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Il n’y a pas que Calais !

SOUTIEN AU COLLECTIF ROYA RESISTANCES

Immigration ancienne et réfugiés récents

dimanche 23 octobre 2016 par JMT

Les migrants d’Asie ou d’Afrique qui arrivent à Vintimille essaient de passer en France, soit par Menton (autoroute, route côtière et voie ferrée) soit en remontant la Roya jusqu’à Breil mais ils arrivent dans un cul de sac car la route de la vallée mène en Italie par le Col de Tende. Il leur faut donc gagner Sospel puis Nice. Mais les forces de police et de douane veillent à Sospel comme à Menton. Alors certains essaient de passer par la montagne et y laissent trop souvent la vie.

Des habitants de la vallée de la Roya viennent en aide depuis longtemps à ces migrants dépourvus de tout. Ils ont essayé d’attirer l’attention des autorités pour qu’elles fassent leur travail de prise en charge d’autant qu’il y a souvent des mineurs pour lesquels la loi française fait une obligation d’accueil à la charge du département !

Lundi 17 Octobre au soir, un camp sauvage d’hébergement a été ainsi ouvert dans une ancienne colonie SNCF inutilisée depuis 20ans et dans un état de délabrement avancé car tout le site, y compris la gare monumentale doit être vendu pour faire un complexe touristique de standing. Les organisateurs se doutaient que cela ne durerait pas. Dès jeudi 20 Octobre, le site a été évacué manu militari et 4 organisateurs entendus dont l’un d’eux, Cédric HERROU, sera traduit en justice le 23 Novembre 2016

POUR AGIR A DISTANCE TOUT DE SUITE

1- SIGNER LA PETITION SUR CHANGE.ORG : Gardons ouvert le Centre d’Accueil pour Migrants et Réfugiés de Saint-Dalmas-de-Tende

Depuis lundi dernier, c’est une cinquantaine de réfugiés érythréens arrivés d’Italie qui sont logés à Saint-Dalmas-de-Tende dans un "lieu d’accueil humanitaire de transit" établi par un collectif associatif des Alpes-Maritimes.

En effet, c’est "sans réponse des pouvoirs publics, gouvernement/préfecture et conseil départemental" que le collectif Solidarité Roya-Frontière franco-italienne "a pris la décision d’ouvrir un lieu d’accueil humanitaire de transit". Sans provocation aucune, "On ne veut pas défier les autorités, on voudrait qu’elles comprennent." et armés de bonne foi et d’humanité, ce collectif considère "qu’il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’aide, donc nous nous portons au secours des gens dans le besoin."

Ces associations soulagent à la fois ces hommes et femmes, et le gouvernement qui n’a pour le moment, plus à assumer la responsabilité politique et humaine de les loger.

Cependant, le républicain Eric Ciotti, député et Président du Département des Alpes Maritimes ne l’entend pas de cette oreille. Soutenu par Christian Estrosi, Maire de Nice qui considère l’initiative comme étant "inadmissible", Ciotti appelle le Gouvernement à procéder "sans délai au démantèlement de ce campement illégal, en expulsant ses occupants et en poursuivant les associations à l’origine de cette action."

Signons cette pétition pour laisser ces êtres-humains en paix, d’autant que ce n’est ni leur premier obstacle, ni leur dernier jusqu’au jour où, peut-être, ils sortirons de l’Enfer dans lequel ils sont actuellement

2- APPEL A SOUTIEN FINANCIER POUR ROYA CITOYENNE

Posté : 19 octobre, 2016 @ 3:00 dans Collecte, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires

Soutenez les réfugiés en soutenant les personnes solidaires ! Même une petite somme c’est beaucoup, les petits virements mensuels permettront d’envisager l’hiver plus sereinement, si nous faisons peu mais que nous sommes beaucoup, nous pourrons… beaucoup !

RIB de l’association en téléchargement

Coordonnées bancaires :

ASSOC. ROYA CITOYENNE

code banque : 19106

n° compte : 43630215944

IBAN : FR76 1910 6006 2643 6302 1594 494

BIC : AGRIFRPP891

MERCI !

3- Signez la pétition : Réfugiés - Nous avons honte Auteur : Roya Citoyenne Créée le 01/10/2016 À l’attention : du Président de la République "Le gouvernement français a fermé la frontière franco-italienne à Menton. Cette fermeture nie a priori le droit d’asile à ceux qui pourraient en bénéficier. Les migrants empruntent donc toutes les routes possibles pour regagner leur destination (voie ferrée, montagne, autoroute...). Dans la vallée de la Roya voisine, nous voyons tous les jours des femmes, des hommes, des mineurs errer et être souvent embarqués par la gendarmerie qui les remet à la police aux frontières qui les renvoie en Italie. Il est urgent que le gouvernement français prenne ses responsabilités résultant de sa décision de fermeture de la frontière."

