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Dans la France merdique ....

POLEMIQUES LUBRIQUES SUR FONDEMENTS POLITIQUES

... on s’invente des sujets ludiques

vendredi 9 octobre 2009 par JMT

Stéphane Le Foll a dénoncé vendredi les "initiatives personnelles" de socialistes dans la polémique autour de Frédéric Mitterrand.

"Ce soir, plus encore qu’hier, il doit démissionner", a affirmé jeudi la vice-présidente du FN, après l’interview de Frédéric Mitterrand sur TF1. "Dont acte", a commenté pour sa part vendredi matin Benoît Hamon sur RTL.

L’adjoint à la Culture à la mairie de Paris (PS) affirme que "cette affaire est désastreuse pour beaucoup d’homosexuels, femmes et hommes".

Si la presse souligne l’émotion dont a fait preuve Frédéric Mitterrand au 20 h, elle pointe aussi les nombreux débats soulevés par la polémique ayant entouré son livre. "Veut-on une société (...) de l’inquisition ?" s’interroge Laurent Joffrin dans Libération. Au contraire, Le Télégramme souligne qu’un "tabou a été brisé dans la politique française".

Frédéric Mitterrand a estimé jeudi sur TF1 avoir "fait une faute contre l’idée de la dignité humaine" en ayant recours à des amours tarifées. Il dit bénéficier de "la confiance de Nicolas Sarkozy".

Le livre du ministre de la Culture a d’abord été un succès littéraire et critique avant de se muer en objet de scandale vilipendé par le FN et certains socialistes. Explications.

Quatre ans après la parution d’un livre relatant ses expériences de tourisme sexuel, la polémique rattrape le ministre de la Culture, cible d’attaques du FN mais aussi du PS. Dans la soirée, le porte-parole du PS Benoît Hamon a même estimé qu’il revenait à Nicolas Sarkozy et François Fillon d’apprécier si le ministre devait démissionner.

"Qu’est-ce qu’on peut dire aux délinquants sexuels quand Frédéric Mitterrand est encore ministre de la Culture ? ", lance-t-elle, en s’en prenant à un livre écrit par le ministre en 2005.

Affaire Mitterrand - Un proche de Hollande évoque un "malaise" au PS

le 09/10/2009 - 15h33

Stéphane Le Foll a dénoncé vendredi les "initiatives personnelles" de socialistes dans la polémique autour de Frédéric Mitterrand.

Stéphane Le Foll (PS)

Stéphane Le Foll, proche de l’ancien premier secrétaire François Hollande, a dénoncé vendredi les "initiatives personnelles" de socialistes dans la polémique autour de Frédéric Mitterrand, qui ont suscité un "malaise" au PS, mettant à mal sa "cohérence" et son "unité".

"La polémique qui est née autour de Frédéric Mitterrand ne peut que susciter un malaise au sein du Parti socialiste", a affirmé dans un communiqué le député européen, membre du Bureau national du parti.

"Je souhaite, au nom d’une génération de socialistes que je peux aussi représenter comme d’autres, que l’expression publique au sein du Parti socialiste soit moins soumise à la spontanéité et à l’émotion des uns et des autres et plus à une réflexion issue d’une délibération collective". Selon lui, "il y a sur des sujets graves, nécessité de bien peser ses mots et ses prises de position pour clarifier le débat".

"Tirer les enseignements de ce qui vient de se passer"

"Les initiatives personnelles suscitent la confusion, mettent à mal la cohérence de notre expression et la nécessaire unité de notre Parti", prévient Stéphane Le Foll pour qui "la première des rénovations consiste à revenir à une éthique de la responsabilité individuelle et collective".

Le PS, ajoute-t-il, "dispose d’instances de discussions collectives - Bureau national, Conseil national- qui permettent l’élaboration de positions communes. Il est grand temps de tirer les enseignements de ce qui vient de se passer et de retrouver des habitudes de travail collectives".

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, avait dénoncé de manière virulente les écrits du ministre de la Culture, à rebours d’autres responsables socialistes. Il a affirmé vendredi s’être "exprimé en tant que porte-parole du PS mais pas au nom de tout le Parti socialiste".

(D’après agence)

Affaire Mitterrand - Pour Marine Le Pen, Mitterrand "a menti"

le 09/10/2009 - 13h53

"Ce soir, plus encore qu’hier, il doit démissionner", a affirmé jeudi la vice-présidente du FN, après l’interview de Frédéric Mitterrand sur TF1. "Dont acte", a commenté pour sa part vendredi matin Benoît Hamon sur RTL.

