AID Association initiatives dionysiennes
La rentrée 2018 d’AID

LBSJS 137 - Le Groupe Bilderberg et la Trilatérale

par Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

vendredi 9 février 2018 par JMT

Désormais nos séances ont lieu les 2ème (LBSJS) et 4ème (Cafeco) mercredis du mois, exception faite de cette première séance 2018 qui se tiendra exceptionnellement, pour cause de Saint Valentin à « L’ArbraDélis’ » Lundi 19 février 2018 de 18h à 22h30, 1 Place Sarda Garriga (Barachois) Tel 0262 56.96.22.

Repas partagé ensuite pour ceux qui désirent continuer à échanger sur ce thème.

L’ArbraDelis

AFFICHE A4

PDF - 28.8 ko
Affiche LBSJS 138

MEDIAS LOCAUX

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du

* Imaz Press Réunion

* JIR

* Courrier des lecteurs de Clicanoo du

* Quotidien

PRESENTATION

Le groupe Bilderberg est un rassemblement annuel et informel d’environ 130 membres, essentiellement américains et européens, dont la plupart sont des personnalités de la diplomatie, des affaires, de la politique et des médias.

Ce forum annuel a été inauguré en mai 1954 à Oosterbeek aux Pays-Bas, lors d’une réunion à l’hôtel Bilderberg (d’où son nom) et possède des bureaux à Leyde.

La Commission trilatérale (parfois abrégée en Trilatérale) est une organisation privée créée en 1973 à l’initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations, parmi lesquels David Rockefeller, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski.

Regroupant 300 à 400 personnalités parmi les plus remarquées et influentes de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Asie du Pacifique (États dont la plupart sont également membres de l’OCDE), son but est de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde, pôles de la Triade.

Il s’agit d’un groupe partisan de la doctrine mondialiste, auquel certains attribuent l’orchestration de la mondialisation économique.

La non-médiatisation des conférences de Bilderberg, qui se tiennent au mois de mai ou juin de chaque année, a entraîné des spéculations sur une éventuelle discipline médiatique de silence qui violerait le principe d’existence du journalisme.

Parmi les reproches, on notera la crainte de voir une structure collégiale abritant un petit nombre de personnes prendre, sans contrôle démocratique, des décisions importantes en économie ou en politique.

Des sources journalistiques belges évoquent la possibilité que les membres de la conférence s’engageraient à user de leur influence pour faire appliquer ce qui a été convenu au cours de la conférence. Voyons ce soir ce qu’il en est réellement.

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

D’après le site American Free Press, la réunion 2018 aurait lieu à Turin du 7 au 10 Juin

Bilderberg : forum de discussion ou cercle de domination mondiale ?

Dans le monde des complots, il y a à boire et à manger. Mais il y a des récits de complots appuyés sur des réalités plus tangibles. L’industrie du tabac qui nous vend ses produits soi-disant inoffensifs, en est un exemple. Mais nous avons choisi de focaliser sur les réunions à huis-clos des dirigeants de ce monde, et notamment à l’occasion des dîners du Siècle ou encore du groupe Bilderberg – cet "objet de fantasmes" comme le répètent à l’envi ceux qui s’intéressent au sujet… et qui le connaissent. Car certains semblent découvrir son existence – à l’exemple d’Yves Calvi qui, dans son émission C dans l’air, tombe de sa chaise en entendant le nom.

Pourtant, dès qu’on évoque Bilderberg, il suffit de quelques secondes pour que l’accusation de complotisme fasse surface. Il est vrai que la semi-clandestinité de ces réunions, ainsi que l’interdiction pour les participants d’en parler, encouragent les conspirationnistes qui ont tôt fait de les considérer comme le directoire d’un nouvel ordre mondial.

