AID Association initiatives dionysiennes
Qui voulait en faire des laboratoires d’expérimentation politique et économique ?

LES DOMS BOUGENT ! A QUAND LA METROPOLE ?

Les citoyens prennent-ils les politiques de vitesse ?

dimanche 15 février 2009 par JMT

Moins 20 % sur les prix. Le collectif contre la vie chère l’a clamé haut et fort, hier, en débarquant dans la grande surface de Sainte-Clotilde. Une première action qui pourrait bien faire tache d’huile, comme aux Antilles.

Près des deux tiers des Français pensent que la métropole pourrait connaître un mouvement social semblable à celui qui paralyse la Guadeloupe depuis 25 jours, selon un sondage Ifop à paraître dans le quotidien régional Sud-Ouest dimanche.

Bousculons « en bas » le calendrier attentiste des états-majors syndicaux ! Ca monte pour le « tous ensemble en même temps » en France !

Augmentation de 200 euros des minima sociaux, des retraites, des bas-salaires et des bourses d’étudiant ; gel des loyers dans les logements sociaux ; baisse de 20% des produits de première nécessité ; et baisse de 5 euros de la bouteille de gaz : le collectif de 25 associations a défini quatre propositions qui peuvent rassembler largement les Réunionnais. Un appel à la grève générale est lancé pour le 5 mars, et un appel à l’action pour le 19 mars, le jour où La Réunion fêtera le 63ème anniversaire de l’abolition du statut colonial.

Le collectif entre en action

CLICANOO.COM

Moins 20 % sur les prix. Le collectif contre la vie chère l’a clamé haut et fort, hier, en débarquant dans la grande surface de Sainte-Clotilde. Une première action qui pourrait bien faire tache d’huile, comme aux Antilles.

Première sommation. Le collectif contre la vie chère, formé en milieu de semaine dernière, a fait irruption, hier, dans l’antre de la grande consommation. Les représentants des 25 organisations appartenant à la sphère associative (Agir pour nout tout, Agir contre le chômage…), syndicale (CGTR, FSU, CFDT…), et politique (l’opposition de gauche) ont débarqué dans l’allée centrale du Carrefour de Sainte-Clotilde, vers 15 h, pour dénoncer les prix élevés des produits de première nécessité.

La stupéfaction était nettement visible aux caisses, lorsque la soixantaine de participants est venue perturber le trafic des chariots, toujours plus important le samedi. Belle pagaille. Effet garanti.

Les ménagères s’accrochaient à leur panier, les yeux écarquillés. « 20 % sur les prix », “200 euros pour les caissières », “Di anou la vérité sou lo bann prix », sont autant de slogans scandés - au mégaphone - entre la poissonnerie et le rayon des produits laitiers.

Une action inédite, qui s’est poursuivie jusqu’aux caisses du magasin pour attirer l’attention de la direction. Celle-ci a tardé d’ailleurs à faire son apparition… La sécurité, elle, avait reçu l’ordre de « laisser faire ».

Pendant quelques longues minutes de flottement, les consommateurs qui ne pipaient mot semblaient tout même comprendre la démarche du collectif. « C’est super qu’ils soient entrés dans le magasin, a commenté Prisca, secrétaire de 28 ans. C’est la première fois. »

Guy Grace, salarié de la Semader, semblait comme la plupart, hagard : « Les gens restent passifs à l’extérieur mais à l’intérieur ça bouillonne », assurait-il en tenant fermement son bébé dans ses bras.

Aucun débordement n’a été signalé. Si le collectif s’est mis les clients dans la poche, en revanche sa revendication sur une augmentation des salaires de 200 euros laissait perplexe. « Ça n’arrivera pas, soufflait Emilie toujours active derrière sa caisse. Faut pas rêver ».

“La situation est plus grave qu’aux Antilles »

Le collectif aura sans doute un écho plus favorable en demandant « une baisse immédiate de 5 euros sur la bouteille de gaz, la baisse de 20 % du prix des produits de consommation courante et le gel des loyers sociaux à minima pour cette année ».

