AID Association initiatives dionysiennes
Une radio qui veut donner des leçons de démocratie ?

Drôle de traitement médiatique pour le référendum vénézuélien

France-Inter, la voix de son maître ?

mardi 17 février 2009 par JMT

Les reporters de france inter interpretaient des faits à leurs manières sans aucun esprit critique, ou plutôt si, avec un a priori indigne du service public et du minimum de diplomatie que devrait avoir un journaliste,

Une photo de Reuters montre un Chavez solitaire émergeant, narquois, de son château-fort. Le titre : "Chavez se verrait bien en président à vie". Les intertitres : "caudillo" et "insécurité". Les témoins parlent de “caudillisme”. La révolution bolivarienne est un “castrisme new-look”.

A 21h35, le premier bulletin du Conseil National Électoral avec 94,2 % des votes donne 54 % par le OUI à l’amendement constitutionnel contre 45,73 % pour le NON, c´est à dire plus de 1 200 000 voix d’avance pour le chavisme. La voix silencieuse de la majorité s´est imposée aujourd’hui aux brouhahas médiatiques après des mois et des mois de harcèlement et de mensonges qui ont seulement convaincu des victimes innocentes.

Courriel au médiateur de france inter

mardi 17 février 2009 23:07 Serge Billon

monsieur,

j’ai entendu hier les journaux de france inter parler du président venezuelien, hugo chavez, et le faisant passer pour un dictateur.

Les reporters de france inter interpretaient des faits à leurs manières sans aucun esprit critique, ou plutôt si, avec un a priori indigne du service public et du minimum de diplomatie que devrait avoir un journaliste,

Ainsi, j’ai pu entendre les journalistes dire que le président Chavez voulaient être élu à vie et qu’il avait fait voté une loi allant dans ce sens.

Or, le président chavez a fait effectivement modifier la constitution afin que la règle de non cumul dans le temps n’existe plus, pour le président, mais aussi pour les députés , les maires, les senateurs.

Cela s’est fait par referendum, voté par la population.

On peut ne pas être d’accord avec ce principe, moi même je suis contre le cumul des mandats dans le temps, mais la haut comme ici la loi c’est la loi.

J’ai donc plusieurs questions :

trouvez vous normal que les journalistes donnent un résultat d’élection avant que le vote ne soit fini ? (en effet, les journalistes donnait le changement comme ayant déjà eu lieu avant la clôture du vote)

pourriez vous dire sur l’antenne ou faire dire à vos journalistes, que l’état français et sa constitution sont dictatoriaux , étant donné que le principe voté hier par le peuple vénézuelien est appliqué en France depuis des décennies

est ce que vos journalistes considèrent qu’un pays ou les changements de constitution se font après un referendum populaire subit un régime dictatorial et qu’un pays comme la France ou la constitution est changée par les seuls parlementaires alors que le peuple a décidé le contraire 3 ans auparavant est une démocratie ?

Est ce que votre radio était aussi critique quand c’était les familles blanches et le patronat qui était au pouvoir, est ce que votre radio a oublié que le putsch de 2002 était dirigé contre hugo chavez, qui venait de se faire démocratiquement élire ?

Je ne suis pas un fan d’hugo chavez, je ne connais pas le Venezuela c’est pourquoi j’entends être correctement informé par la radio de service public, il est de votre devoir de transmettre les dépêches afp telles qu’elles sont, et si vous devez avoir une ligne éditoriale, qu’elle ne soit pas basée sur le mensonge.

Cette petite anicroche relativise sérieusement les autres informations que je peux écouter sur votre chaine, c’est bien dommage.

Serge Billon

Nouvelle victoire populaire au Venezuela : Libération se verrait bien désinformer ses lecteurs à vie

Maximilien Arvelaiz et Thierry Deronne lundi 16 février 2009

Une photo de Reuters montre un Chavez solitaire émergeant, narquois, de son château-fort. Le titre : "Chavez se verrait bien en président à vie". Les intertitres : "caudillo" et "insécurité". Les témoins parlent de “caudillisme”. La révolution bolivarienne est un “castrisme new-look”.

