nom de cette rentabilité, financer eux-mêmes, un tel projet ? Faisons, maintenant un peu de mathématiques.

Monsieur CARCENAC, vous expliquez que les exploitations moyennes concernées, pourraient irriguer environ 40 hectares chacune grâce au 1,5 millions de mètres cubes stockés dans le barrage de Sivens. Contrairement à ce que vous dites, la grande majorité des surfaces qui seraient irriguées grâce ce projet (cf : enquête publique) sont des surfaces en maïs ! Pour irriguer 1 hectare de maïs hybride, il est nécessaire de mobiliser, en moyenne 2 000 m3 d’eau. Ce barrage permettrait donc l’irrigation d’environ 800 hectares de ce maïs. Pour une moyenne de 40 hectares par exploitation, le projet ne peut donc que concerner environ 20 exploitations ! Ce qui signifie qu’un projet de 8,5 millions d’euros, d’argent public, pour stocker de l’eau, ne va bénéficier qu’à 20 exploitations agricoles, parmi celles d’ailleurs les mieux dotées en aides publiques de la PAC ! Belle logique vertueuse ! En gros, sans trop caricaturer, 20 exploitations agricoles, parmi les mieux dotées d’aides publiques de la PAC, vont se voir attribuer une nouvelle aide publique indirecte d’un peu plus de 400 000 euros chacune ! 400 000 euros qu’elles ne peuvent pas financer seules et qui pourtant va servir à irriguer une plante, parait-il très rentable, à laquelle elles ne peuvent donc renoncer, et qui justifie donc la réalisation de ce barrage.

Qui parlait de bon sens paysan ?

Projet de barrage de Sivens

Sur le fond toujours, Monsieur CARCENAC, vous convoquez le changement climatique, et vous avez raison, et les travaux de Garonne 2050 sur le sujet.

Ce que vous ne dites pas, Monsieur CARCENAC, c’est que ce scénario Garonne 2050, occulte, dans son analyse du changement climatique, le poids de l’agriculture dans ce changement climatique, et le rôle qu’elle peut jouer pour le limiter !

En effet l’agriculture est émettrice, en moyenne, de 20 % des gaz à effet de serre. Et ce n’est pas les moteurs des tracteurs les responsables, pas davantage d’ailleurs que les vaches qui pètent dans les prairies ! La contribution majeure de l’agriculture à la fourniture de gaz à effet de serre est liée à sa dépendance aux substances chimiques de synthèse, dérivées du pétrole, que sont pesticides et engrais azotés, dont on connait par ailleurs, les dégâts considérables dont ils sont responsables, sur cette même ressource en eau, mais aussi sur les équilibres, la biodiversité, et la santé.

Pour produire 1 kilo d’azote, il faut mobiliser 1,5 litres de pétrole. Sur un hectare de maïs, de blé ou de colza, le modèle agricole dominant apporte environ 200 à 250 kilos de cette azote de synthèse, induisant une dépendance au pétrole (et donc alimentant la fourniture de gaz à effet de serre) de 300 à presque 400 litres de pétrole par hectare, avant même d’avoir tourné la clef du tracteur !

L’agriculture occupe environ 70 % des surfaces de nos territoires et c’est une activité économique qui mobilise énormément d’argent public via la PAC.

Ne devriez-vous pas, Monsieur CARCENAC, puisque ce changement climatique vous tracasse visiblement, accompagner, avec autant d’argent publique, un modèle agricole qui, d’une part, renonce aux substances de synthèse et qui, d’autre part, redécouvre les vertus d’une agronomie qui sait s’en affranchir en mobilisant les ressources parfaitement gratuites et inépuisables que sont, l’azote atmosphérique, le carbone, la lumière, la vie des sols, etc. etc. ?

Ne devriez-vous pas intégrer, qu’avec autant d’argent public fléché vers cette activité économique, il est urgent de restaurer un contrat moral décent avec la société civile, avec les contribuables, et faire en sorte que ces 70 % d’espaces occupés par l’agriculture soient des espaces de séquestration du carbone, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, tant l’usage massif de ces substances de synthèse (la France reste le premier utilisateur mondial de pesticides, en dose par hectare ! source ONU) ont dévasté la vie et donc, la fertilité, et par conséquent, la faculté des sols à séquestrer le carbone ?