Crédit Photo : TF1/LCI Marine Le Pen, le 22 septembre 2007

La vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a estimé jeudi soir que le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand avait "menti", ajoutant : "Ce soir, plus encore qu’hier, il doit démissionner". "Frédéric Mitterrand a menti avec beaucoup d’impunité.

On pouvait lui reconnaître une qualité de sincérité quand il parlait d’autobiographie (...) Mais quant à faire croire aux Français que les ’gosses’ dont il parle dans son livre sont des hommes de 40 ans, il rajoute l’indignité à l’indignité", a déclaré Marine Le Pen.

Au centre d’une polémique autour de son livre "La mauvaise vie" paru en 2005, le ministre de la Culture s’est expliqué jeudi soir longuement sur TF1 en affirmant n’avoir "jamais participé" à la pédophilie. Il a dénoncé également le tourisme sexuel "une honte".

Comme on lui demandait s’il avait eu des relations sexuelles avec des mineurs, Frédéric Mitterrand a répondu : "Quand même, vous reconnaissez quelqu’un qui a 40 ans. Un boxeur de 40 ans ne ressemble pas à un mineur, enfin ! Franchement !".

"Ce soir, plus qu’hier encore, il doit démissionner", a ajouté Marine Le Pen, en demandant au président Nicolas Sarkozy "de le démissionner" et à "l’ensemble des élus UMP de réclamer sa démission".

"Des déclarations extrêmement claires"

Interrogé pour sa part sur RTL, au lendemain des explications télévisées du ministre de la Culture, Benoît Hamon est revenu sur ce qui l’avait choqué dans cette affaire, mettant en cause la manière dont le ministre de la Culture avait "parlé des garçons" dans son récit.

Frédéric Mitterrand "a eu des déclarations extrêmement claires hier, c’est incontestable", a toutefois reconnu le porte-parole du PS. "Dont acte, c’était une déclaration qui était attendue de la part d’un ministre qui a longtemps entretenu l’ambiguïté sur ce sujet dans les déclarations qu’il avait faites autour de son livre.

Il s’explique mais jusqu’ici, reconnaissons que Frédéric Mitterrand c’est un parangon d’ambiguïté". Benoît Hamon a ainsi dénoncé "l’amalgame" fait selon lui par le ministre de la Culture entre "les mots scabreux de l’extrême droite" et l’indignation de ceux "qui s’étaient exprimés contre l’exploitation sexuelle".

Autre socialiste, Manuel Valls a, comme Benoît Hamon, pris "acte" des déclarations de Frédéric Mitterrand sur ses écrits sur le tourisme sexuel en s’indignant toutefois des "accusations de populisme" lancées contre ceux qui, à gauche, avaient demandé des explications au ministre.

Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation du PS, a jugé pour sa part les explications de l’intéressé "laborieuses" et "narcissiques", jugeant qu’il sera "difficile" pour le ministre de la Culture "d’assumer sérieusement sa charge".

Au sein du gouvernement, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a jugé très émouvante la défense du ministre de la Culture, jeudi soir sur TF1, et a plaidé pour une "deuxième chance" après les "fautes" d’une vie. Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a trouvé Frédéric Mitterrand "convaincant" tout en concédant que l’affaire pourrait avoir des répercussions négatives sur l’opinion publique.

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Affaire Mitterrand - L’inquiétude de Girard

le 09/10/2009 - 11h45

L’adjoint à la Culture à la mairie de Paris (PS) affirme que "cette affaire est désastreuse pour beaucoup d’homosexuels, femmes et hommes".

Crédit Photo : Reuters Christophe Girard, adjoint au maire de Paris à la Culture

Depuis le déclenchement de la polémique autour du livre de Frédéric Mitterrand, Christophe Girard était resté silencieux. Dans un court texte qu’il rend public, l’adjoint à la Culture à la mairie de Paris ne revient pas sur l’affaire elle-même mais évoque ses conséquences sur le travail des associations et la lutte contre l’homophobie, l’un de ses combats.

"Cette affaire est désastreuse pour beaucoup d’homosexuels, femmes et hommes, qui ne se reconnaissent pas dans les récits faits ici et là depuis quelques jours dans les médias. Personne ne parle des associations, des militants, des anonymes qui luttent depuis tant d’années en France et à travers le monde pour le respect des personnes et leur dignité.

