AID Association initiatives dionysiennes
Quel est le paysage économique ?

Vivre la crise

Comment s’en sortir ?

mardi 21 octobre 2008 par JMT

Alors que l’offre de prêts immobiliers fléchit, les ventes ont beaucoup baissé , les impôts locaux vont monter car les collectivités locales supportent des charges d’emprunt importantes avec des recettes menacées par la crise économique.

Mais l’injection de 10,5 milliards d’euros dans les 6 plus grandes banques françaises devrait relancer quelque peu la machine

Heureusement pour certains qu’il y a "Ma Tante", le crédit municipal sur gages qui permet de passer des caps difficiels de trésorerie. Pour ceux qui n’ont rien à gager mais un emploi, des petits prets relais voire un refinancement d’emprunts trop chers sont possibles à Paris, ville qui a souvent ouvert de nouvelles voies.

C’est certes plus facile mais encoire faut-il avoir le courage de faire campagne municipale en annonçant des hausses d’impôts et de le faire ensuite. Bravo Bertrand Delanoe, on aimerait plus d’hommes politiques capable de dire "Un peu plus de taxe foncière, ce n’est pas dramatique (...) J’assume, y compris en période de crise, que ceux qui en ont les moyens doivent apporter leur contribution" ou encore "Je suis contre cette philosophie politique démagogique de ceux qui disent ’pas d’impôts’. Ce qui arrive même aux socialistes, y compris quand ils sont au pouvoir"

Heureusement qu’il nous reste aussi des services publics pas encore complètement privatisés pour ceux qui ne peuvent pas payer de prestations privées.

Même les sénateurs l’ont compris. Il sont envoyé bouler Christine Boutin et son funeste projet de vider la loi SRU de ses derniers effets de solidarité.

La distribution de crédits immobiliers s’effondre, les taux montent

AFP - mardi 21 octobre 2008, 12h44

La distribution de crédits immobiliers s’est effondrée à un niveau jamais observé en France, en particulier lors de la précédente crise du début des années 90, et les taux d’intérêt dépassent désormais 5%.

Le marché des crédits immobiliers a fortement reculé, de 26,3% en valeur, au troisième trimestre 2008 par rapport au trimestre correspondant de 2007, selon une étude de l’Observatoire Crédit Logement/CSA publiée mardi.

Pour les 9 premiers mois de 2008, la production de crédits immobiliers aux particuliers marque un recul de 16,4%, en volume de prêts, par rapport aux trois premiers trimestres de 2007, indique cette étude.

"Le troisième trimestre marque une formidable accélération de la dégradation des crédits accordés car le recul avait été de 11% au premier semestre", déclare Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université de Paris X-Nanterre et auteur de l’étude.

Principal accusé : la restriction de l’offre de prêts de la part des banques, victimes de la crise financière mondiale.

De plus la hausse du taux moyen des crédits immobiliers se poursuit à un rythme mensuel moyen de l’ordre de 0,1% pour s’établir, à la fin du troisième trimestre, à 5,04%.

Au troisième trimestre, 55,3% des prêts (70,3% en septembre) étaient à un taux supérieur à 5,00% contre seulement 0,1% en 2006. Les taux sont donc revenus à leur niveau du début 2002, souligne l’étude.

Conséquence principale : les ventes de logements neufs continuent de chuter très fortement.

"La baisse des ventes au troisième trimestre devrait être comprise entre -40% et -55% par rapport au trimestre correspondant de 2007", indique à l’AFP Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC).

Le nombre de mises en chantier de logements devrait donc se situer cette année aux alentours de 360.000 (435.000 en 2007) alors que le président Sarkozy s’est fixé un objectif de 500.000 par an, niveau jugé nécessaire par les experts pour répondre aux besoins.

Selon M. Mouillart, "le quatrième trimestre a très mal commencé avec une accélération de la baisse des crédits depuis la crise financière de mi-septembre".

Pour l’ensemble de l’année 2008, M. Mouillart prévoit "une baisse de 20% à 22% des crédits en valeur", une diminution jamais vue depuis le début des statistiques sur ce sujet en 1974, même pendant la grave crise immobilière du début des années 90.

La France devrait aussi connaître en 2008 une diminution de 140.000 transactions dans l’ancien par rapport au total de 700.000 en 2007, estime M. Mouillart.