Les prairies humides semblables à celles que vous dévastez sur le Testet sont d’ailleurs unanimement reconnues comme de remarquables puits de carbone, contrairement à la pratique du maïs, qui elle, émet du carbone !

Ces deux paramètres fondamentaux, sont parfaitement occultés dans les différents scénarii de Garonne 2050 ! Et c’est pourtant là que sont les plus grandes marges de man½uvre pour lutter contre le changement climatique, plutôt que dans une posture fataliste, passive, qui ne prend pas le sujet à bras le corps, et qui préfère les fuites en avant en tentant de résoudre des équations, impossibles à résoudre justement !

Comment pensez-vous pouvoir, au motif de ce changement climatique, pouvoir répondre à des augmentations de températures, associés à des régimes hydrographiques sévères, nécessitant l’irrigation toujours plus exigeantes des cultures vidées de toute rusticité par la sélection génétique de plantes homogénéisées et standardisées, à partir d’une ressource de plus en plus rare et pour laquelle les priorités de gestion en bon père de famille, restent, d’abord l’eau potable, ensuite le bon état des milieux et enfin l’irrigation (article 2 de la loi sur l’eau) ?

Le stockage de l’eau n’est donc pas la bonne réponse ! Même Garonne 2050 le dit !

Savez-vous, Monsieur CARCENAC, qu’avec autant d’argent public, vous pourriez soutenir un modèle agricole, basé sur l’agronomie, apte à limiter et s’adapter au changement climatique, sachant s’affranchir des substances de synthèse (engrais & pesticides), sachant produire, oui, PRODUIRE, en s’appuyant sur des ressources parfaitement gratuites et inépuisables, préparant l’après pétrole, préservant les équilibres, les ressources et l’eau en particulier, la biodiversité (sauvage et domestique, animale et végétales), le climat et la santé ?

Que ce modèle, en respectant les capacités de la terre (avec un petit t) et la Terre (avec un grand T) à produire demain, garantit un avenir décent pour les générations futures ?

Savez-vous qu’il existe des variétés de maïs, mais aussi de tournesol, de blé, d’orge, d’avoine, et dans toutes les espèces, qu’on appelle « variétés populations » obtenues par une sélection convergente des hommes et du milieu, comme le faisaient déjà avant nous les mayas et les aztèques, il y a des millénaires, qui ont des caractéristiques techniques redoutables (fort taux de protéines par exemple) et qui permettent d’obtenir des rendements surprenants en cultures sèches, justement parce qu’elle sont parfaitement adaptées à leur zone de production, qui n’ont rien à voir avec les variétés standardisées proposées par les firmes semencières, et qui, de surcroît, redonnent aux paysans leur autonomie alimentaire, semencière et génétique ?

Savez-vous encore que l’arbre, que le modèle agricole de ces dernières décennies s’est acharné à faire disparaître, que vous vous acharnez à faire disparaître sur la zone humide du Testet, est l’acteur central de ce modèle vertueux (agroforesterie, associant arbres et productions agricoles), qui fonctionne partout dans le monde en général, et en particulier, dans le Tarn et qui « nous garantira demain la possibilité d’atteindre la souveraineté alimentaire sur toutes les zones de la planète » (Olivier de SCHUTTER, rapporteur spécial pour l’agriculture et l’alimentation à l’ONU) ?

Que ce modèle agricole vertueux est aussi la meilleure réponse économique pour les agriculteurs eux-mêmes qui voient leurs coûts de production diminuer de façon spectaculaire tout en faisant progresser leur rendement de 40 %, en moyenne, en France (source : INRA) ?

Réalisez-vous que dans un contexte où l’argent public se fait rare, que d’autres activités sont impactées négativement par ce modèle agricole chimique, comme la pêche ou la conchyliculture sur notre littoral.

