AID Association initiatives dionysiennes
Après le commerce extérieur, les caisses publiques, le pouvoir d’achat....

La croissance française dans le rouge...

Avec le risque majeur d’une véritable crise systémique de la finance

vendredi 3 octobre 2008 par JMT

La finance capitaliste est en capilotades ! Après avoir prêté à tout va à des clients peu solvables pour générer les juteuses marges que se partagent les hauts cadres bancaires, elle s’aperçoit maintenant que les créances sont aussi pourries que les junk-bonds de naguère et que les puissantes entreprises financières ne sont que des châteaux de cartes et doivent mendier l’aide de leurs copains qui gouvernent. Retour d’ascenseur ?

Entre des nationalisations à 49% cher payées , des prêts aux PME dont les clients se font rares faute de pouvoir d’achat, le rachat aux promoteurs de leurs rossignols invendables, les déficits multiples ne vont pas se réduire, le service de la dette va continuer à peser sur tous les comptes publics , la récession va diminuer les recettes fiscales et sociales d’autant que le chômage repart.

Notre hyperprésident a bien essayé de jouer au président européen et de se faire offrir un fonds de garantie bancaire de 300 milliards d’euros mais cette furie d’Angela est venue s’y opposer dare dare, motivée par la campagne électorale allemande et l’attachement atavique des laenders à la subsidiarité (ça permet aussi de faire des économies s’il n’y a pas de budget fédéral avec de la péréquation fiscale !)

En 1929 nous étions des paysans et on s’endettait peu. On se passait facilement de beaucoup de choses.

En 1989, il restait encore un "amortisseur social", des services publics, et une capacité d’emprunt publique peu entamée dans une conjoncture favorable : la crise est passée quasi inaperçue en France.

La crise actuelle est systémique et pourrait, d’après Guy Leboutte apporter beaucoup plus de dégâts, les événements actuels n’en étant que les prémisses. Apparemment le premier ministre Fillon serait du même avis d’après une interview !

Que faire ? changeons de société et pour celà commençons par proclamer que le pouvoir monétaire n’appartient qu’aux nations et qu’il revient aux Etats de l’assumer pleinement. Sans intérêt sur les emprunts publics, il n’y aurait aucune dette publique en France. Ce fut le cas pendant les "30 Glorieuses" ( 1945-1973) où les investissements d’équipement du pays ont été payés par la monnaie émise par les avances de la Banque de France à l’Etat,son propriétaire. Et même quand il lui payait quelque chose, ca revenait dans ses caisses.

Depuis que Raymond Barre a décidé que l’Etat paierait un intérêt supérieur à l’inflation, et que la Banque de France ne prêterait pus à l’Etat pour qu’il s’endette, les rentiers ont commencé à redevenir les propriétaires de la France : miracle des intérêts composés !

POUR QUE L’ARGENT NOUS SERVE, AU LIEU DE NOUS ASSERVIR

- Voir le compteur de la dette publique française et les liens

- Voir l’Appel

Voulez-vous nous soutenir dans la demande collective suivante ?

Nous demandons instamment aux pouvoirs politiques d’accéder aux demandes suivantes.

Au niveau de la zone euro :

1 - Pour tout ce qui concerne le financement des projets collectifs de l’eurozone - et en particulier pour financer la mutation qu’exige le défi écologique ainsi que le virage technologique pour pallier à l’épuisement de certaines ressources naturelles ; pour financer la recherche, un enseignement ainsi qu’un système de santé de qualité gratuits et, en général, pour tout ce qui sera considéré démocratiquement comme nécessaire pour l’amélioration collective de la qualité de la vie de façon durable - la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contrainte à une émission monétaire centrale, éventuellement sans échéance et sans intérêt, par décision des députés des pays de la zone euro du parlement européen sur demande soit de la commission, soit du conseil européen (c’est-à-dire les chefs d’Etat), soit des députés européens des pays de la zone euro.

