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Beaucoup de police peu de manifestants

G20 de Pittsburgh

vendredi 25 septembre 2009 par JMT

15 personnes ont été arrêtées jeudi à Pittsburgh, en marge du sommet du G20, après des jets de pierres et de briques sur la police. La police a répondu par des tirs de balles en plastiques et de gaz lacrymogènes.

Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 s’efforcent de présenter un front uni dans leur réponse à la crise financière dans un projet de communiqué final diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les dirigeants du G20 négocient encore ardemment sur une "limitation des bonus" sous conditions. Le G20 va devenir la premier forum économique mondial, en lieu et place du G8. Les plans de relance vont également être maintenus.

Gaz lacrymogènes, balles non-létales, sirènes stridentes, annonces menaçantes par haut-parleur : la police a utilisé jeudi les grands moyens pour disperser un millier de jeunes résolus à perturber le sommet du G20 à Pittsburgh, dans l’est des Etats-Unis.

NATIONS UNIES (Reuters) - Le G20 va être institutionnalisé en tant que principale instance de gouvernance économique mondiale, a déclaré le Premier ministre britannique.

Les dirigeants des 20 plus grandes économies de la planète se retrouvent jeudi et vendredi à Pittsburgh pour tirer les leçons de la crise. Pas forcément les mêmes... Barack Obama, qui préside son premier sommet international, a promis de nouvelles règles financières vigoureuses. Les Européens doutent.

A quelques jours du sommet du G20 à Pittsburgh, les Etats-Unis ne veulent pas céder sur les bonus monstres dans la banque. Mais s’activent en coulisse... Le président américain reste opposé à un plafonnement des primes des banquiers et des traders que les Européens souhaitent réglementer.

Les Européens parleront d’une seule voix au G20. Selon Nicolas Sarkozy, les 27 sont d’accord pour limiter les bonus et pour rendre ces primes remboursables. Nicolas Sarkozy dit "avoir confiance en Barack Obama"- réticent à un plafonnement global des bonus - pour faire évoluer le secteur de la finance.

G20 - Jets de pierre et gaz lacrymogènes à Pittsburgh

le 25/09/2009 - 10h12

15 personnes ont été arrêtées jeudi à Pittsburgh, en marge du sommet du G20, après des jets de pierres et de briques sur la police. La police a répondu par des tirs de balles en plastiques et de gaz lacrymogènes.

Crédit Photo : AFP Un manifestant arrêté à Pittsburgh, en marge du G20

En marge du dîner de gala du G20, policiers et manifestants se sont affrontés jeudi à Pittsburgh lors d’une manifestation non autorisée. Un millier de jeunes protestataires ont jeté pierres et briques sur la police, qui a répondu par des tirs de balles en plastiques et de gaz lacrymogènes.

Le défilé coordonné par un groupe d’inspiration anarchiste Pittsburgh G20 Resistance Project (PGRP) n’avait pas demandé d’autorisation municipale. Une quinzaine de personnes ont été arrêtées, a indiqué la police sans donner plus de détails.

Certains portaient des drapeaux noir et rouge, d’autres brandissaient des pancartes dénonçant "la cupidité du capitalisme" ou faisant la promotion du commerce équitable. Des haut-parleurs avertissaient les manifestants : "Vous devez quitter cet endroit. Ceci est une manifestation illégale. Quelle que soit votre activité, vous devez quitter les lieux ou vous vous exposerez à une action de la police, risquez d’être arrêtés et d’être l’objet de tirs d’armes non-mortelles qui peuvent vous blesser".

Mercredi, les forces de l’ordre avaient interpellé 14 membres de Greenpeace qui avaient déployé une banderole sur un pont appelant les dirigeants des 20 premières économies mondiales, réunis jusqu’à vendredi à Pittsburgh, à prendre des mesures énergiques contre le réchauffement climatique. Ces activistes ont été relâchés le lendemain mais inculpés notamment de conspiration et troubles de l’ordre public.