"Tous les conseils généraux vont être ébranlés par les conséquences financières de la baisse des transactions dans l’ancien avec une forte diminution des droits de mutation", souligne M. Mouillart.

Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a confirmé lundi une hausse des taux des impôts locaux de 9% en 2009 dans la capitale, qui est aussi un département, et a annoncé la création d’une taxe foncière départementale de 3%.

La hausse des impôts, après sept années de stabilité, compensera la baisse du rendement des droits de mutation sur les transactions immobilières, chiffrée à 100 millions d’euros en 2008 et 150 millions d’euros en 2009 par M. Delanoë.

Le président du groupe UMP Jean-François Lamour a reproché au maire de ne pas avoir "anticipé" la diminution de la "manne" des droits de mutation, (940 millions d’euros en 2007 contre 484 millions en 2001). En 2008, 847 millions seulement ont été inscrits dans le budget de la ville.

Caisse d’Epargne : les syndicats espèrent un sauvetage de la banque de proximité

AFP - mardi 21 octobre 2008, 12h21

Les syndicats de la Caisse d’Epargne soulignent qu’ils avaient dénoncé dès 2006 les "dérives spéculatives" de l’établissement et craignent que les suppressions d’emplois programmées n’affaiblissent encore l’Ecureuil, mais cette fois sur son fonds de commerce, la banque de proximité.

En janvier, peu après l’aggravation des difficultés financières de sa filiale Natixis, l’Ecureuil avait annoncé aux syndicats la suppression de 4.500 postes d’ici 2012, soit près de 12% des 41 à 42.000 salariés, et la fermeture d’un millier d’agences, un choix contesté par les élus du personnel.

"Ce chiffre de mille agences n’a été ni justifié, ni expliqué, ni confirmé", s’interroge, Claude Bertrand, élu CFDT au comité de groupe de l’Ecureuil.

"Qu’il faille regrouper des agences pour mieux servir la clientèle des PME, pourquoi pas. Mais fermer mille agences c’est rayer toute présence bancaire dans des quartiers où nous sommes les seuls, avec la Poste", observe le syndicaliste.

Selon lui, il est encore trop tôt pour savoir si l’arrivée d’une nouvelle équipe de direction va modifier la donne. "Le nouveau président du directoire, Bernard Comolet, est un professionnel, un banquier fiable et reconnu", observe Serge Flage, expert-comptable pour le compte du comité d’entreprise.

M. Flage rappelle qu’un de ses rapports avait attiré l’attention dès 1999 sur la nomination des directeurs de caisses régionales sur proposition du directoire de la Caisse nationale, un système qualifié de "quasi-soviétique" par Bruno Aguirre, secrétaire général Force Ouvrière.

"Les élus du personnel n’ont cessé de freiner la prise de risque dans la banque d’affaires, rappelle M. Aguirre, en égrenant les nombreux tracts diffusés par FO au moment des diversifications les plus contestées, pour la plupart rédigés avec un gros effort de pédagogie.

Entre l’automne 2006 et le printemps 2007, l’Ecureuil était devenu actionnaire à environ 35% de la banque d’affaires Natixis et du promoteur immobilier Nexity, dont les valeurs boursières ont depuis fondu de plus de 85%.

Un autre tract, de l’UNSA, premier syndicat de l’Ecureuil, menaçait même de "faire intervenir les inspections du travail" lors de l’entrée en Bourse de Natixis en novembre 2006, à laquelle ont souscrit 2,8 millions de français, dont 1,5 million dans les réseaux de l’Ecureuil et des Banques populaires.

"De partout, les équipes commerciales sont informées "d’objectifs" démentiels de ventes d’actions Natixis par agent. Le tout accompagné d’un arsenal spécifique de contraintes : congés interdits voire annulés, travail en nocturne, le week-end, formations supprimées, personnel des services en renfort d’agences", s’insurgeait le tract.

La CGT avait pour sa part diffusé à 30.000 exemplaires un document de 4 pages consacré à la création de Natixis et titré "un formidable outil de détournement de fonds", illustré par un gigantesque organigramme du groupe.

"Les cadres de la banque lisent en général peu les tracts mais celui-ci avait eu du succès. Le problème est que ce succès n’a débouché sur rien. En fait, les syndicats peuvent dire tout ce qu’ils veulent, ils n’ont aucun pouvoir", déplore Jean-Paul Krief, le délégué CGT central.

