AID Association initiatives dionysiennes
Question à 100 milliards d’euros

UE-CLIMAT : QUI VA PAYER ?

samedi 31 octobre 2009 par JMT

Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé vendredi à Bruxelles que la France, l’Allemagne et le Brésil allaient prendre "des initiatives" en vue de faciliter un accord lors de la conférence de Copenhague, en décembre, sur le climat.

Les Européens se sont mis d’accord vendredi sur une position de négociation en vue du sommet sur le climat de Copenhague et le principe de l’aide aux plus pauvres, mais en refusant de mettre de l’argent sur la table, ce qui leur a valu des critiques acerbes des écologistes.

Après de longues discussions, les 27 ont validé une position commune sur une aide mondiale de 100 milliards d’euros par an aux pays émergents pour lutter contre le réchauffement. Reste un point crucial à négocier : la contribution de l’UE dans ces 100 milliards, et plus particulièrement celle de chaque pays membre.

Les pays de l’UE reconnaissent les besoins d’aide des pays pauvres face au réchauffement climatique mais refusent de mettre l’argent sur la table tant que Washington n’aura pas dévoilé ses intentions à Copenhague, une "tactique" jugée risquée par certains.

L’UE veut fixer à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020 l’objectif mondial d’aide aux pays pauvres en vue de la conférence de Copenhague sur la lutte contre le changement climatique, selon un projet soumis vendredi aux dirigeants européens, dont l’AFP a obtenu copie.

Les pays européens éprouvaient de grandes difficultés jeudi soir à se mettre d’accord sur l’aide qu’ils doivent apporter aux pays pauvres face au réchauffement du climat, malgré les appels de la présidence de l’UE à prendre des engagements chiffrés avant Copenhague.

Climat : vers des "initiatives" de Paris, Berlin et Brasilia pour un accord à Copenhague

BRUXELLES (AFP) - 30/10/09 21h54

Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé vendredi à Bruxelles que la France, l’Allemagne et le Brésil allaient prendre "des initiatives" en vue de faciliter un accord lors de la conférence de Copenhague, en décembre, sur le climat.

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancellière allemande Angela Merkel, le 30 octobre 2009 à Bruxelles

"Avec l’Allemagne et le Brésil, nous allons prendre des initiatives" pour essayer de "mettre un papier sur la table qui puisse faire consensus" à Copenhague, a affirmé M. Sarkozy devant la presse à l’issue d’un Conseil européen à Bruxelles.

Le président français a également fait remarquer qu’avec le sommet de Bruxelles, "pour la première fois, il y a la reconnaissance d’un mécanisme aux frontières au cas où les autres pays du monde ne se doteraient pas des mêmes obligations que l’Europe" en matière de normes environnementales.

Les mots "taxe carbone aux frontières" ne figurent pas dans le communiqué final du sommet, "mais le principe y est", a-t-il souligné.

M. Sarkozy a également dit qu’"il faudra répartir entre les pays membres (de l’UE) l’argent que nous allons donner pour aider les pays les plus pauvres à accéder à l’énergie primaire. Nous avons donc décidé d’un groupe de travail pour tenir compte des possibilités financières de chacun", a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’organisation d’une conférence intermédidaire sur le climat, avant celle de Copenhague, qu’il avait proposée à New York en septembre, M. Sarkozy a exprimé ses doutes.

A la mi-novembre "à Singapour, il y aura un sommet de l’Apaic (pays d’Asie et du Pacifique). J’aurais trouvé intéressant, puisqu’il ne manquera que l’Europe, qu’on s’y joigne" mais "tout le monde n’est pas enthousiaste à cette idée, je pense notamment aux Etats-Unis", a expliqué M. Sarkozy.

"J’en ai parlé avec le président (américain Barack) Obama qui veut absolument un succès à Copenhague mais qui se demande si on sera prêt à la mi-novembre. J’en prends acte", a-t-il dit.

"Y aura-t-il un autre sommet intermédaire ? Ce n’est pas encore décidé, il y a d’autres possibilités, notamment dans les Caraïbes. On en discute", a-t-il ajouté.