De nombreux homosexuels ont des enfants et de nombreux parents ont des enfants homosexuels et sont attachés à leur vie de famille et leur liberté. L’homosexualité comme l’hétérosexualité est diverse. Je crains que cette affaire n’ait réveillé les homophobies, les caricatures et la haine de l’autre. Il faudra reconstruire ce qui vient d’être détruit.", écrit Christophe Girard.

En mai 2006, il a publié un livre « Père comme les autres » (Hachette) où il révèle être le père d’un garçon aujourd’hui âgé d’une vingtaine d’années. Cet ouvrage sans tabou donna de nouvelles perspectives au débat sur l’homoparentalité.

Affaire Mitterrand - Sincérité et émotion, mais des questions restent posées

le 09/10/2009 - 06h50

Si la presse souligne l’émotion dont a fait preuve Frédéric Mitterrand au 20 h, elle pointe aussi les nombreux débats soulevés par la polémique ayant entouré son livre. "Veut-on une société (...) de l’inquisition ?" s’interroge Laurent Joffrin dans Libération. Au contraire, Le Télégramme souligne qu’un "tabou a été brisé dans la politique française".

Crédit Photo : TF1-LCI Frédéric Mitterrand, sur TF1 le 8 octobre 2009

Au lendemain de son intervention télévisée, la presse quotidienne souligne dans son ensemble la "sincérité" et "l’émotion" de Frédéric Mitterrand mais se montre très partagée dans son appréciation du fond de l’affaire.

Dans La Croix, Dominique Quinio souligne que la "question (est) de savoir s’il a eu des relations avec des mineurs, ce qui serait un crime", car "ce n’est pas son homosexualité, ni les misères de sa vie affective, ni même son recours à la prostitution qui font d’abord débat".

Mais Laurent Joffrin (Libération) prévient que "si l’on enquête sur la vie privée du ministre, il faudra alors fouiller dans celle de tous les autres responsables politiques". "Veut-on une société de la totale transparence, c’est-à-dire une société de l’inquisition ?", demande-t-il.

Au contraire, se réjouit Hubert Coudurier dans Le Télégramme, "un tabou a été brisé dans la politique française où le respect de la vie privée fut longtemps le cache-sexe de la protection des élites et d’une certaine complaisance des journalistes accrédités".

Car, "ministre ou élu, un homme d’Etat doit être au-dessus de tout soupçon. On ne peut pas exiger des citoyens de consentir des sacrifices, de respecter la loi, d’adopter des comportements civiques et moraux si on sème soi-même ne serait-ce que le doute, si on alimente l’actualité de ses propres dérapages", estime Michel Urvoy dans Ouest-France.

"Sarkozy risque de brouiller son message sécuritaire"

Dans La Montagne, Daniel Ruiz va plus loin. "Si l’on décide de condamner les écrits indéfendables de Frédéric Mitterrand parce qu’il n’y a rien de plus odieux que l’esclavage sexuel, alors il faut aller jusqu’au bout du nettoyage des écuries et éradiquer la banalisation de la pédophilie, de l’inceste, de la prostitution couverts par le silence ordinaire", écrit-il.

Sur un plan plus politique, La République du Centre, sous la signature de Jacques Camus, souligne qu’en "absolvant Frédéric Mitterrand, Nicolas Sarkozy risque de brouiller son message sécuritaire, et celui de Brice Hortefeux, sur la lutte implacable contre toutes les formes de criminalité ou de perversion et la protection des victimes".

Car, écrit François Martin, dans Le Midi Libre, "le ton libéral de Mitterrand en matière de moeurs est en totale inadéquation avec le discours sécuritaire du pouvoir".

Par ailleurs, pour Hervé Favre (La Voix du Nord), "la seule question qui se pose est : ce récit intime et douloureux est-il indigne d’un ministre de la République ?"

Non, semble penser Rémi Godeau, de L’Est Républicain : "au fond, cette atmosphère de lynchage, ce populisme tous azimuts, ces pathétiques calculs politiciens devraient suffire à conforter au gouvernement Frédéric Mitterrand".

D’autant que, si l’on suit Didier Pobel (Le Dauphiné Libéré), "dans la vie, il y a des pages qu’il faut savoir tourner. Vite. Comme dans certains livres".