Voir la vidéo en cliquant sur le lien

D’après agence

Les dirigeants du G20 font voeu de coordination

par Emily Kaiser et Darren Ennis Mise à jour : 25/09/2009 08:55

PITTSBURGH, Pennsylvanie (Reuters) - Les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 s’efforcent de présenter un front uni dans leur réponse à la crise financière dans un projet de communiqué final diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi.

Phot Reuters, Les dirigeants du G20 font voeu de coordination

S’engageant à faire preuve de coopération, ils souhaitent également se montrer prudents dans le retrait des mesures de soutien à l’économie qui seront maintenues jusqu’à ce que la reprise soit consolidée, peut-on lire dans ce document.

Les dirigeants du G20, qui se retrouvent vendredi pour une deuxième journée de discussions, promettent par ailleurs d’enrayer les excès du secteur financier qui ont conduit à la crise économique et financière mondiale et d’agir de concert pour durcir la réglementation sur les fonds propres des banques.

Ils semblent par ailleurs proches d’un accord sur l’encadrement et la limitation des bonus des opérateurs de marché, l’un des principaux points à l’ordre du jour.

Après deux ans de turbulences, l’économie mondiale semble se rétablir beaucoup plus rapidement que ce que les économistes avaient anticipé grâce à des taux d’intérêt historiquement bas, aux prêts octroyés par les banques centrales et aux différents plans de relance avoisinant au total les 5.000 milliards de dollars.

Mais avec un chômage élevé et des banques toujours en phase de guérison après avoir subi de lourdes pertes, le G20 est sous pression pour remettre l’économie mondiale sur les rails.

Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a dit jeudi que la proposition américaine de réduire les déséquilibres entre les pays endettés comme les Etats-Unis et les champions des exportations comme la Chine avait rallié de nombreux soutiens.

L’ALLEMAGNE SATISFAITE SUR L’ENCADREMENT DES BONUS

Cette proposition impliquerait une augmentation de l’épargne américaine en parallèle avec une hausse de la consommation de la Chine.

Il est toutefois peu probable que les pays du G20 acceptent de se voir imposer des règles sur la façon de diriger leurs économies.

Le projet de communiqué final indique toutefois que les pays avec des excédents "durables ou importants", une description qui pourrait correspondre à la Chine, s’engagent à "renforcer les sources intérieures de croissance".

Les pays avec d’importants déficits, tels que les Etats-Unis, promettent, eux, d’engager des politiques pour favoriser l’épargne.

Sur la question des rémunérations dans le secteur bancaire, le document mentionne la possibilité d’une limitation des rémunérations variables à un pourcentage des revenus d’une banque quand elles sont jugées incompatibles avec un niveau de capital solide.

Il reprend aussi la proposition du Conseil de stabilité financière de lier les bonus à une performance économique dans le temps.

Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, s’est félicité de ces propositions. "Nous n’avons jamais eu quelque chose d’aussi concret", a-t-il dit.

Une source proche de la délégation française a toutefois déclaré que le plafonnement des primes réclamé par Paris était "le sujet le plus difficile".

Le projet de communiqué fait par ailleurs mention d’un accord portant sur l’arrêt progressif à "à moyen terme" des subventions sur le pétrole et les autres énergies fossiles.

La lutte contre le protectionnisme n’est pas oubliée, et les dirigeants s’engagent à conclure en 2010 le cycle de Doha sur la libéralisation du commerce international.

Avec le bureau G20, version française Gregory Schwartz, Henri-Pierre André et Gwénaëlle Barzic

G20 - Bonus, relance, FMI... Ultimes négociations à Pittsburgh

le 25/09/2009 - 08h51

Les dirigeants du G20 négocient encore ardemment sur une "limitation des bonus" sous conditions. Le G20 va devenir la premier forum économique mondial, en lieu et place du G8. Les plans de relance vont également être maintenus.

