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Les USA sont "habillés pour l’hiver" : Trump to wear ! :-)

Donald : et maintenant, que vas-tu faire… ?

Par Bruno BOURGEON

jeudi 10 novembre 2016 par JMT

Le 45 ème président des USA c’est le gars qui a dit : "vous avez été gouvernés 8 ans par un noir, vous allez accepter maintenant de l’être 8 ans par une femme ??" et qui a réussi à faire réagir tout ce que les USA comptent de gens "qui n’ont pas confiance dans le gouvernement fédéral" voire même pas dans le gouvernement de leur état et qui forment des milices qui s’entraînent à préparer la 3ème guerre mondiale.

Donald : et maintenant, que vas-tu faire… ?

Donald Trump est le 45e Président des Etats-Unis.

Que dit son programme économique ? 7 points clés :

1/ Moins d’impôts

Réduction de 6 %/an, soit 4400 milliards $ sur dix ans. Réductions d’impôts offertes pour l’éducation des enfants. Privilège des fortunés : diminution du taux d’imposition marginal pour la tranche la plus haute (de 39,6 % à 33 %), suppression de l’impôt sur les successions. L’Amérique de Trump va devenir plus inégalitaire. Le taux d’imposition des entreprises sur leurs bénéfices non réinvestis passera de 35 % à 15 %. Promesse aux entreprises qui conservent une partie de leurs bénéfices à l’étranger, dans les paradis fiscaux, de les rapatrier au taux d’imposition réduit de 10 %. Le coût fiscal serait de l’ordre de 1 500 milliards $.

2/ Plus d’infrastructures

Plan de développement des infrastructures de 1 000 milliards $ sur dix ans, avec crédit d’impôt offert aux entreprises privées qui lanceront des projets. Celles-ci seraient financées à 85 % par de la dette. Il est certain que les Etats-Unis ont aujourd’hui besoin d’un effort en la matière.

Le financement sera neutre avec1 800 milliards de recettes supplémentaires espérées, issues du surcroît de croissance, 1 800 milliards de plus grâce aux autres mesures de relance de l’économie. Le tout accompagné d’une baisse de 800 milliards des dépenses publiques, notamment par une diminution du nombre de fonctionnaires (mais incluant une hausse des dépenses militaires qui passeraient de 3 % à 6,5 % du PIB).

Pour cela, il faudra que l’économie américaine connaisse une croissance de 3,5 % sur les 10 prochaines années. Les plans budgétaires de Trump conduisent plutôt à un accroissement du déficit budgétaire et de la dette. Une situation supportable si la croissance est au rendez-vous, un dérapage sinon.

3/ Arrêt de la lutte contre le changement climatique

Arrêt du plan climat ; relance de l’investissement dans l’extraction du charbon, du pétrole et du gaz offshore. Les régulations environnementales seront remises en cause, dont la participation à la COP 21.

4/ Moins de commerce international

Condamnation de la Chine pour manipulation de son taux de change et vol de propriété intellectuelle, droits de douanes sur les produits chinois (jusqu’à 45 %) et mexicains (jusqu’à 35 %) afin de favoriser l’achat de produits locaux. Or les USA consomment 9% de leur production…

Fin des grands accords commerciaux : renégocier l’Alena avec le Canada et le Mexique, sortir du Partenariat trans-pacifique avec les pays d’Asie. TAFTA est mort dans ce contexte. Les Etats-Unis pourraient contribuer à la démondialisation. Les multinationales américaines ne seront pas d’accord.

5/ Moins d’immigrés

Les propositions du candidat n’ont pas mobilisé l’électorat issu de l’immigration : expulsion des immigrés illégaux, mur à la frontière mexicaine, renforcement des contraintes de l’accueil de migrants légaux. Les entrepreneurs américains diront de ne pas y aller trop fort : c’est de leur main-d’œuvre dont il s’agit !