A la CFDT, Claude Bertrand, se souvient lui d’avoir été écouté par les politiques, à qui l’intersyndicale s’était adressée, mais pas suffisamment.

"Les commissions des affaires sociales du Sénat et de l’Assemblée avaient accepté de nous recevoir mais pas forcément de nous entendre. On sentait bien que pour eux les syndicalistes doivent se contenter de parler pouvoir d’achat", raconte-t-il.

Sondage - Les Français aiment leurs services publics

L.D. (D’après agence) - le 21/10/2008 - 12h15

Les Français aiment leurs services publics Selon un sondage TNS Sofres, rendu public mardi, ils sont quatre sur cinq (80%) à être satisfaits de leur qualité.

Crédit Photo : TF1 Image d’archives

Automne pluvieux, conjoncture en berne, moral des ménages à zéro... Les Français semblent avoir peu de motifs de satisfaction en cette fin d’année. A part peut-être leurs services publics. A en croire un sondage TNS Sofres, rendu public mardi, ils sont quatre sur cinq (80%) à être satisfaits de leur qualité.

Petit bémol, tout de même, ils sont 51% à penser qu’ils coûtent cher au contribuable contre 44% qui pensent le contraire. Par ailleurs, 70% des Français ont le sentiment que les services publics se sont beaucoup ou assez modernisés au cours des dernières années, contre 29% qui estiment qu’ils se sont peu ou pas du tout modernisés.

34% jugent la modernisation de l’Etat prioritaire, 52% importante mais pas prioritaire, et 12% peu importante. Les secteurs à moderniser en priorité sont la santé (pour 51%), l’emploi (44%), l’éducation (44%) et le logement (38%). En revanche, moins de 20% des Français jugent prioritaire de moderniser la sécurité intérieure, la défense et la justice.

Qui connaît la LOLF ?

Mais, paradoxalement, plus d’un Français sur deux (53%) ne peut citer aucune réforme de modernisation menée ces dernières années pour moderniser l’Etat.

61% des citoyens n’ont pas entendu parler de la mise en place d’indicateurs de performance, relatifs à la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), et 72% ne savent pas ce que veut dire la RGPP (Révision générale des politiques publiques), qui sont deux des piliers de la modernisation de l’Etat.

Pour les Français, les réformes les plus efficaces pour moderniser l’Etat sont la mise en ligne des formulaires sur internet (80%), la simplification des formulaires administratifs (77%), l’amélioration de la qualité de l’accueil dans les services publics (66%) et la fusion Anpe-Unedic.

Ce sondage de l’institut TNS Sofres a été réalisé par des entretiens par téléphone les 9 et 10 septembre auprès du grand public et les 16 et 17 septembre en ce qui concerne un sur-échantillon de salariés du secteur public auprès d’un échantillon de 1.135 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Logement : le Sénat inflige un revers cinglant au texte de Christine Boutin

(Afp, 21/10/2008, 6h10)

Le Sénat a poursuivi lundi l’examen du projet de loi controversé sur le logement de Christine Boutin, infligeant un revers cinglant à la ministre en supprimant à une imposante majorité son article qui visait à modifier la loi SRU.

Par ailleurs, les sénateurs de la majorité ont voté, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur le logement, dans la nuit de lundi à mardi, la réduction de trois à un an du délai de sursis maximum qui peut être accordé pour les expulsions.

Les sénateurs ont adopté, par 314 voix contre 21, cinq amendements identiques de suppression de l’article 17 du texte, qui visait à comptabiliser l’accession sociale à la propriété dans le quota de 20% de logements sociaux. La ministre a donc eu la quasi-totalité de la majorité et toute l’opposition contre elle.

Les amendements de suppression ont été déposés par le rapporteur UMP de la Commission des Affaires économiques, Dominique Braye, par les groupes PS, PCF, Union Centriste et un groupe de 5 députés UMP (Pierre Jarlier, Jean-Paul Alduy, Pierre Hérisson, Auguste Cazalet et Jean-Paul Juilhard).

Ce vote est intervenu à l’issue d’un débat passionné où l’UMP s’est déchirée. Le Sénat s’y est même pris à deux fois, car un premier vote ayant enregistré plus de bulletins que de votants a du être annulé. Le PS avait lancé une première salve dans l’après-midi en défendant en vain une dizaine d’amendements visant à renforcer la loi SRU, dont certains proposant d’aggraver les pénalités pour les communes ne respectant pas les 20%.