Crédit Photo : AFP Obama, Sarkozy et leurs épouses au sommet du G20, le 25 septembre 2009

Les dirigeants des pays du G20 ont entamé jeudi soir le sommet consacré à l’après-crise financière et aux moyens d’éviter qu’elle ne se reproduise. Le président américain Barack Obama et son épouse Michelle ont accueilli l’un après l’autre leurs hôtes au jardin botanique de Pittsburgh, avant un dîner de travail centré sur la réforme des institutions financières internationales, enjeu d’un véritable bras de fer entre pays riches et émergents.

Le sommet doit se prolonger vendredi avec deux sessions de travail plénières, consacrées au cadre macroéconomique, au moment où les signes de reprise se multiplient, et aux moyens de mieux réguler la finance internationale, un an après la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers. Mais un projet de communiqué a déjà filtré. En voic les principaux points.

Le G20 devient le principal forum économique

Dans un premier geste d’unité, les dirigeants ont annoncé dès jeudi soir la pérennisation du G20, qui devient le principal forum économique mondial, aux dépens du G8. Cette décision va permettre de refléter davantage le poids des pays émergents comme la Chine, le Brésil ou l’Inde dans l’économie mondiale, s’est félicité la présidence américaine.

Le G8 n’en disparaîtra pas pour autant, assure un haut responsable d’un pays du G20, mais sera l’enceinte réservée aux questions diplomatiques et de sécurité. Cette décision devrait être confirmée vendredi par le président américain Barack Obama.

Les primes et bonus

Avant même le début de ce sommet, troisième du genre depuis novembre, les participants se sont efforcés de se montrer conciliants sur leurs principaux sujets de friction. La question des primes a considérablement divisé Américains et Européens, sur fond d’indignation populaire devant les bonus versés aux banquiers ou aux opérateurs de marchés, accusés d’avoir fortement contribué à la crise par leurs comportements à risque.

Les Américains s’opposaient à un plafonnement des rémunérations auquel poussent les Européens. Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a assuré qu’Européens et Américains étaient "très proches" d’un accord sur des "normes très détaillées" concernant la rémunération des banquiers et opérateurs de salles de marché.

Selon le projet de communiqué commun, les dirigeants se sont mis d’accord sur le principe d’une limitation des primes versées dans les métiers financiers. Les chefs d’Etat et de gouvernement devraient donc préconiser vendredi de "limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation", a déclaré un responsable d’un pays du G20 citant un extrait du projet de communiqué.

Sur les bonus, le communiqué final devrait endosser les recommandations du Conseil de stabilité financières (FSB) afin de lier la rémunération des banquiers et acteurs de marché aux performances à long terme, et non la prise de risque excessive, et suggérer à cette fin un système de versement différé.

Les plans de relance

Un accord a également été trouvé pour éviter tout arrêt "prématuré" des mesures de relance, selon un projet de communiqué. Les 20 chefs d’Etat et de gouvernement devraient déclarer vendredi soir que, "en attendant qu’on arrive à une reprise durable", ils "éviteront tout retrait prématuré des mesures de relance", a déclaré vendredi un responsable d’un pays du G20 citant un extrait du communiqué final.

Le FMI réformé

Les divergences semblaient aussi s’aplanir sur la question délicate de la réforme du Fonds monétaire international (FMI), enjeu d’un véritable bras de fer entre pays riches et émergents.

Là encore, chacun a fait des efforts : les pays du G20 ont accepté de faire passer 5% des droits de vote au FMI des pays développés vers les pays émergents, selon des sources au sein du Groupe des Vingt. Ce geste s’inscrit dans la démarche qui vise à donner aux pays sous-représentés au FMI un plus grand poids, afin de mieux reconnaître leur influence croissante sur l’économie mondiale.