4- Signez la pétition : Les conditions d’accueil des réfugiés en Europe sont inacceptables 2.859 signatures sur 20.000 attendues

Les efforts des pays de l’Union européenne en termes d’accueil des réfugiés sont insuffisants et leurs conditions de vie sont indignes. La majorité des États membres échappent à leurs responsabilités. Nous demandons aux pays de l’Union européenne d’accueillir dignement et de protéger plus de réfugiés. Il est urgent d’agir pour que les pays de l’UE apportent enfin une réponse à la hauteur des besoins, en accueillant plus de réfugiés dans de meilleures conditions.

En 2016, l’Union européenne n’accueille qu’un réfugié pour 1000 habitants. Des pays bien plus pauvres et vulnérables se montrent beaucoup plus accueillants et généreux. Ces personnes qui ont tout laissé derrière elles pour fuir la guerre méritent d’être traitées avec humanité.

21,3 millions de personnes sont réfugiées dans le monde : leur fuite n’est pas un choix, c’est une question de survie. Protéger les personnes dont la vie est menacée est non seulement un devoir moral, mais également une obligation au regard des conventions internationales. MOBILISEZ-VOUS POUR APPELER LES GOUVERNEMENTS FRANÇAIS ET EUROPÉENS À ASSUMER LEURS RESPONSABILITÉS ET À AGIR SANS PLUS TARDER ! SIGNEZ LA PÉTITION ! Aidez-nous à atteindre 20 000 signatures pour pouvoir remettre la pétition en amont du Conseil européens à Bruxelles en décembre prochain.

5- Pour le maintien de camp d’exilés de Norrent-Fontes (62) https://secure.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_Bertrand_Cocq_maire_de_NorrentFontes_62_Pour_le_maintien_de_camp_dexiles_de_NorrentFontes/ ?asylxdb 997/1.000

Pourquoi c’est important : Le camp de Norrent-Fontes, c’est 250 personnes qui errent, qui tentent de trouver refuge, qui essayent tant bien que mal de trouver un coin de paix transitoire. 250 êtres humains, comme vous, comme nous, qui méritent au même titre que tout le monde de vivre dans des conditions décentes.250 individus, hommes et femmes, qui ont dû fuir, traverser les mers, subir des conditions d’exodes dramatiques pour échapper à des atrocités quotidiennes. 250 âmes en quête d’une vie normale, de sécurité, de stabilité. 250 déracinés qui cherchent de nouvelles racines pour se reconstruire ici ou ailleurs, parqués au milieu de terres où ils ont construit un semblant de dignité qui va leur être retiré. Démanteler le camp, c’est obliger ces vies déjà brisées à un nouvel exode, avec toujours plus de leur fardeau sur le dos. Démanteler le camp, c’est promettre des lendemains encore plus incertains. Démanteler le camp, c’est surcharger encore plus les camps de Grande-Synthe et Calais, ces cages déguisées... Démanteler le camp, c’est un peu plus condamner certaines vies à la mort.

En signant cette pétition, vous lancez un appel fort aux dirigeants qui tolèrent l’inacceptable.

En signant cette pétition, vous témoignez votre soutien aux exilés de Norrent-Fontes et à tous les autres.

En signant cette pétition, vous réclamez un accueil digne pour tous les exilés !

SOURCES :

* Blog "Résistances en Roya" (Collectif interassociatif) : solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l’humain et de la nature…

* des habitants de la vallée, par mél et téléphone, ce qui a conduit AID à mobiliser certains de ses propres donateurs pour aider à distance via l’Association Roya Citoyenne

* le site de l’association niçoise HABITAT & CITOYENNETE

* des méls de militant-e-s d’EELV06 qui participent aux actions locales, en PACA ou nationalement pour le suivi des événements qui se sont accélérés depuis une semaine.

* "Liberté pour Cédric", l’aidant au migrant : des militants manifestent devant le palais de justice de Nice (Nice Matin PAR La rédaction Mis à jour le 21/10/2016 à 14:05 Publié le 21/10/2016 à 14:05)

* autres médias

DANS LES MEDIAS

* New York Times du 4 octobre 2016 : A French Underground Railroad, Moving African Migrants

* Article du NYT repris par Courrier International du 7 Octobre 2016 : France. Ces citoyens qui aident les migrants à traverser les frontières

* Le Monde du 14 Octobre 2016 : Sur la route avec un agriculteur qui fait traverser la frontière italienne à des migrants

* France 3 du 23 Octobre 2016 : Poursuivi pour aide au séjour irrégulier, ce militant en appelle à la responsabilité de l’Etat pour la prise en charge des migrants . Voir notamment la vidéo à la fin

OU CELA SE PASSE-T-IL

A l’est de la région PACA

A l’est du département des Alpes-Maritimes, à la frontière italienne.

La frontière franco-italienne est compliquée. En quelques kilomètres on peut passer d’Italie en France puis à nouveau en Italie. La continuité territoriale française existe grâce à la RD6204 Nice Contes Breil Col de Tende et à la voie ferrée Nice Breil Tende. La continuité territoriale italienne existe de facto ( route nationale SS20 "del Valle Roia e del Col di Tenda" au nord et au sud sur l’itinéraire Vintimille-Cuneo et parties de la voie ferrée exploitées uniquement par l’Italie Vintimille-Breil et Tende-Limone)

UN PEU D’HISTOIRE LOCALE

Les vicissitudes de l’histoire ont fait que au XIIIè siècle le comté ligure de Vintimille comportait le bassin de la Roya, sauf la Bevera et sauf la Moyenne Roya c’est à dire les communes de Breil et de Saorge (dont Fontan faisait partie) qui rendaient hommage à la Provence.