2 - Les critères de Maastricht doivent être revus et permettre de soumettre au débat démocratique par exemple les propositions :

a) les budgets des États doivent être équilibrés en "fonctionnement" + "amortissements" par la fiscalité. Nul État de la zone euro ne devrait déroger à cette règle.

b) les États peuvent faire financer leurs équipements (budget d’investissements) par un appel à création monétaire sans intérêt de la BCE. Néanmoins, les députés de la zone euro du Parlement Européen devraient disposer, à la majorité simple, d’un droit de veto concernant une demande d’un État s’ils estiment que le projet n’est pas fondé ou qu’il contredit les orientations générales de la politique européenne.

c) les besoins d’investissements collectifs de l’eurozone doivent également pouvoir être financés par création monétaire sans intérêt de la BCE

Les statuts et la mission de la Banque Centrale Européenne doivent être revus en conséquence

Au niveau national :

A défaut de faire aboutir ce projet au niveau européen, d’opérer une reprise du droit collectif (national) d’émettre la monnaie, éventuellement par émission d’une monnaie complémentaire à l’euro , quitte à risquer une sortie de l’UE, non par anti européanisme mais pour se donner la possibilité de devenir le modèle qu’inspirera les autres Nations.

Deux actions complémentaires

Si vous voulez soutenir cette proposition, nous vous proposons deux actions complémentaires :

1 - Votre soutien électronique à la demande collective précédente. Lorsque la liste sera suffisante, nous ferons parvenir celle ci à qui de droit, sous forme de pétition.

2 - L’envoi d’une lettre personnelle à votre député, sénateur, président du conseil général et régional, ou à ceux que vous connaissez, ainsi qu’aux grands partis et à la presse (téléchargement du modèle de lettre qu’il vous suffira de personnaliser, et nom et adresse de votre député et sénateur )

Nous le savons par expérience : isolée, cette lettre restera ignorée ou évacuée poliment. Il est essentiel qu’elle arrive en nombre, régulièrement et de toute part sur le bureau des élus et personnalités - notamment de la presse - pour qu’elle ne soit pas traitée à la légère. Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux, d’individus, d’associations, de groupes ou d’organismes citoyens. C’est le seul moyen pour que cette question, si importante pour l’avenir des Peuples, soit enfin connue d’eux et qu’ils puissent la traiter.

Crise financière - Le Plan Paulson promulgué, place à "King Henry"

le 03/10/2008 - 22h31

Crédit Photo : TF1-LCI George Bush, le 3 octobre 2008 devant la Maison Blanche

Le plan à 700 milliards a été signé vendredi par George Bush, aussitôt après le vote des Représentants. Henry Paulson, qui a désormais un pouvoir exhorbitant, jure d’agir vite.

Wall Street a clôturé dans le rouge malgré ce vote. La Fed s’est, elle, réjouie du vote du plan, qui donne des moyens historiques au Trésor américain pour intervenir sur le secteur financier, promettant d’agir pour le crédit.

Les Représentants ont finalement dit "oui" et tout s’est accéléré. Après plusieurs jours de longues et difficiles tractations pour convaincre les derniers résistants, le Plan Paulson -baptisé "Loi de stabilisation économique d’urgence 2008"- a été adopté vendredi par la Chambre des représentants américains, par 263 voix contre 171 contre. Et George Bush s’est dépêché de promulguer le plan historique, une heure après.

Mais, a aussitôt averti le président américain, "cela prendra du temps" avant que les effets du plan ne se fassent sentir, car l’économie se trouve encore face à d’importantes difficultés. D’ailleurs, en attendant les effets, à la Bourse de New York, alors que l’espoir de l’adoption du plan avait fait prendre au Dow Jones jusqu’à 300 points, la concrétisation du vote a provoqué une vague de ventes chez les opérateurs de marché et Wall Street a effacé ses gains, repassant dans le rouge.

A la clôture, le Dow Jones a cédé 1,50% et le Nasdaq 1,48%. Lors du rejet du texte en début de semaine, le Dow Jones avait plongé de près de 800 points. Les Bourses européennes avaient clôturé en hausse, semblant anticiper une approbation du plan : Paris a pris 2,96%, Francfort est montée de 2,41% et Londres de 2,26%.

Le président de la Fed, se félicitant de l’adoption du plan, a assuré que la Réserve fédérale ferait tout ce qu’elle peut face à la crise, ajoutant que ce texte était une étape très importante dans le processus de stabilisation des marchés financiers.

Paulson a désormais des pouvoirs exhorbitants

Le Plan Paulson "n’a plus qu’à" être mis en oeuvre. Rôle qui incombe désormais à celui que certains appellent désormais "King Henry". Tous les regards se portent en effet vers Henry Paulson,auteur des plans à 700 milliards de dollars (850 milliards en tout, si l’on compte le coût des amendements divers ajoutés au cours d’âpres négociations pour satisfaire les élus récalcitrants).