Les Européens vont "faire des sacrifices", a déclaré vendredi la délégation française, mais "les Etats-Unis ne feront pas de sacrifices parce qu’ils sont sous-représentés" au FMI. Selon la délégation française, d’autres pays feront également des sacrifices, comme l’Arabie Saoudite, l’Iran, la Russie et l’Argentine.

Arrêt des subventions sur le pétrole

Les dirigeants ont convenu d’un arrêt "à moyen terme" des subventions sur le pétrole et les autres énergies fossiles, d’après un projet de communiqué. Dans ce document, les membres du G20 donnent pour mission à leurs ministres des Finances de leur soumettre une série de propositions concernant la finance climatique, c’est-à-dire l’octroi de fonds par les pays riches aux pays pauvres pour lutter contre le réchauffement climatique, à l’occasion de leur prochaine réunion.

Gaz lacrymogènes et balles non-létales contre des manifestants à Pittsburg

AFP, Mise a jour : 25/09/2009 06:44

Gaz lacrymogènes, balles non-létales, sirènes stridentes, annonces menaçantes par haut-parleur : la police a utilisé jeudi les grands moyens pour disperser un millier de jeunes résolus à perturber le sommet du G20 à Pittsburgh, dans l’est des Etats-Unis.

AFP Forces de l’Ordre à Pittsburgh

Certains portent des drapeaux noir et rouge, d’autres brandissent des pancartes dénonçant "la cupidité du capitalisme" ou faisant la promotion du commerce équitable.

A deux kilomètres du centre de conférence où se sont retrouvés jeudi soir les dirigeants des 20 premières économies mondiales, des véhicules de police bloquent, peu après son départ, le trajet de la manifestation non autorisée du groupe d’inspiration anarchiste Pittsburgh G20 Resistance Project (PGRP).

Des hauts-parleurs avertissent les manifestants : "Vous devez quitter cet endroit. Ceci est une manifestation illégale (...). Quelle que soit votre activité, vous devez quitter les lieux ou vous vous exposerez à une action de la police, risquez d’être arrêtés et d’être l’objet de tirs d’armes non-mortelles qui peuvent vous blesser".

En vain. La police a recours aux gaz lacrymogènes. Une quinzaine de personnes sont interpellées, selon les autorités américaines. "Ils nous ont coincés dans une rue de traverse, dans une zone résidentielle, et ils ont ensuite tiré leurs gaz lacrymogènes, trois grenades", raconte à l’AFP Ross McCoy, l’un des manifestants.

Un jeu du chat et de la souris s’ensuit dans les rues adjacentes. En surnombre, la police dispose de véhicules anti-émeutes et bénéficie de la surveillance aérienne d’hélicoptères.

Face aux gaz et aux sirènes, les manifestants se dispersent assez rapidement. Une petite centaine d’entre eux continue de narguer les policiers qui finissent par tirer sur les manifestants les plus résolus, à coup de projectiles qualifiés de simples "balles de plastique" mais que les militants présentent comme des balles de caoutchouc, plus dangereuses.

"En réponse à des jets de pierres et de briques par les manifestants, la police a tiré des balles de plastique", affirme à l’AFP un agent de la police fédérale américaine (FBI), Bill Crowley. Il précise n’avoir pas connaissance de blessés.

Les "balles de plastique" (bean bags en anglais) sont des balles de caoutchouc enserrées dans des sachets de plastique, en général montées dans une cartouche de calibre 12 ou 40 mm. Jugées moins dangereuses que les balles de caoutchouc, elles sont de plus en plus utilisées par les forces de l’ordre de nombreux pays. "Elles ne pénètrent pas la peau", a précisé l’agent.

"Je ne présente aucun danger si ce n’est le fait d’être là", fulmine une manifestante de 60 ans, voulant rester anonyme, le visage caché par un keffieh, la coiffe traditionnelle palestinienne. "Le G20 n’est pas un organe élu et fait mourir de faim des milliers de personnes", ajoute-t-elle.

