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Le chasseur de mammouth pisse une nouvelle copie !

ALLEGRE MENT ALLEGREMENT !

La dégringolade intellectuelle et éthique des has-been a un côté pathétique !

samedi 27 février 2010 par JMT

À la page 132 de L’Imposture climatique, Claude Allègre écrit : "Il y a, dans divers pays, de nombreux spécialistes climatologues qui, souvent au péril de leur survie scientifique, ont combattu les théories du GIEC."

Dans son dernier livre, L’Imposture climatique (Plon, 300 p., 19,90 €), un ouvrage d’entretiens avec le journaliste Dominique de Montvalon, le géochimiste et ancien ministre Claude Allègre formule des accusations d’une extrême gravité contre la communauté des sciences du climat.

Une commission scientifique indépendante va être nommée pour examiner les travaux et le fonctionnement du Groupe intergouvernemental d’experts sur les changements climatiques (GIEC), dont la qualité des études a récemment été mise en cause, a annoncé l’ONU vendredi.

Dans un entretien publié, mercredi 3 février, par le Guardian, l’Indien Rajendra Pachauri, chef du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), admet que l’erreur sur la fonte des glaciers de l’Himalaya, dans un rapport datant de 2007, avait entaché la crédibilité du groupe.

Bien que docteur en philosophie, et non en sciences exactes, lorsqu’il y a trois ans j’ai commencé à publier des réflexions critiques sur les thèses dominantes en matière de réchauffement climatique, je recevais en moyenne une invitation par quinzaine pour participer à des débats télévisés.

La liste imaginaire des "cautions" scientifiques enrôlées par l’ancien ministre

LE MONDE 27.02.10 13h58

À la page 132 de L’Imposture climatique, Claude Allègre écrit : "Il y a, dans divers pays, de nombreux spécialistes climatologues qui, souvent au péril de leur survie scientifique, ont combattu les théories du GIEC."

L’Imposture climatique

"Je donne donc quelques noms parmi les plus prestigieux, et sans être exhaustif, poursuit-il. Les Scandinaves Svensmark et Christensen, Dudok de Wit, Richard Courtney, Martin Hertzberg, Denis Haucourt, Funkel et Solansky, Usoskiev, Hartmann, Wendler, Nir Shaviv, Syun-ichi-Akasofu."

L’Américano-Israélien Nir Shaviv et les Danois Henrik Svensmark et Eigil Friis-Christensen, spécialistes du Soleil, sont connus pour leurs travaux - très controversés - liant l’activité solaire et les variations climatiques au XXe siècle. Tous les physiciens solaires ne sont cependant pas sur cette ligne, tant s’en faut.

Ainsi, Thierry Dudok de Wit (Laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace), également "enrôlé", dit ainsi : "L’influence du Soleil sur le climat terrestre est incontestable et est toujours l’objet de nombreux travaux, mais, depuis le XXe siècle, il est clair que les gaz à effet de serre émis par les activités humaines ont une influence dominante. L’influence de la variabilité solaire est largement secondaire, au moins pour ce que nous en savons aujourd’hui."

Quant à Richard Courtney, également mentionné par M. Allègre, il n’est pas climatologue, mais "consultant indépendant en énergie et environnement", à en croire la page qui lui est consacrée sur le site Web du Heartland Institute - un think tank conservateur américain. Celle-ci précise notamment que "ses réussites ont été saluées par l’association pour la gestion des industries minières de Pologne".

Martin Hertzberg n’est pas non plus un "spécialiste climatologue", mais "consultant en science et technologie" - c’est en tout cas ce qu’il indique en préambule d’un article (sans apport de résultats scientifiques) publié récemment dans Energy & Environment.

ETUDES INTROUVABLES

Autre caution supposée prestigieuse de M. Allègre, "Denis Haucourt" : ce nom est absent des bases de données de la littérature scientifique. Ce spécialiste présumé du climat semble ne pas exister, à moins que l’orthographe de son nom ne soit erronée.

De même, interroger l’index de Google Scholar avec le nom d’auteur "Funkel" renvoie à 17 études. Elles portent sur des travaux en dermatologie, en sciences de l’informatique, sur le traitement des appendicites chez des patients atteints de tuberculose... mais aucune ne traite du climat ou même des sciences de la Terre. On cherche aussi en vain les études publiées par un certain "Usoskiev". Elles sont introuvables.

