AID Association initiatives dionysiennes
Harcèlement administratif ou judiciaire.....la nouvelle cuisine oppressive se décline

Qui veut siffler partout la fin de la récré ?

Ici, comme aux Antilles et comme en métropole

lundi 16 mars 2009 par JMT

J’ai fait un drôle de rêve cette nuit. J’étais en train de sonoriser un groupe au récréateurs à St Denis, et le chanteur guitariste avait chauffé la salle comme il faut avec du rock plus qu’endiablé et finissant son show en slip panthère.

Voilà quatre mois que le feuilleton médiatico-judiciaire intitulé l’"affaire de Tarnac" ne cesse de ne plus vouloir finir. Julien (Coupat) va-t-il sortir à Noël ? Pour le Nouvel An ? Aura-t-il plus de chance vendredi 13 ?

LA PREFECTURE FERME LES RECREATEURS

J’ai fait un drôle de rêve cette nuit. J’étais en train de sonoriser un groupe au récréateurs à St Denis, et le chanteur guitariste avait chauffé la salle comme il faut avec du rock plus qu’endiablé et finissant son show en slip panthère.

J’étais plus que content car le son était vraiment bon et que je suis assez novice en la matière. Puis le groupe avait passé ses instruments aux « beufeurs » de passage, comme ça se fait quand l’ambiance est bonne.

C’est là que le rêve a basculé.

Je me suis vu en train de prendre le micro et de déclamer « attention c’est le dernier morceau que vous entendrez dans ce bar avant nouvel ordre, on sait pas quand ça va rouvrir, c’est le dernier morceau des récréateurs ! » sur quoi un dénommé Blaise avait entamé avec un groupe de fortune ce qu’on peut appeler, dans le jargon, un blues décapant.

Le hic c’est que Anne avait scotché au pied de micro une heure avant une affichette annonçant « LA PREFECTURE FERME LES RECREATEURS ». Et voilà t-y pas qu’à la fin du blues, dans une ambiance qui en redemande, je me suis vu faire arrêter toute musique dans l’indignation générale, allant même jusqu’à couper l’ampli guitare, comme si j’étais moi-même un agent de la préfecture. Le délire total, quoi. Qu’est-ce que l’imagination peut pas inventer des fois quand on dort…

Mais le matin arrive et voilà que je me réveille dans un monde sans Bashung, sans pouvoir d’achat, dans une sous-préfecture sans animation vraiment digne de ce nom, sans récréateurs… C’était pas un rêve, mais bien le salopard de cauchemar de la réalité.

Je vais au marché forain et je me demande pourquoi j’avais une salade rachitique à 1.20 euros en grande surface hier alors que j’en ai deux bien dodues pour 1.50 ici.

Je me demande pourquoi certains prix vont soi disant baisser de 5 à 14% plutôt que d’autre dans 15 jours alors que les trois quarts ont augmenté d’une bonne vingtaine de pourcent en un an, et que dans le même laps de temps mon salaire a augmenté de 2.75 %.

Je me demande pourquoi le grand groupe dans lequel je travaille, et qui a annoncé un bénéfice de 1.5 miliards d’euros cette année, n’a pas encore entamé de procédure de dégraissage dans le rang de ses salariés, sachant que lorsqu’on gagne 14 milliards il faut licencier sans tarder.

Je me demande si le remplacement d’un ancien sauveur par un nouveau sauveur va vraiment changer la donne dans un pays come Madagascar.

Je me demande comment, dans un pays démocratique, un seul voisin parvient à priver des milliers de clients de sorties nocturnes avec ambiance à St Denis, alors que tout a été fait pour lui assouplir les tympans, travaux et propositions d’extension de travaux à l’appui, qu’aucune esclandre n’a jamais éclaté en bas de sa maison, à côté du bar ou l’on ne serVAIT que des boissons à taux d’alcool égal ou moins fort que le vin, et ou les mots d’ordre était dialogues, rencontre, convivialité, échange, arts, fraternité, divertissement, écologie, non-violence…

Bref, je m’en pose des questions, et j’ai malheureusement le résumé de la plupart des réponses, à savoir que le mal a gagné depuis longtemps la partie sur cette planète, si tant est qu’il y ait eu une partie un jour…

Alors bon, soyons lucide : on n’a plus qu’à se flinguer pour oublier tout ça, non ?