Altermondialistes, pacifistes et anarchistes protestent régulièrement contre les grands rassemblements de dirigeants mondiaux du type du G20, qu’ils estiment non-démocratiques car échappant à toute sanction populaire. "Nous nous battons pour le climat, la pauvreté et contre le capitalisme", précise Gia Michael, une étudiante en Art. "Ce système viole la terre et ça fait mal", ajoute-t-elle.

Le sommet de Pittsburgh, qui se prolonge vendredi, est le troisième du genre depuis moins d’un an et vise à confirmer une nouvelle régulation du système financier face à la crise économique.

Le G20, principal forum économique, selon Gordon Brown

par Sumeet Desai, REUTERS, Mise a jour : 24/09/2009 17:08

"Ce que nous essayons de créer, c’est un nouveau système de coopération économique international", a déclaré Gordon Brown en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, avant de gagner Pittsburgh pour le troisième sommet du G20.

NATIONS UNIES (Reuters) - Le G20 va être institutionnalisé en tant que principale instance de gouvernance économique mondiale, a déclaré le Premier ministre britannique.

"Ça n’est jamais arrivé avant. Nous avons eu le G8 et toutes ces organisations. Nous avons cette fois la chance d’obtenir un grand succès en matière de coopération internationale", a-t-il poursuivi, expliquant que le G20 se réunirait désormais de façon régulière.

Shriti Vadera, ministre britannique de la Compétitivité et des Petites Entreprises, va quitter le gouvernement pour devenir conseillère de la présidence de l’organisation, qui sera assurée en 2010 par la Corée du Sud, a précisé le Premier ministre.

"Sa compétence est telle dans ce domaine que personne n’est mieux placé pour ce poste", a-t-il assuré, ajoutant que ses attributions seraient confiées au ministre du Commerce, Mervin Davies.

Gordon Brown a en outre jugé la reprise encore fragile et a invité ses pairs à poursuivre sur la voie des plans de relance. Il a par ailleurs jugé improbable que la question de la valeur du yuan soit abordée à Pittsburgh. "Nous aimerions que la Chine importe davantage", a-t-il toutefois déclaré.

Selon lui, 7.000 milliards de dollars sous forme de réserves de devises "ne sont pas forcément utilisés de façon constructive".

Le chef du gouvernement britannique a souhaité que le Fonds monétaire international adopte un système d’assurance susceptible de dispenser certains pays d’accumuler des réserves qu’ils pourraient utiliser pour soutenir leur économie.

Avant de quitter New York, Gordon Brown devait assister à une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu sur la lutte contre la prolifération nucléaire.

"L’heure de vérité approche pour l’Iran. Nous allons proposer des sanctions plus complètes et plus dures", a-t-il averti.

Interrogé sur les tensions évoquées par la presse entre lui et le président américain Barack Obama, il a assuré que leur relation personnelle était "forte". "Et elle se renforce parce que nous avons un objectif commun", a-t-il souligné.

Version française Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief

G20 - Un sommet pour quoi ?

O. L. avec agence le 24/09/2009 - 07h39

Les dirigeants des 20 plus grandes économies de la planète se retrouvent jeudi et vendredi à Pittsburgh pour tirer les leçons de la crise. Pas forcément les mêmes... Barack Obama, qui préside son premier sommet international, a promis de nouvelles règles financières vigoureuses. Les Européens doutent.

Crédit Photo : TF1/LCI La séance de pose lors de l’une des deux tentatives de "photo de famille" lors du sommet du G20 (2 avril 2009)

Prouveront-ils au monde entier qu’ils se bougent pour changer le monde ? Les dirigeants des 20 plus grandes économies de la planète se retrouvent jeudi et vendredi à Pittsburgh pour tirer les leçons de la crise économique et financière au moment où se précise la fin de la récession.

Un peu plus d’un an après le début d’une débâcle sans précédent depuis 1929, ils devront aussi mesurer le chemin parcouru depuis leur dernier rendez-vous à Londres en avril. Le monde était encore plongé en pleine récession, doutant d’un retour à la croissance à court ou moyen terme.