Il dispose désormais de pouvoirs énormes, éxhorbitants. La liberté du futur président des Etats-Unis dépendra d’ailleurs de lui...

Les deux candidats à la Maison Blanche ont d’ailleurs très vite réagi eux aussi à l’adoption du plan, pour s’en féliciter et ajouter leur vision de la chose. Le candidat républicain John McCain jugeant qu’il devait "aider les classes moyennes, pas Wall Street".

Le candidat démocrate Barack Obama jugeant qu’il fallait maintenant que "l’administration utilise ce pouvoir avec sagesse, s’assure que le secrétaire au Trésor Henry Paulson et les autres gèrent l’achat de ces actifs d’une manière qui protège le contribuable".

"C’est un compromis mais c’est un début", a pour sa part déclaré la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi, insistant sur la coopération des deux partis dans la préparation de la loi.

Elle a surtout évité d’épingler l’héritage de la politique économique du président Bush, comme on le lui avait reproché lors de son discours le jour du rejet du plan Paulson par les représentants.

Le plan de sauvetage bancaire proposé par le Trésor avait été rejeté en première lecture mais déjà adopté par le Sénat. Le Sénat avait entériné haut la main (74-25) ce projet mercredi, en l’amendant après un premier rejet spectaculaire par les Représentants lundi.

La France s’installe dans la récession

AFP - vendredi 3 octobre 2008, 16h54

Le mot a été lâché par le très sérieux Institut de la statistique, la France s’enfonce cet automne dans la récession, sur fond de crise financière mondiale et après l’annonce de nombreuses suppressions d’emplois par les grands groupes industriels.

Le ministre français du budget Eric Woerth a estimé vendredi à Antibes (Alpes-Maritimes) que la France était en "récession technique" après deux trimestres de "croissance négative", tout en soulignant que sur l’ensemble de l’année 2008 la croissance sera de 1%.

"Il y a eu deux trimestres qui sont en croissance négative, ça s’appelle une récession technique. Il y a eu une année 2008 qui est en croissance de 1%, alors certes c’est pas beaucoup du tout, c’est même très très peu, mais ça reste de la croissance", a déclaré M. Woerth en marge des journées parlementaires UMP à Antibes.

Critiquant "une sorte de jeu de chasse et de la souris (...) ridicule" entre la presse et les membres du gouvernement pour savoir qui dira "le mot qu’il ne faut pas dire" (récession), M. Woerth a estimé que "ce qui est important, c’est qu’est-ce qu’on fait" car "on ne peut pas se satisfaire de 1% de croissance".

La récession est le plus souvent définie par au moins deux trimestres consécutifs de recul du PIB. L’Insee prévoit une baisse de 0,1 point du PIB aux troisième et quatrième trimestres, après -0,3 point au deuxième trimestre.

Deuxième économie de la zone euro, la France devrait voir son Produit intérieur brut (PIB) reculer de 0,1% aux troisième et quatrième trimestres après une baisse de 0,3% au deuxième trimestre, selon les prévisions de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publiées vendredi.

La récession est techniquement définie par au moins deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Du jamais vu en France depuis 1993.

Alors que le quotidien Le Figaro (conservateur) constatait simplement que "la récession ouvre le débat sur un plan de relance", le journal économique Les Echos estimait plus directement que "la France bascule dans la récession" et Libération (gauche) notait gravement : "et maintenant la récession".

"Le risque d’une croissance négative à l’automne pour le 2ème trimestre consécutif est désormais réel", a estimé vendredi la ministre des Finances Christine Lagarde, sans cependant prononcer le mot de récession.

Déjà préoccupés depuis des mois par la baisse de leur pouvoir d’achat, les Français vont ainsi subir de plein fouet les conséquences de la crise financière internationale et sont, selon un sondage publié vendredi, 86% à redouter ses effets sur le chômage.

Selon les chiffres de l’Insee, 52.000 emplois seront détruits pendant la seconde moitié de l’année et le taux de chômage s’établira à 7,4% contre 7,2% au deuxième trimestre.

De grands noms de l’industrie française ont annoncé récemment de douloureux plans sociaux. Le constructeur automobile Renault a annoncé le mois dernier la suppression de 6.000 emplois en Europe, le géant pharmaceutique Sanofi-Aventis a indiqué jeudi qu’il se séparait de 927 salariés.

