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L’euro à 1,1878 dollar

L’Euro baisse face au dollar et au yen : est-ce grave docteur ?

Va-t-on rejoindre la parité 1euro=1dollar ?

lundi 7 juin 2010 par JMT

L’euro a plongé lundi 7 juin à son plus bas niveau depuis quatre ans, à 1,1878 dollar, avant de remonter légèrement en début d’après-midi pour atteindre 1,1957 dollar. La monnaie unique baissait également face au yen, à 108,40 yens contre 110,01 yens, vendredi, son plus bas niveau depuis plus de huit ans face à la devise nippone.

Nouriel Roubini, professeur à l’université de New York, est l’un des rares économistes à avoir vu venir la tempête financière de 2008. Invité de la conférence de Zermatt (Suisse) sur le thème "Humaniser la mondialisation", il livre son analyse sur la crise actuelle de l’euro.

Ne dites pas à Hervé Novelli que la TVA à 5,5 % est une niche fiscale... même si Bercy la considère comme telle .

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, s’est dit lundi plus "préoccupé" par la rapidité de la baisse de l’euro que par son niveau, alors que la monnaie unique a chuté sous 1,19 dollar pour la première fois depuis plus de quatre ans.

L’UE s’inquiète de la chute de l’euro

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters Mis à jour le 07.06.10 à 15h48

L’euro a plongé lundi 7 juin à son plus bas niveau depuis quatre ans, à 1,1878 dollar, avant de remonter légèrement en début d’après-midi pour atteindre 1,1957 dollar. La monnaie unique baissait également face au yen, à 108,40 yens contre 110,01 yens, vendredi, son plus bas niveau depuis plus de huit ans face à la devise nippone.

Le Monde.fr Le cours euro/dollar

La dégringolade de l’euro a suscité la préoccupation des dirigeants européens et internationaux. "Je suis d’accord avec Jean-Claude Juncker pour dire qu’en réalité c’est plus la rapidité de l’évolution que le niveau qui est préoccupante", a expliqué le commissaire européen Olli Rehn.

Il a jugé que la situation rendait d’autant plus importantes les mesures qu’envisage la zone euro pour renforcer la discipline budgétaire des pays membres, à la lumière de la crise de la dette qui l’ébranle depuis plusieurs mois.

De son côté, le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, s’est voulu rassurant, soulignant que "la réaction européenne a été une réaction forte, puissante, organisée" et se félicitant en particulier que le fonds de soutien aux pays de la zone euro, d’un montant de 750 milliards d’euros, puisse être finalisé lundi lors d’une réunion des ministres des finances de la zone euro.

"Je pense que les marchés vont maintenant – ça prendra aussi un petit peu de temps – réagir plus sereinement en regardant les chiffres européens de façon non passionnée", a espéré M. Strauss-Kahn.

LES MARCHÉS DÉVISSENT

La chute de la monnaie unique face aux autres devises, conjuguée aux inquiétudes au sujet de la Hongrie, a également entraîné de fortes perturbations sur les marchés financiers. Les responsables politiques à Budapest ont tiré la sonnette d’alarme à propos de la situation économique du pays (déjà sous perfusion de 20 milliards d’euros).

L’indice CAC 40 a ouvert, lundi, en baisse de 1,69 %, sans aucune valeur en hausse. A la mi-journée, la Bourse de Paris réduisait ses pertes mais restait dans le rouge à moins 0,62 %. A l’ouverture, Londres abandonnait 1,16 % et Francfort 0,98 %. Les indices pan-européens, EuroStoxx 50 et EuroFirst 300 perdaient respectivement 1,28 % et 1,16 %, tandis que la première place financière asiatique, Tokyo, chutait de 3,84 % lundi en clôture, à 9 520,80 points, son seuil le plus bas en plus de six mois.

Nouriel Roubini : "Nous sommes dans une zone dangereuse"

LeMonde.fr Mis à jour le 07.06.10 à 15h44

Nouriel Roubini, professeur à l’université de New York, est l’un des rares économistes à avoir vu venir la tempête financière de 2008. Invité de la conférence de Zermatt (Suisse) sur le thème "Humaniser la mondialisation", il livre son analyse sur la crise actuelle de l’euro.

Wikipedia : Nouriel Roubini en 2009

La zone euro n’existera plus dans sa forme actuelle d’ici cinq ans, affirment douze des vingt-cinq économistes de la City, interrogés par le Daily Telegraph. "Il y a pratiquement zéro probabilité que la zone euro survive dans sa composition actuelle", affirme Andrew Lilico, chef économiste du groupe Reflexion Policy Exchange.

"Les Allemands ne veulent pas payer pour les autres", relève de son côté David Blanchflower, ancien conseiller de la Banque d’Angleterre. Tim Congdon, consultant chez International Monetary Research, prédit que "la zone euro va perdre trois ou quatre membres - Grèce, Portugal et peut-être Irlande". Parmi les autres experts interrogés par le quotidien britannique, huit estiment que la zone euro sera épargnée ; les cinq derniers réservent leur réponse.

