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Suite de la semaine des commémorations !

Journée nationale de commémoration "des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions"

Encore du blabla....et là il ne s’est même pas déplacé

dimanche 10 mai 2009 par JMT

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Paris pour commémorer l’abolition de l’esclavage et demander "réparation" au gouvernement français, qui avait choisi cette année Bordeaux comme ville d’accueil des cérémonies officielles.

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) "regrettait amèrement" dimanche l’absence cette année du président de la République aux cérémonies organisées à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, dénonçant "une faute politique".

Deuxième port négrier de France pendant deux siècles, Bordeaux (sud-ouest) tente de regarder son histoire en face avec l’inauguration d’une exposition permanente consacrée au commerce atlantique et à l’esclavage, sans pour autant faire acte de repentance.

France Esclavage : manifestation à Paris et commémoration officielle à Bordeaux

BORDEAUX (AFP) - 10/05/09 23h50

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Paris pour commémorer l’abolition de l’esclavage et demander "réparation" au gouvernement français, qui avait choisi cette année Bordeaux comme ville d’accueil des cérémonies officielles.

La ministre de l’intérieur Michèle Alliot-Marie et le maire de Bordeaux Alain Juppé à Bordeaux, le 10 mai 2009

"La mémoire n’est rien si elle n’est pas dans le même temps une prise de conscience (...). Elle est importante car elle est valeur d’enseignement pour les générations à venir", a déclaré à Bordeaux, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie lors de l’inauguration d’une exposition permanente consacrée au commerce atlantique et à l’esclavage.

"On se grandit à regarder son passé en face, en assumant ses parts d’ombres et ses aspérités, en rejetant la tentation de l’oubli", a-t-elle ajouté, en présence du secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo.

"Nos ancêtres méritent plus qu’une commémoration. Il y a eu un préjudice moral, spirituel, physique, dont nous subissons encore les conséquences", a de son côté déclaré, au cours d’une manifestation à Paris, la vice-présidente du Collectif des filles et fils d’Africains déportés, Joby Valente.

Manifestation dimanche à Paris pour commémorer l’abolition de l’esclavage et demander "réparation".

Le président du comité Organisation 10 mai, Théo Lubin, a demandé en défilant à Paris de République à Nation, aux côtés de 800 à 1.000 personnes, selon les organisateurs, 400 selon la police, que "le 10 mai devienne férié, que les rues qui portent le nom d’un négrier soient débaptisées et que les manuels scolaires intègrent l’histoire de l’esclavagisme".

Parallèlement, une centaine de personnes se sont rassemblées à Paris devant le monument en hommage au général afro-antillais Alexandre Dumas, place du Général Catroux (17ème), pour commémorer l’abolition de l’esclavage.

Une minute de silence a été observée pour honorer la mémoire des victimes de l’esclavage. Une adjointe au maire de Paris chargée de la mémoire, Catherine Vieu-Charier, a déposé une gerbe, comme les manifestants qui, une fleur à la main se sont recueillis au pied du monument représentant des fers d’esclaves brisés.

Le 10 mai 2009 à Paris devant la sculpture de Driss Sans-Arcidet, hommage au général Dumas premier général noir français

Le président de l’association des amis du général Dumas, l’écrivain Claude Ribbe, a déploré l’absence du président Nicolas Sarkozy et "la volonté de l’Etat d’en finir avec la commémoration officielle de l’esclavage", appelant à "continuer à (se) battre".

"Cette journée est utile pour comprendre enfin que la prospérité indéniable de la France contemporaine doit beaucoup aux esclaves victimes d’un crime qu’il faut commémorer", a-t-il estimé.

Pour sa part, le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé a indiqué que l’inauguration de salles consacrées à la question de l’esclavage au sein du musée d’Aquitaine "est le fruit d’un long mûrissement".

"Il y a quinze ans, évoquer à Bordeaux la traite négrière et l’esclavage, n’allait pas de soi", a souligné l’ancien Premier ministre.

"La société dans son ensemble demeurait indifférente, pour ne pas dire réticente. Pour faire évoluer les esprits, il a fallu du temps", a-t-il expliqué.

Bordeaux, deuxième port français de la traite négrière après Nantes, fut le point de départ entre 1672 et 1837 de près de cinq cents expéditions maritimes pour déporter d’Afrique quelque 130.000 esclaves vers les Antilles.

L’abolition de l’esclavage en 1848 en France est commémoré chaque année le 10 mai depuis 2006.

Abolition de l’esclavage : le Cran déplore l’absence de Nicolas Sarkozy

AFP - dimanche 10 mai 2009, 16h44

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) "regrettait amèrement" dimanche l’absence cette année du président de la République aux cérémonies organisées à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, dénonçant "une faute politique".

sculpture de Driss Sans-Arcidet

Dans son communiqué, le Cran assure que "la République a besoin que tous les Français, donc symboliquement le chef de l’Etat (et pas seulement les Noirs de France) se souviennent ensemble de la mémoire des millions de victimes de ces crimes".

