AID Association initiatives dionysiennes
Si on parlait vraiment politique au lieu de storytelling ?

L’antinomie de Macron : la société post-croissance

par Bruno BOURGEON

vendredi 16 juin 2017 par JMT

Doit-on opposer les "politiques" et les "pragmatiques" ? Ca aurait dû être un des sujets du bac 2017 s’ils n’étaient retenus des mois à l’avance, preuve supplémentaire que le "mammouth" n’avait en rien intuité la "Macronésie" (je viens juste de m’apercevoir que ça sonne comme une maladie infantile :-).

Puisque je me suis posé la question autant y répondre : les vrais politiques (je ne parle pas des politicards alimentaires qui vont des crève-la-faim aux carriéristes de haut vol qui traduisent pragmatisme par opportunisme) qui ont le souci de la chose commune ("res" publica) doivent avoir une vision (qu’on ne saurait résumer par un terme aussi bateau que "projet") à long terme pour le groupe humain dont ils défendent les intérêts (on n’est malheureusement pas encore assez altruistes pour majoritairement penser que ce groupe c’est toute l’humanité ...voire toute vie ?) , vision étayée par des principes philosophiques généraux permettant à tout un chacun de la comprendre, de la discuter, de l’étayer et de participer individuellement à sa mise en oeuvre.

Les pragmatiques là-dedans ? ce ne sont que des utilités, le plus souvent cantonnées à régler des problèmes d’intendance qui ont à se manifester quand le fonctionnement normal d’une société organisée dérape (et si on doit régler des problèmes d’intendance c’est qu’on n’a pas su les anticiper :-) , le plus souvent à cause de la bêtise et de la méchanceté, de l’effet pernicieux des égos.

Pourquoi est-ce qu’à long terme le "macronésisme" est irrémédiablement voué à l’échec sauf à tellement se transformer qu’il ne sera plus lui-même ? parce que ce n’est qu’un nième avatar du capitalisme, poussant toujours plus loin la "chosification" de toute activité humaine ou autre, que le domaine sur lequel il s’exerce est malheureusement matériellement limité, et qu’on en atteindra fatalement les bornes parce que, contrairement à la pensée magique ambiante, le scientisme n’apportera pas de solution. Certes la conquête spatiale pourrait apporter un sursis, l’espèce humaine se transformant en cancer gangrenant le système solaire puis la galaxie, mais le saut (au sens quantique du terme) nécessaire est tel, avec le boulet de milliards de terriens surnuméraires à porter, qu’il est très probable que tout cela finira en "grand bond sur place" comme au bon temps de papa Mao , qui, lui au moins, a eu la chance que le reste du monde soit là pour compenser en partie ses échecs.

L’antinomie de Macron : la société post-croissance

« Nous ne cherchons pas des voix, nous ne cherchons pas à nous asseoir dans ce fauteuil plein de méchanceté, car notre lutte est pour la vie. […] Nous nous battons pour la vie et la défense du pays, l’eau et les arbres qu’on est en train de tuer et que nous voulons conserver, soigner, et recouvrer... »

Cette citation est de Maria de Jesus Patricio Martinez (dite Marichuy), 54 ans, candidate d’un front indigène et altermondialiste à la prochaine Présidentielle au Mexique.

Cette va-nu-pieds commence sa carrière politique en 1994, une interminable bataille pour la santé publique, la culture et la langue indigènes, les femmes, contre les machistes et les puissants. Sept principes dirigent son action, dont : proposer sans imposer, convaincre sans vaincre, construire sans détruire, représenter sans supplanter, servir sans se servir.

La ligne de conduite de Marichuy devrait inspirer nos politiciens si peu ancrés dans la réalité de leur Terre. La citation peut être digne d’un mot d’ordre de la post-croissance, une société sans hubris, sans publicité, sans crédit à la consommation, bref tout ce qui fait du capitalisme une surconsommation planétaire.

Et le parti libéral, la République en Marche, récemment mis au pouvoir lors des élections présidentielles et législatives en France, et sa politique néo-libérale qui va dans le sens de cette surconsommation, celle qui fait que le jour du dépassement est de plus en plus proche du début de l’année, lorsque nous dépassons les capacités de restauration de la planète, ce parti libéral est l’exact opposé de la pensée de Marichuy.

Pendant les 5 ans qui viennent, nous regarderons un petit peu plus chaque jour la destruction de notre niche. Hulot n’en pourra mais. Foin des défaites électorales, il nous faut reconstruire une pensée, une idéologie qui tende à la protection de ce qui fait que la VIE EST.

Le PS meurt de sa vétusté, LR de sa rigidité et de ses vices, le FN ancré dans un dogme éloigné de l’esprit français, le renouveau incarné par Macron séduit, mais surtout son succès est lié au rejet du reste.

