AID Association initiatives dionysiennes
16ème chronique de la Macronésie

CATALUNYA !

par Bruno BOURGEON

lundi 2 octobre 2017 par JMT

Que vient faire la Catalogne en Macronésie ? mettre en lumière comment ceux qui détiennent le pouvoir se serrent les coudes pour plaire à leurs riches mandants dont ils défendent les intérêts bien compris (pour celles et ceux qui ne sauraient toujours pas pourquoi, voir Michel Pinson et Monique Pinson-Charlot, nos sociologues spécialisés dans les us et coutumes des riches !). Ainsi la gravure de mode qui nous préside, alias "bosse et tu pourras te payer un costar à 1200€ " :-) a, sans barguigner, volé au secours du cuistre qui préside le gouvernement espagnol .

Ledit cuistre au nom imprononçable, ramassant une Espagne dans le ruisseau suite à l’explosion de la bulle immobilière délirante en 2008, a déclaré la guerre aux catalans depuis même avant son arrivée au pouvoir, en leur enlevant les maigres libertés arrachées à l’incapable qui le précédait. Lequel incapable (oui les fleurs ne sont pas chères :-) , était le ci-devant chef du PSOE, parti "socialiste" "ouvrier" espagnol, (on est prié de ne pas rigoler, on avait bien un parti "socialiste" en France !), tout cela fleurant en réalité bon quelque chose ressemblant fort à nos énarques dont chacun connaît la grande aptitude à parler de tout sans rien en connaître, vu que c’est sur ce critère qu’on les dresse, sélectionne et classe au grand dam des organismes où ils vont sévir tant qu’ils ne tombent pas dans la politicaillerie :-)

Mariano Rajoy a donc, depuis son entrée en fonction, joué avec la légèreté du taureau de corrida ; justement l’Etat central espagnol la promeut, alors que le 28 juillet 2010, le Parlement régional de Catalogne a voté l’interdiction de la corrida par 68 voix contre 55, et que, le 20 octobre 2016, le tribunal constitutionnel espagnol a annulé l’interdiction des corridas en Catalogne : si c’est pas agiter la muleta sous le nez des catalans ça ? Surtout dans la foulée des vexations des retours en arrière sur les libertés. Pourquoi le Pays Basque a-t-il plus de pouvoir fiscal que la catalogne ? un rapport avec l’Irak peut-être ? :-)

Les Catalans se veulent pacifistes, Mariano non ! Chacun donc a pu voir une Catalogne transformée en pays occupé,ce qu’elle est de facto exemple très clair de ce que sont devenues nos démocraties grâce aux affabulations sur le terrorisme que nous créons nous mêmes, d’état d’urgence, de militarisation et de contrôle de tous et de tout.

Mais la Catalogne a aussi quelques griefs contre la France, depuis la croisade des Albigeois qui l’a chassée du nord des Pyrénées, jusqu’aux interventions suivantes qui ont tout fait pour faire disparaître la Principauté de Catalogne. Sans doute à Paris les conseillers du coprince d’Andorre n’ignorent-ils pas qu’il y a toujours des catalans sur le sol de la République et qu’il vaut mieux éviter de donner de (mauvaises ?) idées dans une Europe qui parle de "régions transfrontalières" en agitant ainsi des verges pour se faire battre ? Et plus généralement dans la plupart des états européens de nombreux territoires rêvent de leur autonomie ou indépendance perdue... d’autant que les multinationales aimeraient bien avoir face à elles des nains politiques et économiques qu’elles pourraient ainsi encore plus facilement manoeuvrer au mieux de leurs intérêts ?

Référendum catalan : le gouvernement castillan se fourvoie

Quand Mariano Rajoy a expliqué il n’y a « pas eu de référendum d’auto-détermination en Catalogne » et que « l’état de droit a prévalu », il a raison. Il n’y a pas eu de référendum valide, puisque les bulletins de vote ont été saisis, qu’un grand nombre de bureaux ont été fermés, que cette consultation était illégale au regard du droit espagnol qui, jusqu’à nouvel ordre, s’applique en Catalogne et l’état de droit l’a donc emporté. On comprend que le chef du gouvernement s’en réjouisse mais, politiquement parlant, il s’est fourvoyé.

L’autonomie des provinces espagnoles est inégale : le Pays Basque peut disposer de sa propre collecte d’impôts et reverser une quote-part à l’état, la Catalogne reverse l’intégralité de son impôt au gouvernement castillan, qui reversera une partie de cette collecte au gouvernement régional. Cela justifiait la tenue du référendum. N’oublions pas non plus que la constitution espagnole indique qu’il s’agit d’un royaume, et que le roi est « Roi de toutes les Espagnes ».