Que les contribuables sont mis à contribution à hauteur de 54 milliards d’euros par an (source : Cour des comptes - 2011), pour financer le retrait dans l’eau des seules pollutions agricoles pour obtenir de l’eau potable.

Qu’engager des politiques, des logiques préventives, coûtent, en moyenne, 26 à 27 fois moins que s’acharner sur les logiques curatives, comme par exemple, le stockage de l’eau qui vient en soutien de ce modèle agricole qui refuse de se remettre en cause et qui transfert le coût des dégâts de ses pratiques sur le plus grand nombre ? A savoir les contribuables, comme vous le faites vous-même en finançant ce projet de barrage et qui sont déjà ceux qui alimentent l’enveloppe PAC (11,5 milliards d’euros en France), distribuées à ces mêmes agriculteurs.

Ne pensez vous pas qu’il est désormais urgent de changer, d’avoir un peu de créativité, d’audace et de courage politique pour porter avec l’argent public, les vraies bonnes solutions, celles qui allument des cercles vertueux, qui préparent l’avenir des générations futures, loin des logiques corporatistes qui aveuglent à grands coups de propagandes et nous éloignent des véritables approches globales ?

Sur la forme maintenant, Monsieur CARCENAC, vous êtes cette fois pathétique. J’ai pris le temps de rédiger ce long courrier pour que la mort de Rémi ne soit pas vaine, ne soit pas inutile. Pour vous expliquez ce que vous n’avez visiblement toujours pas compris, et que vous sachiez que ce jeune étudiant de 21 ans, lui l’avait compris et que c’est pour ça qu’il était là-bas sur place, au Testet, pour préserver l’intérêt supérieur des générations futures !

Oui, il est mort, pour des idées, parce qu’il avait compris ce qu’en humble et modeste ambassadeur, j’essaye de vous expliquer dans ce courrier. J’aurais pu être Rémi, car je me suis également rendu sur place, où j’y ai d’ailleurs pu constater l’extrême violence des forces de l’ordre face à des militants pacifiques. Rémi aurait également pu être l’une de mes deux filles ou l’un de mes trois fils, tant ils sont également convaincus que de telles politiques publiques sont suicidaires pour les générations futures !

Rémi, jeune toulousain étudiant en biologie de 21 ans, a donc donné sa vie pour tenter de préserver l’intérêt supérieur qu’est l’avenir des générations futures !

Et cette mort, ne sera ni stupide, ni bête, comme vous le dites, si vous prenez maintenant conscience du message qu’il était venu porter sur la zone humide du Testet, lui et tous les nombreux autres citoyens opposants, si vous cessez immédiatement de tels travaux, si vous replantez des arbres au Testet, et si vous utilisez l’argent public du projet pour accompagner et pour soutenir une alternative agricole vertueuse, animée par une véritable approche globale, pour en faire un projet remarquable et exemplaire !

Et je suis prêt, si vous avez (enfin !) cette étincelle de lucidité, de conscience et d’humanisme, à mettre à votre service, gracieusement, en la mémoire de Rémi, de sa clairvoyance et de son engagement, mes connaissances, mes compétences, mes expériences et les réseaux capables d’accompagner un tel projet pour en garantir la réussite !

Faisons le ensemble Monsieur CARCENAC, pour qu’effectivement la mort de Rémi ne soit ni vaine, ni stupide, ni bête !

Benoît BITEAU

Parti Radical de Gauche (Secrétaire National (Agriculture) & Délégué Régional)

Vice Président de la Région Poitou-Charentes,

Président de la commission "Ruralité, Agriculture, Pêche & Cultures marines".

Membre du Conseil Maritime de Façade "Sud Atlantique" & Président de la Commission Mixte "Lien Terre - Mer"

Administrateur de l’Agence de l’Eau Adour - Garonne & Président de la Commission Territoriale « Charente »

Membre de l’Agence de l’Eau Loire - Bretagne

Administrateur du Conservatoire Régional des Espaces Naturels & du Conservatoire du Littoral

Élu référent du Conseil Régional pour le pays Marennes - Oléron.