"Nous avons dans le passé consacré assez d’heures à cet article 55 et si la commission a adopté un amendement de suppression de l’article 17, c’est bien pour nous éviter d’entrer à nouveau dans ce cycle infernal", avait répondu le rapporteur UMP du texte, Dominique Braye (Yvelines).

Les centristes ont réaffirmé leur opposition à cette modification. Ce projet de loi aura été d’ailleurs la première occasion de concrétiser le rôle d’arbitre qu’ils jouent désormais au Sénat dans une majorité étroite pour l’UMP. Le gouvernement et l’UMP ont ainsi été mis en minorité dans plusieurs votes par une alliance gauche-centristes. Par exemple, sur la ponction que voulait opérer le texte sur les organismes HLM ayant une trésorerie excédentaire, repoussée de deux ans.

Le projet de loi "de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion", sur lequel 680 amendements ont été déposés, a déjà été largement réécrit pour tenter d’accentuer la construction de logements sociaux.

Un amendement donne au préfet le pouvoir de préempter des terrains pour contraindre à agir les communes ne construisant pas assez de logements sociaux. Les objectifs de logements à construire fixés dans les programmes locaux de l’habitat seront désormais détaillés commune par commune, obligeant ces dernières à s’y conformer.

Les sénateurs ont aussi décidé de confier aux communes plutôt qu’aux propriétaires la possibilité de déroger aux règles d’urbanisme locales pour agrandir des constructions.

Le texte prévoit une réforme du 1% patronal pour permettre une ponction dans ses caisses, d’étendre le dispositif de la maison "à 15 euros par jour" au secteur collectif, de faciliter pour les HLM le rachat de projet de construction à des promoteurs privés qui n’ont pas trouvé d’acheteurs, de favoriser la mobilité dans le parc HLM. Il rencontre, dans un contexte de baisse du budget de logement de près de 7%, une forte opposition.

Une "caravane des sans-logis, mal-logés et locataires contre la crise du logement, la spéculation et la loi Boutin" est partie à bicyclette de Pau mardi, premier jour de discussion du texte et devrait arriver à Paris pour une manifestation dimanche.

La Confédération nationale du logement, la plus importante association de locataires, a annoncé une journée d’action "contre les mauvais coups portés au logement" jeudi.

Inscrit en urgence (une lecture par chambre), le vote du texte devrait intervenir mardi. Par ailleurs, les sénateurs de la majorité ont voté, dans le cadre de l’examen du projet de loi sur le logement, dans la nuit de lundi à mardi, la réduction de trois à un an du délai de sursis maximum qui peut être accordé pour les expulsions.

Des amendements de suppression de cette disposition présentés par le PS et le groupe communiste ont été rejetés par 187 voix contre 153. "Nous devons tenir compte d’une réalité, être un propriétaire ne veut pas dire être celui qui a plein d’argent, et vous avez des petits propriétaires qui sont complètements désarmés parce que leurs loyers n’étaient plus payés depuis plusieurs mois", a défendu la ministre du Logement, Christine Boutin. Afin de réduire les durées des procédures d’expulsion locative, l’article adopté ramène de trois à un an le délai maximal de sursis à exécution du jugement d’expulsion qui peut être accordé par un juge.

Malgré la crise, Delanoë assume les hausses d’impôt à Paris

REUTERS - lundi 20 octobre 2008, 19h35

© REUTERS2008 par Laure Bretton

PARIS (Reuters) - Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a confirmé une hausse des impôts locaux parisiens de 9% en 2009, malgré le contexte de crise financière, de stagnation de la croissance et de recul du pouvoir d’achat.

Cette hausse des taux, après sept ans de stabilité, doit compenser en partie seulement la baisse des droits de mutation sur les transactions immobilières encaissés par la ville.

Pour Bertrand Delanoë, qui avait annoncé qu’il augmenterait les impôts pendant la campagne des municipales en mars dernier, la ville avait anticipé la crise en inscrivant à son budget des mesures de solidarité.

"La crise n’a pas de conséquences sur le budget de la ville", a-t-il assuré lors d’un déjeuner à l’Hôtel de ville après la réunion du conseil de Paris où l’opposition a dénoncé le poids grandissant des prélèvements sur les Parisiens.