On peut aussi comparer cette consultation à celle tenue en Ecosse, en plein Brexit, et le gouvernement britannique ne s’y est pas opposé : il y a eu bataille d’idées, dont une par exemple sur le fait que l’Ecosse dispose des réserves pétrolières en mer du Nord. Le résultat a fait que l’Ecosse est restée dans le Royaume.

On peut enfin comparer l’attitude des gouvernements centraux entre Irak et Espagne, sur les référendums respectifs en Catalogne et au Kurdistan. Force est de constater qu’il est tellement plus facile de taper sur des petits vieux désarmés que sur des Kurdes suréquipés… Deux attitudes différentes.

Politiquement, le bilan de cette journée espagnole est catastrophique. La police nationale a tiré des balles en caoutchouc, ce n’est pas rien, sur des gens qui ne faisaient que voter.

Elle les a matraqués. Des personnes âgées ont été blessées. Des urnes ont été subtilisées par cette même police. Entre les hélicoptères dans le ciel, le déploiement de forces et les nombreux blessés, la Catalogne a vécu une telle journée d’affrontement avec le pouvoir central qu’une cassure s’est opérée, hier, en Espagne.

Il y aura un avant et un après 1er octobre 2017 : ces violences qui étaient le fait du gouvernement espagnol ont toutes chances d’avoir fait basculer de nombreux indécis et nombre d’adversaires d’une sortie de l’Espagne dans le camp de l’indépendance.

Le nombre des indépendantistes a sûrement progressé hier. L’indépendantisme catalan, forcément, s’est radicalisé : voyez la position de Gérard Piqué, international de football et défenseur du Barça. Il ne sera maintenant pas facile de recoudre les morceaux puisque la satisfaction arrogante de M. Rajoy est irritante pour les Catalans et que Carles Puigdemont, le chef du gouvernement catalan, n’a pas attendu pour dire que « la Catalogne avait gagné le droit d’avoir un état indépendant ».

L’Union Européenne sera peut-être, un jour, une union des régions mais pas avant qu’elle ne soit elle-même un état fédéral. L’éclatement des 27 pays qui la composent aujourd’hui ne pourrait mener qu’à son délitement.

En tant qu’altermondialiste, on ne peut pas soutenir les initiatives des peuples à se séparer, à se défier. En tant qu’écologistes, si cela contribue à une relocalisation de l’économie, ce ne peut être que favorable. L’erreur de Macron aura été de soutenir le violent gouvernement Rajoy sans se préoccuper de ce que cela pouvait présager comme atteinte aux droits de l’homme. Ni droite, ni gauche, disait-il ? Bien à droite tout de même…

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID, www.aid97400.lautre.net

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MEDIAS LOCAUX

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Mardi 3 Octobre 2017 - 09:29

* Courrier des lecteurs dans Le Quotidien.re (payant) du jeudi 5/10 10:05

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* Courrier des lecteurs dans Clicanoo.re

* Courrier des lecteurs dans IPReunion.com

LIENS

Rappel : tous ceux qui suivent le site AID depuis un certain temps ont certainement remarqué (c’est d’ailleurs rappelé dans la newsletter que reçoivent les plus fidèles qui nous ont donné leur mél) dans la colonne de droite de la page d’accueil que nous recevons en streaming des articles de sites amis. L’un des ce que nous apprécions le plus est Altermonde-sans-frontières qu’AID subventionne depuis des années au nom de la pluralité de l’information...et surtout parce qu’il le vaut bien :-). Merci Michel, Manon et toute l’équipe des chroniqueurs bénévoles.

Voici spécifiquement un article sur la Catalogne : Catalogne : la démocratie européenne prend des pains dans la gueule personnes trop sensibles à la vue du sang s’abstenir !

Dans la même colonne vous trouverez aussi par l’IRIS :Catalogne : une solution est-elle possible avec Rajoy ?

* Le 7-9 De France Inter du 2 Octobre 2017

* Référendum en Catalogne : le conseiller régional d’Occitanie Gérard Onesta en mission d’observation

* Référendum en Catalogne : la police saisit les urnes et charge les manifestants

* Le réveil des nations oubliées

* Les nations oubliées de l’Europe

* Espagne- Constitution du 27 décembre 1978

* Communautés autonomes d’Espagne

* Histoire de la Catalogne

* Principauté de Catalogne

VIDEOS

* Catalonia History & independence from Spain explained in 3 minutes (Catalan history 2017)

* Catalonia independence from Spain explained in 4 minutes (Catalonia referendum 2017)

* Pourquoi les Catalans souhaitent-ils être indépendants ?

