AID Association initiatives dionysiennes
Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

Rapport 2008 au Premier Ministre

500 sectes en France contre 200 il y a 15 ans !

mardi 19 mai 2009 par JMT

La mission de lutte contre les sectes pointe dans son rapport annuel la profusion des psychothérapies fantaisistes et les dérives sectaires liées à l’école à domicile. La mission se félicite des propositions des divers ministères qui traduisent "une véritable sensibilisation au phénomène".

Face à la demande croissante d’accompagnement psychologique, les pratiques et méthodes psychotérapeutiques se multiplient et certaines sont dévoyées à des fins sectaires, souligne le rapport annuel de la Miviludes publié mardi.

Juliano Verbard, le Petit Lys d’amour, ses deux co-évadés, Fabrice et Alexin Michel et 5 complices ont été arrêtés ce mercredi soir 6 mai 2009 dans la résidence « les Scribes » située rue de la Bourgogne au Moufia.

Juliano Verbard, condamné pour viols et agressions sexuelles sur des enfants, s’est évadé lundi de la prison de Saint-Denis avec deux adeptes. Après avoir été déposé près de la prison, ils ont pris la fuite dans une camionnette. Celle-ci est activement recherchée par les forces de l’ordre.

Endoctriner par le foot, telle est la profession de foi de l’Eglise de la providence, une secte sud-coréenne. Les cérémonies se déroulent lors de matchs dont l’enjeu est la réunification des deux Corée et l’instauration du royaume de Dieu sur terre.

Interview - Spécialiste des sectes, la sociologue Nathalie Luca revient sur la polémique suscitée par les propos du directeur de cabinet de Sarkozy. Et pointe les spécificités hexagonales sur ce sujet épineux.

Rapport - Quelles sont les "nouvelles niches" des sectes ?

le 19/05/2009 - 21h28

La mission de lutte contre les sectes pointe dans son rapport annuel la profusion des psychothérapies fantaisistes et les dérives sectaires liées à l’école à domicile. La mission se félicite des propositions des divers ministères qui traduisent "une véritable sensibilisation au phénomène".

La Miviludes (1) a dévoilé mardi son rapport annuel sur les sectes. Selon son président Georges Fenech, l’année 2008 marque "un vrai tournant dans l’attitude des pouvoirs publics face aux dérives sectaires. On passe vraiment à l’action".

Crédit Photo : TF1/LCI Police Internet

En 2008, environ 500 mouvements sectaires étaient établis en France, contre moins de 200 il y a 15 ans. Ces mouvements sectaires réussissent à s’installer dans des "niches nouvelles", dont notamment le marché florissant de l’épanouissement personnel.

Dans son rapport, la Miviludes décrit les risques d’emprise mentale, une caractéristique de la dérive sectaire, dans certaines pratiques de la psychothérapie utilisées par des formations fantaisistes et déstabilisantes.

Face à la demande croissante d’accompagnement psychologique, la mission constate l’extrême variété des méthodes (entre 200 et 400) et aussi le grand nombre de psychothérapeutes autoproclamés.

Sur 15.000 praticiens psychothérapeutes, 15 à 20% sont médecins, 25 à 30% psychologues, 15 à 20% psychanalystes, tous formés sur les bancs de la faculté, et 25 à 30% se déclarent psychothérapeutes, en se réclamant de disciplines diverses après des formations variées.

Elle réclame un recensement de ce type de pratiques et des différents organismes, de façon à mieux informer le public, car la demande est très grande et l’offre assez disparate mêlant sans distinction les vrais professionnels et les amateurs.

La mission se félicite des propositions des divers ministères qui traduisent "une véritable sensibilisation au phénomène". Par exemple, le ministère de la Santé a mis en place un "groupe d’appui technique" en février "sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique".

Le ministère du Travail traque les cas de "travail dissimulé" dans des organisations qui font travailler leurs adeptes sans les rémunérer.

Le satanisme gagne du terrain

Quant à l’Education nationale, elle va se pencher sur les dérives sectaires liées à l’école à domicile pour déterminer combien d’enfants sont concernés, pour quelles raisons ils ne sont pas dans le système scolaire et pour contrôler leur niveau d’instruction.

La Miviludes souligne que de nombreux groupements sectaires invoquent "l’instruction dans les familles" pour justifier la scolarisation sur place alors que cette pratique doit être limitée à deux familles.

Le rapport publie également un chapitre sur le satanisme qui gagne du terrain par le biais d’internet, sur les méthodes de lobbying des sectes à l’ONU, sur l’utilisation d’internet par les sectes ou encore sur la lutte contre les dérives sectaires en France et en Europe.