D’après agence

Affaire Mitterrand - "Une erreur oui, un crime non, une faute même pas"

le 08/10/2009 - 23h00

Frédéric Mitterrand a estimé jeudi sur TF1 avoir "fait une faute contre l’idée de la dignité humaine" en ayant recours à des amours tarifées. Il dit bénéficier de "la confiance de Nicolas Sarkozy".

Crédit Photo : TF1-LCI Frédéric Mitterrand, sur TF1 le 8 octobre 2009

Frédéric Mitterrand a donné près de 15 minutes d’explications jeudi soir au 20h de TF1. Interrogé pour savoir s’il avait commis "une erreur" en évoquant ces relations sexuelles dans son livre publié en 2005 La mauvaise vie, le ministre de la Culture a répondu sur TF1 : "Une erreur oui, un crime non, une faute même pas".

"Je pense que j’ai fait une faute contre l’idée de la dignité, de la dignité humaine, et je pense que d’une certaine manière, il faut se refuser absolument à ce genre d’échange", a-t-il poursuivi.

"Que vienne me jeter la première pierre celui qui n’a pas commis ce genre d’erreur. Parmi tous les gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n’aurait pas commis ce genre d’erreur au moins une seule fois ?", s’est ensuite interrogé le ministre de la Culture.

"Ce n’est pas un récit totalement autobiographique, vous avez dû le noter, il n’y a rien de marqué dessus", a-t-il martelé à plusieurs reprises.

Frédéric Mitterrand a affirmé que son livre n’était "en aucun cas une apologie du tourisme sexuel" ni "une apologie de la pédophilie". "Je tiens simplement à préciser deux points essentiels (...) d’une part, ce n’est en aucun cas l’apologie du tourisme sexuel, en aucun cas, même si un des chapitres est précisément une traversée de cet enfer, avec la fascination que cet enfer peut susciter", a déclaré Frédéric Mitterrand.

"Il n’y a pas d’apologie sous aucune forme de la pédophilie"

"Il n’y a pas d’apologie du tourisme sexuel, il n’y a pas d’apologie sous aucune forme de la pédophilie et de la relation avec des jeunes garçons comme se sont permis de le dire un certain nombre de commentateurs, voire un certain nombre de politiques, qui ont certainement confondu leurs fantasmes et peut-être une certaine méchanceté", a-t-il ajouté. "En aucun cas, je n’ai jamais fait de mal à personne dans ma vie, jamais", a insisté Frédéric Mitterrand.

Le ministre de la Culture n’a pas démenti que les relations sexuelles étaient "tarifées" mais a affirmé que les "garçons" décrits dans "La mauvaise vie" n’étaient pas des mineurs."Quand même vous reconnaissez quelqu’un qui a 40 ans, un boxeur de 40 ans ne ressemble pas à un mineur, enfin franchement !"

Affirmant n’avoir jamais pensé à démissionner, il s’est expliqué sur les soutiens du couple exécutif : "Il (Nicolas Sarkozy, ndlr) m’a confirmé sa confiance, comme François Fillon, qui a dit ensuite aux cadres de l’UMP qu’il avait commencé à m’apprécier quand il avait lu mon livre, il y a quatre ans."

Interrogé sur sa réaction dans l’affaire Polanski, Frédéric Mitterrand a reconnu avoir "peut-être été trop émotif". "Sous le coup de l’émotion, on peut en tout cas faire savoir à un artiste de réputation internationale qu’il ne sera pas abandonné par son ministre de la Culture et de la Communication. (...) Je souhaite que Roman Polanski puisse s’exprimer dans les termes légaux", a-t-il ajouté.

Retrouvez ici l’interview intégrale du ministre au 20h

Affaire Mitterrand - Que dit cette "Mauvaise vie" ?

le 08/10/2009 - 16h21

Le livre du ministre de la Culture a d’abord été un succès littéraire et critique avant de se muer en objet de scandale vilipendé par le FN et certains socialistes. Explications.

Crédit Photo : ABACA Image d’archives Frédéric Mitterrand

Le ministre de la Culture est au cœur d’une violente et rapide polémique depuis mardi après les attaques de Marine Le Pen sur France 2 mais également de responsables socialistes.

Quel est donc le contexte d’écriture de ce livre ? Que disent exactement les écrits quit ont déclenché la polémique ? Le livre de Frédéric Mitterrand "La mauvaise vie" est paru en 2005 sans provoquer de critiques, notamment de la classe politique.