"Il y a deux manières de répondre à la crise : faire une déclaration tous les matins ou faire de la solidarité, des mesures pour permettre aux gens de s’en sortir", a-t-il ajouté citant notamment l’aide au paiement des loyers, le soutien au PME ou a mise en place du micro-crédit.

"Un peu plus de taxe foncière, ce n’est pas dramatique (...) J’assume, y compris en période de crise, que ceux qui en ont les moyens doivent apporter leur contribution", a-t-il insisté.

Bertrand Delanoë et son adjoint aux Finances, Bernard Gaudillère, ont toutefois reconnu que cette hausse d’impôts ne suffirait pas en 2009 pour financer les investissements prévus.

"PLUS QUE JAMAIS" MAIRE DE PARIS

En plus des économies sur le train de vie de la municipalité, notamment le regroupement de directions éparpillées ou le gel des emplois de la ville, les cessions d’actifs vont se poursuivre et il y aura une "hausse très modérée de l’emprunt", a expliqué Bernard Gaudillère, se félicitant que, dans le contexte actuel de crise du crédit, 70% de la dette de Paris soit à taux fixe.

Il a fait valoir que, à 2,1 milliards d’euros, cette dette était "exactement au niveau de 1998".

"La ville de Paris n’est pas au moment où je vous parle menacée par la crise (...) Elle n’est engagée dans aucun des montages exotiques qui vont engager certaines collectivités locales dans des catastrophes financières", a-t-il assuré.

Officiellement, le maire de Paris refuse les questions liées au Parti socialiste lors de ces déjeuners mensuels mais à l’approche du congrès de Reims, mi-novembre, il a distribué les mauvais points à ses adversaires internes et riposté aux attaques de la droite parisienne.

"Je suis contre cette philosophie politique démagogique de ceux qui disent ’pas d’impôts’. Ce qui arrive même aux socialistes, y compris quand ils sont au pouvoir", a-t-il lancé à l’adresse de Laurent Fabius, qui, alors ministre de l’Economie, s’était prononcé contre une hausse des prélèvements.

L’aile gauche du PS accuse les ténors de n’avoir pas vu venir la crise et de retoucher leurs programmes en urgence ? "Je me marre : tout le monde dit ’investissement’ en ce moment mais nous, il y a sept ans qu’on le fait".

A l’UMP de Paris qui estime impossible qu’il reste maire de la capitale s’il devient premier secrétaire, Bertrand Delanoë a affirmé être "beaucoup plus présent" que ses deux prédécesseurs, Jacques Chirac et Jean Tiberi et "beaucoup plus présent que pendant la première mandature".

Edité par Yves Clarisse

Crise économique - "Nous sommes là pour donner un coup de main"

Olivier LEVARD - le 20/10/2008 - 11h10

Le directeur général du Crédit municipal de Paris revient sur son activité de prêt sur gage, un service public, et le récent lancement du microcrédit dans la capitale. En ces temps de crise, "nous sommes très limite sur notre trésorerie" alerte Bernard Candiard.

Crédit Photo : LCI.fr / O. Levard Bernard Candiard, directeur général du Crédit municipal de Paris

Déposer un objet contre une somme d’argent avec la possibilité de le récupérer à tout moment. Le principe est simple mais très administré, pour protéger les personnes en difficulté. Bernard Candiard, directeur général du Crédit Municipal de Paris, revient pour LCI.fr sur l’activité de prêt sur gage dont son établissement, public, détient le monopole. Il évoque aussi le lancement d’une offre de microcrédit en partenariat avec la Mairie de Paris qui chapeaute l’établissement.

LCI. fr : Le prêt sur gage est une pratique assez particulière. Quelle est votre mission ?

Bernard Candiard, directeur général du Crédit municipal de Paris : Depuis 231 ans, nous sommes à la disposition des Parisiens qui traversent financièrement un passage difficile et ce, quelle que soit leur classe sociale.

Nous avons d’un côté des personnes qui viennent pour déposer des objets très modestes, contre un minimum de 30 euros, et de l’autre des pièces de très grande valeur. Nous avons par exemple vendu récemment un petit Renoir, un pastel, pour 190.000 euros.

Entre ces deux extrêmes, le dépôt moyen est de 780 euros. Nous recevons surtout des bijoux, mais aussi de petits meubles, des instruments de musique, des bouteilles de vin...