Les Européens se sont mis d’accord vendredi sur une position de négociation en vue de la conférence internationale de Copenhague et sur le principe de l’aide aux plus pauvres, mais en refusant de mettre, à ce stade, de l’argent sur la table, ce qui leur a valu des critiques acerbes des écologistes.

Climat : l’UE refuse d’ouvrir son portefeuille en attendant Obama

BRUXELLES (AFP) - 30/10/09 21h01

Les Européens se sont mis d’accord vendredi sur une position de négociation en vue du sommet sur le climat de Copenhague et le principe de l’aide aux plus pauvres, mais en refusant de mettre de l’argent sur la table, ce qui leur a valu des critiques acerbes des écologistes.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le 30 octobre à Bruxelles

"L’UE a désormais une très forte position de négociation et elle doit servir de modèle pour les autres", a assuré le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt à l’issue d’un sommet sur le sujet des dirigeants européens.

"Nous pouvons désormais regarder le reste du monde droit dans les yeux", a pour sa part soutenu le président de la Commission José Manuel Barroso.

"La semaine prochaine, avec Fredrik Reinfeldt, nous nous rendons à Washington et nous allons dire à Obama : nous nous sommes prêts, travaillons ensemble", a-t-il ajouté, à propos du sommet UE/Etats-Unis de mardi.

L’UE a fixé à 100 milliards d’euros par an les besoins en financements pour aider les pays plus pauvres à faire face aux effets du réchauffement climatique entre 2013 et 2020. Une question devenue centrale dans les négociations climatiques mondiales.

Sur ce total, l’Europe évoque, sans le reprendre à son compte, le chiffre de 22 à 50 milliards d’euros par an pour le montant des financements publics nécessaires, et celui de 5 et 7 milliards d’euros par an pour amorcer la pompe de 2010 à 2013.

Mais rien n’a été décidé sur le chiffrage de la contribution européenne. L’Allemagne, la France et l’Italie ont refusé toute estimation sonnante et trébuchante. Ces pays veulent voir les autres grandes nations bouger. Et le contexte de crise budgétaire n’est pas propice aux promesses généreuses.

La présidence de l’UE veut s’atteler à un travail de conviction dans le monde.

Mais "aucun pays ne veut payer pour Copenhague", a asséné le ministre polonais chargé des Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz. "Vous connaissez un Chinois qui veut payer pour Copenhague ? Il n’y a que l’UE qui veut payer", a-t-il dit.

"Nous ne devons pas sombrer dans la naïveté. Ce que nous faisons n’est pas un chèque en blanc. Nous n’agirons que si en face il y a des engagements", a assuré M. Barroso.

La chancelière allemande Angela Merkel, très prudente à Bruxelles sur le climat, a minimisé les attentes de Copenhague. "Nous sommes devenus des réalistes (...) Maintenant on parle de se mettre d’accord sur un cadre politique" seulement, a-t-elle déclaré.

Nicolas Sarkozy embrasse Angela Merkel, le 30 octobre 2009 à Bruxelles

L’accord interne à l’Europe conclu vendredi été laborieux, ont expliqué plusieurs délégations.

"Je suis satisfait, mais on peut toujours faire mieux", a reconnu le Premier ministre belge Herman van Rompuy, qui poussait avec d’autres pour un accord plus ambitieux.

Les Verts au Parlement européen ont dénoncé un "résultat calamiteux pour le climat", accusant les chefs d’Etat et de gouvernement de ne pas transformer leurs généreuses paroles en actes.

Ce refus de délier tout de suite les cordons de la bourse masque de profondes divisions sur le partage de la facture de l’aide aux pays pauvres entre pays de l’Est de l’Europe et de l’Ouest. Les premiers refusent que les niveaux d’émissions de CO2 soient le critère de répartition principal, car ils polluent davantage, et demandent que la richesse compte en priorité.

Cette question a été au centre des difficiles tractations du sommet.

Photo de famille du sommet européen le 29 octobre 2009 à Bruxelles

Les pays européens sont parvenus à trouver un compromis pour faire en sorte que les pays d’Europe de l’Est, réticents à payer, aient la possibilité de moins contribuer à l’effort au sein de l’UE que les pays plus riches à l’Ouest. Ou d’obtenir des compensations.

