AID Association initiatives dionysiennes
Attentat du 7 Janvier 2015 contre Charlie-Hebdo

NOUS SOMMES CHARLIE

jeudi 8 janvier 2015 par JMT

Parmi les fondamentaux d’AID figurent le droit à une expression libre et la liberté de la presse que nous défendons par tous moyens à notre disposition.

Avec le tryptique républicain, liberté, égalité, fraternité nous n’oublierons pas le 4ème et indispensable pilier de la République : la laïcité qui conditionne notre vivre ensemble depuis 1905.

L’APPEL

Dès le 7 janvier, le blog du Syndicat National des Journalistes faisait passer un mot d’ordre pour deux rassemblements le 8 janvier à 13h, à Saint Denis au Parvis des Droits de l’Homme et à Saint Pierre à la Place de la Victoire.

DISCOURS

Nous sommes Charlie

Un abominable drame s’est déroulé, devant nos yeux interdits de stupeur. Plusieurs journalistes et caricaturistes se sont fait assassiner par des terroristes, au prétexte de leurs idées, humeurs, humours, penchants. Ils sont morts sous les coups de tueurs de démocratie, parce qu’ils ne pensaient pas comme eux, parce qu’ils cultivaient la tolérance quand ceux-là se rengorgent d’intolérance. Il n’y a pas de mots assez durs pour décrire cette horreur.

Je veux adresser ici toute ma compassion dans la douleur qui accompagne les familles des victimes, à ces frères d’idées, ces Cabu, Wolinski, Tignous, Charb, Honoré, Bernard Maris, et d’autres. Et à ces policiers qui les protégeaient.

Je veux m’adresser ici aux séides de l’intolérance.

La démocratie, que l’on vilipende souvent, est une idée. La République est une idée. République : quel doux mot ! Cela signifie que bien des personnes se sont battues pour elle, que bien des vies ont été interrompues pour elle, que bien des soldats l’ont défendue, que bien des innocents ont versé le sang pour elle.

Cela signifie que le peuple est uni dans la tolérance si ce n’est la fraternité, loin de tous les communautarismes, qui opposent les groupes entre eux. Nous ne voulons pas de ces séparations archaïques, de ces replis sur soi.

CHARB sur France 3 le 8 Juin 2012

Dans un pays qui sait ce que cela veut dire, qui a construit son unité au travers des siècles, qui a écrit son nom du sang de ses enfants, qui a bâti la démocratie, au nom de toutes ces vies qui ont défendu cette idée, croyez-vous que votre stratégie de la terreur va la pourfendre ? Croyez-vous pouvoir imposer vos vues par la force ? Croyez-vous faire taire la presse, et Charlie Hebdo ? Vous n’y arriverez pas. Car nous sommes Charlie.

Alors, votre stratégie de la peur, nous la combattons. Nous ne vous craignons pas. Nous n’avons pas peur de vous. Et j’invite tous les caricaturistes de France à être encore plus iconoclastes que Charlie.

Car nous sommes Charlie. Et nous vaincrons, car une idée ne peut mourir. C’est un écu, un bouclier invincible. De cet écu nous faisons une force, que nous vous retournons, car vous en avez peur. Vous serez pourchassés, appréhendés, jugés et condamnés à en être privés, de cette idée. Oui, vous avez peur de ce mot, qui incarne ce que vous ne pourrez jamais comprendre, ce concept qui vous est étranger, ce que vous ne pourrez jamais vaincre :

La LIBERTE !

Bruno Bourgeon, président d’AID

Le prémonitoire dernier dessin de CHARB

Attentat à Charlie Hebdo : l’hommage de La Réunion

Clicanoo.re publié le 8 janvier 2015 14h39

Des crayons contre des balles. Des cartes de presse contre des balles. Des anonymes pour défendre la liberté

La Réunion vient de rendre à son tour de se recueillir après l’attentat à Charlie Hebdo qui a coûté la vie à 12 personnes hier à Paris. Un millier de personnes se sont rassemblées sur le parvis de Droits de l’Homme à Saint-Denis dès 13 heures, à l’appel du Syndicat national des journalistes qui souhaitait, à l’image de ce qui s’est fait hier soir dans plusieurs grandes villes de métropole, rendre hommage aux victimes.

Qu’ils soient journalistes, responsables d’associations ou de syndicats, représentants religieux, élus, ou tout simplement anonymes, tous ces citoyens affichaient une mine emprunte de solennité pour ce moment de recueillement. Des prises de parole ont rythmé le rassemblement qui a duré un peu plus d’une heure. Des témoignages de personnes qui avait côtoyé les journalistes et dessinateurs disparus, qui avaient été marqués par leur travail, ou encore qui souhaitaient célébrer la liberté d’expression et la liberté tout court que les victimes de l’attentat prônaient.

Parmi eux, Monseigneur Gilbert Aubry, Houssen Amode pour le Conseil régional du culte musulman, Selvam Chanemougame, Samuel Mouen, René-Louis Pestel pour la mairie de Saint-Denis, Isnelle Gouljar pour la Ligue des Droits de l’Homme, ou encore les différents représentants de la presse écrite, audiovisuelle et web.

Les pancartes "Je suis Charlie" étaient bien sûr au rendez-vous, fièrement dressées au-dessus de la foule, déclinées en "Nou lé Charlie", ou "Mwin lé Charlie".

Environ 500 personnes se sont retrouvées sur la Place de la victoire à Saint-Pierre, où avait lieu le même rassemblement. Journalistes, dessinateurs, policiers municipaux, policiers nationaux, magistrats, représentants de l’Etat, hommes politiques, citoyens... ont observé une minute de silence, puis applaudi.