Le comte de Vintimille ayant vendu ses possessions au comte de Provence, deux de ses fils ne n’ont pas accepté et se sont retirés à Tende et La Brigue. L’un d’eux, Guillaume-Pierre de Vintimille, épouse le 25 juillet 1261, Eudoxie Lascaris, fille de Théodore II Lascaris-Doukas-Vatatzès, empereur d’Orient à Nicée, et d’ Hélène, princesse de Bulgarie. Il empruntera à sa femme son nom, créant ainsi la famille des Lascaris de Vintimille. Eudoxie se serait retirée à la cour de Pierre III d’Aragon à la mort de son mari, avec ses filles Vatacia, Violante et Béatrice. Le deal, signé avec l’usurpateur du trône de Nicée, comportait une dot royale (400.000 ducats d’or de Gênes soit 1.400kg d’or pur !) pour être sûr que le jeune capitaine de la flotte génoise s’assure que la donzelle disparaisse le plus loin possible à l’ouest et oublie ses éventuelles prétentions au trône !

Ainsi financièrement établie, la famille des Lascaris-Vintimille est née, régnant sur la Haute-Roya, Limone et Vernante et au XVè siècle sur des possessions en Ligurie, au gré des alliances avec l’Aragon puis ultérieurement avec le duché de Milan pour résister jusqu’en 1500 aux pressions de la Savoie qui avait acquis le comté de Nice en 1388 et qui possédait une grande partie du Piémont et de la puissante République de Gênes... sur le même modèle que les seigneurs de Monaco, puissante famille gênoise exilée (elle a donné 11 doges à la République de Gênes)

Le département a été régulièrement ravagé par plus d’un millénaire de guerres qu’elles soient locales (directement ou indirectement entre Gênes, Provence et Savoie voire Espagne) ou européennes (France de François Ier + Empire Ottoman de Soliman le Magnifique contre l’Empire austro-espagnol de Charles Quint).

Le passage en va-et-vient des armées et des populations fuyant les combats, pillages, viols, déportations etc...a duré jusqu’en 1945 (libération de Tende les 30 Avril 1945) et le régime d’occupation militaire au "rattachement" du 16 Septembre 1947 suite au Traité de Paris du 10 Février 1947 (voir l’article d’AID sur le 62è anniversaire)

LA PROBLEMATIQUE ANCIENNE

L’Europe, étant vue comme un territoire très riche par le reste du monde, semble une destination de la dernière chance pour tous ceux qui sont meurtris par la guerre, la guerre civile, les dictatures, les persécutions, la famine, les épidémies,les difficultés économiques voire familiales.

Les pays européens ont, depuis la première guerre mondiale (mais parfois avant) favorisé une immigration "utile", pour travailler dans les mines, les usines, la construction, etc... ou participer aux combats des deux conflits mondiaux. Après les suisses, les allemands, les italiens, les polonais, sont venus les espagnols et les portugais. Tous ces immigrants généralement catholiques n’ont pas forcément été bien accueillis dans une France censément catholique mais devenue laïque officiellement en 1905.

Sans oublier les "rapatriés d’Algérie" : à elle seule, la commune de Nice est passée de 200.000 à 300.000 habitants entre les recensements de 1962 et de 1967, ouvrant là-aussi des oppositions qui n’ont toutefois pas atteint le niveau de violence de la Corse (bien qu’il y ait eu aussi dans les Alpes-Maritimes une importante communauté corse :-)

Cette immigration ne s’est jamais faite sans douleurs, les nouveaux venus étant toujours ostracisés, y compris par des immigrés de la génération précédente, généralement combats de pauvres et de précaires craignant de perdre tout ou partie de leurs maigres emplois et revenus (parfois à juste titre puisque l’immigration économique était faite aussi par le patronat pour rendre la main d’oeuvre plus "docile" face aux syndicats puis au communisme !)

Et, avec le tarissement de l’immigration "européenne", vu le développement économique des pays "émetteurs", est venue une autre immigration économique, de Turquie pour l’Allemagne, de leurs anciennes colonies pour les Pays-Bas, la Belgique, l’Italie, le Royaume Uni et la France (avant la crise de 2007 l’Espagne accueillait aussi des immigrants d’Amérique du Sud, notamment ceux ayant pu récupérer la nationalité espagnole par filiation).

Quand les premiers conflits du dernier tiers du XXè siècle ont poussé des gens, souvent aisés et éduqués à émigrer, ils ont pu s’intégrer assez facilement. Nice a ainsi accueilli beaucoup de libanais essentiellement chrétiens dès les années 70 lors de la guerre civile libanaise, mais aussi ultérieurement des libano-syriens de toute confession ayant dû quitter les pays africains en crise économique et sociale, où ils étaient implantés souvent depuis plus d’un siècle).