Voilà ce que Libération offre à ses lecteurs, le 14 février 2009, en guise d´information préalable sur le nouveau scrutin que vient de remporter le peuple bolivarien avec une marge éclatante de dix pour cent, au bout de dix ans de révolution [1 ].

En 2006 ce journal inventait déjà de toutes pièces l´antisémitisme de Chavez au moyen d´un truquage de texte décrypté en détail par l´association Acrimed [2 ].

Cette fois, un certain Gérard Thomas met en doute la victoire populaire au référendum de ce dimanche 15 février au motif qu’une “puissante” “union bolivarienne des étudiants” aurait décidé d´appuyer le “non” de droite.

Le problème pour G. Thomas c´est que nul n´a jamais vu l´organisation dont il parle. Les médias d´opposition vénézuéliens où il puise ses informations (l´opposition détient la majorité des titres de presse, web et 80 % du spectre radio et Tv) sont passé maîtres dans la manipulation mondiale et dans la récupération du label “bolivarien” pour fabriquer des clones virtuels destinés à semer la confusion parmi les électeurs.

Le principal mouvement étudiant au Venezuela, le vrai, s´appelle “fédération bolivarienne des étudiants”. Née il y a six ans de l´explosion des missions éducatives et de la création de l´université bolivarienne sur l´ensemble du territoire, cette fédération représente des millions de jeunes qui ont défendu hier dans les urnes la poursuite de la démocratisation d´une université jusqu´ici réservée aux classes supérieures.

Les étudiants des universités privées, minoritaires mais ultramédiatisés, n´ont cessé de manifester leur refus raciste de partager l´éducation supérieure avec quelques millions de nouveaux condisciples de milieu populaire. La victoire populaire de dimanche signe leur défaite autant que celle des grands médias.

Gérard Thomas qualifie la démocratie venezuelienne de “castrisme new look” ? Une seconde, permettez. Après dix ans de révolution le Venezuela compte une quarantaine de partis politiques, de l´extrême-droite à l´extrême-gauche.

La grande majorité des medias appartient à l´opposition. L´ONG chilienne indépendante Latinobarometro [3 ] qui sonde tout le continent vient de classer le Venezuela avec un score de 80% sur l´échelle de la conscience démocratique en Amérique Latine.

Le président Lula a souligné récemment que Hugo Chavez est sans doute le plus légitime des présidents latino-américains, vu le nombre d´élections et de référendums organisés sous sa présidence, et qu´il ne voyait que démocratie dans le référendum de dimanche puisque c´est le peuple qui tranche.

Rafael Correa, depuis l´Equateur, demande qu´on cesse de donner des lecons à la démocratie vénézuélienne et les Présidents de la Bolivie et du Paraguay, Evo et Lugo ont souhaité bonne chance au Président Chavez quelques heures avant les élections.

Si tous ses collègues latinoaméricains le saluent ainsi, c´est aussi parce qu´ils reconnaissent que si aujourd’hui l´intégration latinoaméricaine avance à grand pas avec des initiatives comme la UNASUR , l`ALBA ou la Banque du Sud c`est en grande partie grace a la diplomatie vénézuélienne que Thomas qualifie d`« erratique » sous prétexte que le Venezuela aurait rompu ses relations avec Israël par solidarité avec le peuple palestinien et entretienne de bonnes relations avec l`Iran comme avec tous les grand pays du Sud de la Chine au Viet Nam, de l´Afrique du Sud a la Malaisie : ce sud que des médias comme Libé se refusent de voir.

Pourquoi faut-il que Libération continue à cacher à ses lecteurs que la possibilité de rendre reéligibles tous les élus sans limite permet simplement de multiplier l´offre démocratique des candidats ? Que cela existe déjà dans la plupart des démocraties ?