Du point de vue des organisateurs l’action a été un succès. « On procédera par étape, indiquait Marie-Hélène Dor de la FSU. Il faut que la population suive ».

Pour Didier Bourse, représentant d’Attac, « Les dispositions pour lutter contre la crise n’ont rien à voir avec les attentes de la population ». Selon lui, il est temps de « taxer les flux financiers et de nationaliser une partie des banques … pour repenser la redistribution des richesses ».

Pour Eric Delorme, du PSR, « la situation est plus grave à La Réunion qu’aux Antilles, car le chômage y est plus important et plus de 50 % de la population vit avec les minima sociaux ». Pour autant, selon lui, l’histoire locale empêche d’envisager un mouvement similaire.

Ivan Hoareau, pilier CGTR du mouvement, veut « inscrire ce type d’action dans la durée et aller crescendo ». “Les salariés ont déjà fait des efforts de puis des années, grogne-t-il. Il faut que les patrons mettent la main à la poche ».

Le patron de Carrefour, justement, s’est finalement présenté, apparemment décontracté, les mains dans les poches, devant le collectif en colère. « Je ne peux pas engager la grande distribution réunionnaise, leur a répondu Amaury de Lavigne à propos de la formation des prix. Je ne peux pas vous répondre sur les marges. Et vous avez bien vu que la charte a fait baisser les prix ». Dialogue de sourds. Le collectif réfléchit aux suites à donner à cette première action. Il a appelé à la grève générale, le 5 mars.

Yoann Guilloux

63 % de Français n’excluent pas une extension en métropole

Près des deux tiers des Français pensent que la métropole pourrait connaître un mouvement social semblable à celui qui paralyse la Guadeloupe depuis 25 jours, selon un sondage Ifop à paraître dans le quotidien régional Sud-Ouest dimanche.

63 % des personnes interrogées disent penser qu’un tel mouvement pourrait « se développer en métropole », dont 25 % le pensent « certainement » et 38 % « probablement ». 36 % des sondés ne croient pas à une extension en métropole, dont 23 % « probablement pas » et 13 % « certainement pas ». 1 % ne se prononce pas.

L’Ifop rappelle les résultats d’une enquête similaire réalisée en décembre sur une possible contagion en France du mouvement d’émeutes en Grèce, après la mort d’un jeune tué par la police. A l’époque, 72 % des sondés disaient penser qu’un mouvement similaire pourrait s’étendre en France pour 27 % qui n’y croyaient pas.

Autorité de la Concurrence : des « recommandations avant l’été »

L’Autorité de la concurrence va établir « avant l’été » métropolitain un état des lieux et des « propositions » sur les prix dans les départements d’outre-mer, notamment sur les carburants et produits de grande consommation, a annoncé hier son président Bruno Lasserre, à la sortie d’un entretien avec Yves Jégo.

« Il faut regarder pourquoi les prix sont très différents en métropole et outre-mer. Il y aura un relevé des prix pour faire un constat, mais le plus important c’est le pourquoi, ce qui suppose de regarder toute la chaîne, l’importation, le dépôt, le stockage, la distribution et de voir à chaque étape de la chaîne si elle fonctionne de manière suffisamment concurrentielle », a déclaré le président de l’Autorité de la concurrence.

« Si l’organisation de l’économie insulaire outre-mer n’est pas conforme au droit français, nous irons à des sanctions », a ajouté pour sa part Yves Jégo. Celui-ci a également reçu le Haut-commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch et confirmé que le RSA toucherait « tous les départements » ultramarins », y compris Mayotte lorsque l’île sera dotée de ce statut. « Nous travaillons pour qu’il puisse être mis en place dès cette année ».

Solidarité avec les travailleurs des DOM-TOM et les universitaires en lutte !

15 février 2009

Le 29 janvier de luttes a été un succès retentissant, les universitaires se battent contre la loi Pécresse, les travailleurs Martiniquais et guadeloupéens tiennent tête au pouvoir Sarko-MEDEF, ceux de la Réunion vont entre en lutte le 5 mars ; le pouvoir sarkoziste, divisé, est aux abois.