L’opposition socialiste, sourde à l’appel à "l’unité nationale" lancé par le Premier ministre François Fillon, profite au contraire de la crise pour enfoncer un clou dans les choix économiques du président Nicolas Sarkozy qui se sont révélés, selon elle, "inefficaces" et "injustes", notamment en matière fiscale.

Plutôt que de récession, la majorité de droite préfère parler de "très faible croissance". Pour Christine Lagarde, c’est surtout les "effets des envolées exceptionnelles du prix du pétrole et de l’euro au premier semestre et de l’aggravation de la crise financière" qui sont en cause.

Pour tenter d’enrayer les effets de la crise sur l’économie réelle, le gouvernement a décidé jeudide mobiliser une enveloppe de 22 milliards d’euros destinée au financement des petites et moyennes entreprises (PME). Autre mesure, la décision de faire racheter par l’Etat plus de 30.000 logements dont les travaux n’avaient pas été lancés.

Pour l’Insee, le principal responsable de la baisse de croissance est le pouvoir d’achat des ménages qui accuserait encore une baisse de 0,4% au deuxième semestre. Il s’ajoute au durcissement des conditions de crédit lié à la crise financière internationale et aux difficultés sur le marché immobilier.

Autre facteur, le commerce extérieur de la France : déjà moribond avec un déficit volant de record en record (près de 50 milliards d’euros attendus cette année), il devrait lui aussi pâtir du ralentissement de l’économie mondiale et de la demande extérieure.

Grande menace de récession en France

Le Vendredi 03 Octobre 2008 à 06h24

L’Insee envisage fortement une situation de récession en France dans ses dernières statistiques publiées ce jeudi. Ce recul de la croissance au troisième trimestre 2008, à hauteur de 0,1%, porterait la croissance pour l’année 2008 à seulement 0,9% grâce à la hausse du produit de 0,4% pour le seul premier trimestre. Les causes ne sont pas à chercher bien loin : crises financière et immobilière, inflation et nette baisse du pouvoir d’achat.

L’institut français de la statistique n’a pas employé le mot "récession", mais c’est tout comme. La situation de récession correspond à deux trimestres consécutifs de baisse de la croissance. La France passerait juste en-dessous du zéro croissance au troisième trimestre 2008. L’Insee note toutefois que "la croissance cale" dans toute "la zone euro".

En première ligne, la baisse de la consommation des ménages, directement liée à celle de leur pouvoir d’achat, plombe l’économie française. Celle-ci ne gagnerait que 0,8% en 2008 contre plus de 2,5% ces dernièers années. Une situation qui serait favorisée "par la faiblesse du marché du travail" avec 52000 emplois détruits au second semestre. "En outre, il serait moins soutenu en 2008 qu’en 2007 par les mesures fiscales nouvelles", conclue le document.

G.Briard

Sanofi-Aventis annonce la suppression de 927 postes en France

Le Jeudi 02 Octobre 2008 à 11h03

Les syndicats de salariés du groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis l’avaient déjà annoncé. Ce jeudi, la direction du groupe a confirmé la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui concernera finalement 927 postes.

Si les 817 suppressions d’emplois chez les visiteurs médicaux étaient attendues, les 110 postes supplémentaires détruits au siège français de la firme ont suscité la colère des organisations syndicales. Ces dernières ont prévenu qu’elles ne toléreraient aucun licenciement sec, pointant du doigt la bonne santé financière de l’entreprise.

En 2007, le quatrième laboratoire pharmaceutique au monde, employant 100000 personnes dans le monde et 28000 en France, avait réalisé 7 milliards d’euros de bénéfices. L’intersyndicale déplore ainsi les motivations de ce plan de restructuration, ayant selon elle "pour seule finalité d’accroître la marge opérationnelle de l’entreprise et les dividendes des actionnaires".

Une décision d’autant plus inacceptable pour les syndicats que certains emplois qui ne semblaient pas menacés vont finalement être supprimés. "C’est pire que ce qu’on pouvait imaginer", a ainsi déclaré le syndicaliste CGT Jacky Lebrun.