L’ancien ministre socialiste des affaires étrangères Hubert Védrine a participé aux réunions du groupe Bilderberg mais aussi aux dîners du Siècle. A combien de réunions exactement ? Difficile de le savoir. Il n’existe pas de liste officielle des membres du club Le Siècle. Quant au groupe Bilderberg, seule la liste des participants des trois dernières années est publiée sur leur site. Védrine révèle y avoir participé "deux fois seulement en tant que ministre, sur la dissuasion nucléaire".

Face au peu d’informations officielles, il a donc fallu trouver refuge dans les archives médiatiques pour dénicher des enquêtes sur le groupe Bilderberg – réuni pour la première fois en 1954, dans le plus grand secret, et révélé au grand public dans les années 60. Là encore, les trouvailles sont maigres.

Côté télé, un JT de 1977 présenté par Yves Mourousi qui lance un reportage signé Dominique Bromberger, tout jeune journaliste à nœud papillon. Et ensuite ? Il faut attendre 2015, et un JT de Canal+, pour évoquer la réunion qui se déroule cette année-là en Autriche. De même, peu de littérature dans la presse sur le sujet, hormis un long papier de L’Obs.

Côté livres, notons Circus Politicus de Christophe Deloire et Christophe Dubois qui consacrent au sujet un bon tiers de l’ouvrage ainsi que Complocratie rédigé le journaliste Bruno Fay. Enfin, Monique Pinçon-Charlot, ancienne directrice de recherche au CNRS, a mené, en compagnie de son époux Michel, des enquêtes sur les puissants. Le couple est notamment auteur de Sociologie de la bourgeoisie paru en 2007 et Le président des riches -autrement dit Nicolas Sarkozy-.

Mais entrons dans le vif du sujet : qu’est-ce que le groupe Bilderberg ? Fay commence par situer le contexte de sa création en 54 : "nous sommes en pleine guerre froide" et "les Américains souhaitaient ancrer l’Europe aux États-Unis". Ce fut donc au départ un mouvement atlantiste – rejoint par quelques têtes couronnées d’Europe – histoire de créer un bloc face aux soviétiques.

A l’origine de Bilderberg mais aussi de la Commission Trilatérale (une petite sœur qui inclut le Japon et plus largement l’Asie en 1973) : David Rockefeller. Petit-fils de John D. Rockefeller, fondateur de l’immense et richissime compagnie pétrolière Standard Oil, David fut officier de renseignement à Alger pendant la seconde guerre mondiale puis attaché militaire à Paris à la Libération. Il entre ensuite à la Chase Manhattan Bank pour en devenir le patron. Là, il côtoie les plus grands chefs d’État et est souvent considéré comme un des porte-drapeaux de la cause étasunienne d’après-guerre.

De son côté, Pinçon-Charlot préfère remonter aux accords économiques de Bretton Woods qui dessinent les grandes lignes du système financier international en 1944 et, de fait, imposent la volonté américaine d’étendre le système capitaliste à l’échelle de la planète. "Bilderberg et La Trilatérale sont la suite logique d’une histoire où les États-Unis veulent être le cheval de Troie au cœur de l’Europe néolibérale qu’ils veulent construire", explique la sociologue.

Du "délire", selon Védrine qui soutient que les Américains ont assisté l’Europe de l’après-guerre bien malgré eux, ce qui explique qu’ils aient imposé leurs conditions. Certes ces réunions sont discrètes mais les dirigeants travaillent déjà ensemble à l’occasion de sommets comme le G8 ou le G20. Pourquoi un tel fantasme alors ? "Le système médiatico-mondial ne supporte pas la discrétion", estime Védrine.

"On ne décide rien dans ces réunions" assure également Védrine. "Les dominants ont toujours un déni des faits de la domination", répond Pinçon-Charlot. Or, "pour dominer, il faut cacher l’arbitraire de la domination. Les résultats de ces discussions ont des conséquences sur les peuples" poursuit-elle. Avant d’assurer que "Bilderberg est une petite étoile dans le ciel de l’oligarchie" où l’on retrouve également des institutions plus formelles comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international, toutes deux créées "en 1944 avec un droit de véto des Etats-Unis. Aucune décision importante ne peut se prendre, rappelle la sociologue, s’il n’y a pas 85% des voix. Or les Etats-Unis se sont accordés dans les accords de Bretton Wodds 16,79% des voix". Ainsi, pour Pinçon-Charlot, Bilderberg mais aussi la Trilatérale ou le FMI sont les lieux où les puissants s’accaparent les richesses et le pouvoir.