Alors, pourquoi, entre 2 mots d’ordre de grèves et manifestations, laisser le temps au pouvoir de reprendre son souffle pour mieux ruser ; la balle est dans le camp des états majors syndicaux ! Assez de tergiversations, messieurs Chérèque et Thibault ! Une solidarité immédiate doit s’exprimer avec les travailleurs des Territoires d’Outre- mer et avec les universitaires. Une course de vitesse est engagée entre les travailleurs et le pouvoir sarko MEDEF.

Afin de peser positivement sur les entretiens Sarkozy- syndicats du 18 février, le PRCF appelle à organiser des actions diverses (délégations aux élus, déclarations, communiqués de presse…)

Afin de ne pas laisser un seul instant de répit au pouvoir, le PRCF fait la proposition que le 19 mars soit avancé au 5 mars, date de l’entrée en lutte générale des travailleurs de l’ile de la Réunion.

Merci de diffuser et fraternel salut

le secrétariat administratif du PRCF

Solidarité avec les travailleurs des DOM-TOM et les universitaires en lutte !

Bousculons « en bas » le calendrier attentiste des états-majors syndicaux ! Ca monte pour le « tous ensemble en même temps » en France !

Pour l’emploi dans le privé et le public, pour abroger les directives européennes de casse et les contre-réformes de Sarko-MEDEF, pour augmenter les salaires, sauver les services publics et les acquis, construisons un immense mouvement d’ensemble !

L’euro-course au profit capitaliste bloque la France, préparons-nous à bloquer l’exploitation capitaliste dans tout le pays comme le font nos compatriotes d’outre-mer !

Faisons du 18 février (date du rendez-vous des états-majors syndicaux avec Sarko-MEDEF) une journée de mobilisation inter-pro « en bas » !

Exigeons que le mouvement inter-pro programmé pour le 19 mars soit avancé au 5 mars, date du début de la grève générale à la Réunion !

Provoqué par la crise mondiale du capitalisme, favorisé par l’Union européenne, son « économie de marché ouverte sur le monde » (article 6 du traité de Maastricht), son austérité salariale liée à l’euro et son interdiction de toute politique industrielle nationale, amplifié par la « rupture » anti-sociale de Sarko-MEDEF, un énorme tsunami économique et social menace notre pays et, en première ligne, les jeunes et le monde du travail :

pluie de suppressions d’emplois et de licenciements dans l’automobile et les banques malgré l’argent public que Sarko distribue à tout-va au gros patronat,

licenciements chez Michelin, PSA, Faurécia, mais aussi à Air-France, fermeture en cascade de PME sous-traitantes,

casse de l’Education nationale, du CNRS et de l’Université, privatisation rampante de la poste, des Caisses d’épargne, de la SNCF, nouvelle centrale nucléaire concédée à Suez,

blocage des salaires, réduction des remboursements Sécu, des indemnités chômage et mise à mort des services publics bon marché et de l’hôpital public (plan Bachelot) ;

travail du dimanche, retraite à 65/70 ans ;

euro-casse de la petite agriculture, du commerce de proximité et de la pêche artisanale par l’Europe et par la « LMS » (loi dite de « modernisation sociale »)…

étranglement du droit de faire grève, de la liberté d’expression (« délit d’outrage »), mainmise de Sarkozy sur la presse, les médias, la justice, le parlement…

… Où cela s’arrêtera-t-il si nous, ouvriers, cheminots, employés, enseignants, étudiants, ingénieurs et cadres moyens, mais aussi artisans, petits paysans, ne passons pas tous ensemble à la contre-attaque pour défendre nos acquis et notre pays, celui de 1789, de la Commune de Paris, de 1936, de 45 et de 68 ? Un pays que l’UE du capital, Sarko-MEDEF et la fausse gauche (Lamy et Strauss-Kahn (PS) dirigent l’OMC-organisation capitaliste du commerce- et le FMI-fonds monétaire capitaliste ! ) sont en train de liquider !

