AID Association initiatives dionysiennes
La fronde des I.T.P.E. contre leur ministre

BORLOO, AU POTEAU ?

Halte à la casse des services techniques de l’Etat !

dimanche 4 juillet 2010 par JMT

Le 29 juin 2010, le MEEDDM a suspendu le cours habituel de son évolution vers un ministère toujours plus privé d’ambitions, de missions et de moyens.

Ce jour-là, un rouage n’était plus à sa place, un rouage pourtant indispensable. Il s’était rendu à Paris. Il voulait se faire entendre enfin, protester contre la manière dont il était traité. Ce rouage, c’était l’ ITPE.

Cher(e) camarade,

Hier, tous ensemble, nous avons écrit une page exceptionnelle de l’histoire des ITPE.

Nous en sortons grandis. Grandis dans notre solidarité, grandis dans notre détermination, grandis aux yeux d’une administration qui avait pris le pli de nous mépriser.

A l’avenir, l’ombre des quinze cents du 29 juin planera sur chaque décision de l’administration. Elle donnera du relief à chacune des revendications du corps des ITPE.

Hier, le cabinet nous a répondu a minima, par des paroles de réconfort (qui ne rassurent plus personne) et des engagements d’un grand flou.

MAIS SEULS LES ACTES COMPTERONT.

Je te rendrai compte de chacun de ces actes. Nous pourrons rapidement évaluer la vraie disposition du cabinet. Dès juillet, au plus tard en septembre.

Alors que de nouvelles mesures RGPP ont été annoncées, nous devons rester mobilisés !

Voici la lettre du Secrétaire Général du 30 juin 2010

QUINZE CENTS !

Le 29 juin 2010, le MEEDDM a suspendu le cours habituel de son évolution vers un ministère toujours plus privé d’ambitions, de missions et de moyens.

Ce jour-là, un rouage n’était plus à sa place, un rouage pourtant indispensable. Il s’était rendu à Paris. Il voulait se faire entendre enfin, protester contre la manière dont il était traité. Ce rouage, c’était l’ ITPE.

Il était mille cinq cents, venu des quatre coins de la France, porté par une farouche volonté de dire « Stop ». Mille cinq cents !

Il était cortège déterminé, multiple, varié, divers, bigarré, chamarré. Un brassard rouge au bras, un sifflet aux lèvres. Il portait bannières, banderoles, autocollants, affichettes. Une dynamique spontanée s’est créée. Elle était convivialité, mais aussi préoccupations, inquiétudes partagées et surtout volonté inébranlable.

L’ITPE était aussi présent sur le papier, au travers des multiples signatures d’ingénieurs empêchés de se rendre à Paris, pour une raison impérative, mais solidaires et engagés dans le même combat. Un livre d’or de la solidarité, un pavé de cinq cents pages. Cinq cents !

Il a, en passant, rebaptisé la rue de Grenelle en Impasse du Grenelle, pour dénoncer une politique incohérente. Il a salué le Collège des Ingénieurs, en espérant que cette présence constante, face aux bureaux du cabinet ministériel, finirait par faire comprendre aux locataires que les ingénieurs constituaient une richesse et un socle fondateur pour leur ministère.

Il s’est assis à même le sol, pour symboliser les postes détruits, les agents maltraités, les missions en déshérence.

Il s’est enfin massé face à l’hôtel de Roquelaure pour faire résonner sa colère en attendant la sortie de la délégation qui le représentait.

Impensable, totalement imprévu pour le MEEDDM, les ITPE ont posé ce 29 juin un geste symbolique très fort. Les fondations du MEEDDM ont tremblé.

La manifestation du 29 juin, à l’appel du SNITPECT-FO, est donc une réussite historique, incontestable, incontournable, face à une administration qui n’a pas su ou voulu gérer les problèmes.

Le raz-de-marée humain qui a déferlé sur l’hôtel de Roquelaure montre à quel point les ITPE s’estiment mal traités par leur ministère de tutelle. A quel point ils se méfient des projets concoctés dans les opaques bureaux parisiens. A quel point ils se révoltent contre l’avenir – ou l’absence d’avenir – qu’on leur propose.

Des cadres qui manifestent, c’est déjà assez rare. Pour les ITPE, la dernière fois remonte à 2004 … . Des cadres, pourtant surchargés de travail et de réunions, qui viennent de toute la France pour clamer leur colère sous les fenêtres du ministre, c’est encore plus rare.