Bilderberg, un gouvernement mondial ? Fay dément : ce n’est pas le lieu où se prennent des décisions, mais des lieux de débats avec des intervenants– et parfois des sociologues ! Pour autant, la règle du Chatham House (silence sur ce qui se dit dans les réunions) et le mélange des genres (rencontres entre chefs d’Etat en exercice et chefs d’entreprise) posent problème. Dans aucune autre organisation, souligne Fay, on ne trouve pas à la fois le patron de Google et le conseiller d’Obama, ce qui crée de fait un mélange des genres. Y compris à Davos où se réunissent tous les ans les chefs dirigeants politiques et économiques ? Fay nuance : "Davos est beaucoup plus ouvert" et les journalistes peuvent couvrir l’événement. Tandis qu’au Bilderberg, "on a 130 membres qui tous les ans y participent, et qui sont tenus au silence".

Pour Védrine, ces réunions – comme il en existe de nombreuses et notamment le Club Valdaï en Russie – sont des lieux où les dirigeants peuvent parler vrai, en face à face. Et ils n’ont pas besoin du Bilderberg pour avoir de l’influence. Fay rétorque que le Bilderberg reste un espace de lobbying international d’importance – sinon pourquoi perdre trois jours dans un hôtel ?

Pour autant, est-ce un lieu d’accélération de carrière pour les futurs dirigeants "adoubés" par le Bilderberg ? Fay raconte alors sa rencontre, dans le cadre de son enquête, avec Etienne Davignon, ancien président belge du comité directeur du cercle. Ce dernier revient sur l’invitation de Manuel Valls au Bilderberg (sous le mandat de Sarkozy) en tant que "socialiste français ouvert".

Le Bilderberg a-t-il permis l’ascension de Valls ? Réponse de Davignon retranscrite par Fay : "On n’est pas là pour faire sa promotion mais il n’est pas exclu que ça lui soit utile et que ça lui ouvre aussi les yeux sur certains points. Ensuite, certains de nos invités ont un destin, mais ce n’est pas de notre fait. Je crois plus à notre vision".

En parlant de Valls, ce dernier, alors ministre de l’Intérieur, a été interrogé sur sa présence au Bilderberg par des membres de We Are Change Paris, branche parisienne du mouvement international We Are Change qui se dit "opposé au Nouvel Ordre Mondial". Valls botte en touche et notamment sur l’audition par le comité exécutif de Bilderberg en novembre 2009 du Belge Herman Van Rompuy, alors premier ministre belge, quelques jours avant sa nomination comme premier président du Conseil européen, nomination que personne n’attendait.

Ces réunions ne sont-elles pas nocives ? Pour Védrine, elles ne changent rien. Pour autant, l’ancien ministre semble rejoindre Pinçon Charlot qui, un peu plus tôt, assurait que "si les citoyens n’étaient pas dépossédés de la politique et du débat public, ils ne fantasmeraient pas".

Avant de nuancer en précisant qu’il faut "résister à la dictature de la transparence". A ces mots, la sociologue bondit : elle rappelle que ce n’est pas grâce à Bercy que les Luxleaks et autres leaks ont été découverts mais grâce aux lanceurs d’alerte ! Par ailleurs, ajoute-t-elle, les gens importants ont besoin de se rencontrer parce qu’ils ne sont pas nombreux par rapport aux masses populaires (les fameux 99%) et parce qu’ils sont "très fragiles".