En revanche pour les plus démunis, cela n’a pas été la même histoire. Les Alpes-Maritimes sont pourtant une terre d’immigration de longue date, ce qui a conduit le département, pourtant de faible superficie (4299 km2) et très largement montagneux, à presque 1.100.000 habitants. Cette immigration se compose essentiellement de trois catégories :

a) anciennement des gens riches venant goûter aux douceurs de "la Riviera" : après les anglais dès le début du XIXè siècle sont venus des riches de toute l’Europe y compris la noblesse russe. Et la Principauté de Monaco en reste un puissant aspirateur. Ils ont d’ailleurs été remplacés dans les années 80 par la mafia italienne et dans les années 90 et suivantes par la mafia russe et les nouveaux riches de la Russie post-soviétique (création de lignes aériennes directes depuis Nice voire d’un train de luxe Nice-Moscou, achat ou constructions de villas de très grand prix, installation de certaines de leurs sociétés financières off-shore à Monaco, etc...)

b) les retraités "nordiques" venant chercher le soleil et une vie culturelle riche et variée avec des relations aériennes faciles avec Paris et toute l’Europe

c) des travailleurs, souvent pauvres, pour travailler dans le tourisme, la construction, les transports mais aussi certaines industries et services

La faiblesse du tissu universitaire local qui ne date que d’une cinquantaine d’années (auparavant académie et universités d’Aix-Marseille) a longtemps obligé une majorité des jeunes à aller se former ailleurs .... et à y rester longtemps avant de trouver une opportunité pour "rentrer au pays".

La rivalité entre Nice et Marseille, souvent de familles politiques différentes, n’a d’autre part, pas facilité le développement économique du département des Alpes-Maritimes. C’est d’ailleurs la même problématique du côté italien où les provinces de Coni (face à Turin, capitale de la région Piémont) et de Savone (face à Gênes capitale de la région Ligurie) se considèrent également comme des culs-de-sac (pendant 150 ans la voie ferrée côtière depuis Savone vers la France était tortueuse et à voie unique) et c’est donc un point commun fort avec les Alpes-Maritimes qui se retrouve dans le concept commun de Maralpie !(alias Alpes de la Mer)

LA PROBLEMATIQUE RECENTE

Suite aux aventures militaires de certains membres de l’OTAN, en Europe, Asie ou Afrique, avec ou sans mandat Onusien, l’Union Européenne a vu monter le nombre des candidats, essentiellement réfugiés, à venir chez elle se mettre à l’abri des catastrophes dont ils sont des victimes le plus souvent impuissantes.

Depuis 2001 puis depuis 2003 ont commencé à arriver les réfugiés afghans et pakistanais, puis irakiens, cherchant généralement à gagner le Royaume-Uni. En nombre relativement limité, avec beaucoup de trajets disponibles entre la Turquie et Calais, le système d’accueil européen a pu faire face.

En revanche, après 2011 et le déclenchement des "printemps arabes", la guerre civile en Syrie, la destruction de l’Etat Lybien , la naissance de Daech et des clones d’Al Qaida, l’assassinat de Ben Laden, etc... la donne a considérablement changé.

Nous sommes désormais ouvertement en guerre sans le reconnaître (on parle officiellement et dans les médias juste d’opérations et de coalitions mais on va bombarder des territoires étrangers ou on y envoie des troupes et des armes mortelles en nombre).

Cette guerre que nous menons, on nous la mène aussi en miroir, par le terrorisme qui est la réponse du faible au fort.

C’est notre politique européenne brouillonne qui est souvent la cause, généralement économique et sociale, des troubles qui, en accentuant des situations déjà difficiles et impactées par le réchauffement climatique, génèrent des réfugiés, par l’action de nos multinationales, par nos accords politiques et militaires avec des régimes non démocratiques, par nos aventures militaires improvisées, par notre radinisme qui refuse de consacrer à l’accueil des réfugiés même une petite fraction des bénéfices que globalement l’Europe fait avec les pays d’origine, et par notre désorganisation.

Vouloir faire un distinguo entre "réfugiés économiques", réfugiés climatiques" et "réfugiés politiques" est assez ubuesque : cela reviendrait à vouloir établir une gradation dans l’horreur. Qu’on se rassure, même si notre cartésianisme nous pousse à classifier finement les humains dans des "boîtes" différentes : mourir de faim, mourir noyé ou mourir sous la torture ..... à la fin, on est (enfin malheureusement ILS SONT) mort(S) et la boîte c’est un cercueil !

Depuis quelques mois, l’Union Européenne a donc passé des accords politiques controversés avec la Turquie et celle-ci a accepté, contre rémunération, de freiner le flux des migrants traversant son territoire. Cette politique existe aussi avec le Maroc qui sait déjà très bien en jouer et rouvrir le robinet quand on fait des misères à son souverain ! Et, suite à la tentative de coup d’Etat, le président turc menace régulièrement de lui emboîter le pas et de ne plus bloquer le départ des réfugiés vers la Grèce ou la Bulgarie.

Il y a eu aussi l’échec de la volonté ( ?) de répartir les demandeurs d’asile dans tous les pays d’Europe (refus des élus qu’on trouve aussi dans certaines villes et départements de France dont les Alpes-Maritimes !), ce qui a déclenché la fermeture des frontières internes de l’UE.