Vous avez évoqué un possible "éclatement" de la zone euro. Persistez-vous dans ce pronostic ?

Le risque existe. Le problème principal de l’Union monétaire, au-delà des déficits excessifs, est que certains pays ont perdu en compétitivité. L’un des moyens pour la restaurer consiste à renoncer à l’euro et à revenir aux monnaies nationales - drachme, peseta ou escudo.

Ne pas le faire obligerait ces pays à réduire les salaires ce qui provoquerait une récession. Opter pour la solution allemande, c’est-à-dire restructurer l’appareil productif, prendrait trop de temps. In fine, la seule option pour éviter un éclatement de la zone euro et regagner en compétitivité est de faire plonger l’euro. Parti de 1,50 dollar, il est descendu à 1,20. Il peut chuter jusqu’à la parité avec le dollar. La Banque centrale européenne (BCE) doit jouer son rôle en adoptant une politique monétaire accommodante.

Quelles seraient les conséquences de "l’éclatement" de l’euro pour l’Europe et pour le reste du monde ?

Si ce scénario se concrétise, ce que je ne crois pas à court terme, seuls un ou deux pays quitteront la zone euro. Ce processus peut être orchestré de façon ordonnée pour limiter les dommages au système financier, comme ce fut le cas au Pakistan ou en Ukraine : la vieille dette a été remplacée par une nouvelle dette avec une maturité plus longue et des intérêts maîtrisés.

En revanche, si les choses se font de façon désordonnée et précipitée, les dommages ne concerneraient pas seulement la région mais le monde entier avec des conséquences économiques, politiques et sociales.

Si plusieurs membres de l’Union monétaire décidaient de quitter la zone euro, l’Europe se recentrerait autour d’un noyau dur de quelques pays, plus homogènes en termes de politiques économiques et fiscales. Ainsi recomposée, l’Union monétaire pourrait survivre, même si la transition est délicate.

L’Europe n’est pas la seule à être en difficulté : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon sont également confrontés à des déficits publics gigantesques...

Oui et nous sommes, je pense, entrés dans une seconde phase de la crise. La mise en place de plans de relance keynésiens pour éviter que la récession ne se transforme en dépression a fait basculer l’amas de dettes privées vers le secteur public. Nous avons socialisé les pertes du secteur privé. Et nous sommes dans une zone dangereuse.

La situation est-elle tenable en l’état ?

Il s’écoulera sans doute beaucoup de temps avant que les Etats-Unis perdent leur note "AAA". Mais la maladie américaine, c’est un déficit budgétaire qui dépasse 10 % de son produit intérieur brut (PIB), 1 500 milliards de dollars (1 255 milliards d’euros). La situation n’est pas tenable. Pour le moment le pays est à l’abri, car l’appétit des investisseurs pour la dette américaine reste vif. Mais un jour les détenteurs de cette dette pourraient se réveiller, et dire "même les Etats-Unis sont dans une situation critique".

Que pensez-vous de la multiplication des politiques de rigueur ?

Augmenter les impôts et réduire les dépenses est socialement douloureux. Mais quelle est l’alternative ? Poursuivre des politiques budgétaires généreuses ? Les marchés ont déjà sonné l’alerte, le faire serait aller à la faillite. Quant à la solution qui consisterait à "imprimer de l’argent", cela conduirait à créer une inflation galopante. L’austérité n’est pas une option facultative.

Doit-on redouter une rechute de l’économie ?

En Europe oui. Avant la crise grecque, la croissance en zone euro était estimée à moins de 1 % en 2010. Compte tenu du choc intervenu au cours des trois derniers mois, si l’économie n’entre pas techniquement en récession la croissance sera proche de zéro, les Bourses vont continuer à chuter, les coûts de l’emprunt vont augmenter, les liquidités manquer, la confiance des investisseurs, des entreprises, des ménages, se détériorer. La croissance déjà anémique le sera plus encore.

Le G20 se réunit à la fin du mois pour discuter des nécessaires réformes de la régulation financière. Va-t-on dans la bonne voie ?

Le G20 est l’organisme de gouvernance mondial approprié, car les pays émergents devenus incontournables comme la Chine, le Brésil, l’Inde, la Russie, sont à la table des discussions. Des progrès ont déjà été faits pour améliorer la régulation financière en mettant sur pied des principes élémentaires de réforme de la régulation financière. Il faut aller au bout. Les crises ne sont pas un black swan (cygne noir), un événement imprévisible, mais un "cygne blanc", un événement prévisible et évitable.

Aux Etats-Unis, vous êtes surnommé Dr Doom (Dr Fatalis) du fait de votre pessimisme. Avez-vous une bonne nouvelle à nous annoncer ?

Je ne suis pas Dr Doom, mais plutôt Dr Réalité. Il ne s’agit pas d’être optimiste ou pessimiste mais d’analyser les faits. Et les choses que j’ai annoncées se sont malheureusement souvent produites. La bonne nouvelle est que, face à la crise mondiale, il y a une réaction politique. En outre, si le Nord reste en crise, l’économie est plus robuste dans les pays émergents. On assiste à la bascule de l’économie de l’Ouest vers l’Est, de l’Europe et des Etats-Unis vers l’Asie, du G7 vers le G20.

