AID Association initiatives dionysiennes
En plongée dans la France profonde en difficulté économique

Nicolas Sarkozy cherche à calmer le jeu et à valider sa politique.

De la négociation mais pas de moyens : bling-bling !

jeudi 26 mars 2009 par JMT

A Saint-Quentin, le chef de l’Etat s’est attaqué mardi aux bonus des patrons qui reçoivent une aide de l’Etat et a promis d’en faire plus pour les jeunes et le partage des profits. "Il ne doit plus y avoir de bonus dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat, qui met en oeuvre un plan social d’ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel", a tranché le chef de l’Etat.

Après le discours prononcé par Nicolas Sarkozy mardi soir à Saint-Quentin dans l’Aisne, politiques et syndicats n’ont pas tardé à réagir. Extraits.

Elysée - Sarkozy : une dose de morale, une dose d’espoir

Avec agences - le 25/03/2009 - 09h32

A Saint-Quentin, le chef de l’Etat s’est attaqué mardi aux bonus des patrons qui reçoivent une aide de l’Etat et a promis d’en faire plus pour les jeunes et le partage des profits. "Il ne doit plus y avoir de bonus dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat, qui met en oeuvre un plan social d’ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel", a tranché le chef de l’Etat.

Crédit Photo : TF1/LCI Nicolas Sarkozy lors de son discours à Saint-Quentin (24 mars 2009)

Reprenant ses accents de candidat, Nicolas Sarkozy a voulu s’adresser mardi avant tout à "la majorité silencieuse", à "ceux qui ne manifestent pas et qui souffrent en silence". Calme, presque grave, le chef de l’Etat a attaqué son discours de Saint-Quentin mardi soir par des considérations morales.

Cinq jours après les manifestations de jeudi dernier, qui ont rassemblé 1,2 à trois millions de personnes dans toute la France, il avait choisi la sous-préfecture de l’Aisne, au coeur d’une région très touchée par la crise, pour tenter de répondre aux inquiétudes des Français.

"Dans une crise de cette nature, face aux risques qu’elle recèle, on ne peut pas se contenter d’être responsable que de son parti, de son entreprise ou de son syndicat", a déclaré le chef de l’Etat dans un discours largement consacré à sa politique économique.

"Dans une crise aussi profonde, aussi grave, chacun d’entre-nous, quelle que soit la place qu’il occupe dans la société, a une responsabilité morale", a insisté Nicolas Sarkozy.

"Chacun d’entre nous doit s’interroger sur les conséquences de ce qu’il dit et de ce qu’il fait", "chacun d’entre nous doit s’efforcer de ne pas céder à la démagogie, car comme toujours la démagogie enfantera le populisme", "chacun d’entre nous doit se demander tout le temps si ce qu’il décide est juste car la crise, avec les sacrifices qu’elle impose, rend l’injustice encore plus insupportable".

Nouvelles mesures pour les jeunes et l’industrie, peut-être pour les profits

"Il fallait agir. Nous avons agi", a déclaré le chef de l’Etat après avoir énuméré les mesures prises depuis le début de la crise pour "soutenir l’activité et protéger l’emploi".

"Est-ce assez ? Si la situation devait se dégrader, nous ferions davantage", a poursuivi Nicolas Sarkozy, alors que syndicats et opposition pressent le gouvernement d’amplifier ses mesures, notamment en soutenant la consommation.

Mais "la sagesse, le bon sens, le sang-froid commandent d’attendre que tout ce qui a été décidé soit mis en oeuvre, qu’on laisse le temps à toutes ces mesures de produire leurs effets", a immédiatement tempéré le président.

Il a annoncé qu’il souhaitait évaluer avec les partenaires sociaux "avant l’été" les résultats des mesures du gouvernement. "Au vu de la situation économique et sociale, nous réfléchirons, si cela est nécessaire, à d’autres mesures", a-t-il ajouté.

Néanmoins, s’agissant du partage des profits, il a déjà promis un projet de loi "à l’automne" si les partenaires sociaux ne parvenaient pas d’ici juin à bouger sur ce sujet.