Président de CA du Lycée de la mer.

Ingénieur des Techniques Agricoles.

Conservateur du Patrimoine Technique, Scientifique & Naturel.

Paysan Bio.

Lauréat 2009 du Trophée National de l’Agriculture Durable.

LIENS

* Le Blog d’Arié Alimi, avocat des parents de Rémi Fraisse

* Les proches de Rémi Fraisse témoignent : « Il n’a pas mesuré ce qui l’attendait » par Grégoire Souchay (Reporterre) mercredi 29 octobre 2014

* Grands projets inutiles : ils se bâtissent à la grenade. Voici la carte des résistances par Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre) samedi 1er novembre 2014

* article précédent : RESISTER A L’ARBITRAIRE GOUVERNEMENTAL ET POLICIER

* Lettre d’information 1er novembre 2014

* article wikipédia sur le barrage de Sivens

* Le barrage de Sivens ne serait pas un lac de loisirs mais plutôt un lac de boue en fin d’été

Sivens : "pour s’informer, il ne fallait pas regarder TF1 !"

La fin des "grands travaux inutiles" ? Notre débat

@rrêt sur images, émission le 31/10/2014 par la rédaction

Le barrage de Sivens dans le Tarn était-il nécessaire ? Etait-il surdimensionné, mal financé ? S’agissait-il d’un "grand projet inutile" ? A l’heure où nous enregistrons l’émission, le conseil général du Tarn, maître d’oeuvre du barrage vient de "prendre acte" de l’impossibilité de poursuivre le chantier après la mort du jeune écologiste Remi Fraisse, le week-end dernier.

Sur notre plateau, le point sur le barrage mais aussi sur la ferme des 1000 vaches (la chronique d’Anne-Sophie Jacques est ici), et sur d’autres grands projets contestés.

L’émission est présentée par Daniel Schneidermann, préparée par Laure Daussy et Adèle Bellotet déco-réalisée par Axel Everarts De Velp et François Rose. La vidéo dure 1 heure et 15 minutes. Si la lecture des vidéos est saccadée, reportez-vous à nos conseils. Le Making-of de l’émission, par Laure Daussy : Quid du barrage de Sivens, des arguments des pour et des contre ? Au-delà de la...

Par la rédaction le 31/10/2014

Le premier intervenant (représentant des agriculteurs) annonce que le barrage intervient aussi pour "sécuriser l’alimentation de la centrale (nucléaire) de Golfech"

Rappelons qu’EDF avait décidé de faire des centrales nucléaires à 4 tranches pour optimiser les équipements communs ([voir la liste des centrales françaises->http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%83%C2%83%C3%82%C2%A9acteurs_nucl%C3%83%C2%83%C3%82%C2%A9aires_en_France) .

Plusieurs centrales y ont dérogé : Belleville sur la Loire, Chooz-B sur la Meuse (Chooz-A est en déconstruction) , Civaux sur la Vienne , Golfech sur la Garonne, Nogent sur Seine et Saint Alban sur le Rhône ; la centrale de Flamanville et la centrale de Penly sont en bord de mer, non concernées par le débit de refroidissement et l’une a un EPR en contruction et l’autre aurait en recevoir 1 .

Saint Laurent avait 4 réacteurs dont deux plus anciens ont été arrêtés) mais dans tous les cas c’est par suite de l’insuffisance du débit du cours d’eau particulièrement en été que la puissance de la centrale a été limitée, et dans les tous les cas un programme de barrages a été lancé pour soutenir ces étiages d’été. Rien que sur l’Aquitaine et Midi-Pyrénées il y a 185 barrages régulateurs et 60 projets seront examinés mardi avec Ségolène Royal.

Si après tant d’années le barrage de Sivens est enfin passé au stade d’un début de travaux, nul doute qu’EDF n’y est pas pour rien, alors que, du fait du réchauffement climatique, les débits d’étiage des fleuves français décroissent !

La fréquentation du site AID a bondi de 204 le samedi 25 Octobre pour une moyenne de 321, à 451 le 1/11 et 693 le 2/11

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