6/ Une couverture santé privatisée

Le nouveau Président a annoncé vouloir supprimer l’Obama Care. Il souhaite le remplacer par des assurances privées subventionnées par l’Etat et promouvoir des comptes d’épargne santé individuels.

7/ Remise en cause de la régulation financière

Remise en cause de la nouvelle régulation financière. Les institutions financières qui ont dépensé des centaines de millions de dollars pour obéir aux nouvelles normes et accru de dizaines de milliards de dollars leurs fonds propres sont plus en quête d’aménagements que d’une nouvelle révolution.

Trump reprendra le combat des élus républicains qui bloquent les pouvoirs du Bureau de protection financière des consommateurs, lequel limite le pouvoir des banques envers leurs clients en difficulté. L’autre piste consiste à établir un contrôle plus serré de la banque centrale.

Le Président Donald Trump dispose d’une majorité totale aux deux Chambres, donc de toute la latitude politique nécessaire. Il y a de fortes chances pour que les républicains modérés fassent profil bas.

La majorité sénatoriale va permettre à Trump de nommer le membre manquant de la Cour suprême qui sera donc conservatrice, permettant tous les changements possibles.

Les premières nominations aux postes clés du gouvernement et les premiers mois diront jusqu’où le Président souhaite être fidèle au candidat : America first !

D’après AlterEco d’Alternatives Economiques 

Bruno Bourgeon, président d’AID, #NuitDebout

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REPRISE PAR LES MEDIAS LOCAUX

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Jeudi 10 Novembre 2016 - 12:18

CONSEQUENCES HORS USA DE CETTE ELECTION "SURPRISE"

On a pu entendre nos médias tenter d’analyser à chaud l’élection de Donald Trump, le (faux ?) milliardaire à la place de la "favorite" (de Wall Street) Hillary Rodham Clinton. Un point commun : il et elle en rêvaient depuis ...30 ans "but the winner takes all" !

On a pu entendre ce 10 novembre sur France-Inter une amie des Clinton assurer qu’ils allaient pouvoir se consacrer pleinement à la Fondation Clinton (au fonctionnement opaque et controversé) et que cette campagne électorale avait donné à Hillary un statut mondial ?

L’élection se serait donc jouée entre :

a) une candidate donnée favorite par les médias, ancienne "First Lady" chargée par son mari de travailler à l’ancêtre de "l’Obamacare"), soutenue par le président sortant et le parti démocrate (qui il faut le rappeler est en réalité une constellation de partis quasi-autonomes dans chaque état,et de sensibilité politique très variable, allant du "centre gauche" à la droite conservatrice) avocate d’affaires brillante mais peu charismatique, ayant été élue deux fois sénatrice des Etats-Unis (mais dans ce fief ultra-démocrate qu’est l’Etat de New-York), ancienne Secrétaire d’Etat (ministre de la Justice), poursuivie par des affaires judiciaires (récemment les méls publics envoyés de manière non sécurisée, mais déjà des affaires troubles liées à des faillites de Caisses d’Epargne quand son mari était gouverneur de l’Arkansas) : elle se voulait la candidate des élites, du show-biz, des médias, des femmes, des afros-américains, des latinos-américains.

b) un milliardaire autoproclamé (sa fortune réelle ne ferait que quelques centaines de millions de dollars et non pas les 4 milliards revendiqués), fils d’entrepreneur, ayant depuis toujours défrayé la chronique par ses outrances, mais ayant réussi à éliminer tous ses adversaires pour obtenir l’investiture du parti républicain malgré l’opposition d’une partie de ses membres. Lui aussi a de nombreuses casseroles, mais il a su s’en servir pour faire venir voter des gens qui ne le faisaient généralement pas "parce qu’ils ne croyaient pas que celà pouvait changer quelque chose". Donald Trump se voulait le candidat de tous les autres !

Et ça a marché : Le 45 ème président des USA c’est le gars qui a dit : "vous avez été gouvernés 8 ans par un noir, vous allez accepter maintenant de l’être 8 ans par une femme ??" et qui a réussi à faire réagir tout ce que les USA comptent de gens "qui n’ont pas confiance dans le gouvernement fédéral" voire même pas dans le gouvernement de leur état et qui forment des milices qui s’entraînent à préparer la 3ème guerre mondiale.