Encore plus scandaleux : Total annonce d’énormes profits pour 2009 et des dividendes colossaux seront versés aux gros actionnaires du CAC en prenant sur l’argent public. « Marie-Antoinette » Parisot ose même revendiquer plus pour les riches (Sarko vient d’abolir la taxe professionnelle !), alors que le grand patronat français délocalise et refuse de PRODUIRE EN FRANCE (le déficit du commerce extérieur français bat des records en 2008 !).

Pourtant, depuis 2003 où Thibault, soucieux de complaire au jaunissant Chérèque et à la Confédération européenne des syndicats (CES), a renié la CGT de lutte en déclarant « la CGT n’a pas vocation à bloquer le pays », les luttes n’ont pas suffi pour stopper l’offensive contre la France du travail.

La cause n’en est pas la « force » des gouvernements maastrichtiens, qui ont perdu la lutte du CPE et le référendum européen de 2005, mais le défaitisme des états-majors syndicaux qui « accompagnent » les régressions, pendant que la « gauche » politique officielle, du PS au NPA en passant par le PCF-Buffet et LO, rabat les citoyens vers la mensongère « Europe sociale ».

Le PRCF considère donc que l’heure est venue d’une large contre-attaque de la classe ouvrière, de la jeunesse et de l’ensemble du monde du travail.

La reculade de Darcos devant le mouvement lycéen, l’immense succès du 29 janvier (2,6 millions de manifestants, 8 millions de grévistes), la grève illimitée à l’université contre la casse du statut et des concours de l’enseignement, le mouvement de GREVE GENERALE et de BLOCAGE dans les DOM (des routes, des stations services tenues par les « békés » descendants des colons) montrent le chemin. La poudre sociale qui peut faire sauter la Bastille sarko-euro-capitaliste est là. L’étincelle est là.

Entre les deux, faisant faux contact, n’organisant même pas un meeting inter-pro de solidarité avec les facs et avec les DOM, refusant l’action en bas pour peser sur Sarko le 18 février, les états-majors syndicaux restent bras ballants car leur politique d’accompagnement des contre-réformes européenne est prise à contre-pied par la remontée du combat de classe !

C’est inadmissible, alors que la population des Antilles est menacée d’isolement et de répression. C’est intolérable alors que la victoire sur Pécresse[1] à portée de main des universitaires, ouvrirait une brèche pour les revendications de tous les travailleurs !

C’est pourquoi le PRCF propose partout aux travailleurs, et d’abord aux militants CGT et FSU qui gardent au cœur le syndicalisme de lutte, de multiplier les actions de solidarité inter-pro avec les DOM-TOM et avec l’université en lutte.

Le PRCF soutient également l’appel du Front syndical de classe à faire du 18 février un jour de mobilisation en bas, pour ne pas laisser Sarko-Chérèque nous embobiner avec des mesurettes dont le seul but sera de casser la puissance du 19 mars.

Surtout, il faut que monte de partout l’exigence que le prochain rendez-vous interpro, situé le 19 mars de manière à laisser s’épuiser les universités et les DOM, soit AVANCE AU 5 MARS, 1ère journée de la grève générale et du blocage de la Réunion.

Allons-y partout, avec des mots d’ordre clairs et fédérateurs :

pour une augmentation générale des salaires, notamment le SMIC à 1600 € net, avec augmentation générale des petits et moyens salaires (en Guadeloupe on réclame 200 € pour tous, en Martinique 400) ; pour cela il faut prendre sur les scandaleux profits capitalistes du CAC 40 et traiter différemment au niveau des charges le CAC et les TPME ; paiement total des salaires des ouvriers en chômage technique en interdisant le versement de dividendes et en supprimant les stock-options aux PDG incapables et arrogants ;

pour l’interdiction des licenciements, délocalisations, privatisations et suppressions d’emploi (privé/public), la nationalisation-expropriation (pas un sou d’indemnités aux gros actionnaires) des entreprises qui licencient après avoir touché de l’argent public ;