LCI. fr : Votre objectif est que chacun puisse récupérer ses dépôts...

B. C. : Oui, et le service que nous proposons est utile. On s’en rend compte avec le taux de personnes qui récupèrent leur bien : plus de neuf sur dix. Ils les laissent en moyenne un an et demi et peuvent renouveler le prêt contre une petite somme d’argent. Nous sommes donc là pour donner un coup de main, c’est un service public et même un monopole pour lutter contre l’usure.

LCI. fr : C’est-à-dire ?

B. C. : Il y a plusieurs moyens de faire qu’un client ne s’y retrouve pas : la façon dont on pèse les objets, dont on les valorise. Chez nous, celui qui évalue l’objet est un commissaire priseur complètement indépendant de l’établissement qui ne voit d’ailleurs pas les clients.

Il estime le prix d’un objet avec pour seul critère sa valeur en vente publique. Pour les objets qui ne sont pas repris, il y a deux ventes par semaine et si le montant de la vente est supérieur à celui offert au propriétaire de l’objet à l’origine, nous lui versons la différence.

LCI. fr : Paradoxalement, le succès que vous rencontrez en ces temps de crise - 30% de clients en plus - vous met en difficulté...

B. C. : D’abord, il y a une situation de tension chez nos agents. Ils ne sont pas plus nombreux et doivent donc travailler beaucoup plus. Ils le font avec dévouement. Ensuite, contrairement à une banque classique, lorsqu’une personne se présente chez nous avec un objet de valeur, on ne peut pas lui refuser.

Cet accroissement d’activité, conjugué au fait que les clients qui viennent retirer leur objet sont moins nombreux, nous force à emprunter sur le marché pour couvrir la différence entre les dépôts et les retraits.

Cette différence est beaucoup plus importante en ce moment avec un taux de refinancement qui a doublé en un an et demi ce qui fait que nos résultats ne sont pas bons. Sans être en déficit, nous sommes très "limite" sur notre trésorerie, préoccupés.

LCI. fr : Au point de devoir refuser des objets dans un futur proche ?

B. C. : Ça serait assez catastrophique pour nos clients et nous faisons tout pour l’éviter. Nous avons le soutien de la Mairie de Paris. Bertrand Delanoë considère que dans la conjoncture actuelle il est important que nous continuions à exercer ce rôle de tampon entre la crise et nos clients.

Mais nous pouvons encore tenir un certain temps et nous projetons de lancer un emprunt. Nous avons d’ailleurs toujours tenu en période de crise. Au moment de la Révolution française, ils ont voulu fermer l’institution et cela a été l’émeute !

LCI. fr : Avoir des objets précieux chez soi n’est pas si fréquent ? N’êtes-vous pas condamnés à évoluer ?

B. C. : Autrefois, les bijoux de valeur étaient en quelque sorte la banque que les femmes avaient sur elles. Et comme nous recevons 85% de femmes et 85% de bijoux, c’est très important de bien mesurer cela. Aujourd’hui, sociologiquement les jeunes femmes ont moins de bijoux et de moindre valeur.

Du coup, que peut faire une personne en cas de crise ? Comme nous ne pouvons pas prendre des objets high-tech, dont la valeur baisse trop vite, le maire de Paris nous a demandé d’étudier des offres de microcrédit pour pouvoir venir en aide à ceux qui sont en situation fragile. Nous venons de les lancer, début octobre.

LCI. fr : Ils s’adressent à qui ?

B. C. : Pas nécessairement à ceux qui touchent un salaire très bas. Ça peut être quelqu’un en CDD qui a un salaire correct mais qui ne peut pas emprunter car il n’inspire pas confiance aux banquiers. La personne peut avoir un coup dur, un décès, un divorce, un problème de santé... Cela peut avoir des coûts assez considérables.

LCI. fr : Quels sont vos critères d’arbitrage ?

B. C. : La seule condition est qu’une personne soit suivie par une assistante sociale ou une association qui assure le suivi du prêt et qui apporte une garantie morale. Nous prêtons entre 300 euros et 3000 euros sur une durée de 6 mois à 36 mois, sans frais de dossier... Les intérêts sont de 4% mais la Mairie de Paris prend en charge la moitié, donc le prêt ne revient qu’à 2%. Il faut que cela soit un prêt-besoin, avec une personne que l’on ne mettra pas en échec.