A l’appel des organisations syndicales, des manifestations ont eu lieu ce jeudi devant les différents sites français de la firme. Le mouvement a été plutôt bien suivi par les salariés, notamment les visiteurs médicaux, poste le plus touché par ce plan. "Au total, cela fait plus de 2.000 grévistes. L’ampleur de cette mobilisation est une première pour les visiteurs médicaux", commentait ainsi un membre d’une délégation reçue par la direction.

Ne se faisant guère d’illusions sur un éventuel retour en arrière, les syndicats réclament en revanche des mesures d’accompagnement honnêtes. Ils ont affiché leur ferme opposition au moindre "licenciement sec" mais restent inquiets à ce sujet. L’intersyndicale estime que "250 visiteurs" sont d’ores et déjà "sans solution".

Suite à ce plan, la fonction de visiteur médical risque tout simplement de disparaître. Ainsi, le DRH de Sanofi-Aventis France, Pierre Chastagnier, a évoqué un métier "menacé" et devant "beaucoup évoluer" à l’avenir.

Chargée de faire la promotion des médicaments auprès des médecins, cette force de vente ferait les frais d’ "une perte d’activité importante" en raison de "la montée en puissance rapide des génériques" d’après la direction.

Gaëtan Briard

1929 - 1989 - 2009

Vendredi 3 Octobre 2008 à 01:29

La crise financière d’aujourd’hui pourrait passer dans l’histoire comme « celle de 2009 », car il se peut que nous n’assistions pour le moment qu’à la mise en place de ses conditions initiales et qu’elle s’aggrave encore pour connaître plus tard, l’an prochain par exemple, son acmé, qui est aussi un gouffre.

Cela n’est pas certain, mais n’est pas impossible. Quoi qu’il en soit, me voilà disposer d’un titre, et grâce à Philippe Gibbon (1), qui mettait de côté une coupure de presse il y a dix-neuf ans, en se « doutant qu’elle servirait un jour », j’ai aussi une illustration.

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Venons-en à notre sujet, qui est l’actualité financière. Décrire quelques engrenages ne suffit pas. Il faut comprendre qu’il y a une impasse logique dans le système, et qu’il s’agit d’une crise que l’on peut appeler à bon droit "systémique".

Nous assistons dans l’ensemble des pays riches à une forte réduction, depuis trente ans, de la part des salaires dans le P.I.B. Au moins 10 pour-cent de la totalité des richesses produites annuellement, qui allaient précédemment à la part des revenus du travail, s’ajoutent désormais à celle qui revenait aux revenus de la propriété.

Cela signifie, humainement parlant, une agression inouïe contre les classes populaires, inouïe au sens propre vu qu’elle est largement inaudible-invisible dans les médias, qui représentent peu ou prou le Moniteur Officiel des Représentations.

Les S.D.F. et la pauvreté, le chômage persistant à deux chiffres, la déglingue des budgets sociaux, la stagnation des salaires, l’explosion des loyers d’habitation et du prix des immeubles… sont la traduction sensible de ces chiffres abstraits.

D’un autre côté, sur le plan de la logique économique, cette évolution représente à terme une baisse de la demande et une tendance à la récession, même si provisoirement s’y oppose un « adoucissement » tout involontaire, à savoir le recours de plus en plus massif au crédit, conçu bien entendu au premier chef comme une source de profits, une extension, historiquement toujours nécessaire, de l’aire de jeu du capital, plutôt que comme un soutien à la demande.

S’agissant des États-Unis, dans ce pays le recours à l’endettement ne connaît pas de limite extérieure : le monde entier accepte leur dette. C’est un effet d’empire.

Le capitalisme US ne peut gripper que de l’intérieur, comme en 1929, parce que de l’extérieur aucun de ses partenaires et rivaux n’a intérêt à provoquer sa chute, même ceux qui comme la Chine ou les fonds souverains (2) détiennent sur lui une telle quantité de créances qu’ils en ont techniquement les moyens.

Il faut bien voir que l’économie étasunienne a un statut unique au monde, annulant les règles de change ou d’équilibre des balances extérieures qui s’imposent à tout autre pays – et à des années-lumières de toute analogie avec la saine gestion d’un budget personnel ou familial.

Il est d’ailleurs vraisemblable que l’un des aspects historiques de la présente crise soit justement une étape vers la fin de ce statut impérial, une fin qui est à long terme tout à fait certaine. (3) Cela n’empêcherait cependant pas l’étranger, la panique une fois installée, d’aggraver la crise par des retraits massifs.