Toutefois, la résolution détaillée du problème a été renvoyée à plus tard.

UE - Climat : accord à l’arraché sur l’aide aux pays pauvres

F.A. le 30/10/2009 - 16h59

Après de longues discussions, les 27 ont validé une position commune sur une aide mondiale de 100 milliards d’euros par an aux pays émergents pour lutter contre le réchauffement. Reste un point crucial à négocier : la contribution de l’UE dans ces 100 milliards, et plus particulièrement celle de chaque pays membre.

photo : Pollution

Après la levée de l’obstacle à la ratification du Traité de Lisbonne, obtenue jeudi soir à l’ouverture du sommet, la validation d’un accord sur une position commune européenne en vue de la réunion de Copenhague sur le climat de début décembre était le principal point au programme du sommet de Bruxelles.

La partie n’était pas gagnée d’avance. Elle s’est d’ailleurs étirée, au point que les traditionnelles conférences de presse de clôture, prévues vers 12h30, ont débuté après 14h.

Le principal point d’achoppement concernait l’argent à verser aux pays pauvres et émergents pour les aider à limiter leurs émissions de CO2 afin de lutter contre le réchauffement climatique.

Les "petits" pays d’Europe de l’Est refusaient notamment de passer à la même caisse que les "grandes nations" d’Europe de l’Ouest. Les dirigeants européens se sont finalement mis d’accord sur une enveloppe de 100 milliards d’euros d’aide par an d’ici 2020 au niveau mondial, dont une partie importante devra être financée par les pouvoirs publics.

A l’Est, moins de contribution

En revanche, les 27 ont fait chou blanc pour fixer la part précise de l’UE dans ces 100 milliards d’euros mondiaux. Et encore plus sur la contribution annuelle de chaque pays membre. L’Allemagne, la France et l’Italie refusent notamment toute estimation sonnante et trébuchante en attendant de voir les autres grandes nations, les Etats-Unis de Barack Obama en tête, bouger.

Comme ils le souhaitaient, les pays d’Europe de l’Est ont quant à eux obtenu la possibilité de moins payer. Ou du moins d’obtenir des compensations. La formule exacte n’a en effet pas encore été trouvée à ce stade. Comme c’est souvent le cas, la résolution du problème est donc renvoyée à plus tard. Un groupe de travail a ainsi été mis sur pied pour permettre à des experts de travailler sur le sujet et "de définir les détails du mécanisme".

Sans surprise, les dirigeants européens dans leur ensemble se félicitent de cet accord. "L’Union européenne a une position forte pour aller à Copenhague et continue à avoir une position de pointe", affirme Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois, président en exercice de l’UE.

"Nous sommes prêts pour Copenhague", lui fait écho le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. "Nous irons unis", a renchéri Nicolas Sarkozy. A contrario, les Verts du Parlement européen parlent d’un "résultat calamiteux pour le climat" et accusent les chefs d’Etat et de gouvernement "de refuser de mettre la main au portefeuille".

La position commune générale de l’Union européenne reprend également des éléments déjà acceptés l’an dernier. Comme le but d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20% d’ici 2020, et de 30% si un accord international ambitieux peut être trouvé. Les 27 soutiennent en outre l’objectif de réduire les émissions mondiales de 80 à 95% d’ici 2050, sans fixer de contrainte. Objectif : limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés.

Le Traité de Lisbonne en vigueur le 1er décembre ?

Après la levée des réticences de son président, Vaclav Klaus, à signer le traité, la République tchèque, dernier pays à ne pas encore avoir ratifié le texte, devrait le faire dans les jours qui viennent. Vaclav Klaus doit pour cela encore attendre la décision de la Cour suprême sur un recours déposé par des députés eurosceptiques. Le Traité de Lisbonne pourra donc ensuite entrer en vigueur dans la foulée. Selon Nicolas Sarkozy, cela sera probablement le cas 1er décembre, ou du moins avant la fin de l’année.