Nicolas Sarkozy a souligné par ailleurs vouloir, "avant le 15 avril", "un plan d’urgence en faveur des jeunes", en demandant que "toutes les pistes" soient explorées. Mesure concrète, il a annoncé la désignation de "commissaires à la réindustrialisation" dans les bassins d’emploi en difficulté.

"Ils auront les pleins pouvoirs pour mobiliser tous les acteurs et pour agir" et "disposeront de moyens d’intervention financiers accrus avec la création d’une ligne de prêts du trésor qui permettra d’intervenir directement", a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat a souhaité que "la France reste une nation industrielle", "qu’elle garde des usines, des ouvriers". Enfin, au risque de relancer des accusations de protectionnisme, Nicolas Sarkozy s’est dit favorable à une "taxe carbone" qui "permettra de faire participer les importations au financement de la protection sociale" et de lutter contre le "dumping environnemental".

Bonus et patrons

Il était attendu sur ce thème, il l’a gardé pour la fin. "Il ne doit plus y avoir de parachutes dorés. Il ne doit plus y avoir de bonus, de distribution d’actions gratuites ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat, qui met en oeuvre un plan social d’ampleur ou qui recourt massivement au chômage partiel", a tranché Nicolas Sarkozy.

"Percevoir une grosse rémunération en cas d’échec, (...) qu’un dirigeant qui a mis son entreprise en difficulté puisse partir avec un parachute doré ce n’est pas responsable, ce n’est pas honnête", a-t-il lancé, réagissant aux polémiques suscitées par les stock-options versés aux dirigeants de la Société Générale ou le parachute doré octroyé à l’ex-PDG de Valeo.

En cas de plan social ou de chômage partiel, "on recourt aux fonds publics. Et il n’est pas honnête de les utiliser à autre chose que le redressement de l’entreprise" ou de les utiliser "pour rémunérer des gens qui ne le méritent pas", a encore expliqué Nicolas Sarkozy, sans toutefois évoquer une éventuelle loi en ce sens. Il a également défendu une nouvelle fois son "bouclier fiscal" qui plafonne à 50% les impôts payés par les plus riches.

On aurait pu s’attendre à ce que le discours très sérieux ne compte, pour une fois, aucune pique adressée à ses adversaires. Cela aurait été mal connaître le président de la République. "Les libertés, tout le monde en parle, mais apparemment, cela ne fait pas toujours recette", s’est-il notamment amusé dans une allusion pas du tout voilée à Martine Aubry.

Dimanche dernier, la nouvelle patronne du PS avait tenu un discours sur ce thème, dans un Zénith peu rempli. Cela mettra peut-être un peu de baume au coeur aux socialistes : un millier de personnes ont manifesté contre la venue de Nicolas Sarkozy dans la ville de Saint-Quentin, quadrillée pour l’occasion par un millier de policiers et CRS.

Crise - Politiques et syndicats réagissent au discours de Sarkozy

- le 24/03/2009 - 21h48

Le PS a estimé que "rien n’est prévu pour soutenir le pouvoir d’achat et la consommation". "Il n’y a aucun élément nouveau", a réagi Force ouvrière.

Crédit Photo : TF1/LCI Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin, le 24 mars 2009

Après le discours prononcé par Nicolas Sarkozy mardi soir à Saint-Quentin dans l’Aisne, politiques et syndicats n’ont pas tardé à réagir. Extraits.

POLITIQUES :

Parti socialiste : "Rien n’est prévu pour soutenir le pouvoir d’achat et la consommation (...). Dans les circonstances actuelles, la France a besoin de décisions précises et efficaces. Le gouvernement et Nicolas Sarkozy doivent sortir du discours, pour en venir enfin aux actes."

Martine Aubry, première secrétaire du PS : "Les Français attendaient des réponses, ils n’ont eu que des obstinations et des diversions. (...) Nous attendions au moins des décisions" sur "les hautes rémunérations, les bonus et les parachutes dorés. Il nous a dit ’ce sont des comportements qui ne sont pas responsables’, avec l’indignation dont il sait parfois faire preuve (...). Ce n’est pas honnête et pas responsable, M. le président."