"Solansky" n’existe pas non plus. Mais on reconnaît là Sami Solanki, l’un des plus grands spécialistes mondiaux de physique solaire (Institut Max-Planck de recherche sur le système solaire, Allemagne). Interrogé par Le Monde, M. Solanki réfute avec vigueur les idées qui lui sont attribuées par M. Allègre. "Je ne suis pas opposé aux principales conclusions du GIEC, c’est-à-dire que la Terre s’est globalement réchauffée de 0,8 ° C dans le dernier siècle environ, et qu’une large fraction de cela est due aux gaz à effet de serre émis par l’homme, explique-t-il. En particulier, la forte augmentation de température sur les derniers 40 ans n’est définitivement pas due à la variabilité solaire, mais le plus vraisemblablement, à l’effet dominant des gaz à effet de serre."

Dans la longue liste égrenée par M. Allègre, on trouve aussi Dennis Hartmann, professeur à l’université de Washington. Mais lui aussi réfute son "enrôlement". "Je pense que l’ensemble de preuves présenté par les scientifiques travaillant sur les rapports du GIEC est très convaincant sur le fait que la Terre se réchauffe en conséquence directe des activités humaines, explique-t-il. Et que si nous continuons à augmenter la quantité de CO2 dans l’atmosphère, la Terre continuera à se réchauffer pendant ce siècle."

Egalement sollicité par Le Monde, Gerd Wendler, directeur du Centre de recherche climatique de l’université d’Alaska, autre enlisté de M. Allègre, explique : "Je pense que les changements anthropiques (les gaz à effet de serre et les modifications de paysages) mais aussi les changements naturels détermineront le climat du futur." Et, s’il dément être un opposant farouche au GIEC, M. Wendler ajoute : "Ignorer les changements naturels comme l’a fait le rapport du GIEC est incomplet."

Ailleurs dans son livre, M. Allègre étaye son opinion, très négative, sur les modèles numériques de prévision du climat en convoquant la prestigieuse caution de Carl Wunsch, l’un des plus grands océanographes vivants, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

M. Allègre cite ainsi un extrait d’une allocution récemment donnée par M. Wunsch : "Notre insuffisante connaissance de l’océan met toute prédiction du climat à long ou moyen terme hors du champ de la science." Contacté par Le Monde, M. Wunsch se reconnaît dans cette opinion. Mais il tient à ajouter : "Je pense que les modèles ne sont pas pertinents pour prédire le climat, mais qu’ils montrent de manière plausible les conséquences du réchauffement climatique, c’est-à-dire les risques que nous encourons. Et je trouve que ces risques sont extrêmement inquiétants."

S. Fo.

Le cent-fautes de Claude Allègre

LE MONDE 27.02.10 13h50

Dans son dernier livre, L’Imposture climatique (Plon, 300 p., 19,90 €), un ouvrage d’entretiens avec le journaliste Dominique de Montvalon, le géochimiste et ancien ministre Claude Allègre formule des accusations d’une extrême gravité contre la communauté des sciences du climat.

Claude Allègre Aout 2002

La cible principale de l’ouvrage est le GIEC, défini à tort par l’auteur comme le "Groupement international pour l’étude du climat" - il s’agit en réalité du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

M. Allègre évoque un "système mafieux" ayant conspiré pour faire passer, aux yeux de l’ensemble du monde, un "mythe" pour un fait scientifique. Très médiatisé, l’ouvrage comporte de nombreuses approximations et erreurs factuelles à même de tromper le public. En voici quelques-unes.

P. 22 "Une étude parue dans la revue Science suggère que l’augmentation de la température dans l’hémisphère Nord de 1970 à 2000 est peut-être due à l’élimination des poussières de charbon dans l’atmosphère, ce qui a facilité l’ensoleillement. L’augmentation (des températures) n’aurait donc rien à voir avec le CO2", écrit M. Allègre, citant une étude en effet publiée par Science, en mars 2007. Les deux premières phrases de cette publication démentent l’interprétation qui en est faite par l’ancien ministre. "Des tendances notables au réchauffement sont observées dans l’Arctique. Bien que les émissions humaines de gaz à effet de serre à longue durée de vie en soient certainement la cause principale, les polluants atmosphériques sont aussi importants."