Si vous y ajoutez tous les salariés blancs qui ont perdu leur emploi suite à la mondialisation dans la "rust belt" ("ceinture de rouille" des états de l’est où la sidérurgie, la mécanique, l’automobile ont massivement débauché laissant des friches industrielles et des villes comme Detroit en faillite), qui ne se sont pas reconvertis, faute d’avoir le niveau, dans la "Silicon Valley" californienne ou ses homologues, à qui on vient dire que les 11 millions d’immigrants illégaux "prennent les emplois non-qualifiés" (de service essentiellement) qu’ils visent maintenant, ... ça fait des millions de gens qui ne pouvaient qu’haïr "Hillary la corrompue" et considérer qu’aller voter Donald Trump était une obligation quasi-religieuse.

Inversement les noirs et les hispaniques se sont moins mobilisés pour voter pour Hillary Clinton : sans doute, sur la foi des sondages croyaient-ils qu’elle gagnerait et qu’ils pouvaient se dispenser de voter ?

Un seul organisme de sondage US sur les 20 plus gros, celui du Los Angeles Times a toujours dit que Donald Trump gagnerait pour ces raisons (source France Inter ce jour).

Il est symptomatique que les bourses des valeurs aient, après avoir fait semblant de craindre l’arrivée de leur congénère à la Maison Blanche, finalement progressé (NY, Paris notamment) sauf le Mexique qui est dans le collimateur de Donald Trump et qui va souffrir du programme Trumpien.

Il faut dire que l’élection de Donald Trump a été rapidement saluée par la Russie (Vladimir Poutine se félicite que les relations bilatérales puissent reprendre avec Donald Trump alors qu’elles s’étaient envenimées sous Barack Obama), par certains chefs d’Etat en rupture de "main stream" comme le hongrois Victor Orban ou par le premier ministre grec Alexis Tsipras (qui rend là la monnaie de la pièce à la clique USA-FMI-UE-BCE qui l’a forcée à trahir ses électeurs) et par certains qui voudraient être chefs d’état comme Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. Même le président chinois (Donald Trump a accusé la Chine de manipuler sa monnaie à la baisse et de frauder sur les brevets) est impatient de travailler avec le président Donald Trump " sans confrontation" :-)

La paix du monde devrait être stabilisée car Trump est plutôt isolationniste et ne semble pas vouloir aller "faire la guerre pour le pétrole" puisqu’il est à fond pour l’exploitation des ressources du sous-sol étatsunien et qu’il sait pouvoir trouver le complément au Canada et éventuellement au Vénézuela une fois le chavisme éradiqué !

En revanche Hillary Clinton qui a des différents personnels avec Vladimir Poutine et une vision de la mission impériale des USA au service de leurs multinationales aurait probablement conduit à une augmentation du taux de conflits ouverts, si pas plus ?

A part celà on peut espérer que le TAFTA soit définitivement ajourné comme le Partenariat TransPacifique et l’ALENA que Donald Trump veut "renégocier" voire abandonner.

En revanche mauvaise nouvelle du côté du climat avec la relance des énergies fossiles et le retrait de la ratification de la COP21 !

REFERENCES

* Le programme économique de Donald Trump en sept thèmes clés

Christian Chavagneux Alternatives Economiques 09/11/2016

* Le fil AFP USA sur Twitter

* La victoire de Donald Trump sur LCI

* La majorité des électeurs a voté Clinton, et Trump a été élu sur LCI + dossiers

* The Making of Donald Trump, par David Cay Johnston

Melville House, 2016, 263 p., 23,47 euros.

Voir l’article de Christian Chavagneux Alternatives Economiques n° 361 - octobre 2016

* États-Unis : les différents instituts de sondage en total désaccord Europe 1 07h00, le 08 novembre 2016


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