Il y a enfin le drame grec où un pays en ruine, grâce aux judicieux conseils et agissements propres de nos multinationales financières, doit en plus supporter l’accueil de centaines de milliers de réfugiés qui y sont bloqués pour la plupart, avec fort peu de soutien de l’Union.

Tout cela détourne donc depuis quelques mois, une grosse partie des flux de "réfugiés asiatiques" vers l’ouest du bassin méditerranéen où ils viennent s’ajouter aux "réfugiés africains" essentiellement depuis la Libye où il n’existe plus d’état capable de maîtriser ses frontières et ses obligations internationales.

Et c’est donc l’Italie qui les voit débarquer sur son sol,(et souvent plus exactement faire naufrage dans ses eaux territoriales) au prix de nombreux morts (on en dénombrerait 3000 depuis le début de l’année). La plupart d’entre eux ne veulent pas rester en Italie, en tous cas pas dans le sud qui ne leur offre pas grand chose, et on les retrouve rapidement dans les grandes métropoles du nord.

Beaucoup se retrouvent ainsi à Vintimille au nord-ouest de la botte où, essentiellement par l’autoroute, transitent 45% des flux de camions traversant la frontière franco-italienne. Ironie ou machiavélisme, le camp de transit pour réfugiés se trouve au "Campo Roia" (centre d’accueil de la Croix Rouge Italienne soutenue par la Croix Rouge Monégasque qui a fourni du matériel et donne des cours de français établi au "Parco Roia" qui avait l’ambition d’être une gare de triage ferroviaire connectée...à l’échangeur autoroutier en voie de démantèlement, voir le film COP 21 - Lettre ouverte aux décideurs des politiques de transport des massifs alpins qui parle des problèmes de la voie ferrée et de la route .... et notamment le parking du Parco Roia à 50’29"

Pour qui comprend l’italien voir l’article du 16 juillet 2016 du Journal de San Remo "Ventimiglia : ha aperto i battenti il campo Roja, oltre un centinaio i migranti che hanno scelto il centro di accoglienza temporaneo. Ecco come funzionerà (FOTO e VIDEO)"

Les événements se sont accélérés. Les migrants d’Asie ou d’Afrique qui arrivent à Vintimille essaient de passer en France, soit par Menton (autoroute, route côtière et voie ferrée) soit en remontant la Roya jusqu’à Breil mais ils arrivent dans un cul de sac car la route de la vallée mène en Italie par le Col de Tende. Il leur faut donc gagner Sospel puis Nice. Mais les forces de police et de douane françaises veillent à Sospel comme à Menton. Alors certains essaient de passer par la montagne et y laissent trop souvent la vie.

Des habitants de la vallée de la Roya viennent en aide depuis longtemps (voir l’article du 16 Juin 2016 de l’Humanite.fr)à ces migrants dépourvus de tout. Ils ont essayé d’attirer l’attention des autorités pour qu’elles fassent leur travail de prise en charge d’autant qu’il y a souvent des mineurs pour lesquels la loi française fait une obligation d’accueil à la charge du département !

Lundi 17 Octobre au soir, un camp sauvage d’hébergement a été ainsi ouvert dans une ancienne colonie SNCF inutilisée depuis 20ans et dans un état de délabrement avancé car tout le site, y compris la gare monumentale, doit être vendu pour faire un complexe touristique de standing

Vue du site des Lucioles au centre de Saint-Dalmas

Les organisateurs se doutaient que cela ne durerait pas. Dès jeudi 20 Octobre, le site a été évacué manu militari et 4 organisateurs entendus dont l’un d’eux, Cédric HERROU, sera traduit en justice le 23 Novembre 2016

Saint-Dalmas-de-Tende : le camp des migrants évacué

Par @annelehars France3 Régions Publié le 20/10/2016 à 09:07, mis à jour le 20/10/2016 à 12:26

La police à Saint-Dalmas aux Lucioles le 20 Octobre 2016 au matin

Depuis ce lundi, une cinquantaine de réfugiés érythréens arrivés via l’Italie étaient hébergés à Saint-Dalmas-de-Tende dans un "lieu d’accueil humanitaire de transit" établi par des associations des Alpes-Maritimes. Ils ont été évacués ce jeudi à 7h45

voir notamment les deux vidéos

Alpes-Maritimes : des associations ouvrent un lieu d’accueil pour des réfugiés

http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/menton/alpes-maritimes-associations-ouvrent-lieu-accueil-refugies-1111397.html Alpes-Maritimes : des associations ouvrent un lieu d’accueil pour des réfugiés

Une cinquantaine de réfugiés érythréens arrivés via l’Italie sont hébergés depuis ce lundi à Saint-Dalmas-de-Tende dans un « lieu d’accueil humanitaire de transit » établi par des associations des Alpes-Maritimes, département qui refuse tout accueil de migrants, a indiqué l’association Roya Citoyenne.