Depuis, les signes de reprise se sont multipliés et la question de la stratégie à mener pour assurer une sortie de crise se pose désormais. Elle ne fait pas l’unanimité.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, dont les économies sont toujours dans le rouge et qui redoutent la montée du chômage, n’entendent pas baisser la garde.

L’Allemagne réclame en revanche la fin des programmes de relance. La tentation est grande aussi, redoutent certains pays, de remettre à plus tard la réforme de la finance mondiale, pourtant jugée essentielle au printemps.

"La crise sera derrière nous quand on aura véritablement traité le mal à la racine", avec la mise en oeuvre d’une "réforme de nos systèmes financiers", de leur "régulation" et de leur "supervision", a souligné mardi la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde.

Les rives de l’Atlantique...

La négociation sur ces points reste délicate tant les approches sont différentes, particulièrement entre les deux côtés de l’Atlantique. Les Européens veulent obtenir une limitation des primes des banquiers, les fameux bonus, qui alimentent la colère de l’opinion publique.

Les Etats-Unis y sont opposés, soucieux de préserver les intérêts de leur puissante communauté financière, à l’instar de la Grande-Bretagne, également réticente.

La France et l’Allemagne ont du coup dénoncé cette semaine les groupes de pression à la City et à Wall Street qui opposeraient une "résistance" aux propositions de régulation du secteur financier.

Le président américain Barack Obama, qui préside son premier sommet international, a promis de nouvelles règles financières vigoureuses d’ici à la fin de l’année. Mais il a aussi reconnu que la réforme du système financier se heurtait à l’inertie de Wall Street, où certains refuseraient de tirer les leçons de la crise.

Au-delà des primes, les pays du G20 doivent aussi se pencher sur les normes comptables qui régissent banques et entreprises - autre sujet de discorde entre Américains et Européens -, les paradis fiscaux, les fonds spéculatifs ou le rôle du Fonds monétaire international (FMI).

...et les autres

Sur ce dernier point, les pays émergents, dont le Brésil, l’Inde ou la Chine, entendent obtenir des engagements sur la réforme de la gouvernance du Fonds où ils s’estiment sous-représentés.

Chaque pays arrive d’ailleurs à Pittsburgh, ancienne capitale sidérurgique reconvertie au high-tech et à l’écologie, avec sa liste de priorités. L’Inde veut obtenir des engagements contre le protectionnisme, au moment où les Etats-Unis ont pris des mesures pour protéger leurs fabricants de pneus de la concurrence chinoise.

Les pays émergents vont réclamer des aides financières pour les aider à lutter contre le réchauffement climatique, un thème que le président Obama entend aborder par le biais des subventions aux hydrocarbures, dont il veut la suppression.

Pittsburgh se préparait mercredi à recevoir des altermondialistes, qui ont prévu un rassemblement en fin de journée, avant la grande manifestation attendue vendredi. Plusieurs milliers de policiers, dont plusieurs centaines déjà sur place, seront déployés pendant le sommet.

"Si ça recommence, ce sera encore plus violent"

Nicolas Sarkozy a affirmé mercredi à New York qu’il n’accepterait "pas que le capitalisme soit caricaturé" ou "bafoué" par le "comportement d’une infime minorité qui a profité d’un système en poussant une logique jusqu’au bout et en nous emmenant au bord de la catastrophe".

"Nous voulons un capitalisme de la production, de l’investissement, de la responsabilité et non pas de la spéculation et de la rente. Tant mieux si tel ou tel réussit, gagne de l’argent, bâtit un empire. Mais c’est le produit du travail, de la prise de risque réfléchie, non pas de la roulette jouée tous les jours avec l’argent des autres et pas avec l’argent de celui qui joue", a-t-il insisté.