refus de la France d’appliquer les directives antisociales de la Commission de Bruxelles et de la Banque de Francfort imposant de bloquer les salaires et de réduire les dépenses sociales pour sauver l’euro-mark en perdition ; notre pays doit reconquérir sa souveraineté monétaire, budgétaire, économique et industrielle ; un futur gouvernement populaire doit pouvoir nationaliser et gérer démocratiquement un large secteur public, ré-industrialiser son économie et l’arracher des mains du capital spéculatif ; dès aujourd’hui exigeons que la France refuse de payer les « amendes » infligées à la France par l’euro-dictature avec la complicité de Sarko ;

annulation et retrait des contre-réformes de Sarko-Barroso-Parisot : sauvons et développons l’Educ’, la Sécu, les retraites, la poste, EdF-GdF ; exigeons l’annulation des lois vichyssoises criminalisant les ouvriers immigrés, bridant la grève et déshonorant notre pays, celui des Lumières, pour en faire un Etat-policier ;

Pour reconstruire la perspective politique et ne pas laisser le PS pro-Maastricht et ses satellites électoraux (Verts et PC-Buffet) s’approprier les luttes et dévoyer l’alternance comme l’ont fait Jospin-Voynet-Gayssot en 95/2007, le PRCF appelle les forces franchement communistes, progressistes et anti-Maastricht à construire un Front Républicain, Antifasciste, Patriotique, Progressiste et Populaire (FRAPPP !) pour :

- chasser Sarko-MEDEF, refuser tous les euro-diktats,

- sortir la France du broyeur de l’UE,

- sortir de l’OTAN et rapatrier toutes les troupes françaises agissant à l’étranger pour le compte de l’impérialisme (Afghanistan, mais aussi « Françafrique »),

- reconstruire une économie nationale productive,

- reconstituer le pouvoir d’achat populaire et les services publics,

- mettre en place de nouveaux traités internationaux progressistes,

- promouvoir l’Europe des luttes non pour « améliorer » l’UE, mais pour jeter bas l’euro-dictature,

- promouvoir la souveraineté nationale et populaire, substituer à l’euro-mondialisation sauvage en crise la coopération internationale entre peuples libres, quitte à rompre pour cela avec la domination du grand capital et à rouvrir la marche au véritable socialisme dans notre pays.

La grève se propage à la Réunion

Publié le samedi 14 février 2009 par Rédaction CNCU

Un collectif a appelé à la grève générale sur l’île le 5 mars prochain. Il revendique notamment une hausse des salaires. Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion a appelé jeudi à une journée de grève générale et de manifestation le 5 mars. Le Collectif a arrêté une liste de quatre « mesures immédiates » pour lesquelles il compte « mobiliser la population », notamment une hausse de 200 euros nets des salaires, a indiqué à l’AFP l’un de ses porte-parole.

Collectif de 25 organisations

Composé de 25 organisations (contre 13 lors de sa constitution mardi), le Collectif rassemble les principaux syndicats de l’île (CGTR, CFDT,CFTC, FO, FSU, UNSA), les partis de gauche (PCR, PS, NPA, LO, Parti de gauche) ainsi que des associations (dont ATTAC et Agir contre le chômage).

Sa première revendication porte sur « une augmentation de 200 euros nets sur les salaires, les minimas sociaux, les retraites et les bourses étudiantes ». Il réclame également une « baisse de 20% des produits de consommation courante », un « gel des loyers sociaux » et, enfin, une « baisse de 5 euros sur la bouteille de gaz ».

Créer un rapport de force avec le gouvernement

Avec 750.000 habitants, la Réunion est le plus peuplé des quatre départements d’outre-mer. « Dans un premier temps, notre préoccupation sera de mobiliser la population sur ces revendications » a déclaré un porte-parole du Collectif, Eric Sorret, qui a qualifié de « véritable succès » la constitution de cette plate-forme. « Ce qui nous fédère c’est notre opposition à la politique actuelle du gouvernement. Nous allons créer un rapport de forces » a-t-il ajouté.

Le collectif va se réunir à nouveau dimanche pour « arrêter d’autres revendications sur les questions de l’emploi, du logement, des services publics et de l’agriculture » a-t-il dit. Il compte demander « rapidement » une audience au préfet et va rencontrer les parlementaires insulaires pour tenter de faire modifier le contenu du projet de loi-programme du secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo.