Le Cran s’interroge également "sur le refus systématiquement opposé par l’Etat à sa demande d’une grande action culturelle populaire en mémoire de l’esclavage en France". Ainsi, poursuit-il, "le musée national de l’esclavage, tant attendu est toujours en souffrance".

"Il est regrettable qu’il n’y ait rien de tel en France, hormis quelques salles du musée de Nantes ou de Bordeaux, et un éco-musée de 15 m2 réalisé en Martinique par un citoyen isolé, sans subvention aucune", a encore déploré le collectif, avant de demander instamment au gouvernement français "de lancer sans délai la construction d’un vrai musée national de l’esclavage en France".

Plusieurs manifestations sont prévues ce dimanche à Paris et en France pour commémorer l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage. Le ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et son secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, ont choisi Bordeaux pour assister aux cérémonies officielles.

Journée de l’abolition de l’esclavage : exposition à Bordeaux, ancien port négrier

AFP - dimanche 10 mai 2009, 10h13

Deuxième port négrier de France pendant deux siècles, Bordeaux (sud-ouest) tente de regarder son histoire en face avec l’inauguration d’une exposition permanente consacrée au commerce atlantique et à l’esclavage, sans pour autant faire acte de repentance.

Bordeaux, qui accueille ce 10 mai la cérémonie de la journée nationale de commémoration de la traite négrière, fut le point de départ entre 1672 et 1837 de près de 500 expéditions maritimes qui déportèrent d’Afrique environ 130.000 esclaves vers les Antilles. Il est alors le deuxième port négrier de France derrière Nantes (ouest).

Mais c’est surtout au commerce de denrées produites par les esclaves que la ville doit sa richesse. A la veille de la Révolution, Bordeaux accaparait près de la moitié du commerce français en envoyant vers les "îles à sucre" deux fois plus de navires que Nantes ou Marseille (sud-est).

Installation de l’exposition au musée d’Aquitaine

L’exposition du musée d’Aquitaine, qui dévoile gravures, cartographies et vidéos sur l’enfer des traversées atlantiques, s’articule autour de chapitres évocateurs d’une époque ayant permis le développement économique de la cité : "La fierté d’une ville de pierre", "Bordeaux porte océane, l’Atlantique et les Antilles", "L’Eldorado des Aquitains" et "Héritages".

Pour l’adjoint à la culture Dominique Ducassou, "Bordeaux n’a jamais voulu cacher cette partie de son Histoire, même s’il n’y avait pas jusqu’à présent une forte visibilité de cette page" particulière de la ville.

Le seul monument bordelais rappelant l’esclavage est un buste de Toussaint Louverture, père de l’indépendance de Haïti, inauguré en juin 2005 et installé sur la rive droite du fleuve de la Garonne.

"On ne refait pas l’Histoire. Ce n’est pas un devoir de repentance, c’est une réalité de l’Histoire de Bordeaux. On la constate, on la regrette, et on l’expose pour les générations à venir", tranche-t-il.

Le directeur du musée, François Hubert, ne souhaite pas non plus s’apesantir sur le passé : "De cette histoire douloureuse est née une réalité de valeur universelle comme la musique telle le jazz ou la littérature. L’Histoire est en train de se dépasser d’elle-même grâce au métissage", juge-t-il.

"La difficulté est d’arriver à construire un discours historique sur un sujet complexe et à l’illustrer avec des documents et des objets" car par définition les esclaves ne possédaient rien, souligne-t-il pour expliquer l’inauguration tardive de l’exposition.

Ce n’est qu’en 1999 que le maire de Bordeaux, Alain Juppé, engagea "une politique de la juste mémoire" avec une exposition temporaire sur l’esclavage, baptisée "Regards sur les Antilles", grâce au don de 600 documents iconographiques au musée d’Aquitaine par un collectionneur d’origine lyonnaise.

En 2006, la ville commanda un rapport du comité de réflexion sur la traite des noirs à Bordeaux, présidée par l’écrivain Denis Tillinac, pour faire progresser le travail de mémoire.

Alain Juppé indique, dans un document de présentation de l’exposition, souhaiter avant tout "aider à comprendre sans anachronisme culpabilisateur" et "refuser toute amnésie" en inscrivant dans la mémoire de Bordeaux sa relation avec l’esclavage.

L’association DiversCités, qui a longtemps accusé la ville d’occulter son passé, s’est félicitée de "ce pas positif" mais elle espère toujours la mise en oeuvre de la proposition du rapport Tillinac : l’édification à Bordeaux d’un mémorial de la traite des noirs.

VIDEO

Faits divers Commémoration de l’abolition de l’esclavage

PARIS (AFP) - 10/05/09 23h03

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dimanche à Paris, entre République et Nation, pour commémorer l’abolition de l’esclavage et demander "réparation" au gouvernement français. Durée : 1mn03


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