En attendant, un sommet européen extraordinaire sera convoqué pour procéder aux nominations aux postes-clés prévus, notamment celui du président du Conseil européen et du haut représentant aux Affaires étrangères. Même si le sujet n’était pas à l’ordre du jour du sommet de Bruxelles, les discussions ont été nombreuses en coulisses.

Même si les dirigeants n’ont fait aucun commentaire sur le sujet, il semble, d’après de nombreux diplomates et journalistes, que les chances de Tony Blair d’être désigné président du Conseil se soient sérieusement évanouies. L’ex-Premier ministre britannique, soutenu officieusement par la France et l’Italie, paye ainsi son soutien à la guerre en Irak et les exceptions négociées dans les traités précédents lorsqu’il représentait le Royaume-Uni.

Climat : l’UE reconnait les besoins des pays pauvres mais refuse de chiffrer son aide

BRUXELLES (AFP) - 30/10/09 15h11

Les pays de l’UE reconnaissent les besoins d’aide des pays pauvres face au réchauffement climatique mais refusent de mettre l’argent sur la table tant que Washington n’aura pas dévoilé ses intentions à Copenhague, une "tactique" jugée risquée par certains.

Sarkozy le 30 octobre 2009 à Bruxelles

Un projet de texte final du sommet des dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles, soumis vendredi à la discussion, propose de négocier avec les autres pays développés et avec les économies émergentes sur la base d’un besoin pour les plus pauvres de 100 milliards d’euros par an entre 2013 et 2020.

Il évalue entre 22 et 50 milliards d’euros par an la part des contributions publiques et entre 5 et 7 milliards d’euros par an le soutien immédiat à accorder de 2010 à 2013. Mais rien ne figure sur la contribution européenne. La Commission européenne plaidait pour un engagement de 15 milliards par an et un soutien immédiat de 1,5 milliards par an.

Angela Merkel le 30 octobre 2009 à Bruxelles

La chancelière allemande "Angela Merkel a refusé tout chiffrage" et l’a fait savoir assez sèchement, ont raconté les autres participants. "Nous allons lier nos engagements au fait que d’autres pays prennent des engagements financiers similaires", a-t-elle expliqué vendredi.

La France et l’Italie, qui complètent le groupe des pays fondateurs de l’Europe, se sont rangées à cette position. "Nous avons besoin d’un engagement de tous les partenaires internationaux", a dit le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini

Photo de famille du sommet européen le 29 octobre 2009 à Bruxelles

Les Danois, hôtes de la conférence de Copenhague, les Britanniques et les Belges, très volontaristes, se sont dits déçus vendredi par cette proposition "minimale", car tous ces chiffres sont connus depuis des mois et ne répondent pas aux attentes des plus pauvres.

"Sans argent, il n’y aura pas d’accord", soutient le commissaire à l’Environnement Stavros Dimas.

Berlin, Paris et Rome assurent vouloir le succès des négociations sur le climat à Copenhague en décembre. Leur position est "une tactique de négociation" pour ne pas dévoiler trop tôt ses cartes face aux Etats-Unis et à la Chine, assurent leurs représentants. Elle sera mise à l’épreuve dès mardi prochain lors d’un sommet UE-Etats-Unis à Washington.

Ce refus de délier tout de suite les cordons de la bourse masque aussi de profondes divisions entre pays européens sur la répartition de la facture. La position européenne insiste sur le fait qu’elle doit être fondée à la fois sur le niveau des émissions et la richesse.

La chandelière Angela Merkel et le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt le 30 octobre 2009 à Bruxelles

"Nous parlons de lutte contre le réchauffement du climat et l’effort doit se porter sur les émissions, selon le principe du pollueur-payeur", a toutefois expliqué un négociateur français.

Neuf pays d’Europe de l’Est refusent cette formule car, étant souvent plus pollueurs qu’à l’Ouest, ils paieraient davantage. "On ne va pas donner notre accord a un mécanisme qui veut que celui qui émet le plus de CO2 paie le plus", a affirmé le Premier ministre polonais Donald Tusk.

Ils insistent pour que la richesse des Etats, supérieure à l’Ouest, soit prise en compte.