Par @annelehars France 3 Régions Publié le 18/10/2016 à 10:51, mis à jour le 18/10/2016 à 16:18

Le couchage

« Sans réponse des pouvoirs publics, gouvernement/préfecture et conseil départemental, qui fuient leurs responsabilités, le collectif Solidarité Roya-Frontière franco-italienne¨ a pris la décision d’ouvrir un lieu d’accueil humanitaire de transit », indiquent dans un communiqué ces associations.

Ils ont investi les lieux en quelques heures, la nuit dernière, une soixantaine de migrants se sont donc installés dans une ancienne colonie de vacances désaffectée de la vallée de la Roya.

Intervenants : Laurent Barreau Collectif défense des migrants, Cédric Herrou Roya citoyenne - Peyrano Bernard, Sara Jean-Marc et Espanol Céline

« On ne veut pas défier les autorités, on voudrait qu’elles comprennent. Le département a dit qu’il ne voulait pas de migrants, et pas de mineurs alors que c’est son devoir », a précisé à l’AFP George Faye, membre de Roya Citoyenne.

Entrée dans les lieux

On considère qu’il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’aide, donc nous nous portons secours aux gens dans le besoin.

« Suite à la fermeture des frontières par la France, notamment celle de Menton, la vallée de la Roya connait un afflux sans précédent de réfugiés en détresse, des femmes, des malades, des mineurs dans des conditions sanitaires déplorables », précisent les associations à l’initiative de cet accueil, la Ligue des Droits de l’homme, le MRAP, la Cimade, l’association pour la démocratie niçoise (ADN) et l’association Habitat et Citoyenneté – dont le responsable, Hubert Jourdan, a hébergé plusieurs centaines de migrants chez lui depuis 15 mois à la Colle-sur-Loup.

Cinquante-trois hommes, femmes et enfants, ayant tous fui le régime totalitaire d’Erythrée, sont hébergés à Saint-Dalmas-de-Tende à l’abri du froid dans un ancien centre de colonie de vacances.

« A titre humanitaire, c’est parfaitement légal », a rappelé M. Jourdan dont l’action à La-Colle-sur-Loup lui a valu six heures de garde à vue en septembre et qui était lundi soir aux fourneaux pour faire la cuisine aux réfugiés érythréens.

Ces associations et Médecins du Monde avaient demandé solennellement le 10 octobre la réouverture de la frontière franco-italienne, que des milliers de migrants franchissent souvent au péril de leur vie, et accusé la France de violer ses propres engagements internationaux.

SITUATION REPRESSION ET SOLIDARITE

suite ouverture puis évacuation lieu d’accueil les Lucioles : COMMUNIQUES, MEDIAS, COURRIERS…

Classé dans : Non classé — 21 octobre, 2016 @ 15:21

POINT SITUATION 21/10/2016 :

COMMUNIQUE de Roya citoyenne 21/10/2016 à 13h L’avocat de Cédric Herrou précisant que sa COMPARUTION IMMEDIATE peut INTERVENIR A TOUT MOMENT CETTE APRES-MIDI, notre association ROYA CITOYENNE et le COLLECTIF DE COORDINATION PACA DE SOUTIEN AUX MIGRANTS demandent une MOBILISATION URGENTE ET MASSIVE dès 14 H DEVANT le PALAIS DE JUSTICE DE NICE en SOLIDARITE TOTALE ET ASSUMEE.

Nous ne les laisserons pas nous diviser, nous ne laisserons pas punir la solidarité mise en actes !

Toutes nos demandes fondées restent bien sûr inchangées, et les pouvoirs publics ne pourront se défausser aisément sur le fond du problème de la fermeture des frontières et des ses conséquences gravissimes, ainsi que de l’absence de prise en charge des personnes vulnérables, en se saisissant d’une personne comme d’un bouc émissaire.

Pour Roya Citoyenne et le Collectif

La page contient aussi le Courrier du 17/10 des Conseillers départementaux du canton Roya-Bevera-Paillons, Valérie Tomasini et Francis Tujague au Préfet des Alpes-Maritimes.

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Valérie, de longue date conseillère municipale d’opposition à Tende et Francis, maire et conseiller général sortant de Contes sont les seuls élu-e-s du Front de Gauche dans une triangulaire contre le FN et LR, où ils ont eu au 2ème tour le soutien du ticket écologiste arrivé 4ème avec 6% des voix.

Dans la vallée de la Roya, la solidarité des « passeurs-citoyens  »

Émilien Urbach Lundi, 20 Juin, 2016 L’Humanité

Les cimes sont les seuls endroits où les migrants échappent au harcèlement policier et aux trafics. Ils grimpent des cols de plus en plus haut, au-dessus de vallée de la Roya. Photo : Jean-François Ottonello/Nice-Matin/MaxPPP

À la frontière franco-italienne, un réseau de solidarité avec les exilés bloqués à Vintimille s’est constitué dans la clandestinité. Menacés de poursuite judiciaire pour leur avoir offert un repas ou fait passer la frontière, ces citoyens solidaires veulent faire de leur combat une cause nationale.

Alpes-Maritimes, envoyé spécial.

« Rien n’a bougé depuis la fermeture de la frontière, le 9 juin 2015, alors on prend nos responsabilités. On les héberge et on les fait passer. Ça fait partie de nos valeurs. Mais il faut maintenant dépasser la seule solidarité et mener la bataille politique  ! » Les mots de cette élue communiste résument bien l’état d’esprit qui règne actuellement dans les vallées transfrontalières qui surplombent Menton et Vintimille.