P. 68 "Au total, l’Antarctique ne semble pas fondre. En tout cas, ce n’est pas perceptible." La réduction des glaces de l’Antarctique n’est pas due à une fonte mais au glissement des glaciers dans la mer. Elle est très perceptible. Grâce aux données satellitaires, les travaux d’Isabella Velicogna (université de Californie à Irvine, JPL) ont montré qu’entre 2002 et 2006, l’Antarctique a perdu, en moyenne, 104 milliards de tonnes (Gt) de glace par an. Entre 2006 et 2009, ce taux est passé à 246 Gt par an. Les pertes de glaces du Groenland et de l’Antarctique sont l’une des principales causes de l’augmentation du niveau marin.

P. 68 "Au Moyen Age, lorsque les Vikings ont découvert le Groenland, il y avait encore moins de glace qu’aujourd’hui. C’est pour cela qu’ils l’ont appelé le "pays vert"", écrit M. Allègre. L’étymologie proposée est correcte, mais les raisons avancées sont fausses. La Saga d’Erik Le Rouge, (datée du XIIIe siècle) témoigne qu’"Erik (le Rouge) partit pour coloniser le pays qu’il avait découvert et qu’il appelait le "Pays vert", parce que, disait-il, les gens auraient grande envie de venir dans un pays qui avait un si beau nom".

La période chaude du Moyen Age - au moins sur l’hémisphère Nord - est sans équivoque. Mais l’écrasante majorité des travaux de reconstructions paléoclimatiques suggèrent qu’elle était moins chaude que la période actuelle.

P. 73 A propos de l’influence du réchauffement sur les ouragans, "certains spécialistes comme Wester, Tech ou Kerry Emmanuel pensent" qu’elle est réelle, écrit l’auteur. "Wester" est Peter Webster. Quant à "Tech", ce nom n’existe pas. L’auteur a confondu le nom de l’institution de M. Webster (Georgia Tech, diminutif de Georgia Institute of Technology) avec celui d’une personne.

P. 78 L’auteur fait état de travaux montrant qu’il y a 125 000 ans, il faisait "6 °C de plus qu’aujourd’hui, et le CO2 de l’atmosphère était moins abondant". La référence donnée est celle des travaux de "Sine" et de ses collaborateurs, prétendument publiés dans Science en novembre 2007. Cette publication n’existe pas dans les archives de Science.

P. 94 Claude Allègre s’indigne de ce que les travaux de Jean-Pierre Chalon sur les nuages n’auraient pas été pris en compte par le GIEC. M. Allègre cite ce passage d’un livre de M. Chalon : "Ces processus sont encore assez mal compris. C’est une des difficultés majeures et une des principales sources d’imprécision que rencontrent les tentatives de prévision des évolutions du climat. " "Je m’interroge, poursuit M. Allègre. Pourquoi un tel expert n’a-t-il pas été davantage impliqué dans les processus du GIEC ? (...) Réponse : cela fait partie du "totalitarisme climatique". Emettre des nuances, c’est déjà être un adversaire du "climatiquement correct"."

Voici pourtant ce que l’on peut lire dans le résumé du dernier rapport du GIEC : "Pour l’heure, les rétroactions nuageuses constituent la principale source d’incertitude des estimations de la sensibilité du climat."

P. 109 Claude Allègre produit une figure montrant un lien étroit entre plusieurs courbes : celle donnant l’évolution de la température globale moyenne de la basse atmosphère terrestre au XXe siècle, celle de l’irradiance solaire, et deux autres, donnant les variations du magnétisme terrestre.

Cette figure a certes été publiée en 2005, puis en 2007, dans la revue Earth and Planetary Science Letters (EPSL). Mais elle a été clairement réfutée en décembre 2007, pour des erreurs d’attribution de données.

P. 138 Claude Allègre présente comme très forte l’opposition de la communauté scientifique aux conclusions du GIEC. Il écrit : "L’événement le plus significatif est peut-être le vote qui a eu lieu parmi les spécialistes américains du climat. (...) Le 19 octobre 2009, le Bulletin de la Société météorologique américaine en a rendu publics les résultats. Les voici : 50 % d’entre eux ne croient pas à l’influence de l’homme sur le climat, 27 % en doutent. Seuls 23 % croient aux prédictions du GIEC."