Un texte de compromis discuté vendredi indique que "les contributions des Etats devraient tenir compte de la capacité des moins prospères, au moyen d’un mécanisme d’ajustement interne".

En clair un retour financier comme le chèque britannique pour l’agriculture. Il propose en outre que "l’UE et les Etats membres qui le peuvent assument leur part" du financement de l’aide d’urgence des trois premières années, "en fonction de leur situation économique et financière respective".

Mais ces concessions étaient jugées insuffisantes par la délégation polonaise. Varsovie réclame davantage de garanties pour son rabais, a indiqué le ministre aux Affaires européennes Mikolaj Dowgielewicz.

Climat : l’UE fixe l’objectif d’aide aux pays pauvres à 100 mds EUR/an

BRUXELLES (AFP) - 30/10/09 11h30

L’UE veut fixer à 100 milliards d’euros par an d’ici 2020 l’objectif mondial d’aide aux pays pauvres en vue de la conférence de Copenhague sur la lutte contre le changement climatique, selon un projet soumis vendredi aux dirigeants européens, dont l’AFP a obtenu copie.

Photo de famille du sommet européen le 29 octobre 2009 à Bruxelles

Après avoir levé jeudi soir un obstacle majeur à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ouvrant la voie au choix du futur président de l’Europe, les dirigeants européens achèvent aujourd’hui leur sommet à Bruxelles avec l’espoir de trouver un compromis sur le climat.

Les dirigeants européens ont accepté jeudi soir d’accorder au très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus la dérogation qu’il demandait pour son pays à la Charte européenne des droits fondamentaux. C’était la condition qu’il avait posée pour apposer sa signature sur le traité.

Ce déblocage doit permettre à l’UE de se concentrer sur le choix du titulaire du poste de président stable de l’Union européenne, principale innovation du traité de Lisbonne, visant à donner un visage et une voix à l’Europe. Et à en finir avec le système de présidence tournante actuelle.

Mais ils avaient échoué concernant l’aide qu’ils doivent apporter aux pays pauvres. Toute la nuit de jeudi à vendredi, des experts des Etats de l’UE devaient travailler sur un nouveau compromis.

Les 27 pays de l’Union européenne se disputent pour savoir quel montant apporter aux pays pauvres pour lutter contre le réchauffement climatique et surtout comment répartir la note entre eux. Cette aide est devenue un enjeu majeur des négociations mondiales sur la protection du climat et un sujet de discorde depuis des mois entre Européens.

Le financement des actions d’adaptation au changement climatique dans les pays en développement sera un point-clé du prochain sommet des Nations unies sur le sujet qui s’ouvre à Copenhague le 7 décembre.

Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a toujours l’ambition d’avoir des chiffres dans sa nouvelle proposition, a indiqué une source proche de la présidence. Mais beaucoup d’autres pays refusent de s’engager à ce stade.

Le document soumis jeudi aux chefs d’Etat et de gouvernement chiffrait à 100 milliards d’euros par an les besoins mondiaux en financements des pays les plus pauvres sur la période 2013-2020. Il estimait entre 22 et 50 milliards d’euros par an la part des financements publics internationaux et entre 5 et 7 milliards d’euros par an le soutien à accorder à ces pays de 2010 à 2013.

Angela Merkel, François Fillon et Nicolas Sarkozy le 29 octobre 2009 à Bruxelles

L’Allemagne, la France et l’Italie ont refusé un chiffrage de la contribution européenne, demandant à la présidence suédoise de l’Union de revoir sa copie. La Pologne et huit autres nouveaux membres d’Europe de l’Est s’opposent pour leur part à une contribution européenne essentiellement fondée sur les émissions de CO2.

Si les Européens ne parvenaient pas à se mettre d’accord ou s’entendaient sur un accord au rabais, cela viendrait ternir l’image de l’UE alors qu’elle se veut en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique.

"Même si certains préfèrent attendre pour des raisons tactiques ou garder leurs réserves dans la poche, l’heure est venue pour l’UE de mettre de l’argent sur la table", a prévenu le Premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, hôte de la prochaine conférence de Copenhague.