Qu´en France c´est Nicolas Sarkozy qui a fait supprimer cette possibilité de se présenter plus de deux fois à la présidence (sans doute traumatisé par l´hypothèse d´un troisième mandat de Chirac - lequel aurait pu, peut-être, empêcher la France de retomber sous la coupe de l´OTAN).

Pourquoi cacher qu´au Venezuela les observateurs internationaux ont jugé transparents, démocratiques toutes les élections, tous les référendums ( quinze en dix ans alors qu`entre 1959 et 1998 n`ont eu lieu que 12 élections ans ), saluant un système électoral des plus fiables au monde ?

Au fond ce que craint Libération c´est que la politique puisse encore passer par des projets à long terme, portés par de grands hommes d´État, comme de Gaulle a pu l´incarner à une époque. Pour Libération la démocratie consiste a renouveler rapidement les présidents comme les produits frais au marché.

Quelle importance comme le soulignait encore récemment une étude de la CEPAL si la pauvreté a baissé de 20 % et que l´inégalité sociale ne cesse de se résorber, si la santé publique gratuite sauve des millions de vies, s´il y a encore tant à faire du point de vue de la majorité sociale pour sortir à jamais de la misère et construire l´égalité totale des droits ?

Quelle importance si les vénézuéliens, contrairement aux français, ont déjà conquis le droit de monter légalement des médias alternatifs de radio et télévision, d´y user d´une pleine liberté de parole, ou le droit de décider des politiques locales et de les évaluer à travers des milliers de conseils communaux ? Gérard Thomas fait dire à un “habitant de Caracas” que ce ne sont là que "promesses non tenues d´année en année".

Libération est passée de Sartre à Rothschild, sans sortir des règlements de compte des années 80, rivée au dogme selon lequel toute révolution mène au stalinisme. En fondant le journal Sartre avait prévenu : “Le droit a l´information n´est pas, comme on le croit à tort, un droit du journaliste mais le droit du peuple de savoir ce qui se passe. Le rôle du journaliste, en somme, est de permettre au peuple de discuter avec le peuple”.

Maximilien Arvelaiz et Thierry Deronne

Caracas, le 15 février 2009

Venezuela : le peuple a dit à l’opposition que non c´est non, parce que oui

Jean Araud Caracas, le 15 février 2009

A 21h35, le premier bulletin du Conseil National Électoral avec 94,2 % des votes donne 54 % par le OUI à l’amendement constitutionnel contre 45,73 % pour le NON, c´est à dire plus de 1 200 000 voix d’avance pour le chavisme. La voix silencieuse de la majorité s´est imposée aujourd’hui aux brouhahas médiatiques après des mois et des mois de harcèlement et de mensonges qui ont seulement convaincu des victimes innocentes.

Le peuple a parlé et a clairement dit :

Non et non aux grossières manipulations médiatiques nationales et internationales parce que le peuple bolivarien ne peut plus être manipulé et n’est plus disposé à croire autant de mensonges.

Non et non aux oligarques qui prétendent refuser au peuple ce qui appartient au peuple, parce que la Nouvelle Venezuela appartient à tous.

Non et non aux ingérences de Washington destinées à contrecarrer le nouveau cap souverain du pays par ses financements à l’opposition vénézuélienne et à ses prétendues ONG.

Non et non à tous les politiciens qui, pendant 40 ans, ont quasiment donné la principale ressource du pays au Nord, alors que les ressources du Venezuela appartiennent au Venezuela et à son peuple.

Non et non aux nouvelles autorités de l’opposition qui, avec l’aide de ses gouverneurs et de ses maires aux méthodes fascistes, limogent sans justification ses employés et tentent d’enlever au peuple ses centres d’assistance sociale, de santé et d’éducation comme tous les espaces qu’il a gagnés et qu’il n’est pas disposé à céder.

Non et non à ces mêmes maires et gouverneurs qui prétendent utiliser à des fins occultes les organes de sécurité de l’État, parce que ces organes doivent leurs services à toute la communauté.

Non et non aux étudiants des classes privilégiées qui se prétendent élites et propriétaires d’universités financées par l’État, parce que le peuple a aussi droit à l’éducation supérieure.