Non, bien entendu. Tant qu’il y aura de la légine sur le marché et que la marchande me fera un petit prix pour mon repas du dimanche, il faudra se battre. Alors je décide de prendre de la légine, ce qui veut dire pas de fleurs pour ma femme et pas de petits gateaux en dessert… Mais c’est tellement bon la légine avec une sauce crème citron aneth, que j’en prends et que je décide de faire un courrier sur tout ça…

A tous les messieurs dames qui ont fait fermer ce lieu qui était tant attendu dans St Denis je dis chapeau ! Vous avez mis à peine quatre mois à parvenir à vos fins.

Maintenant si vous le permettez, avec l’once d’humanité qu’il vous reste, pouvez vous aider à trouver une solution à tous ces gens qui rêvent de s’amuser et de se rencontrer après le boulot, de construire des choses vivantes ensemble, et de s’évader un peu du rythme lancinant des embouteillages, de la réalité si souvent morbide des images que l’on nous balance quotidiennement, etc…

A tous ceux qui ont passé des bons moments aux récréateurs, non, ce n’est pas un rêve mais un vrai cauchemar : « LA PREFECTURE FERME LES RECREATEURS » et on ne sait pas du tout quel est le programme pour la suite.

Nous sommes des milliers à avoir espéré un lieu comme celui là à St Denis, des milliers en quatre mois à avoir dansé sur la piste pour le bonheur de dizaines de petits groupes qui cherchaient depuis longtemps à se produire, tout comme des têtes d’affiches, des milliers à s’être vidé la tête le plus sainement qu’il soit dans les soirées jeux, des milliers à s’être rencontré pour le meilleur et pour le rire, des milliers à avoir prouvé qu’il peut exister une autre vie dans cette ville, un espace si constructif que le voilà muet avant même d’avoir terminé sa première mutation, alors que nous avions tous tellement de chose à nous dire encore, que nous laissons en suspens tant de discussions, de projets, d’espoirs de se retrouver la semaine prochaine pour faire avancer tant de choses qui nous tiennent tous à cœur…

Ne laissons pas passer ça. Ne laissons pas tout ça en suspens, dans l’attente incertaine que ça reprenne un de ces jours, et qu’il faille tout recommencer à zéro.

Envoyez vos réactions sur le site Les Récréacteurs

envoyez vos réactions à tous les médias, à tous ceux que vous croisez sur votre route, gardons le contact et réagissons !

Des décisions vont être prises rapidement et mises en ligne, tenez vous au courant et participez !

Gros bisous et à bientôt !

Arthur

sit-in petition ce lundi 16 Mars a 19 h devant les récréateurs

voir le site Les Récréacteurs pour la suite

Lettre de 8 des 9 inculpés de l’affaire de Tarnac, à leurs juges.

Lundi 16 mars 2009, par Rédacteur

Voilà quatre mois que le feuilleton médiatico-judiciaire intitulé l’"affaire de Tarnac" ne cesse de ne plus vouloir finir. Julien (Coupat) va-t-il sortir à Noël ? Pour le Nouvel An ? Aura-t-il plus de chance vendredi 13 ?

Non, finalement on le gardera encore un peu en prison, enfermé dans son nouveau rôle de chef d’une cellule invisible. Puisqu’il semble que quelques personnes aient encore intérêt à faire perdurer cette mascarade, même au-delà du grotesque, il va nous falloir endosser, encore une fois, le rôle que l’on nous a taillé ("les 9 de Tarnac"), pour un nécessaire éclaircissement collectif. Alors voilà. ...

Primo.

Pendant que des journalistes fouillaient jusque dans nos poubelles, les flics reluquaient jusqu’à l’intérieur de nos rectums. C’est assez désagréable. Depuis des mois vous ouvrez notre courrier, vous écoutez nos téléphones, vous traquez nos amis, vous filmez nos maisons. Vous jouissez de ces moyens.

Nous, les neuf, nous les subissons, comme tant d’autres. Atomisés par vos procédures, neuf fois un, alors que vous, vous êtes toute une administration, toute une police et toute la logique d’un monde. Au point où nous en sommes, les dés sont un peu pipés, le bûcher déjà dressé. Aussi, qu’on ne nous demande pas d’être beaux joueurs.

Deuzio.