Il n’existe pas actuellement de liste des mouvements sectaires opérant en France. En 1994, le groupe parlementaire étudiant ce phénomène avait publié une liste d’environ 200 noms, vivement critiquée par les organisations citées qui s’estimaient stigmatisées.

Cette liste était vite devenue obsolète, de nombreux mouvements ayant rapidement changé de nom ou d’adresse. Il n’est pas question de faire une nouvelle liste, mais l’actuel président de la Miviludes propose d’établir un "référentiel", sorte de répertoire des pratiques à risque.

D’après agence

(1) la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires au Premier ministre. Le rapport 2008 de la Miviludes est publié par la Documentation française (15 euros) et mis en ligne sur le site http://www.miviludes.gouv.fr

pour télécharger le rapport en .pdf cliquez ici

Sectes : le rapport de la mission interministérielle pointe les psychothérapies non conventionnelles

AFP - mardi 19 mai 2009, 06h37

Face à la demande croissante d’accompagnement psychologique, les pratiques et méthodes psychotérapeutiques se multiplient et certaines sont dévoyées à des fins sectaires, souligne le rapport annuel de la Miviludes publié mardi.

Photo AFP : dans le cabinet d’un thérapeute

Pour y remédier, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) recommande de mieux recenser ces pratiques et de protéger la profession de psychotérapeute.

La Miviludes s’était déjà penchée l’an dernier sur les thérapies fantaisistes. Elle consacre cette année un dossier au domaine de la santé et particulièrement au "dévoiement des pratiques psychothérapeutiques à des fins sectaires".

Face à la demande croissante d’accompagnement psychologique, elle constate l’extrême variété des pratiques et des méthodes (entre 200 et 400) et aussi le grand nombre de psychothérapeutes autoproclamés.

Sur 15.000 praticiens psychothérapeutes, 15 à 20% sont médecins, 25 à 30% psychologues, 15 à 20% psychanalystes, tous formés sur les bancs de la faculté, et 25 à 30% se déclarent psychothérapeutes, en se réclamant de disciplines diverses après des formations variées.

La Miviludes indique avoir reçu des "témoignages inquiétants" concernant la "médecine nouvelle germanique", inspirée par le Dr Ryke Geerd Hamer, assurant que toutes les maladies, et en particulier les cancers, naissent de conflits psychologiques non résolus qu’il convient de décrypter pour guérir.

Elle souligne également les risques des thérapies liées à la "mémoire retrouvée" jugées intrusives et déstructurantes, les souvenirs retrouvés portant "systématiquement sur des maltraitances ou agressions sexuelles commises sur le client au cours de son enfance, dans un cadre intra-familial".

Ces pratiques aboutissent le plus souvent à couper le patient de son environnement et à le mettre en état de sujétion par rapport à son thérapeute.

Le ministère de la Santé a mis en place un "groupe d’appui technique" en février "sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique".

Il s’intéresse ainsi aux praticiens en acupuncture et mésothérapie (traitement par injections localisées) qui n’ont pas reçu de formation suffisante.

La Miviludes formule plusieurs "recommandations", notamment de dresser l’inventaire "précis et régulièrement actualisé" des offres à risque, et de "protéger le titre de psychothérapeute".

Le président de la Miviludes Georges Fenech demande la publication "rapide" du décret d’application de "l’amendement" Accoyer voté en août 2004, qui prévoit la création d’un registre national de la profession.

Pour y figurer les professionnels devraient justifier de leurs formation et de leurs diplômes.

La Miviludes propose aussi de renforcer les sanctions à l’encontre des thérapeutes recourant à des méthodes non conventionnelles à visée thérapeutique, d’améliorer la défense des victimes et la réinsertion des anciens adeptes de sectes.

Opération de gendarmerie au Moufia : Juliano Verbard arrêté

5 Mai 2009 Imaz Press Réunion

Juliano Verbard, le Petit Lys d’amour, ses deux co-évadés, Fabrice et Alexin Michel et 5 complices ont été arrêtés ce mercredi soir 6 mai 2009 dans la résidence « les Scribes » située rue de la Bourgogne au Moufia.

arrestation de Juliano Verbard et de ses complices Michel père et fils

Les auteurs du détournement de l’hélicoptère font partie des personnes arrêtées. A la suite de leur arrestation, les 8 individus ont d’abord été conduits à la caserne de gendarmerie de Vérines (Saint-Denis).

À22 heures 05, Juliano Verbard et ses deux complices ont été ramenés à la prison de Domenjod où ils continueront à purger leur peine.