* Comprendre le conflit catalan (indépendance de la Catalogne)

* À quoi ressemblerait la Catalogne si elle était un pays ?

* La corrida par Francis Cabrel

Et maintenant, quel(s) scénario(s) pour la Catalogne ?

10h46, le 02 octobre 2017, modifié à 11h42, le 02 octobre 2017 Par Axel Roux

Un homme brandit l’Estelada, le drapeau pro-indépendance de la Catalogne, dans les rues de Barcelone, dimanche. @ PAU BARRENA / AFP

L’incertitude règne toujours en Catalogne. Après la large victoire du "oui", revendiquée à 90% par les indépendantistes malgré une faible participation (42,3%), le fossé se creuse un peu plus entre Madrid et Barcelone. D’un côté, le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a nié l’existence du scrutin, évoquant une simple "mise en scène" de démocratie ; de l’autre, le chef du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, a ouvert la voie à une proclamation d’indépendance, affirmant que les Catalans avaient dorénavant "le droit d’avoir un Etat indépendant".

Plus que jamais lundi matin, la Catalogne et l’Espagne se retrouvent arc-boutés sur des positions contraires. Pour le quotidien de référence El Pais, partisan de l’unité nationale, il s’agit là d’une "crise institutionnelle grave". Plusieurs scénarios sont maintenant sur la table. Europe 1 passe en revue les hypothèses au lendemain du référendum.

Une sortie "sèche" de l’Espagne

En théorie, et en vertu d’une loi votée début septembre par la courte majorité séparatiste au parlement catalan, l’indépendance devrait être proclamée dans les 48 heures suivant une victoire du "oui". Une sortie "sèche", unilatérale et rapide, serait toutefois synonyme d’une escalade dangereuse avec le gouvernement central, note l’Opinion. Le président du gouvernement, Mariano Rajoy, pourrait répliquer et enclencher l’article 155 de la Constitution qui lui permet de prendre la direction d’une communauté autonome en cas d’atteinte grave à l’intérêt général. Une décision à laquelle s’opposeraient les indépendantistes qui ne reconnaissent plus la "suprématie" de la Constitution espagnole, mais uniquement la "souveraineté de la nation catalane", indique Anthony Sfez, chercheur sur les questions hispaniques et ibériques, dans Libération.

En cas de refus de se soumettre à Madrid, les chefs séparatistes pourraient être passibles des chefs d’accusation de sédition et rébellion. Ils encoureraient alors des peines de quinze à trente ans de prison et une privation de leurs droits civiques. Une option qui, après l’indignation suscitée par la répression du référendum, ne ferait qu’attiser les braises en Catalogne.

La rue contre Madrid

Autre hypothèse : Carles Puigdemont ne déclare pas l’indépendance et décide de jouer la rue contre Madrid. Renforcés par une gestion du référendum jugée calamiteuse par l’opinion, les indépendantistes décident d’en tirer profit via une mobilisation massive dans toute la Catalogne. Un scénario qui se profile d’ailleurs à l’heure actuelle, avec un appel à la grève générale mardi lancé par les syndicats catalans, indique le quotidien barcelonnais La Vanguardia.

Leur objectif : rallier à eux les (nombreux) abstentionnistes qui ne se sont pas exprimés lors du scrutin, mais qui désapprouve la "méthode forte" de Mariano Rajoy pour l’empêcher et souhaitent lui envoyer un signal fort. Avec une forte action populaire, les indépendantistes catalans pourraient ainsi "passer de la logique de l’indépendance à celle de la défense de la démocratie contre un Etat répressif", juge Gabriel Colome, professeur de sciences politiques à l’Université autonome de Barcelone. Et appuyer leur rapport de force avec Madrid pour négocier des marges d’autonomie supplémentaires. Convocation d’élections législatives anticipées en Catalogne

En parallèle de la pression dans la rue, l’exécutif local peut décider de dissoudre le Parlement catalan et d’organiser de nouvelles élections. Face à la crise, les indépendantistes pourraient capitaliser dans les urnes et constituer une forte majorité dans cette instance régionale. Une manière d’affaiblir un peu plus le gouvernement central, qui gouverne actuellement sans majorité, et qui s’appuie sur les nationalistes basques (favorables à l’autonomie des régions) pour voter son budget. Dans ces conditions, le Parti populaire de Mariano Rajoy aurait plus de mal à maintenir la fragile coalition dont il bénéficie au Parlement espagnol.

Enfin, une large victoire des séparatistes catalans lors d’élections anticipées leur permettrait de reprendre leurs revendications dans un cadre institutionnel cette fois : reconnaissance du catalan comme langue préférentielle, régime fiscal à part, statut autonome...


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