Selon lui, "il appartient aux dirigeants d’aujourd’hui de tirer les conséquences de cela ou alors, ça recommencera" et "si ça recommence, ce sera encore plus violent", a-t-il mis en garde.

"Aujourd’hui, les hommes et les femmes de gouvernement doivent décider d’un nouvel ordre, de la construction d’un nouveau monde pour répondre à une crise économique d’un désastre sans précédent et à un désastre écologique qui nous pend au nez", a-t-il insisté.

G20 - Bonus : ce que pourraient lâcher les Américains

Olivier LEVARD le 21/09/2009 à 15h40

A quelques jours du sommet du G20 à Pittsburgh, les Etats-Unis ne veulent pas céder sur les bonus monstres dans la banque. Mais s’activent en coulisse... Le président américain reste opposé à un plafonnement des primes des banquiers et des traders que les Européens souhaitent réglementer.

Crédit Photo : Reuters Barack Obama, le 17 septembre 2009

Un dernier coup de pression pour la route... A quelques jours du sommet du G20, jeudi et vendredi à Pittsburgh (Etats-Unis), l’Europe tente de peser de tout son poids pour convaincre des Américains très réticents de limiter les bonus dans la finance.

Même José Manuel Barroso, pas franchement réputé pour son audace, hausse le ton quitte à passer pour un donneur des leçons. "Même si les Américains ne suivent pas, je crois que nous devrions aller de l’avant, c’est une question de légitimité, je suis pour la liberté des marchés financiers, mais la liberté exige aussi des règles", a déclaré sur TV5 Monde le fraichement réélu président de la Commission européen. "C’est tellement scandaleux ce qui se passe, c’est vraiment un problème éthique que je trouve que là, si nécessaire il faut y aller seul", a-t-il encore affirmé.

Les Européens veulent obtenir des règles mondiales strictes afin de limiter les bonus bancaires alors que le président américain Barack Obama s’est clairement prononcé contre un plafonnement de ces rémunérations variables mais leur unité affichée présente des failles.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE n’ont pourtant pas pu s’entendre jeudi pour demander clairement un "plafonnement" des bonus avec une limite absolue, comme le souhaite la France, et ce du fait de l’opposition britannique. Ils se sont bornés à indiquer qu’il fallait "étudier" cette possibilité, comme l’avaient souhaité le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Gordon Brown dans un courrier commun publié au début du mois.

"Comme des nababs"

Malgré cette faiblesse, Christine Lagarde semblait garder espoir encore dans un entretien au Journal du dimanche. "Je connais bien la mentalité américaine et je peux vous dire que cela va être très dur (...). Mais Barack Obama a aussi reconnu que les opérateurs de marché ne pouvaient pas vivre comme des nababs, ce sont ses propres termes", relève la ministre de l’Economie.

L’Europe propose une limitation des bonus en pourcentage de l’activité. Ce calcul peut s’appliquer dans tous les pays. C’est un système simple que Barack Obama pourrait accepter". "A ce stade, les propositions américaines favorisent leurs banques et risquent de pénaliser les nôtres. Ce serait un comble, alors qu’elles ne sont pas à l’origine de la crise et s’en sortent mieux que les américaines", commente encore Christine Lagarde.

Le président américain reste opposé à un plafonnement des primes des banquiers et des traders que les Européens souhaitent réglementer, avait dit mercredi un de ses conseillers. Sans aller jusqu’à limiter les bonus, les Américains devraient tout de même venir au G20 avec une avancée, a minima.

Selon le Wall Street Journal, la Réserve fédérale (Fed) américaine pourrait se voir demander de valider les primes accordées à des dizaines de milliers de salariés des banques, dans le cadre d’un plan destiné à limiter les prises de risques dans le secteur financier,. "Cela pourrait permettre pour la première fois à ses contrôleurs de s’impliquer réellement dans l’attribution des primes et bonus, un rôle jusque-là traditionnellement réservé aux conseils d’administration et aux principaux dirigeants des banques", précise le quotidien financier.