Cette arrestation met fin à 10 jours de cavale du chef de la secte Cœur immaculé et douloureux de Marie. Ce sont des écoutes téléphoniques qui ont rendu possibles les interpellations.

lire la suite du reportage

La Réunion - Le chef d’une secte s’évade par hélicoptère

le 27/04/2009 - 12h50

Juliano Verbard, condamné pour viols et agressions sexuelles sur des enfants, s’est évadé lundi de la prison de Saint-Denis avec deux adeptes. Après avoir été déposé près de la prison, ils ont pris la fuite dans une camionnette. Celle-ci est activement recherchée par les forces de l’ordre.

Crédit Photo : LCI L’hélicoptère ayant servi à l’évasion du chef de la secte juliano verbard

L’évasion s’est produite vers 10h30, heure de La Réunion. Le chef d’une secte, Juliano Verbard s’est évadé lundi par hélicoptère avec deux adeptes de la prison de Saint-Denis de La Réunion.

"Tous les plans de recherches ont été déclenchés pour les retrouver", a déclaré le directeur de cabinet du préfet Jean-François Moniotte.

Trois hommes qui avaient réservé un hélicoptère pour une balade touristique ont braqué avec plusieurs armes le pilote et son assistant, à l’aéroport de Gillot à Saint-Denis et les ont contraints à se poser dans la cour de la prison de Domenjod, située à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau, selon la préfecture.

"L’un d’eux m’a mis une arme sur la tempe tandis qu’un autre menaçait de mettre le feu à une bouteille d’essence qu’il tenait à la main avec un briquet", a confié le pilote de l’hélicoptère sur la chaîne Antenne Réunion.

Dans l’hélicoptère, les trois évadés et leurs complices ont demandé au pilote de les déposer à proximité de la prison où les attendait une camionnette. Celle-ci est activement recherchée par les forces de l’ordre.

La vierge lui apparaissait

Parmi les trois détenus qui ont embarqué à bord, figure donc le chef de la secte "Coeur douloureux et immaculé de Marie" et deux de ses adeptes : Fabrice Michel et son père Alexin Jismy Michel, selon la préfecture.

Tous étaient en prison pour l’enlèvement et la séquestration du jeune Alexandre, 12 ans, dont ils souhaitaient faire le nouvel "élu" de la secte. L’enfant avait été libéré sain et sauf. Juliano Verbard avait par ailleurs été condamné en février 2008 à 15 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur des enfants.

La prison, d’une capacité de 600 places pour un coût de construction de 90 millions d’euros, avait été inaugurée en décembre 2008. Sa cour n’était pas protégée par des filins anti-hélicoptère.

Petit Lys d’Amour ! :-)

Juliano Verbard avait créé sa secte en 2002 après avoir convaincu des centaines de fidèles que la vierge lui apparaissait chaque mois. Les disciples devaient payer 20 euros pour assister au rituel de l’apparition.

Le gourou leur faisait également croire que la vierge l’appelait "Petit lys d’amour", surnom qu’il a conservé. La secte a été dissoute par le ministre de l’Intérieur après l’enlèvement du jeune Alexandre.

D’après agence

Foot - Quand une secte coréenne prône le culte du ballon rond

Matthieu DURAND - le 28/05/2008 - 09h51

Endoctriner par le foot, telle est la profession de foi de l’Eglise de la providence, une secte sud-coréenne. Les cérémonies se déroulent lors de matchs dont l’enjeu est la réunification des deux Corée et l’instauration du royaume de Dieu sur terre.

supporteurs sud-coréens (AFP).

Article publié lors du Mondial 2002 : Le football est souvent présenté comme une religion, dont les fidèles se regroupent en masse lors de cérémonies dominicales pour vouer un culte au ballon rond. Rien n’est plus vrai en Corée du Sud, pour les 30.000 fidèles de l’Eglise de la providence, comme l’explique dans la revue CNRS Info de mars 2002 Nathalie Luca, chercheuse du CNRS, au Centre d’études interdisciplinaires des faits religieux (1).

En 1980, Jông Myông-Sôk, qui se fait appeler Jesus Morning Star (JMS), quitte l’Eglise de l’unification, plus connue sous l’appellation de secte Moon, pour fonder l’Eglise de la providence.

La secte organise ses cultes dominicaux "dans les stades des universités, autour de matchs de football dont l’enjeu rituel est la réunification des deux Corée et l’instauration du royaume de Dieu sur terre", indique Nathalie Luca.

Ses fidèles, JMS les recrute parmi les étudiants à une époque où ces derniers s’opposent lors de manifestations au régime dictatorial sud-coréen. Mais la secte "défend ostensiblement la politique gouvernementale", ce qui lui vaut "la considération des dirigeants".