Face à la répression quotidienne dont font l’objet, depuis un an, les migrants bloqués à la frontière franco-italienne et leurs soutiens, l’entraide s’organise dans la clandestinité. Des citoyens français et italiens collectent, nourrissent, protègent, hébergent les exilés et organisent leur passage en France. Des justes prêts à se mettre dans l’illégalité pour faire de l’Europe une terre d’humanité et d’hospitalité

Dans les vallées rocheuses de la Roya et de la Bévéra, certains villages sont italiens, d’autres français. Mais la solidarité n’a pas de frontières dans ces régions montagneuses. Ici, pas besoin d’être militant pour s’arrêter sur le bord d’une route et faire monter dans sa voiture trois ou quatre marcheurs perdus, à la peau noire.

Ce sont des réfugiés venus d’Afrique. Ils veulent aller en France, en Angleterre ou ailleurs. Ils ont plusieurs fois pris le train à Vintimille en espérant franchir la frontière, mais chaque fois, ils se sont fait refouler par la police. Certains décident alors de monter dans la montagne à pied, à la recherche d’un passage, avant d’être pris en charge par des locaux. Une fois qu’ils sont en voiture, que faire  ? La police, la gendarmerie, les chasseurs alpins quadrillent la région depuis des mois pour les renvoyer dans le sud de l’Italie.

On décide de rentrer chez soi. On offre le gîte et le couvert. On se fait discret. On appelle une ou deux personnes de son entourage pour expliquer la situation. Puis, quelques jours après, le téléphone sonne. Un ami organise une randonnée sur des sentiers que seuls les bergers et les natifs du coin connaissent. L’équipée solidaire monte vers des cols encore plus hauts dans la montagne. Une voiture attend de l’autre côté, dans une vallée voisine. On échange une dernière accolade avec les hôtes venus de l’autre rive de la Méditerranée. On échange un numéro de téléphone, un sourire, une larme.

Et la voiture se met en route, prenant l’itinéraire le plus discret possible vers une gare de chemin de fer plus loin, en France, où les migrants partiront vers d’autres cieux. À moins d’être hébergé par d’autres bonnes âmes comme il en existent plusieurs de Nice jusqu’à Marseille.

C’est, pour beaucoup d’exilés, les seuls endroits à partir desquels ils parviennent à entamer des démarches de demande d’asile ou de regroupement familial. Ceux qui rejoignent les campements parisiens ou les « jungles » du Nord peinent à accéder à leurs droits. Beaucoup sont finalement expulsés vers l’Italie, dans le cadre du règlement de Dublin, après être passés par les centres d’accueil et d’orientation (CAO) mis en place cette année par le gouvernement français. Une pratique déloyale, dénoncée mercredi par la Cimade, qui avait alerté sur le cas d’un jeune Soudanais. Il avait accepté de quitter Calais pour un CAO, en Vendée, contre la promesse d’un examen de sa demande d’asile. Convoqué à la préfecture le 13 juin, il a été expulsé. Trois militants poursuivis pour délit de solidarité avec des exilés

Dans les premières vallées transfrontalières qui se jettent dans la Méditerranée, on a décidé de résister, quitte à passer par la désobéissance civile. Ils sont une quarantaine, le dimanche 12 juin, en fin d’après-midi, à s’être réunis dans une maison accrochée à la montagne, chez une personne qui a commencé à cacher des migrants l’été dernier. Les invités, italiens ou français, sont très hétérogènes. Jeunes travailleurs, retraités, avocats, enseignants, bénévoles associatifs, militants, élus locaux, syndicalistes… ils ont tous, une fois au moins, participé à la planque ou avoir fait passer la frontière à des rescapés de la Méditerranée. Neuf réfugiés soudanais hébergés sont également présents.

Avant de commencer, l’assemblée partage à boire et à manger, échange sur ses expériences, fait le point sur les barrages de police. Un élu communiste du coin s’apprête à déposer une motion en conseil municipal pour « demander aux autorités françaises de prendre des mesures d’urgence pour aider les communes frontalières afin qu’elles puissent assurer le gîte, le couvert et un accueil digne de notre République à ces personnes à la recherche d’un monde meilleur ». Sa commune a déjà permis, au début du mois, les baptême et parrainage républicains de Moussa, adolescent ivoirien qui avait clandestinement trouvé refuge auprès de la population de la vallée.

Breil sur Roya Photo Eric Duliere/Nice-Matin/MaxPPP

Puis, on demande à chacun d’éteindre son téléphone portable et de le laisser à l’intérieur de la maison de pierre. Dans la cour, une personne préside. On fixe l’ordre du jour. Trois participants viennent de sortir de garde à vue, il y a quelques heures à peine. Ils ont échappé à une comparution immédiate parce que la magistrate en charge de l’affaire était trop occupée avec les débordements de hooligans à Nice.