Jégo inflexible

L’annonce du collectif réunionnais intervient alors que la Guadeloupe et la Martinique connaissent une grève générale contre "la vie chère" qui paralyse l’activité de ces deux îles. De son côté, Yves Jégo reste fidèle à sa ligne. Jeudi, il a exclu l’organisation d’un « Grenelle de l’Outre-mer ». « On peut aligner des millions et des milliards et les gens ne voient pas leur vie changer. Je crois qu’il faut apporter des réponses beaucoup plus pragmatiques », a-t-il expliqué. Pas sûr que cela ne suffise à calmer les inquiétudes.

Quatre propositions réunionnaises pour faire face à l’urgence sociale

Témoignages - samedi 14 février 2009 - Manuel MARCHAL

Collectif de 25 organisations : appel à la grève et à la manifestation le 5 mars

Augmentation de 200 euros des minima sociaux, des retraites, des bas-salaires et des bourses d’étudiant ; gel des loyers dans les logements sociaux ; baisse de 20% des produits de première nécessité ; et baisse de 5 euros de la bouteille de gaz : le collectif de 25 associations a défini quatre propositions qui peuvent rassembler largement les Réunionnais. Un appel à la grève générale est lancé pour le 5 mars, et un appel à l’action pour le 19 mars, le jour où La Réunion fêtera le 63ème anniversaire de l’abolition du statut colonial.

Le collectif s’est déjà entendu sur des revendications. (Photo Imaz Press Réunion)

52% de Réunionnais sous le seuil de pauvreté, 25% de travailleurs privés d’emplois, 30.000 demandeurs de logement social, un coût de la vie bien plus élevé qu’en France, plus de 100.000 illettrés : la situation de La Réunion est très difficile. Pour sortir de cette situation, des mesures importantes doivent permettre des avancées sur le long terme afin de développer le pays.

Mais il est nécessaire de prendre des mesures immédiates pour faire face à la crise. Le collectif de 25 associations, syndicats et partis politiques a donc fait des propositions pour rassembler, et a établi un plan d’action pour les concrétiser. Jeudi soir, après plusieurs heures de négociations au siège de la CGTR, les 25 organisations ont abouti à un accord sur quatre propositions capables de rassembler largement les Réunionnais.

« Un plan d’action unitaire »

Tout d’abord, un « relèvement immédiat de 200€ net des bas salaires, des retraites, des minima sociaux et des bourses d’étudiants afin de relancer le pouvoir d’achat ». Le collectif revendique la « baisse de 5€ immédiat sur le gaz », ainsi que la « baisse de 20% sur les produits de consommation courante », et le « gel des loyers dans le logement social à minima sur 2009 ». Pour concrétiser ses quatre propositions, le collectif a mis en place « un plan d’action unitaire afin de construire un rapport de force pour faire entendre ses revendications ».

Ses membres vont interpeller les responsables de la grande distribution sur la question des prix. Ils vont également demander audience au préfet, aux parlementaires réunionnais, et aux deux membres de la mission parlementaire du PS venus de Paris.

La principale action à l’ordre du jour est un appel à la grève et à la manifestation pour le 5 mars prochain. La rencontre de jeudi a également débouché sur la solidarité et le soutien du collectif aux étudiants et aux enseignants-chercheurs de l’université de La Réunion en lutte.

10 mars : le débat au Parlement

À côté de ces actions, le collectif va poursuivre son travail ce dimanche pour arriver à des propositions sur les question des revenus, du pouvoir d’achat, des prix, de l’emploi, du logement, des services publics et de l’agriculture.

À plus long terme, le collectif annonce sa participation à la journée d’action nationale prévue le 19 mars prochain, c’est à dire le jour de la commémoration de l’abolition du statut colonial à La Réunion.

Le collectif va donc continuer à travailler sur le contenu, tout en militant pour l’élargissement du rassemblement autour des propositions destinées à faire face à l’urgence sociale.

Cette mobilisation se déroule dans un contexte particulier : une fenêtre de tir est possible. En effet, mardi dernier, le Premier ministre a affirmé que le débat sur la loi pour le développement économique de l’Outre-mer allait commencer le 10 mars.