L’Eglise de l’unification a construit sa doctrine sur "un système de complémentarité entre ‘un monde des vivants’ (les joueurs) divisés en démocrates et en communistes, et en un ‘monde des esprits’ (les spectateurs), celui de Dieu et de Satan qui orientent les vivants vers la démocratie ou vers le communisme", écrit la chercheuse.

De l’ardeur du jeu des "vivants" et de la clameur des "esprits" dépend l’orientation du monde, poursuit-elle. Et de préciser que les matchs sont toujours gagnés par les démocrates, dont le capitaine n’est autre que… Jông Myông-Sôk.

Sacrifices et résistances

Pourquoi JMS a-t-il choisi le football ? "Parce qu’il s’agit d’un sport d’équipe où les qualités individuelles sont mises au service du groupe", répond Nathalie Luca.

Ce sport développe en outre "un esprit de compétition qui suppose des sacrifices (suppression des cigarettes et de l’alcool, interdiction ponctuelle d’avoir des relations sexuelles) et une résistance aux blessures morales et physiques".

Les matchs organisés par la secte, dans lesquels cohabitent profane et sacré, "permettent aux adeptes de se libérer émotionnellement tout en témoignant de l’efficacité d’un messie", avance la chercheuse.

"Ils sont l’éloge de la compétition et représentent la victoire du capitalisme sur le communisme, de la Corée du Sud sur la Corée du Nord". Bref, rien à voir avec la "religiosité" sympathique du supporteur brésilien ou du tifosi italien.

(1) Nathalie Luca : Le salut par le foot. Une ethnologue chez un messie coréen. Editions Labor et Fides, Genève, 1997.

Polémique - Sectes : "Mme Mignon oblige à poser les bonnes questions"

Propos recueillis par Matthieu DURAND - le 22/02/2008 - 16h59

Interview - Spécialiste des sectes, la sociologue Nathalie Luca revient sur la polémique suscitée par les propos du directeur de cabinet de Sarkozy. Et pointe les spécificités hexagonales sur ce sujet épineux.

Crédit Photo : TF1-LCI Les sectes dans les entreprises

LCI.fr : Que vous inspire la polémique suscitée par les propos sur les sectes, tenus par Emmanuelle Mignon, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy ?

Nathalie Luca, sociologue (1) : Dans cette affaire, Mme Mignon a obligé chacun à se reposer les bonnes questions sur notre politique à l’égard des sectes. Qu’a-t-elle dit ? Que l’Etat n’avait rien à voir avec les sectes mais qu’il devait s’intéresser à leurs dérives. Cette mission de vigilance, voire de lutte, fait partie des missions de l’Etat.

Si la scientologie est coupable de dérives, il faut le prouver et prendre des sanctions. Ce groupe, qui tient de l’entreprise multinationale, n’est pas dangereux parce qu’il fait de la publicité mensongère ou parce qu’il organise des séminaires en entreprise.

Attention, cela ne veut pas dire que c’est bien ! Et puis, les scientologues ne sont pas très nombreux en France et ils se tiennent à carreau. Il ne faut pas grossir un mouvement qui nous casse les pieds.

LCI.fr : La politique de surveillance et de répression des sectes n’est pas menée de la même façon en France et chez ses voisins. Pourquoi ?

N. L. : Il faut partir des années 80 quand toute l’Europe, dont la France, a été sensibilisée aux dérives sectaires. Tous les rapports allaient dans le même sens : il fallait maintenir une certaine vigilance.

En 1996, un rapport parlementaire français sur les sectes, censé aider les gens à comprendre ce phénomène, publie un classement des sectes par ordre alphabétique mais sans expliquer pourquoi les groupes ont été sélectionnés.

Ce qui est perçu très négativement en Europe mais a une incidence énorme en France car le rapport est publié la veille du suicide collectif des membres de l’Ordre du temple solaire dans le Vercors.

LCI.fr : Pourquoi l’action de la Miviludes, la Mission interministérielle sur les sectes, fait-elle l’objet d’attaques ?

N. L. : Un observatoire des sectes est alors créé mais il n’est pas à la hauteur. Il est remplacé par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mils).

Là encore, nos voisins européens réagissent négativement car la France, pays laïque, ne sait pas dire ce qui est religieux et ce qui ne l’est pas : elle est incapable de savoir ce qu’est une secte.

La Mils devient alors la Miviludes : Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

En s’intéressant aux actes et pas aux groupes, la France regagne la confiance des autres pays européens. Mais autant le premier président de la Miviludes, Jean-Louis Langlois, avait mené une politique d’ouverture en permettant aux avis contradictoires, notamment des universitaires, de s’exprimer ; autant son successeur, Jean-Michel Roulet, a refusé d’en faire un laboratoire de recherche. Avec ce durcissement, la Miviludes a perdu une partie de sa crédibilité.