Nous déchanterons bien assez vite pour nous apercevoir que la politique libérale préconisée, celle qui nous amène dans le mur de la finitude planétaire, est la même que les précédentes : celle du confort personnel, de la consommation à outrance, et in fine du catastrophisme annoncé.

Et pourtant : la société du convivialisme est déjà pensée (entre autres par Edgar Morin), la sobriété, l’efficacité et l’utilisation des énergies renouvelables déjà chiffrées (le scénario négaWatt), les villes en transition existent réellement. Il y a donc bien moyen de faire autrement. C’est ce que prône AID (www.aid97400.lautre.net) depuis 14 ans, et nous ne sommes pas seuls.

Les partisans d’un autre monde, les altermondialistes, Alternatiba, toutes les associations prônant la frugalité, le retour à une économie locale, circulaire, une production agricole saine sans pesticides ou autres engrais de médiocre qualité, une santé publique basée sur la prévention, se retrouvent dans cette a-croissance. Plutôt que la destruction de notre habitat. Oui, un autre monde est possible. Il suffit de le vouloir.

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID, inspiré de Charlie-Hebdo n°1298

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MEDIAS LOCAUX

* ZINFOS974- Courriers des lecteurs du Jeudi 15 Juin 2017 - 11:40

* LE QUOTIDIEN du vendredi 16 Juin 2017 (à télécharger)

PDF - 465.5 ko

* JIR du samedi 17 Juin 2017 (à télécharger)

PDF - 600.8 ko

VIDEO

* Article du Figaro du 29 mai 2017- Presidentielle Mexique : une indigène candidate

Maria de Jesus Patricio Martinez, 57 ans, a été choisie dimanche lors d’une assemblée réunissant 58 ethnies indigènes du pays, à San Cristobal de las Casas, dans l’Etat du Chiapas (sud), fief en 1994 de l’insurrection de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) du sous-commandant Marcos, qui se fait désormais appeler Galeano et était présent lors de cette réunion.

"Nous ne visons pas les votes mais la reconstitution de nos peuples", a déclaré Mme Patricio Martinez, guérisseuse traditionnelle, originaire de la communauté indigène de Tuxpan, dans l’Etat de Jalisco (ouest).

"Nous allons nous battre pour la vie et la vie inclut la terre, le territoire, l’eau. Nous voulons récupérer ce qui nous a été retiré", a ajouté cette femme, vêtue de vêtements indigènes blancs aux motifs colorés.

Mexique – Maria de Jesus Patricio Martinez désignée candidate à la présidentielle

Posted on 3 juin 2017 by adminffn

Les zapatistes et le Congrès national indigène (CNI) ont désigné une femme issue de la communauté indigène pratiquant la médecine traditionnelle comme candidate indépendante à l’élection présidentielle de 2018 au Mexique.

Choisie par une assemblée rassemblant 58 ethnies

Maria de Jesus Patricio Martinez, 57 ans, a été choisie dimanche lors d’une assemblée réunissant 58 ethnies indigènes du pays, à San Cristobal de las Casas, dans l’Etat du Chiapas (sud), fief en 1994 de l’insurrection de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) du sous-commandant Marcos, qui se fait désormais appeler Galeano et était présent lors de cette réunion.

“Nous ne visons pas les votes mais la reconstitution de nos peuples”, a déclaré Maria Patricio Martinez, guérisseuse traditionnelle, originaire de la communauté indigène de Tuxpan, dans l’État de Jalisco (ouest). La vie inclut la terre, le territoire et l’eau “Nous allons nous battre pour la vie et la vie inclut la terre, le territoire, l’eau. Nous voulons récupérer ce qui nous a été retiré”, a ajouté cette femme, vêtue de vêtements indigènes blancs aux motifs colorés.

Suite à une réforme constitutionnelle au Mexique, des candidats indépendants pourront pour la première fois se présenter à l’élection présidentielle, en 2018, dès lors qu’ils auront répondu à certaines obligations légales comme recueillir les signatures de plusieurs dizaines de milliers d’électeurs.

Une candidature historique

Au Mexique, comme dans beaucoup de pays, être une femme, indigène et pauvre, est une triple discrimination, même au sein de sa propre communauté. À 57 ans, María de Jesús Patricio Martínez, plus connue sous le nom de “Marichui” est mère de trois enfants. Elle pratique la médecine traditionnelle et compte bien s’attaquer au machisme, aux préjudices sociaux, aux inégalités et au racisme qui règnent dans le pays.

Les indigènes mexicains vivent des conditions difficiles.Nombre d’ethnies indigènes mexicaines vivent dans des conditions de pauvreté extrême. Le respect des droits indigènes et le contrôle des ressources naturelles de la région ont été au cœur de la rébellion du mouvement zapatiste (EZLN, Armée zapatiste de libération nationale) qui a eu un retentissement mondial dans les années 1990.


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