Il reste donc moins de quatre semaines pour créer un rapport de forces suffisant afin que les propositions réunionnaises puissent être intégrées dans le texte qui doit être voté à Paris.

Manuel Marchal

Les signataires de l’appel à l’action le 5 mars

Les syndicats : CGTR, UIR-CFDT, UNSA, CFTC, SOLIDAIRES, FSU, FO santé, SAFPTR, SAIPER

Les associations : AC chômage, Agir Pou Nout Tout, Ligue des droits de l’Homme, Union des Femmes Réunionnaises, Confédération National du Logement, Coordination des Parents et Educateurs, ATTAC

Les partis politiques : Parti Communiste Réunionnais, Parti Socialiste, Parti Socialiste Réunionnais, Alliance, Les verts, Parti de Gauche, Lutte Ouvrière, Nouveau Parti Anticapitaliste Réunionnais.

"La société civile bouscule la classe politique"

LE MONDE Pointe-à-Pitre Envoyée spéciale14.02.09 21h06

Julien Mérion, politologue, est professeur à l’université des Antilles-Guyane. Pour lui, la crise en Guadeloupe illustre un réveil historique, identitaire, de la société civile.

>Comment analysez-vous la situation que vit la Guadeloupe depuis plusieurs semaines ?

C’est une crise profonde, à la fois sociale et intime. Si elle a pris cette ampleur, c’est qu’elle est porteuse de revendications qui s’appuient sur une réelle légitimité. Dans le collectif Liyannaj kont pwofitasyon (LKP), se sont unis ceux qui ne l’avaient jamais été, sur un terrain social et identitaire et, je dirais, surtout identitaire. Les organisations syndicales n’avaient jamais réussi l’unité entre elles. La grande nouveauté, c’est aussi le lien entre le mouvement syndical et les mouvements culturels. Enfin, l’irruption de la jeunesse, très présente, ancre encore davantage cette action collective dans la société réelle.

Jamais on a connu une telle convergence, même en 1985 lors de l’affaire Faisan, lorsqu’une grande partie de la Guadeloupe s’était mobilisée en faveur de cet instituteur en grève de la faim. C’était la mouvance indépendantiste qui avait porté ce mouvement, alors qu’il est aujourd’hui beaucoup plus large. Il est vraiment populaire dans son essence. Contre un processus de dépossession, qui dure depuis des lustres, on assiste à une volonté de réappropriation. C’est ce réveil de la société civile qui bouscule l’échiquier politique.

Que pensez-vous de la réaction de la classe politique ?

On vivait depuis cinquante ans sous le paternalisme gaulliste. Nicolas Sarkozy n’est pas du tout dans cette démarche. Il est là pour appliquer une logique libérale, sans se soucier ni du haut ni du bas de la société. L’Etat providence est en train de s’écrouler sous nos yeux et la situation prend de revers la classe politique locale.

Celle-ci paraît un peu perdue face à la situation...

Elle n’a pas su anticiper la crise et elle n’a pas mesuré, dans ses premières déclarations, l’ampleur et la profondeur du mouvement.

Elle vit la crise avec trois temps de retard : le premier, c’est le retard social. Les revendications qui ont été formulées n’avaient pas été prises en compte dans les orientations politiques et les budgets récemment définis.

Le deuxième, c’est un retard sur l’identité. Il apparaît évident que depuis une quinzaine d’années, l’émergence identitaire constitue l’une des clés de compréhension de cette société. Elle se substitue dans une large mesure au mouvement indépendantiste. C’est ce que la classe politique locale n’a pas été capable de porter.

Le troisième temps de retard, c’est celui de la responsabilité politique qui lui est propre. Depuis le référendum du 7 décembre 2003 sur l’évolution institutionnelle, on avait enterré le débat sur l’évolution du statut et sur la question de la responsabilité politique locale. Or les récents événements démontrent à merveille que l’un des points-clés de cette crise est le problème de la domiciliation de la décision politique.