Dans ce récit à succès (190 000 exemplaires) qualifié par un critique "d’autobiographie mi-réelle, mi-rêvée", le futur ministre revisite notamment son enfance à l’ombre d’une gouvernante qu’il déteste et son adolescence hantée par les blessures que lui vaut l’homosexualité.

Il décrit également son goût pour la clandestinité, l’habitude prise très tôt de payer les étreintes des garçons et ces "foires aux éphèbes" où le mépris de celui qui est payé n’a d’égal que le mépris de celui qui paye.

Parmi les scènes les plus fortes : des scènes dans des maisons closes de Thaïlande où des jeunes gens défilent devant des hommes venus du monde entier, des nuits pluvieuses à Djakarta où le narrateur cueille un "boy" aux allures de paysan athlétique.

"L’argent et le sexe, je suis au coeur de mon système, celui qui fonctionne enfin, car je sais qu’on ne me refusera pas", écrit l’auteur. Je peux évaluer, imaginer, me raconter des histoires en fonction de chaque garçon ; ils sont là pour ça et moi aussi. Je peux enfiin choisir. J’ai ce que je n’ai jamais eu, j’ai le choix".

"Quand les gens disent les garçons, alors on imagine toujours les petits garçons"

De quel type de "garçons" parle-t-il ? C’est dans l’émission "Culture... et dépendances" diffusée sur France 3 le 6 avril 2005 que Frédéric Mitterrand est allé le plus loin dans les explications, en prenant le temps de répondre aux questions sur la rumeur sur son attirance pour les "petits garçons" .

"Peut-être, mais c’est pas vrai. Quand les gens disent les garçons, alors on imagine toujours les petits garçons, explique Frédéric Mitterrand. Comment vous dire ?...

Ca fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit, qui veut toujours noircir le tableau, compliquer le tableau. Ca n’a aucun rapport. Et évidemment, je m’expose peut-être à ce genre de dangers puisque d’une part, je parle des gaçons et des garçons que l’on cherche à droite et à gauche, et que je parle aussi de mon désir de paternité, et que de tout cela j’en parle franchement."

Et lorsque Franz-Olivier Giesbert insiste sur les rumeurs qui entourent l’âge des "garçons’, il lui demande d’expliciter l’ambiguïté du terme même de "garçons", mot souvent employé par les homosexuels mais qui ne signifie pas, comme dans le langage commun, enfants. Frédéric Mitterand confirme cette explication : "oui, les homoseuxels disent garçons à 60 ans, vous êtes un garçon pour moi Franz Olivier-Giesbert", sur un ton humoristique.

Avec plus de gravité, Frédéric Mitterrand conclut l’interview ainsi : "C’est un livre sur la difficulté depuis l’enfance à affronter certaines difficultés de la vie. (...) L’attirance pour son propre sexe fait partie des difficultés de l’existence, quoi qu’on dise".

Interrogée jeudi, son éditrice Betty Nialet livre le témoignage suivant. "L’accueil de la presse avait été extraordinaire, unanime", se souvient-elle. "Quand on le lisait dans le corps du texte, cela n’a choqué personne. Il a été reconnu comme un vrai écrivain avec ce livre-là".

Pour elle, dans cet ouvrage, Frédéric Mitterrand "ne fait pas l’apologie" du commerce des corps, "il se torture littéralement, il pose les problèmes éthiques et moraux".

(Avec agence)

Polémique - Mitterrand pris dans la tourmente

le 08/10/2009 - 16h20

Quatre ans après la parution d’un livre relatant ses expériences de tourisme sexuel, la polémique rattrape le ministre de la Culture, cible d’attaques du FN mais aussi du PS. Dans la soirée, le porte-parole du PS Benoît Hamon a même estimé qu’il revenait à Nicolas Sarkozy et François Fillon d’apprécier si le ministre devait démissionner.

Crédit Photo : Abacapress.com Frédéric Mitterrand, le 6 septembre 2009 à Seignosse, au campus d’été de l’UMP

Quatre ans après la parution d’un livre relatant ses expériences de tourisme sexuel, la polémique a rattrapé le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, cible d’une violente campagne de l’extrême droite, qui suscite un certain embarras. Le neveu de l’ancien président a répondu par le mépris à l’offensive lancée par le FN et relayée par le porte-parole du PS, Benoît Hamon, autour d’un récit (La mauvaise vie) dans lequel l’artiste confessait son penchant pour les amours tarifées avec de "jeunes garçons" durant ses voyages.