LCI.fr : Vous opposez la politique française à celle de ses voisins. Quelles sont les principales différences ?

N. L. : En Grande-Bretagne, en Suisse et en Belgique, il existe des instituts indépendants sur les sectes dont la mission est de collecter des informations à partir de rapports politiques, de travaux universitaires...

Ce sont des sortes de banques de données mais qui n’émettent aucun jugement de valeur, qui ne proposent aucune interprétation. En Belgique, quand l’organisme d’information sur les sectes émet un rapport sur un groupe [sectaire], il le donne à lire au groupe en question qui a la possibilité de donner son point de vue !

En France, la Miviludes est à la fois juge et partie. Autre problème : lorsqu’un rapport officiel est publié, on n’a pas accès aux sources ou aux preuves avancées. Cela ne veut pas dire que les informations sont fausses mais on ne sait pas d’où elles viennent.

LCI.fr : Que préconisez-vous donc pour améliorer la connaissance des sectes et de leurs dérives ?

N. L. : Pour faire de la prévention, il faut étudier ces groupes à fond. Or, on ne donne pas la parole aux universitaires. Il existe une suspicion de la part des militants anti-sectes : certains avaient même rebaptisé le CNRS [Centre national de la recherche scientifique] en centre national du recrutement des sectes !

Je ne dis pas qu’il ne peut pas y avoir des chercheurs membres de sectes, je ne dis pas que les universitaires détiennent forcément la vérité mais le point de vue des scientifiques mérite d’être pris en compte. Or, aujourd’hui, il n’y a plus moyen en France de faire travailler ensemble scientifiques et militants anti-sectes.

LCI.fr : Au cœur de la polémique récente, il y a également l’attitude de la France vis-à-vis de l’église de scientologie...

N. L. : En France, il est psychologiquement inacceptable qu’un groupe religieux fasse payer ses produits. Cela n’est pas gênant aux Etats-Unis. Aucune loi française n’interdit d’ailleurs ce type de vente mais pour nous Français, la religion doit rester en principe gratuite et rester à sa place.

Or, et c’est le deuxième problème que pose la scientologie, c’est un groupe qui est présent dans toutes les sphères de la société : son cœur se dit spirituel mais elle a un côté très business, elle propose une sorte de médecine douce, elle intervient sur le thème de l’éducation...

En Allemagne, ce sont les rassemblements scientologues qui font peur car ils évoquent pour les Allemands une forme de fascisme ; le reste, le business, leur pose moins de problème.

En France, nous avons l’impression que ce groupe ne respecte pas la laïcité et aussi, d’une certaine façon, qu’il veut américaniser la société française.

Ce n’est pas le seul groupe à agir de la sorte, il y en a même de plus en plus. C’est même un effet de la mondialisation auquel la France peut difficilement échapper.

(1) Nathalie Luca est sociologue au Centre d’études interdisciplinaires sur les faits religieux (CNRS-EHESS). Spécialiste des sectes, elle est notamment l’auteur du Que Sais-Je sur les sectes (PUF) et d’Individus et pouvoirs face aux sectes, que les éditions Armand Colin publieront cette année.

VIDEOS

Rapport : Ces sectes qui se cachent derrière des thérapeutes

Le 19 mai 2009 - 20h15

La mission interministérielle de lutte contre les sectes appelle à la vigilance. Derrière certaines médecines parallèles peuvent se cacher des mouvements sectaires. Enquête.. Par TF1

Sectes : Des victimes de faux psychothérapeutes témoignent

Le 19 mai 2009 - 13h15

Le rapport de la Miviludes, remis mardi, met l’accent sur tous les organismes de soins et de bien-être. Certaines méthodes thérapeutiques mettent en danger des personnes gravement malades. Des victimes de ces pratiques témoignent..

Par TF1

Sectes : Sarkozy prône la ’’plus grande fermeté’’

Le 21 février 2008 - 20h00

Le chef de l’Etat, le Premier ministre et le porte-parole de l’Elysée ont tenté de calmer jeudi le jeu sur les sectes, après la polémique déclenchée par des propos prêtés à la directrice de cabinet du président..

Par TF1

Questions d’actu : Les sectes : un "non problème" ?

Le 21 février 2008 - 13h24

L’émission Question d’Actu sur LCI était consacrée jeudi à la tempête politique déclenchée par des propos qu’aurait tenu la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy sur les sectes. Propos qu’elle a démentis en partie. . Par LCI.fr


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