Cette classe politique locale, gauche et droite confondues, a du mal à rétablir son équilibre. Elle est déstabilisée par rapport à cette forte poussée qui vient du bas. Mais une chose est certaine : rien ne sera plus jamais comme avant.

Propos recueillis par Béatrice Gurrey

Soutien aux travailleurs de Guadeloupe, Martinique, Guyane et de la Réunion.

vendredi 13 Février 2009

Depuis plus de trois semaines, les travailleurs de Guadeloupe sont en grève générale unitaire et illimitée. Depuis, la grève générale s’étend à la Martinique, à la Guyane et à la Réunion. Ils se battent contre la vie chère, les bas salaires, les licenciements et le chômage, pour leur dignité.

Leur combat est le nôtre, il est exemplaire.

Après le succès des grandes mobilisations du 29 janvier et avant celle du 19 mars, nous devons apporter toute notre solidarité aux Guadeloupéens, Martiniquais ; Guyanais et Réunionnais qui proclament avec la même force que ce n’est pas au peuple de payer la crise !

Le combat des salariés de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre.

Tous ensemble, Solidarité !

Toutes et tous Lundi 16 février dans la rue à 18h Place de Clichy

Appel signé par : Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires, Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU), La Fédération, Les Alternatifs, Lutte Ouvrière (LO), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG)

Communiqué commun des partis et organisations de gauche réunies à Paris le 3 février

Communiqué du 3 Février

Les partis et organisations de gauche réunies mardi 3 février à Paris se félicitent de l’ampleur du succès de la mobilisation sociale du 29 janvier.

L’importance des grèves et des manifestations qui ont marqué cette journée témoigne d’un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon, marque une colère légitime face aux vagues actuelles de licenciements et de suppressions d’emplois, dans le privé comme dans le public, confirme l’exigence d’un « bouclier social » à l’opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l’emploi et des salaires à l’opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie des milliards aux banques et aux grandes groupes.

Le message de la journée du 29 janvier est clair. Ce n’est pas au monde du travail, à la population de payer la crise. Contrairement à ce que vient d’affirmer le Premier ministre, la journée du 29 janvier porte clairement la demande d’un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l’emploi, des services publics. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne peuvent se dérober à ces exigences et ignorer les grands axes avancés dans la plate-forme syndicale unitaire.

Plus largement, un très grand débat public est nécessaire dans le pays sur les mesures alternatives aux choix politiques actuels qui permettront de s’attaquer réellement et efficacement aux racines de cette crise et d ?imposer une autre répartition des richesses et un autre type de développement.

Les organisations réunies apportent leur soutien aux mobilisations qui se développent ces jours ci dans l’éducation, dans l’enseignement supérieur et la recherche où le gouvernement doit revenir sur la loi Pécresse et ses décrets d’application, dans les hôpitaux et la santé, où l’inscription à l’ordre du jour du Parlement le 10 février prochain du projet de loi Bachelot doit être annulée. Parce que ces textes représentent des attaques inacceptables contre les services publics, elles appellent à prendre et à soutenir dans les jours qui viennent les initiatives nécessaires pour les combattre.

Elles s’alarment dans ce contexte des atteintes répétées aux libertés publiques et syndicales, qui en cherchant à intimider les mouvements de contestation, conduisent à une inquiétante dérive autoritaire du pouvoir qu’elles ne peuvent accepter.

Enfin, elles tiennent à apporter leur soutien à l’imposant mouvement social qui mobilise depuis plusieurs semaines la Guadeloupe, et demandent au gouvernement d’engager au plus vite de réelles négociations sur les revendications exprimées, notamment sur la question du pouvoir d’achat.

Les organisations réunies ont convenu de se revoir après l’intervention télévisée présidentielle du 5 février et la réunion des organisations syndicales prévue le 9 février pour décider de la suite de leur démarche commune en appui du mouvement social.

Signataires :

Les Alternatifs, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Lutte Ouvrière, le MRC, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo

SITES

Guadeloupe : collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon

Martinique : confédération générale du travail de la Martinique

Guyane : site de l’Union des Travailleurs Guyanais


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