Propos recueillis par Claire Gatinois

TVA à 5,5 % : une mesure peu efficace, mais qui sera maintenue

LEMONDE.FR 07.06.10 à 15h15

Ne dites pas à Hervé Novelli que la TVA à 5,5 % est une niche fiscale... même si Bercy la considère comme telle (voir page 147 du document PDF).

AFP/JOEL SAGET Selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires, la baisse de la TVA de 19,6 à 5,5 % dans la restauration ne créerait à long terme que 6 000 emplois alors que les restaurateurs s’étaient engagés à en créer 40 000.

Pour le secrétaire d’Etat au commerce, invité lundi 7 juin sur RMC, ce n’est pas vrai : "Une niche fiscale, c’est une exception au droit et le droit européen prévoit un taux principal et un taux réduit" de TVA, applicable à certains produits ou services.

Selon lui, le gouvernement ne fait "qu’appliquer ce taux réduit" de TVA, ce qui "répare une injustice fiscale". Et malgré la crise et l’intention affichée par le gouvernement de raboter de 10 % les niches fiscales, il n’est pas question pour l’instant de toucher à cette TVA réduite, qui coûte pourtant très cher : 3 milliards d’euros en un an.

Le secrétaire d’Etat se veut ferme sur ce dossier politiquement sensible : le secteur de la restauration représente des centaines de milliers d’emplois. Pourtant, le bilan de la baisse de la TVA dans les bars et restaurants est pour le moins mitigé.

Une baisse des prix de 1,7 % en moyenne.

Un rapport rédigé par le Synhorcat, le syndicat à l’origine de cette mesure, qu’on ne peut donc taxer d’hostilité à son égard, fait état d’une efficacité médiocre : la baisse de la TVA a permis de réduire les prix dans les restaurants de 1,7 % en moyenne depuis son instauration au 1er juillet 2009. Loin, très loin, des promesses de la profession.

Le "contrat d’avenir" signé avec Bercy voilà un an, le 28 avril 2009, prévoyait en effet une répercussion intégrale de la baisse de TVA (soit 11,8 %) sur sept types de produits dans une liste en comportant 10 au total. "Ainsi, de par son choix, tout client pourra bénéficier, s’il le souhaite, de la baisse intégrale de la TVA sur un repas complet, soit une baisse de 11,8% sur les prix actuels", peut-on encore lire dans ce document. Un engagement qui n’a visiblement pas été totalement respecté.

Selon le rapport du Synhorcat, la petite baisse des prix constatée vient essentiellement des efforts des grandes chaînes de restauration, qui en ont fait un argument de communication. Mais la plupart des restaurants ont ignoré ou appliqué a minima les engagements des syndicats à baisser les prix d’un certain nombre de produits.

Peu d’embauches.

Dès octobre 2009, la Cour des Comptes fustigeait l’inefficacité de ce dispositif, qui a coûté en un an trois milliards d’euros, le triple du prix annoncé lors de sa mise en place. A l’époque, Eric Wœrth expliquait : "L’idée est de savoir si ce milliard d’euros est bien placé ou pas. La restauration est un secteur extraordinairement pourvoyeur d’emplois. Je pense qu’on doit pouvoir augmenter les emplois, c’est d’ailleurs un engagement". Un engagement qui n’a pas non plus été tenu.

Les accords prévoyaient en effet pas moins de 40 000 créations d’emploi au total : 20 000 pérennes et 20 000 contrats d’apprentissage. Un an plus tard, le Synhorcat annonce péniblement 5 700 créations d’emplois. Le syndicat évoque le rôle de la crise dans ce mauvais bilan. Et préfère mettre en avant la hausse des salaires de 5 % dans la profession, où l’on embauche désormais 25 % au dessus du smic.

Reste que, malgré les efforts de communication mis en place (site dédié, campagne d’affichage dans la presse), le bilan de l’opération est pour le moins contrasté.

En novembre, la commission des finances du Sénat avait voté, à l’unanimité, le retour à une TVA normale dans la restauration, une manière de dénoncer le manque de coopération de la profession. Depuis, les voix qui contestaient cette mesure à droite se sont tues. Mais la perspective d’un plan de rigueur pourrait les faire s’exprimer à nouveau.

En attendant, des "belles tables" s’engagent, du 7 au 13 juin, à proposer, dans 600 restaurants, un menu entrée-plat-dessert à tarif unique : 20 euros au déjeuner, 35 au dîner. Baisse de TVA incluse.

Samuel Laurent

Bruxelles "préoccupé" par la rapidité de la baisse de l’euro

AFP, Mise a jour : 07/06/2010 13:26

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, s’est dit lundi plus "préoccupé" par la rapidité de la baisse de l’euro que par son niveau, alors que la monnaie unique a chuté sous 1,19 dollar pour la première fois depuis plus de quatre ans.


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