Selon ce projet, la banque centrale américaine aurait le droit de mettre son veto à toute "politique de prime qui encouragerait les employés, depuis les hauts dirigeants jusqu’aux courtiers et chargés de clientèle, à prendre trop de risques". Officieusement confirmé par la Fed, ce projet n’a pas ému le monde de la finance lundi. Signe qu’il ne s’agirait que d’une réformette ?

G20 - Sarkozy : "l’UE veut la fin du scandale des bonus"

le 18/09/2009 - 08h59

Les Européens parleront d’une seule voix au G20. Selon Nicolas Sarkozy, les 27 sont d’accord pour limiter les bonus et pour rendre ces primes remboursables. Nicolas Sarkozy dit "avoir confiance en Barack Obama"- réticent à un plafonnement global des bonus - pour faire évoluer le secteur de la finance.

Crédit Photo : TF1/LCI Nicolas Sarkozy à Bruxelles (18 septembre 2009)

A l’approche du G20, les Européens ont réussi à se mettre d’accord sur un certain nombre dossiers notamment sur la réforme du système financier. Selon le chef de l’Etat français qui est intervenu à l’issu d’une réunion à Bruxelles avec ces homologues européens, les 27 entendent "mettre fin au scandale des bonus", ils comptent réclamer au G20 une limitation de ces bonus, avec notamment un clause de remboursement éventuel de ces primes.

Le texte final sur lequel les chefs d’Etat et de gouvernement sont tombés d’accord prévoit en effet la possibilité d’une "annulation" de ces bonus en cas d’"évolution négative" des banques ayant versé l’argent, selon un diplomate européen.

"C’est une Union européenne unie avec un message assez clair, assez fort, qui se présentera à Pittsburgh et à New York", a déclaré le président français. "L’Europe est unie sur un message fort : nous ne voulons pas que cela recommence, que le scandale des bonus se poursuive", a-t-il poursuivi.

Il a ensuite indiqué que deux pistes étaient à l’étude : celle d’un plafonnement du montant de ces primes ou celle d’imposer un renforcement des fonds propres des banques au prorata des mouvements spéculatifs.

Au moins cinq milliards d’euros pour les pays pauvres

Le président français Nicolas Sarkozy a estimé que "la notion de malus" avait été "clairement introduite" pour ces primes par les dirigeants de l’UE, au cours d’une conférence de presse à l’issue de la réunion à Bruxelles.

Le chef de l’Etat a reconnu que les discussions se poursuivaient sur ce sujet avec les Américains, réticents à un plafonnement global des bonus. "J’ai confiance en Barack Obama" a néanmoins déclaré le chef de l’Etat français, qui espère également convaincre les pays émergents.

Sur le plan environnemental, les dirigeants de l’Union européenne ont également trouvé un terrain d’entente. Ils se sont mis d’accord sur un engagement financier de cinq à sept milliards d’euros à destination des pays pauvres dans le cadre de la conférence de Copenhague sur le climat en décembre.

Ils ont par ailleurs fait leurs les estimations de la Commission européenne d’un besoin global de 100 milliards d’euros par an à l’horizon 2020 pour lutter contre le changement climatique, ont précisé ces diplomates, qui participaient au sommet européen visant à préparer le sommet du G20 de Pittsburgh (USA) la semaine prochaine.

(D’après agence)

VIDEOS

G20 : LCI - La chronique de Jean-Marc Sylvestre du 25 septembre 2009

Le 25 septembre 2009 - 07h55

Exclusif LCI - Chaque matin, Jean-Marc Sylvestre explique, décode et commente le fait économique du jour..

Par LCI.fr

Crise : "On sera sorti de la crise quand le chômage baissera"

Le 24 septembre 2009 - 13h15

Interrogé sur la crise économique, lors de son interview dans le 20 heures, Nicolas Sarkozy est resté prudent. Ecoutez-le..

Par TF1


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