LCI. fr : Vous aidez aussi des Parisiens à sortir du cauchemar des crédits...

B. C. : Nous avons en effet une filiale bancaire dont l’activité est principalement centrée sur le rachat de crédit. Une partie de la population se retrouve avec des dettes importantes qui sont à des taux parfois supérieurs à 20%.

Nous voyons des gens noyés sous 10 ou 20 crédits... Lorsqu’ils sont encore à même de pouvoir réagir, nous pouvons racheter ces dettes et les rééchelonner en faisant un prêt à plus longue durée. Nous sommes les pionniers de ce système mais de nombreux concurrents privés sont depuis arrivés sur ce marché.

Prêt sur gage - Jour de crise chez "ma tante"

Olivier LEVARD - le 20/10/2008 - 10h22

Reportage - Loin des clichés, le prêt sur gages du Crédit municipal de Paris est un service public humain, vital pour certains, et assailli depuis quelque mois. 93% des déposants récupèrent leurs biens, les autres sont vendus aux enchères publiques.

Crédit Photo : LCI.fr / O. Levard La salle de prêt sur gages du Crédit municipal de Paris.

"C’est où pour les bijoux ?", demande un jeune homme un peu perdu. "Ça s’appelle le prêt sur gages monsieur, c’est au fond de la cour à droite", répond du tac au tac un agent d’accueil d’une voix d’instituteur bienveillant.

Bienvenue au Crédit Municipal de Paris, plus connu sous le nom de Mont-de-piété, ou tout simplement "ma tante" dans la gouaille parisienne. Le décor extérieur est cossu, un grand hôtel particulier de plusieurs milliers de mètres carrés au cœur du quartier historique du Marais.

C’est jour de crise et la fête bat son plein. Depuis 9 heures 30, une cohorte de Franciliens en difficulté financière vient y déposer ce qu’elle a de précieux.

Le principe est simple. Contre des objets de valeur, le "gage", chacun peut repartir avec un prêt en liquide qui permettra de faire face aux dépenses du quotidien.

Avec un peu de chance, il pourra le récupérer quand viendront des jours meilleurs. Ici, on a compris que c’était "la crise" au mois d’avril lorsque les dépôts ont fait un bond de 30%, un regain d’activité qui ne se dément pas.

Marie, numéro 268

La salle de prêt sur gage ressemble à un hall d’aéroport un peu vieillot, rangées de chaise au centre et guichets sur les côtés. "Payez vos heures de formation avec une montre", suggère une affiche au mur. L’ambiance est familiale mais curieusement calme, comme si patienter apaisait la cinquantaine de déposants. Un petit gamin blond court entre des saris colorés tandis qu’un jeune papa tout sourire éponge le biberon qu’il vient de se renverser sur les genoux. Entre ces murs, on parle toutes les langues de la planète ou presque et, comme à la Sécu, chacun prend un ticket. Et son mal en patience : l’attente excède parfois les deux heures...

Marie a hérité du numéro 268. A 60 ans, c’est la deuxième fois qu’elle vient en quinze jours. La première a été un échec, la pendule familiale qu’elle avait apporté ne valait rien ou presque, en tout cas pour les experts qui estiment les objets. Marie traverse une mauvaise passe. Les 800 euros de loyer pour l’appartement qu’elle partage avec sa sœur handicapée lui enlèvent chaque mois la moitié de son salaire d’agent municipal. Deux crédits à la consommation plus tard accordés à la va-vite et une vente de bien sans cesse reportée et la voilà acculée à vendre l’argenterie familiale. "Ça fait mal au ventre, j’ai peur de me retrouver à la rue", confie-t-elle avant de se reprendre, presque honteuse : "Je fais partie des gens hyper privilégiés : j’ai un emploi ! ".

Dans le haut-parleur, les numéros qui s’enchaînent rythment l’attente. "257, guichet 6..." "949, guichet numéro 14..." "303, guichet 16..." "268, guichet 8" : c’est son tour ! Marie tire la valise à roulettes chargée de deux ménagères complètes, quelques ronds de serviettes et bibelots en métaux qu’elle espère précieux. L’accueil est chaleureux. Son interlocuteur toise une louche en argent massif et la présente même à ses collègues avant de la passer à l’expertise. La scène réjouit Marie qui repart patienter pleine d’espoir, en attendant le verdict.