Et de prendre pour exemple le film Merci Patron – disséqué ici en compagnie de son réalisateur François Ruffin – qui a déstabilisé le groupe LVMH. Un groupe dont Védrine siège par ailleurs au conseil d’administration rappelle Pinçon-Charlot qui liste dans la foulée le pedigree de notre invité, représentant selon elle de l’oligarchie : "ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand, ministre des affaires étrangères sous Lionel Jospin" mais aussi, une fois sa carrière politique terminée, "avocat, puis il fonde son propre cabinet de conseil..." Une société personnelle précise Védrine, spécialisée en opportunités et risques géostratégiques. Védrine écoute puis, tout en reconnaissant l’immense travail de la sociologue, lui reproche son militantisme.

Les questions sur le fonctionnement du Bilderberg sont-elles légitimes ? Oui mais elles sont vite occultées par l’accusation de complotisme qui rend le travail des journalistes difficiles, estime Fay. Pour la sociologue, La Trilatérale n’a pas seulement intégré le Japon et l’Asie mais aussi tous les intellectuels critiques du capitalisme. Pour preuve : ce cercle a réussi à enrôler les grands patrons de la presse. Patrons ou journalistes qu’on retrouve également aux dîners du Siècle, club français fondé en 1944 qui regroupe des principaux dirigeants politiques, économiques, culturels et médiatiques donc, autour d’un dîner mensuel. Tous les mercredis de la fin du mois défilent ses membres, que Gilles Balbastre et Yannick Kergoat se sont amusés à filmer dans leur documentaire Les nouveaux chiens de garde sorti en 2012.

Ces dîners sont surtout l’occasion "d’économiser cinquante coups de fil et dix déjeuners" selon Védrine, qui y a assisté à plusieurs reprises. Là encore, Pinçon-Charlot tique : l’idée est de "faire prendre la mayonnaise oligarchique" durant ces dîners. Fay revient sur l’idée de la transparence : pas immédiate mais décalée – comme le filmage du bureau ovale de la Maison Blanche – ce peut être une façon de stopper les fantasmes. Ainsi, pourrait-on décider de publier les comptes-rendus du Bilderberg quelques années plus tard. Certes, la montée de la transparence qui a révélé un grand nombre de manipulations a alimenté la crise de confiance mais aussi les complotistes. Pour autant conclut Védrine, taquin, "même si les complotistes sont délirants, il y a des complots".

REFERENCES VIDEO

* Bilderberg, Trilatéral : La tromperie des médias 13min49

* Site Arrêt sur Images : Complots : Bilderberg pour les nuls

* Site Arrêt sur Images : "Le système médiatico-mondial ne supporte pas la discrétion" Bilderberg, capitale de l’oligarchie ? Védrine et Pinçon-Charlot débattent

* Macron au service du nouvel ordre mondial

* Macron membre du Bilderberg

* Natacha Polony - Groupe Bilderberg & Dîner du Siècle

DIAPORAMA

* Diapositives

En ligne après la séance

* Commentaires

En ligne après la séance

PROCHAINES SEANCES PROGRAMMEES

* Mercredi 28 Février 2018 - Cafeco 236 : « L’urgence de ralentir » par Bruno BOURGEON

* Mercredi 14 Mars 2018 – LBSJS 139 : sujet non fixé

* Mercredi 28 Mars 2018 - Cafeco 237 : sujet non fixé

Contacts GSM : Bruno BOURGEON : 0692 05 45 05

Contacts mél : bruno.bourgeon@gmail.com ou jean-marc.tagliaferri@wanadoo.fr ou aid97400@orange.fr

Retrouvez le Repaire et sa documentation sur le site web : www.aid97400.lautre.net

Le Repaire de Là-bas si j’y suis, un collectif de l’Association Initiatives Dionysiennes. Contact : aid97400@orange.fr

Connaissiez-vous l’émission « modeste et géniale » de Daniel MERMET sur France-Inter ? elle continue sur le net : http://www.la-bas.org/


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 2148912

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Repaire de Là-bas Si J’y Suis   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License