Non et non à ceux qui rêvent de coups d’Etat et veulent un fois encore tenter d’écarter d’une signature tous les pouvoirs publics et de faire en sorte qu’un président de facto fugace se permette de décrocher l’image du Libertador, parce que le Venezuela doit se respecter.

Non et non, ils ne reviendront pas, les ennemis du peuple, parce qu’ainsi le réclame le peuple.

Contrairement à la campagne trompeuse de l’opposition pour un « non à la réélection indéfinie de Chavez », le referendum établit seulement que les mandats des maires, gouverneurs, députés et présidents de la République ne seront pas limités.

Oui, les maires, gouverneurs, députés et présidents pourront se présenter à nouveau devant le vote populaire pour autant de mandats que celui-ci le décidera et cela, une minorité ne l’empêchera pas malgré son terrorisme médiatique, universitaire ou ecclésiastique.

Oui, Hugo Chavez Frias, s’il le souhaite, pourra se présenter pour un nouveau mandat en 2012, à la fin de son mandat actuel, et il pourra être réélu si la volonté du peuple l’exprime dans les urnes, parce que la République Bolivarienne du Venezuela s´est imposée aujourd’hui et a ratifié une démocratie participative.

La persistance de l’opposition à vouloir transformer en « réélection indéfinie » de Chavez un simple referendum sur un amendement constitutionnel n’ indiquerait-elle pas qu’elle craint, d´ores et déjà, sa probable défaite aux prochaines élections présidentielles ?

Et elle a certainement raison, parce que le peuple aspire au droit démocratique de réélire ses mandataires lorsqu´ils agissent avec et pour le peuple. Dans la République Bolivarienne du Venezuela, « amor con amor se paga », (l´amour avec l´amour se rétribue).

Dans la nuit, et comme il l’avait promis, Chavez attendait les siens depuis le balcon du palais présidentiel. Et en essence il a confirmé : « C’est la victoire populaire, la victoire de la vérité contre le mensonge, la victoire de la dignité du peuple. C’est la victoire du Venezuela, parce que même si l’opposition ne le comprend pas, nous sommes tous et toutes la patrie. C’est la patrie ressuscitée, alors qu’elle était morte et humiliée ».

Et le peuple criait que « Oh ! Ah ! Chavez ne s´en va pas ». Mais le peuple criait aussi « Dehors, Ledezma ! » (le maire de l’opposition de Caracas), ce que Chavez tempéra en disant qu’il s’agit seulement « d’un être insignifiant ».

Chavez a annoncé aussi déjà sa candidature à la présidence pour la période 2013 à 2019, « si Dieu et le peuple le veulent ainsi ». En même temps il a promis à son peuple sur la tête de ses enfants et de ses petits-enfants : « Je ne vais pas vous faire défaut. A partir de cet instant, je me consacre définitivement au peuple vénézuélien ».

Il a étayé sa promesse en citant une phrase de San Pablo : « Je me consume et je me consumerai totalement au service de l’homme qui souffre, de la femme qui souffre ». Il n’a pas oublié non plus les principaux problèmes actuels de son peuple et a donné sa parole qu’il allait « combattre l’insécurité, la corruption, le bureaucratisme et l’inefficacité » et que « le Venezuela se transformerait en une puissance ».

L’analyse politique de ce référendum a été consacrée par Fidel Castro dans le premier message de félicitation reçu par Chavez : « Cette victoire est d’une telle dimension et d’une telle ampleur qu´elle ne peut se mesurer ».

Cette constatation reflète probablement l’espoir d’autres peuples latino-américains tels ceux du Paraguay, de la Bolivie, de l’Équateur et de Dieu sait où, qui ont mis beaucoup d’espoir dans ce continent où décidément, il se passe beaucoup de choses.

Au Venezuela aujourd’hui, se confirme plus que jamais le fait que, entre les peuples et leurs mandataires, "Amor con amor se paga".

Jean Araud pour Investig’Action


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