Estimations à la chaîne

Derrière une cloison en bois, les trois experts "gemmologistes" récupèrent bagues, montres, et autres bracelets... Hyper concentrés, ils font de l’estimation à la chaîne sans piper mot, entre 30 secondes et quinze minutes par objet. Pour ne pas être influencés par l’éventuel bagout des clients, ils ne les voient jamais. Première étape, la recherche de poinçons qui témoigne de la pureté du métal. En cas de doute, c’est la vérification à l’acide. Le dernier jugement est esthétique, sur le travail de l’orfèvre. "Vous prenez, ça ? ", demande une main qui tend une grosse montre Seiko en métal brossé à travers une ouverture. Un regard suffira : "Non. C’est à quartz".

Marie aura un peu plus de chance, son argenterie est acceptée. Mais quand elle découvre le montant proposé, c’est la désillusion."120 euros ! Alors qu’une seule des ménagères m’en avait coûté 300...". Puis elle se ravise : "Je vais les prendre, c’est quand même 120 euros". Marie part donc avec cette somme en liquide et la ferme intention de récupérer son bien sous peu. Elle ne paiera pas cher pour le récupérer. C’est déjà ça.

Pas de retraite au Congo

Derrière elle, Cécile attend patiemment, avec l’air des habitués. Infirmière à l’assistance publique, elle vient depuis des années. Cette quarantenaire, mère de deux ados, s’en amuse : "C’est devenu une dépendance : chaque fois que je suis dans le rouge, j’apporte un bijou. Parfois, je viens même déposer un objet tout en récupérant un autre ! ". Elle aussi a essuyé des refus : "Ce bracelet que j’avais acheté à Barbes, par exemple, on m’a dit que c’était une imitation Cartier".

Le reste du temps les montants sont modestes. "On touche environ un tiers de la valeur réelle d’un produit. C’est peu mais très utile, surtout pour les immigrés. Ça me permet d’envoyer de l’argent à mes parents au Congo lorsqu’ils en ont besoin. Avec la guerre, ils ne touchent pas de retraite." Dès qu’elle touche une prime à son travail, elle vient récupérer ses effets. "Je veux absolument les garder, il y a des cadeaux auxquels je tiens et j’ai bon espoir de transmettre des bijoux à ma fille et ma future belle fille", dit-elle avec une fierté de maman qui rêve déjà de mariages. La simplicité des démarches et la sympathie du personnel lui ont fait aimer l’endroit. "Une fois je suis venue avec une écharpe du PSG et l’agent, visiblement fan, m’a décroché une estimation généreuse", s’amuse-t-elle. "Numéro 288, guichet 17". Au revoir, Cécile.

Philippe Sollers contre Jean-Jacques Debout

De l’autre côté de la cour, c’est la salle des ventes. Là où s’adjugent les 7% de biens que leurs propriétaires ne seront jamais allés récupérer. Aujourd’hui, dans cette grande pièce moderne et design, c’est vente d’or, des objets le plus souvent abîmés, qui valent surtout pour leur poids. Une assemblée clairsemée, pour la plupart composée de bijoutiers en costume cravate, est suspendue aux lèvres d’un commissaire-priseur. Des femmes en châle mettent un peu de couleur dans le tableau.

"660", "670 !","680", "10 ! ", "900" "10 ! ", scande un commissaire priseur au garde à vous, fines lunettes sur le nez et cravate couleur dollar. Il agite les bras comme un soldat automate au gré des enchères. Un sosie presque parfait de Philippe Sollers se dispute un lot avec un autre homme qui ressemble, vaguement celui-là, à Jean-Jacques Debout. "Bravoooo", "Oh la laaaaa", "Aaaaaaaaaaah, combiiiien ?", "Miiiiiille, c’est bien vu ! ", ponctue un assistant, volontiers cabot, qui arrache quelques sourires dans la salle.

"Adjugé ! Monsieur au fond." On pense aux propriétaires de ces objets qui seront vraisemblablement fondus avant de connaître une seconde vie, autant d’histoires de crise, de nouvelles qu’on ne lira jamais. Les anecdotes heureuses ont plus de succès : on se les raconte dans les couloirs. Il y a quelques jours, une dame a apporté un ensemble de couverts qu’elle croyait en vermeil. C’était de l’or fin... Elle est repartie avec 15.000 euros.

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