Jean-Luc Mélenchon, Parti de Gauche : "Muré dans ses certitudes libérales, Nicolas Sarkozy vient de tenir un discours de confrontation sociale et politique. En adepte de la théorie du choc, il compte profiter des circonstances de crise pour l’application d’une politique libérale qui a déjà conduit le monde au désastre."

Parti communiste : "Hautain, fier de lui, il n’a fait qu’aligner mensonges et épouvantails pour justifier une politique économique ultra-libérale et une politique sociale liberticide. Il n’y a qu’à comparer le petit tirage d’oreille dont ont écopé les voyous du grand patronat aux trois ans de prison qu’il promet aux jeunes pour leur simple appartenance supposée à une bande."

Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière : "Sarkozy a prétendu marier ensemble les mots capitalisme et morale" et "a eu le culot d’affirmer que la crise nous rend libres". "Pour les travailleurs, la seule solidarité qui a un sens, c’est celle de tous les exploités dans la lutte pour ne pas supporter tout le poids de la crise."

Philippe de Villiers, MPF, et Frédéric Nihous, CPNT : Nicolas Sarkozy, "après un examen lucide et juste des problèmes économiques de la France et des préoccupations des Français, n’a pourtant pas osé pointé du doigt le vrai responsable de la situation actuelle de notre pays : la commission de Bruxelles".

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP : "Le sang-froid, la lucidité et la détermination caractérisent ce discours qui est de nature à donner confiance aux Français. A Toulon, le Président de la république a été le premier chef d’État à mesurer l’ampleur de la crise, à Saint-Quentin, il nous montre le chemin pour en sortir."

SYNDICATS :

Jean-Claude Mailly, Force Ouvrière : "Il n’y a aucun élément nouveau, aucune annonce et je le regrette parce qu’il y a nécessité notamment de soutenir la consommation et notamment à travers la question salariale."

Jacques Voisin, CFTC : "J’ai l’impression que Nicolas Sarkozy cherche à calmer le jeu et à valider sa politique. Il n’y a rien de bien nouveau. On n’a pas vu de vraies mesures pour protéger les salariés des licenciements de confort (...). Il manque des actes très concrets sur le logement, sur le pouvoir d’achat. Il n’a pas rassuré toutes les victimes de la crise."

Bernard van Craeynest, CFE-CGC : "Il y a des annonces qui vont dans le bon sens mais reste à en décliner les modalités pour concrétiser tout cela."

Pierre Khalfa, Solidaires : "J’ai vu que M. Sarkozy dénonçait les patrons qui avaient des rémunérations exorbitantes, les stock-options, etc. Le problème, c’est que, pour le moment, il n’a pris aucune mesure. Pour le moment, ce ne sont que des paroles."

Alain Olive, Unsa, syndicats autonomes : "Il ouvre de nouveaux espaces à la négociation sur les questions de restructuration industrielle et sur le fait qu’il y a un engagement qui est pris : aucun salarié qui serait frappé par ces restructurations ne serait abandonné. Ça c’est très fort."

Videos

Bonus : Claude Guéant : "un décret la semaine prochaine"

26 mars 2009 - 12h45

La solution du décret, "plus rapide et plus facile", a été privilégiée pour interdire les bonus dans les entreprises aidées par l’Etat, a affirmé Claude Guéant sur France 24.

LCI.fr

Crise : Sarkozy décrète la mobilisation pour sauver les industries

24 mars 2009 - 20h03

Nicolas Sarkozy a annoncé mardi la mise en place de "commissaires à la réindustrialisation" dans les bassins d’emploi en difficulté : "Ils auront les pleins pouvoirs pour agir".

Sarkozy explique sa politique anti-crise

24 mars 2009 - 20h00

Cinq jours après la journée de mobilisation, le chef de l’Etat a défendu mardi soir, à Saint-Quentin, sa politique économique et ses réformes, sans exclure de nouvelles mesures si la crise devait s’aggraver.

La Redaction

Crise : Sarkozy s’attaque aux parachutes dorés

24 mars 2009 - 19h48

"Il ne doit plus y avoir de bonus ou de stock-options dans une entreprise qui met en oeuvre un plan social ou qui reçoit des aides de l’Etat", a martelé mardi soir le chef de l’Etat.

LCI.fr


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