Bien sûr vous avez besoin d’"individus", constitués en "cellule", appartenant à une "mouvance" d’une fraction de l’échiquier politique. Vous en avez besoin, car c’est votre seule et dernière prise sur toute une part grandissante du monde, irréductible à la société que vous prétendez défendre.

Vous avez raison, il se passe quelque chose en France, mais ce n’est certainement pas la renaissance d’une "ultragauche". Nous ne sommes ici que des figures, qu’une cristallisation somme toute plutôt vulgaire d’un conflit qui traverse notre époque. La pointe médiatico-policière d’un affrontement sans merci que mène un ordre qui s’effondre contre tout ce qui prétend pouvoir lui survivre.

Il va sans dire qu’à la vue de ce qui se passe en Guadeloupe, en Martinique, dans les banlieues et les universités, chez les vignerons, les pêcheurs, les cheminots et les sans-papiers, il vous faudra bientôt plus de juges que de profs pour contenir tout ça. Vous n’y comprenez rien. Et ne comptez pas sur les fins limiers de la DCRI pour vous expliquer.

Tertio.

Nous constatons qu’il y a plus de joie dans nos amitiés et nos "associations de malfaiteurs" que dans vos bureaux et vos tribunaux.

Quarto.

S’il semble aller de soi pour vous que le sérieux de votre emploi vous amène jusqu’à nous questionner sur nos pensées politiques et sur nos amitiés, nous ne nous sentons pas, quant à nous, le devoir de vous en parler.

Aucune vie ne sera jamais absolument transparente aux yeux de l’Etat et de sa justice. Là où vous avez voulu y voir plus clair, il semble plutôt que vous ayez propagé l’opacité.

Et l’on nous dit que, désormais, pour ne pas subir votre regard, ils sont toujours plus nombreux ceux qui se rendent à des manifestations sans téléphone portable, qui cryptent les textes qu’ils écrivent, qui font d’habiles détours en rentrant chez eux. Comme on dit : c’est ballot.

Quinto.

Depuis le début de cette "affaire", vous avez semblé vouloir accorder beaucoup d’importance au témoignage d’un mythomane, aussi appelé "sous X". Vous vous obstinez, c’est courageux, à accorder un peu de foi à ce ramassis de mensonges, et à cette pratique qui a fait l’honneur de la France il y a quelques décennies - la délation.

C’en serait presque touchant, si ça ne conditionnait pas l’accusation de chef à l’encontre de Julien, et donc son maintien en détention. Si ce genre de « témoignage » ne justifiait pas des arrestations arbitraires – à l’occasion, par exemple, de quelques balles envoyées par la Poste, ou sur la police, dans l’Hérault, ou à Villiers-le-bel.

Enfin, étant entendu que la marge de liberté qu’il nous reste est désormais fort réduite, que le seul point à partir duquel nous pouvons nous soustraire à votre emprise réside dans les interrogatoires auxquels vous nous soumettez à intervalles réguliers.

Que Julien s’est déjà vu refuser quatre demandes de remise en liberté.

Qu’il est notre ami.

Qu’il n’est rien de plus que ce que nous sommes.

Nous décidons qu’à partir de ce jour, dans l’héroïque tradition d’un Bartleby, "nous préférerons ne pas". En gros, nous ne vous dirons plus rien et cela jusqu’à ce que vous le libériez, jusqu’à ce que vous abandonniez la qualification de chef pour lui et de terrorisme pour nous tous. En résumé, jusqu’à ce que vous abandonniez les poursuites.

Pour tous ceux qui, là où ils sont, se battent et ne se résignent pas. Pour tous ceux que le ressentiment n’étouffe pas et qui font de la joie une question d’offensive.

Pour nos amis, nos enfants, nos frères et nos soeurs, les comités de soutien. Pas de peur, pas d’apitoiement. Pas de héros, pas de martyrs.

C’est précisément parce que cette affaire n’a jamais été juridique qu’il faut transporter le conflit sur le terrain du politique. Ce que la multiplication des attaques d’un pouvoir toujours plus absurde appelle de notre part, ce n’est rien d’autre que la généralisation de pratiques collectives d’autodéfense partout où cela devient nécessaire.

Il n’y a pas neuf personnes à sauver mais un ordre à faire tomber.

Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Manon, Matthieu, Yldune sont, avec Julien Coupat, mis en examen dans l’"affaire de Tarnac".

la suite sur le site soutien11novembre


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