La Grande-Bretagne a accentué lors du sommet ses efforts pour promouvoir la candidature controversée de Tony Blair. "Le gouvernement britannique est d’avis que Tony Blair est un excellent candidat", a déclaré le Premier ministre Gordon Brown.

De nombreux pays y sont toutefois opposés. Parmi les autres candidats figurent le Luxembourgois Jean-Claude Juncker ou l’ex-Premier ministre irlandais John Bruton. Le chef du gouvernement néerlandais Jan Peter Balkenende pourrait aussi au final mettre tout le monde d’accord.

Climat : l’UE rechigne à mettre de l’argent sur la table

BRUXELLES (AFP) - 30/10/09 03h16

Les pays européens éprouvaient de grandes difficultés jeudi soir à se mettre d’accord sur l’aide qu’ils doivent apporter aux pays pauvres face au réchauffement du climat, malgré les appels de la présidence de l’UE à prendre des engagements chiffrés avant Copenhague.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui assure la présidence de l’UE, le 29 octobre 2009 à Bruxelles.

"Nous ne sommes pas encore prêts", a reconnu jeudi soir le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui préside l’UE, à l’issue de la première journée d’un sommet des dirigeants européens à Bruxelles.

"Nous allons présenter de nouvelles proposition demain (vendredi) et nous verrons si nous parvenons à dégager un mandat fort" de négociations pour l’Europe au sommet mondial de Copenhague sur le climat en décembre, a-t-il annoncé.

"Les discussions sont difficiles", a reconnu le chef du gouvernement belge Herman van Rompuy.

"L’Allemagne, la France et l’Italie ont demandé à la présidence suédoise de se contenter d’un accord politique clair (sur le climat), sans mettre les cartes sur la table dès le début de la négociation avec les autres pays", a expliqué pour sa part le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini.

L’aide que les pays riches et émergents doivent apporter aux Etats les plus pauvres est devenu un enjeu majeur des négociations mondiales sur la protection du climat et un sujet de discorde depuis des mois entre Européens.

La Commission européenne a évalué à 100 milliards d’euros par an les besoins de financements mondiaux pour les pays pauvres pour s’adapter au réchauffement du climat.

Le document rejeté jeudi estimait entre 22 et 50 milliards d’euros par an la part des financements publics internationaux et entre 5 et 7 milliards d’euros par an le soutien à accorder à ces pays de 2010 à 2013.

Les dirigeants européens doivent décider du montant global de la contribution de l’UE et du mode de répartition de cet effort entre eux.

"Notre idée est donner à la présidence un mandat pour négocier un accord politique avec les Etats-Unis. On ne peut s’engager unilatéralement avant un tel accord", a expliqué M. Frattini.

"Les grands chiffres sont sur la table, mais ils ne seront peut être pas rendus publics. Il s’agit d’une tactique de négociation, pas d’un refus cde s’engager", a tempéré le diplomate en chef de l’UE Javier Solana.

Non seulement certains pays refusent de s’engager de manière chiffrée trop tôt, avant même Copenhague. Mais les Européens sont aussi divisés sur la manière de répartir entre eux l’effort financier.

La Pologne et huit autres Etats d’Europe de l’Est s’opposent à une contribution européenne essentiellement fondée sur les émissions de CO2.

Ils réclament en outre la prise en compte des importantes quantités de droits à polluer —3 milliards de tonnes— dont ils disposent mais qu’ils n’ont pas encore vendus. A 10 euros la tonne, cela représente un "petit capital" de 30 milliards d’euros, a indiqué un responsable polonais.

Bruxelles s’est livrée à une étude sur les différentes possibilités de répartition pour une contribution de l’UE de 10 milliards d’euros.

La participation de la France serait de 209 millions d’euros pour une clef de répartition 25% PIB (richesse) et 75% émissions. Elle passerait à 474 millions sur la seule base du PIB.

Celle de l’Allemagne passerait de 312 à 607 millions. L’écart serait moindre pour la Pologne : 83,5 à 87,6 millions d’euros.

Les négociateurs des 27 devaient travailler toute la nuit pour préparer un nouvelle proposition susceptible de faire consensus vendredi, deuxième et dernier jour du sommet.


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