"Se faire traîner dans la boue par le Front national est un honneur", a-t-il lâché mercredi, laconique, à la sortie du Conseil des ministres, ravivant la fureur de sa vice-présidente Marine Le Pen. "Il n’a pas besoin de nous pour se traîner dans la boue tout seul. C’est maintenant Nicolas Sarkozy qui traîne la France dans la boue, en refusant d’exiger sa démission", a-t-elle déclaré, appelant la justice à ouvrir une enquête.

Une opération préparée

Profitant d’un débat télévisé sur les délinquants sexuels, lundi soir, Marine Le Pen avait jeté le pavé dans la mare, en citant des extraits de l’ouvrage dans un silence gêné. La séquence a déjà été visionnée plus de 9.000 fois sur internet, où beaucoup regrettent que l’attaque vienne du FN. "Cela me fait mal d’être d’accord avec une Le Pen", glisse l’un des internautes.

L’opération du FN a été mûrement préparée depuis le soutien affiché par le ministre au cinéaste Roman Polanski, dont il a jugé "absolument épouvantable" l’arrestation fin septembre pour une affaire d’abus sexuels sur mineure remontant à plus de trente ans.

"Quand on a vu cette position scandaleuse, on a cherché ce qu’il avait écrit dans le passé. C’est comme ça qu’on est tombé sur son livre", reconnaît un membre du bureau politique du FN, dont la pétition contre Mitterrand aurait recueilli quelque 3.000 signatures.

"Un livre terriblement glauque"

L’indignation a même gagné les rangs du PS, le député Patrick Bloche qualifiant ces écrits d’"insupportables", tandis que Benoît Hamon s’est dit "choqué" par le comportement d’un "ministre consommateur".

La Première secrétaire Martine Aubry assure ne pas "imaginer" que M. Mitterrand se soit livré à une "apologie du tourisme sexuel", tout en précisant n’avoir "pas lu le livre". "C’est bien dommage de pouvoir imaginer que des élus de gauche aillent rejoindre le Front national", a réagi Frédéric Mitterrand, à l’issue d’une audition en commission à l’Assemblée nationale.

Un argument repris par le patron de l’UMP Xavier Bertrand, qui s’étonne de voir le PS se placer "sur le terrain" du FN. "Se servir de la vie privée des gens pour en faire des attaques politiques ou politiciennes, cela me rappelle les pires heures de l’histoire", a-t-il lancé.

"On fait surtout la guerre au nom Mitterrand et ce qu’il incarne dans l’ouverture à gauche. C’est bête et stupide", estime aussi un collaborateur de François Fillon.

De son côté, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henir Guaino trouve que "débat politique français prend parfois des allures pathétiques. Tout cela est plein d’excès et assez indigne". Il estime que Frédéric Mitterrand n’a pas commis de crime ou de délit. "A-t-il été traduit devant un tribunal pour des faits répréhensibles, a-t-il fait l’objet de plaintes, de poursuites ? Il n’y a pas de faits".

Hamon : "injustifiable" et "inacceptable"

L’affaire alimente toutefois un certain malaise à droite, où certains s’inquiètent d’une résurgence du FN, à l’image de Christine Boutin, présidente d’un petit parti associé à l’UMP. "La nomination de Mitterrand a ébranlé la droite classique, mais ses postures et ses positions vont faire des ravages terribles dans l’électorat", a averti l’ancienne ministre.

Pour l’ex-porte-parole de l’UMP, Chantal Brunel, "tout le monde connaissait ce livre quand il a été nommé au gouvernement, les responsables politiques qui l’ont nommé le savaient". La députée résume un sentiment général dans les rangs de la majorité, en parlant d’un livre "terriblement glauque" mais constituant "un non-événement".

Mercredi soir, le porte-parole du PS en a remis une couche. Interrogé sur Canal+ sur la nécessité ou non d’une démission de Frédéric Mitterrand en raison de ses écrits, Benoît Hamon a estimé qu’il revenait à Nicolas Sarkozy et François Fillon d’en juger.

Qualifiant "d’injustifiable" et "d’inacceptable" l’exploitation sexuelle par "ceux qui ont de l’argent, qui savent que c’est illégal chez eux et profitent de l’existence de ces réseaux ailleurs pour aller assouvir des fantasmes", il a ajouté "la question maintenant est de savoir si Monsieur Frédéric Mitterrand doit démissionner ou pas".