Dans ce contexte et dans une période historique de capitalisme triomphant, où c’est d’ailleurs le démocrate Clinton et le gouvernement du socialiste Mitterrand qui ont, en leurs territoires respectifs et parmi d’autres, parachevé la dérégulation financière, il faut bien voir que la financiarisation de l’économie n’a connu aucune limite politique ou réglementaire, en particulier aux EU.

Il s’ensuit, dans ces conditions, que seule l’implosion des marchés financiers, seul leur plongeon dans le vide d’une société mise à sac, peut ramener au réel la folie de la bulle boursière (4), puisque n’y pourvoit aucune autre limitation : ni la « raison » humaine, ni la « bonne gouvernance » autoproclamée, ni aucune forme du sens de la responsabilité collective, inexistante au gouvernail des États et des institutions internationales, ne se sont manifestées.

Cette impasse logique est certaine, et depuis des décennies ! Simplement, son rythme se déploie sur une ou deux générations humaines. Et tout aussi simplement, le temps qu’elle impose sa loi, certains se sont approprié des montagnes de richesses produites par l’effort commun.

Il faut bien voir que la crise des subprimes et de leur titrisation (5) n’est que l’aspect anecdotique de la limite enfin atteinte, et non une cause, tandis que les revenus et « parachutes » indécents des grands patrons, équivalant à plusieurs siècles de revenus modestes, ne présentent qu’un effet médiatisable, parfois applaudi, de cette dérive aveugle, moralement illégitime, faut-il le dire, et économiquement irresponsable.

On croit rêver ! La caste des « décideurs » se prétend coureuse de risques. Elle se déclare récompensée au mérite. Elle s’invite aux débats de société, pour donner ses leçons à propos du chômage, alors qu’elle y trouve son intérêt puisque les licenciements font monter les cours en bourse, et alors qu’elle ne « donne du travail » ou ne « crée de l’emploi » qu’à condition, par structure (et non par un trait de caractère plus ou moins dévoyé), de faire un bénéfice sur chaque heure payée.

Ses représentants viennent à toute occasion dire leur mot sur l’éducation, dont ils entendent tirer profit, soit immédiatement en ouvrant de nouveaux marchés, soit à plus long terme en réduisant l’école à un centre de formation pour soldats de la guerre économique (6).

Au bout du compte et par divers chantages proportionnels à sa capacité de nuisance, qui balaie large entre asphyxie de l’activité productive et pièges à l’emploi, cette caste demande l’impunité.

Quant à la face sombre des événements, celle de la souffrance sociale quotidienne, des jeunesses sans emploi, des salaires de la peur et des fins de vie amères, elle reste à sa place dans l’ombre, loin des projecteurs.

La finance qui « par nature » devrait avoir pour fonction de servir l’économie productive, la domine au contraire depuis les années 80. Elle en est devenue un pur prédateur. Inévitablement la proie, dans un premier temps les débiteurs des crédits hypothécaires US, devient exsangue, et le circuit s’assèche.

La crise de 1929 avait poussé les gouvernements du monde capitaliste à dresser des parois étanches entre les banques et la bourse, pour éviter qu’une crise de l’une ne s’étende aux autres. Mais ces cloisons ont fondu dans l’enthousiasme de la « fin de l’histoire » et de la restauration conservatrice à l’œuvre depuis les années 80, survoltée par l’implosion du communisme réel en 1989.

On voit bien que la plupart des banques sont aujourd’hui touchées par la « dérive » des produits du même nom, dont la valeur tend irrésistiblement vers zéro. Pour parler simplement : les banques, et les sociétés d’assurance, jouent en bourse. Comme en 1929, l’effondrement boursier s’étend aujourd’hui au secteur bancaire et des assurances, et menace des pans entiers de l’économie dite réelle.

C’est le retour d’une histoire qui n’aurait jamais dû se répéter, et la preuve que l’économie est une chose trop sérieuse pour être confiée aux financiers, aux grands patrons de tout poil, aux libéraux de tous les partis, aux économistes à collier. (7)

Pareillement, dans une démocratie qui ne se paie pas de mots, le pouvoir ne peut être confié à celui qui le brigue – qu’il le brigue est au contraire une raison de ne pas le lui donner.