Interrogé, Paul Higgins, un responsable de l’American Meteorological Society, se souvient de cette enquête. A ceci près qu’elle ne concernait nullement les "spécialistes américains du climat", mais les présentateurs météo des chaînes de télévision américaines...

Stéphane Foucart

Climat : l’ONU se penche sur le fonctionnement du GIEC

LEMONDE.FR avec Reuters 26.02.10 20h03

Une commission scientifique indépendante va être nommée pour examiner les travaux et le fonctionnement du Groupe intergouvernemental d’experts sur les changements climatiques (GIEC), dont la qualité des études a récemment été mise en cause, a annoncé l’ONU vendredi.

AFP/STRDEL Dans son rapport 2007, le GIEC annonçait que les glaciers himalayens auraient disparu en 2035, au lieu de 2350

Le GIEC est une organisation créée au sein de l’ONU qui a pour mission d’évaluer les informations scientifiques pour mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine.

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur les changements climatiques se voit notamment reprocher un rapport publié en 2007, qui comportait une prévision selon laquelle les glaciers himalayens auraient disparu en 2035, au lieu de 2350.

Cette erreur, entre autres, a relancé le scepticisme sur la thèse de l’origine humaine du réchauffement climatique. Selon l’ONU toutefois, les quelques bourdes imputables au GIEC ne démentent en rien la véracité de cette conclusion (Lire aussi : "Le patron du GIEC ne s’excusera pas pour les erreurs contenues dans le rapport de 2007").

La commission s’inscrira dans le cadre d’un examen plus large du GIEC, qui sera présenté la semaine prochaine, a indiqué Nick Nuttall, porte-parole du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

"Elle sera composée de sommités scientifiques. Je ne peux pas encore dire de qui il s’agira. Leur rôle sera d’examiner le GIEC et de rédiger un rapport, disons, pour août. Ensuite, il y aura une séance plénière du GIEC en octobre en Corée du Sud. Le rapport y sera présenté pour y être adopté", a-t-il détaillé en marge d’une conférence du PNUE à Nusa Dua, en Indonésie.

Le patron du GIEC ne s’excusera pas pour les erreurs contenues dans le rapport de 2007

LEMONDE.FR avec AFP le 03.02.10 12h34

Dans un entretien publié, mercredi 3 février, par le Guardian, l’Indien Rajendra Pachauri, chef du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), admet que l’erreur sur la fonte des glaciers de l’Himalaya, dans un rapport datant de 2007, avait entaché la crédibilité du groupe.

AFP/PRAKASH MATHEMA L’un des glaciers de l’Himalaya en décembre 2009.

Rajendra Pachauri refuse toutefois de présenter des excuses au nom des experts de l’ONU, qui avaient estimé dans leur quatrième rapport que les glaciers de l’Himalaya reculaient plus vite que les autres et "pourraient disparaître d’ici à 2035, voire avant". "Je pense que cette erreur nous a certainement coûté cher, ça ne fait pas l’ombre d’un doute", déclare M. Pachauri au quotidien britannique.

Ce quatrième rapport d’évaluation, qui lui avait valu le prix Nobel de la paix, en 2007, affirme également que les catastrophes naturelles telles que les inondations des côtes et les ouragans sont liée au réchauffement climatique.

Il rappelle que le GIEC a reconnu il y a une dizaine de jours qu’il s’agissait d’"une regrettable erreur" provenant de "procédures établies qui n’ont pas été correctement suivies".

Le GIEC a toutefois indiqué que la conclusion générale du rapport, qui prédit que la fonte des glaciers de l’Himalaya, des Andes et de l’Hindou Kouch, va s’accélérer au XXIe siècle, est "solide" et "appropriée", et avait réaffirmé que ses conséquences seraient dévastatrices.

Le rapport du GIEC fait autorité dans le monde en matière d’évaluation du réchauffement climatique et de ses impacts. Ses résultats sont visés par des scientifiques et vérifiés par des éditeurs.