"Moi, je trouve que c’est grave (...) Si le président de la République ou le Premier ministre, eux, trouvent que ce n’est pas si grave que ça, il restera, mais c’est à eux de dire maintenant si Frédéric Mitterrand doit rester ou pas".

Mitterrand : "les bras m’en tombent"

Jeudi matin, sur France Inter, le ministre du Travail Xavier Darcos a estimé Frédéric Mitterrand devait "répondre autrement que simplement par l’indignation" à la polémique. "Il n’y a pas de juge qui lui court après, personne ne fait de reproche à Frédéric Mitterrand sur le plan légal, on lui fait un reproche sur des comportements personnels, des comportements moraux, c’est à lui de répondre à cela".

A gauche, Cécile Duflot était sur Europe 1 jeudi matin. Il faut, selon elle, poser poliement la question à l’intéressé et surtout, ne pas faire d’amalgame entre homosexualité et pédophilie.

Ecoutez sa réaction

Affaire Polanski - Marine Le Pen ne lâche pas Mitterrand

le 06/10/2009 - 20h07

"Qu’est-ce qu’on peut dire aux délinquants sexuels quand Frédéric Mitterrand est encore ministre de la Culture ? ", lance-t-elle, en s’en prenant à un livre écrit par le ministre en 2005.

Crédit Photo : TF1/LCI Marine Le Pen, le 22 septembre 2007

Le Front national (FN) a poursuivi mardi sa campagne contre Frédéric Mitterrand, en exigeant de Nicolas Sarkozy le renvoi de son ministre de la Culture, en raison de ses écrits sur le tourisme sexuel.

Dans une motion de son bureau politique, le parti de Jean-Marie Le Pen réclame au président de la République, "par respect de la morale et des principes républicains, de prendre ses responsabilités en demandant à son ministre de démissionner".

A l’origine de cette indignation, le livre "La mauvaise vie", ouvrage à succès publié en 2005 par M. Mitterrand, dans lequel ce dernier raconte des épisodes vécus de tourisme sexuel, ce que le parti qualifie d’"ignobles écrits".

Selon la vice-présidente du parti, Marine Le Pen, cet ouvrage "pose une tache indélébile sur l’ensemble du gouvernement". "Qu’est-ce qu’on peut dire aux délinquants sexuels quand Frédéric Mitterrand est encore ministre de la Culture ? ", a-t-elle lancé, après avoir lu un large extrait du livre incriminé, lors de l’émission Mots Croisés sur France 2 lundi soir.

Le parti d’extrême-droite a lancé jeudi dernier une pétition en ligne sur son site, afin de réclamer la démission de M. Mitterrand, également pris pour cible par le FN pour son soutien apporté à Roman Polanski.

Le ministre avait jugé "absolument épouvantable" l’arrestation du cinéaste franco-polonais le 26 septembre en Suisse, sur mandat américain, pour une affaire d’abus sexuels sur mineure remontant à plus de trente ans.

Le texte du FN avait recueilli mardi près de 3.000 signatures, a indiqué le responsable du site, Julien Sanchez, selon qui le nombre de signataires a doublé à la suite de l’intervention de Mme Le Pen lundi soir.

(Avec agence)

RADIO

Affaire Mitterrand : "Ceux qui lynchent sont à gauche"

Le 09 octobre 2009 - 18h32

LCI Radio - Benjamin Lancar, président des Jeunes Pop’, le mouvement des jeunes de l’UMP, revient sur une semaine d’actualité dans l’Arène des piques..

Par LCI Radio

VIDEOS

Affaire Mitterrand : L’image politique du jour

Le 09 octobre 2009 - 18h16

Le président turc, Nicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand se sont rendus vendredi au Grand Palais. C’est la première sortie du ministre de la Culture depuis ses explications..

Par TF1

Polémique : Mitterrand au 20h : il s’explique

Le 08 octobre 2009 - 20h00

Le ministre de la Culture a longuement répondu jeudi soir sur TF1 à la polémique dont il est l’objet à propos de son livre "La mauvaise vie", paru en 2005..

Par TF1

Affaire Mitterrand : Un ministre écrivain dans la polémique

Le 08 octobre 2009 - 16h12

Le ministre de la Culture cumule les talents de cinéaste, animateur de télévision et écrivain, mais c’est aussi un homme émotif en proie à des tourments intérieurs..

Par TF1


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