La charge du pouvoir doit être imposée à des gens qui n’en veulent pas, mais l’acceptent par souci du bien commun, par exemple parce que leur nom a été tiré au sort. On verrait alors l’économie devenir servante, ce qui était un souhait de Keynes, et le pouvoir changer de nature.

Où en sommes-nous ce deux octobre ? La crise est certainement historique. L’hypothèse qu’elle passe dans l’histoire comme la « crise de 2009 » et que nous n’en soyons qu’au déploiement de ses conditions initiales n’est pas incompatible avec les avertissements de Nouriel Roubini, de l’université Columbia à New York.

Cet ancien conseiller du président Clinton a prévu chaque malheur de la planète Bourse depuis un et demi. Il redoute aujourd’hui une panique internationale qui emporterait le marché des prêts interbancaires à court terme, soit 1.000 milliards de dollars de liquidités prêtes à opter pour l’état gazeux ou solide, « illiquide ». Il qualifie la débâcle de systémique et d’une gravité sans précédent.

Si l’on peut dire que la crise des subprimes est une « anecdote » dans la mécanique en œuvre, c’est dans le sens qu’elle n’est en rien une cause de fond. Elle représente toutefois dans le réel une vraie terreur en son pays d’origine.

Pour la low middle class dans un premier temps, pour tous les autres propriétaires moyens ensuite, elle ruine le credo libéral-libertarien, et surtout sa pratique, « ma maison, c’est ma pension », valides seulement si se confirme l’hypothèse d’une éternelle croissance de la valeur des maisons. À supposer que cette crise concerne environ 8 millions d’habitations, et si nous supposons à l’unité un prix moyen de 125.000 dollars, voilà 1.000 milliards de dollars pourris qui ont commencé de tomber en poussière.

La dégradation de ces créances atteignant les contrats hypothécaires à la fin des (alléchantes) deux premières années de remboursement à taux fixe, on sait que cette vague initiale agira jusqu’à la mi-2009. Les conséquences dureront …un peu plus longtemps.

En attendant, les défenseurs du marché « nationalisent » les pertes, nous donnant un aperçu sur le rôle que ces amis du genre humain donnent réellement à l’État. On n’a pas fini de rigoler, comme m’écrit Jean Bricmont !

L’usage du mot « nationalisations » pour décrire le sauvetage des financiers sur fonds publics a d’ailleurs tout l’air d’une machine à empêcher de penser. …Vous avez déjà vu une « nationalisation » à 49% ?

« Nous vous sauvons de vos propres erreurs, mais bien entendu vous restez maîtres de vos machines à siphonner les richesses.. » Les gouvernements du Benelux sont les auteurs de cette révolution copernicienne.

Et les ministres affirmant que cette virile « augmentation de la capacité d’emprunt du gouvernement » (8) n’entraînera « aucun frais pour le contribuable » tentent de prolonger la farce. Certains diront à leur décharge que jusqu’à présent les électeurs se sont laissé télépigeonner comme des c…loches.

Mais la pédagogie « des marchés » pourrait les faire changer de conduite.

Guy Leboutte

VIDEOS

Analyse : Le Plan adopté, Henry Paulson a le pouvoir

03 octobre 2008 - 21h33

Le plan à 700 milliards a été signé vendredi par George Bush, aussitôt après le vote des Représentants. Henry Paulson, qui a désormais un pouvoir exhorbitant, jure d’agir vite.

Crise financière : Branle-bas de combat avant le mini-sommet

03 octobre 2008 - 20h00

Nicolas Sarkozy n’est pas allé à un meeting vendredi devant 12.000 apprentis, officiellement pour préparer le mini-sommet européen qu’il réunit samedi à l’Elysée.

Fillon parle d’un ’’monde au bord du gouffre’’

03 octobre 2008 - 20h00

Le Premier ministre a renouvelé vendredi son appel à l’’’unité nationale’’ face à la crise financière qui a placé, d’après lui, le monde ’’au bord du gouffre’’.

Eclairage : Récession, relance : qu’est-ce que c’est ?

03 octobre 2008 - 20h00

Face à la récession, le gouvernement a annoncé des mesures à court terme mais refuse le terme de relance. Eclairage.

Le plan adopté, la signature de Bush incessante

03 octobre 2008 - 20h00

Le président américain a salué vendredi l’adoption par la Chambre du plan de sauvetage du système financier américain de 700 milliards de dollars, promettant de le promulguer rapidement.


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