Les deux jeunes femmes et un jeune homme, arrêtés le 11 juin, comptaient atteindre un hôpital niçois. Ils sont accusés d’avoir « faciliter l’entrée irrégulière » en France de six exilés soudanais. Dont une femme diabétique sans traitement, des membres de sa famille, un mineur isolé et un homme seul. Ils se sont fait prendre à Sospel, à quelques dizaines de kilomètres au-dessus de Menton. Les trois « passeurs-citoyens » ont passé trente-deux heures dans une cellule de la caserne Auvare à Nice.

Les réfugiés, eux, ont tous été conduits au poste frontière. Au petit matin, sans que leur soit proposée aucune procédure de demande d’asile, sans examen de santé, ni prise en charge du mineur isolé, les agents de la Police aux frontières les ont refoulés sur la corniche routière italienne en leur ordonnant de marcher jusqu’à Vintimille. L’homme seul a été placé dans un bus en direction de Gênes.

Il rejoint ainsi les centaines d’exilés que le gouvernement italien pourchasse dans Vintimille, depuis la fermeture du centre de la Croix-Rouge, le 12 mai, afin de les déplacer vers la capitale ligure. Là-bas, ils sont sommés de monter dans des avions postaux en direction de la Sicile ou bien à bord de charters affrétés par une compagnie d’aviation bulgare qui les déportent dans la région de Venise. Au final, ils sont parqués dans un « hotspot » à Mineo, Trapani ou Bari.

Des lieux qualifiés, lundi, à Genève, de « zones de confinement forcé » par le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. « Même les enfants non accompagnés sont souvent placés dans des cellules de prison ou dans des centres entourés de barbelés », a-t-il ajouté. Entre trente et cinquante passages clandestins par semaine

À Vintimille, ceux qui échappent aux rafles trouvent refuge dans l’église catholique de la paroisse San Antonio delle Gianchette. La semaine dernière, ils étaient sept cents à s’y entasser. Quatre cents autres hommes, femmes et enfants dormaient pour leur part sous un pont autoroutier en face de l’église. En six mois, près de 53 000 migrants ont gagné les côtes italiennes depuis l’Égypte, la Libye, la Tunisie ou l’Algérie. Dans le même temps, trois mille personnes auront péri en Méditerranée, sur cette même période.

Depuis le début de l’année, le Secours catholique-Caritas a déjà pris en charge, à Vintimille, plus de 3 500 réfugiés. La situation empire. Sur l’ensemble de l’année précédente, l’association caritative en comptait moins de 3 400. Un arrêté municipal interdit à quiconque, depuis le mois d’avril, de leur donner à manger.

Et tous les jours, de nouveaux exilés arrivent. Les carabiniers italiens les pourchassent pour embarquer la plupart d’entre eux dans des bus affrétés pour rejoindre l’aéroport de Gênes. Certains tentent d’échapper à cette surenchère en payant des passeurs qui, pour cent cinquante euros, les abandonnent finalement sur l’autoroute avant le péage de la Turbie où sont postés policiers et douaniers français. La seul espoir d’échapper à la répression et aux trafiquants  : emprunter les sentiers pour franchir la montagne.

Dans la vallée de la Roya, on fait les comptes. Entre trente et cinquante passages clandestins et mises à l’abri ont eu lieu chaque semaine depuis la mi-mai. « C’est le moment d’arrêter de se cacher », lâche l’une des militantes interpellées, qui participe à la réunion dominicale.

D’une vallée à l’autre, ce réseau informel de solidarité cherche des solutions à plus long terme. Comment imposer les changements nécessaires de politiques européennes  ? Comment dénoncer les causes des migrations, notamment les interventions militaires des pays de l’Union européenne  ? Comment permettre l’accès au droit des exilés  ?

On évoque aussi la réquisition de la base aérienne A943, fermée, à Roquebrune-Cap-Martin, pour la destiner à l’hébergement d’urgence… Les communistes des Alpes-Maritimes planchent d’ores et déjà sur l’organisation d’un forum transfrontalier en présence, en particulier, de plusieurs militants italiens interdits de séjour à Vintimille à la suite des manifestations de l’été 2015. « Il faut mobiliser au-delà de nos vallées  ! assène une avocate impliquée dans ce mouvement de solidarité spontané. Ce qui se passe ici doit devenir une cause nationale  !

L’ONU dénonce le sort réservé aux réfugiés en europe

« La détention n’est pas,la solution, elle doit cesser immédiatement », a déclaré le secrétaire général des Nations unies, en visite samedi sur l’île de Lesbos, en Grèce. Ban Ki-moon s’est rendu dans deux camps de l’île où sont placées en rétention 3 400 personnes arrivées après le 20 mars sur l’île. En vertu de l’accord UE-Turquie, elles doivent être remises aux autorités turques. Alexis Tsipras, le premier ministre grec, lui a offert un gilet de sauvetage, instrument de survie en Méditerranée. M. Ban, après l’avoir revêtu, a salué « la solidarité et l’hospitalité remarquables (…) dont la Grèce a fait preuve » et a encouragé l’Europe à « répondre de manière humaine, et inspirée par les droits de l’homme » à la crise migratoire. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux réfugiés s’est aussi dit inquiet du « climat de xénophobie » en Europe.


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