D’autres événements auront lieu aujourd’hui et dans les prochains jours : à Saint-Denis, la ville organise à 15h un hommage aux victimes de l’attentat, invitant l’ensemble des agents de la commune à rejoindre le parvis de la mairie centrale pour un instant de recueillement, une mise en berne des drapeaux et une minute de silence. Cette minute de silence sera aussi observée dans les mairies annexes et les centres aérés dionysiens.

A Saint-Leu, ce soir dès 19h, une marche silencieuse partira de la rondavelle du spot pour se rendre jusqu’au 46.

J.CTS et V.T

Photos : Ludovic Laï-Yu et Jean-Claude François

Mgr Gilbert Aubry : "Silence… fraternité !"

Clicanoo.re publié le 8 janvier 2015 17h38

Gilbert Aubry, évêque de la Réunion

Le silence et l’émotion étaient palpables lors du rassemblement de protestation organisé contre l’attentat perpétré au siège du journal Charlie Hebdo. Les journalistes des différentes rédactions manifestaient visiblement une « confrérie de fait » qui focalisait le souffle retenu de la foule dans leur direction. Qu’est-ce qui nous réunissait ? Qui nous réunissait ? Nous pensions à ceux et à celles dont la vie a été sauvagement supprimée, à leurs familles. Prière sans mots mais combien profonde. Le silence remuait l’indicible et rapprochait les cœurs. La vie. La mort. Après ? Et si après c’était avant ?

Avant ? Dans l’Histoire courte, en tant que citoyens français, nous pouvons nous appuyer sur la devise de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » ! L’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 est déjà formulé de la manière suivante : « La liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas à autrui ». Ce qui est une traduction du vieux proverbe : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse à toi-même ».

Pourquoi ? Egalité. La même déclaration de 1789 affirme au sujet de l’Egalité « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». République, Res publica, bien commun. Pourquoi ? Le troisième terme de « Fraternité » ne viendra qu’après, dans le temps et en dernier, comme pour finaliser moralement et existentiellement les deux premiers. Mais les frères ne découvrent leur fraternité que parce qu’elle existait préalablement au sein même de leurs aspirations à la liberté et à l’égalité.

Ceux qui se sont attaqué aux journalistes, à la rédaction de Charlie Hebdo ont supprimé des vies humaines. Mais en faisant sauter la rédaction d’un journal, ils se sont attaqués à la République, au bien commun, au dialogue, au débat, à l’affrontement des idées pour permettre le vivre ensemble en démocratie. A notre époque, on n’a pas encore trouvé mieux. C’est la France qu’ils ont voulu diviser et tuer. Ils ne peuvent pas penser en fraternité.

Avant ? Dans une histoire plus longue, les citoyens chrétiens vivent en référence au Christ, qui est le « premier né » d’une grande famille de frères ayant un même Père « Notre Père qui est aux cieux ». Cette référence au Christ, notre frère universel abolit les frontières et devient la référence existentielle d’une fraternité universelle. Et simplement le fait d’être humain ensemble nous renvoie à la nécessité de bâtir un vivre humain ensemble.

La Constitution Française actuelle ne définit pas la fraternité. Mais elle est inscrite dans la devise de la République. Il n’y a pas opposition comme je l’ai entendu dire publiquement entre la religion et la liberté, et une liberté en fonction d’une fraternité qui construit le bien commun. Et toute religion qui se respecte elle-même ne détruit pas la fraternité mais la construit. Et les adeptes terroristes qui se réclament d’une religion pour détruire la fraternité ne distillent pas du religieux mais du poison. Ne créons pas l’amalgame entre islamistes et Islam. Soyons vigilants et actifs pour construire la fraternité. Ne retournons pas contre les musulmans les ignominies de ceux qui se réclament de l’Islam et qui ont perdu la raison. Ce serait une autre injustice.

C’est pourquoi le pape François « s’unit par la prière à la souffrance des blessés et des familles des défunts ». Il exhorte « à s’opposer par tous les moyens à la diffusion de la haine et de toute forme de violence, physique et morale, qui détruit la vie humaine, viole la dignité des personnes, mine radicalement le bien fondamental de la cohabitation pacifique entre les personnes et les peuples malgré les différences de nationalité, de religion et de culture ».

Le pape exprime « sa proximité, sa solidarité spirituelle et son soutien à tous ceux qui, selon leurs diverses responsabilités, continuent à s’engager avec constance pour la paix, la justice, pour guérir en profondeur les sources et les causes de la haine, en ce moment douloureux et dramatique, en France et dans tous les endroits du monde marqués par les tensions et la violence ».

Le 8 janvier 2014

Monseigneur Gilbert AUBRY

PETITIONS

* AVAAZ : Nous n’avons pas peur

* MES-OPINIONS : Nous sommes Charlie

UN MONDE SOLIDAIRE

* Wikipédia en anglais : Je suis Charlie

* Réaction du gouvernement chilien

* Réaction du gouvernement argentin

* LINFO.RE_ Attaque de Charlie Hebdo : les journalistes de La Réunion solidaires

* Près de 500 personnes rassemblées à Champ-Fleuri : L’hommage de La Réunion aux victimes de l’attaque contre Charlie Hebdo

* Attentat contre Charlie Hebdo Les hommages continuent à La Réunion

* Le carnage a fait 12 morts et 7 blessés à Paris - hier à 15h00 Attaque contre Charlie Hebdo : grande émotion à La Réunion

* Attentat à Charlie Hebdo : les réactions locales Clicanoo.re publié le 8 janvier 2015 17h45


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