Le GIEC est mort, vive le débat !

par Drieu Godefridi LEMONDE.FR 01.02.10 18h32

Bien que docteur en philosophie, et non en sciences exactes, lorsqu’il y a trois ans j’ai commencé à publier des réflexions critiques sur les thèses dominantes en matière de réchauffement climatique, je recevais en moyenne une invitation par quinzaine pour participer à des débats télévisés.

AP/FERNANDO BUSTAMANTE Rajendra Pachauri, président du GIEC, à l’ouverture de la conférence de Valence sur le climat, le 12 novembre 2007.

Alors que je m’étonnais d’être convié étant mon absence de références en sciences exactes – que ne compensaient que très partiellement mes éventuelles compétences dans le domaine de l’épistémologie – il m’était à chaque fois répondu : "On ne trouve personne qui accepte de porter, publiquement, la contradiction aux experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)." !

C’est assez dire le climat de terrorisme intellectuel qui régnait, et des scientifiques de premier plan ont été jusqu’à suggérer de criminaliser la "révisionnisme" en matière climatique, interrogeant sournoisement la pureté des motifs de leurs (rares) contradicteurs, refusant d’envisager – avec cette naïveté politique typique de certains scientifiques – qu’on puisse être à la fois désintéressé, et pas d’accord avec eux.

Deux développements majeurs viennent de porter un coup que l’on espère fatal à cette belle arrogance intellectuelle, mâtinée d’intimidation : d’une part, il est établi que des éléments matériels contredisant le "consensus" prévalant au sein du GIEC ont été sciemment scellés et contrefaits ; d’autre part, et plus fondamentalement, le GIEC, à l’instar de tant de ses devanciers, s’est lourdement trompé au jeu des prévisions, en "anticipant" de deux ou trois siècles la fonte (hypothétique, navré d’avoir à l’ajouter) des glaces de l’Himalaya.

Faut-il pour autant dissoudre le GIEC et jeter sur ses membres le même opprobre dont ils ont couvert les quelques voix scientifiques dissidentes ? Pas de triomphalisme déplacé : ce serait une faute. Les mensonges et manquements du GIEC n’instituent pas en vérité scientifique les thèses divergentes – d’ailleurs multiples.

Ce dont ces révélations successives sont, plus modestement, l’occasion, est de restaurer un débat scientifique ouvert, honnête et digne de ce nom. Il existe, parmi les climato-sceptiques, des personnes également peu recommandables, qui se figurent que l’invective suffit à exclure le rôle de l’homme dans le réchauffement : ne tombons pas d’un excès dans l’autre.

Quoi qu’il en soit, l’arrogance et le surfinancement du GIEC, et le sous-financement corrélatif de ses opposants, doivent être dépassés ; il est temps pour nos scientifiques, même pétris de certitudes climatiques, de retrouver leur esprit afin de renouer un débat sans arrière-pensées politiques, idéologiques et financières.

Accessoirement, trois considérations : le "réchauffisme" aura été la plus grande imposture intellectuelle de la science moderne. Jamais, en effet, autant d’argent et d’énergies, scientifique et médiatique auront été mis au service d’une démarche politique drapée des oripeaux ennoblissants de la science.

Ensuite, pourquoi ? N’oublions pas que la conversion généralisée et mondiale à l’économie de marché est très récente, et souvent peu sincère dans le chef d’anciens sympathisants et tenants des idéologies étatistes. A tous ceux-là, le "réchauffisme" offrait une opportunité, aussi jubilatoire qu’inespérée, de montrer que, tout de même, l’économie de marché n’est pas la solution, qu’elle aboutit à l’épuisement des ressources naturelles (Malthus !), à la destruction de la biosphère, donc ultimement de l’humanité.

Enfin, ne jetons pas le bébé avec l’eau de l’Himalaya : parce que le débat scientifique n’est pas terminé – il va seulement recommencer sur des bases saines –, ensuite parce que la prise de conscience – quant à elle, parfaitement justifiée – de la possible action délétère de l’homme sur son environnement, a généré, au moins dans certaines parties du monde, un ensemble de pratiques plus responsables et respectueuses de l’environnement, auxquelles il serait dommage de renoncer, ne serait-ce que pour des raisons économiques et géostratégiques bien comprises.

Drieu Godefridi est fondateur de l’Institut Hayek, juriste et docteur en philosophie (Paris IV - Sorbonne).


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