Des cadres, pourtant assommés par la déferlante des réformes, que certains voulaient croire déboussolés, résignés, et même désunis. Qu’ils soient venus si incroyablement nombreux, c’est exceptionnel, jamais vu !

Bravo à tous, bravo pour votre détermination, votre courage, votre volonté, votre solidarité.

La rue de Grenelle est rebaptisée "IMPASSE DU GRENELLE"

L’administration est maintenant face à ses responsabilités.

Une délégation de douze ingénieurs a été reçue par le cabinet ministériel pendant la manifestation, aux sons des vuvuzelas et sifflets stridents, des clameurs perçant les murs feutrés ... Les douze ont pris à partie l’administration et clamé l’inquiétude de tous.

Le cabinet a esquissé quelques éléments de réponse en séance, mais au-delà des paroles, seuls les actes compteront.

L’avenir du ministère ? Rassurez-vous, il y a un projet stratégique. Alors suivez-le et battez-vous pour obtenir les moyens. L’avenir des ITPE ? Oui le ministère a besoin d’eux et de leurs spécificités. Très bien, alors prouvez-le.

Le naufrage de la CAP ? Le ministère s’engage à « remettre d’équerre » le dialogue social. Très bien, nous approuvons, mais nous jugerons sur pièce.

Les modes de gestion ? Le cabinet annonce un chantier de négociation globale dès juillet (promotions, principalat, indemnitaire, etc.). Très bien, mais nous serons vite fixés sur la confiance qu’on peut accorder à cette promesse. Juillet commence demain.

La fusion des corps ? Le projet avance, une réunion d’arbitrage interministériel est imminente. A quelle date ? et sous quelles conditions ?

Enfin, le statut ? Hors de question de dépasser le projet minimaliste, mais engagement d’un portage politique. Le dossier n’a donc pour l’instant été ni porté ni amélioré. Les ITPE méritent un peu plus de considération.

Nous resterons intraitables et extrêmement vigilants à ce que la parole soit tenue, la promesse réalisée, les avancées poursuivies.

Cette manifestation ô combien symbolique est le point de départ, un point bien frappé, de la mobilisation massive et déterminée et durable des ITPE.

La commission exécutive exceptionnelle de février, l’assemblée exceptionnelle des sections départementales de mai, jalons de cette mobilisation, ont posé les bases d’actions nationales et locales ; la future commission exécutive exceptionnelle du 6 juillet décidera des suites à venir.

Merci à vous, merci pour cette remarquable œuvre collective accomplie ce 29 juin. L’ITPE peut être fier. Il doit rester plus que jamais mobilisé, solidaire, déterminé et engagé.

Comme en 2004, on le sait, c’est l’effort dans la durée qui portera ses fruits.

Retrouve également :

- les photos de la manifestation :

- les articles de presse :

Et publie tes impressions d’après manifestation :

Seuls 2 mots s’imposent aujourd’hui : BRAVO et MERCI !!

Ils s’adressent à tous. A chaque ITPE qui s’est rendu à Paris hier, à chaque ITPE qui nous a envoyé son soutien, à chaque militant du SNITPECT-FO qui depuis un mois s’est battu et s’est dépensé sans compter pour communiquer, mobiliser et convaincre.

Bien à toi,

Thierry Latger Secrétaire Général du SNITPECT-FO 11, rue Meslay 75003 Paris tél : 01.42.72.45.24

COMMUNIQUE DE PRESSE SNITPECT-FO

Un communiqué de presse a été diffusé aujourd’hui à des organes nationaux.

Retrouve le ici

Tu peux relayer ce communiqué auprès de la presse locale (après adaptation éventuelle).

Bien à toi,

Thierry Latger

Vue de la manifestation des ITPE a Paris le 29 Juin 2010

Ma lettre au ministre d’après le modèle national

Je n’ai pu, ce 29 juin 2010, me rendre à Paris pour manifester avec les autres ingénieurs TPE, mais je souhaite par ce message signifier ma solidarité avec ce mouvement.

Notre corps d’ingénieurs traverse une période extrêmement difficile, alors que les structures qui nous accueillent sont ballottées de réorganisations en réorganisations.

A la veille d’une étape cruciale pour notre avenir et pour nos missions - la fusion avec d’autres corps d’ingénieurs - je suis, comme tous mes camarades, inquiet de la manière dont ce chantier est conduit.

Les signes annonciateurs des décisions à venir sont déjà visibles : attaques récurrentes sur notre mode de gestion, sur notre positionnement, sur notre statut, sur notre école.

Pourtant, nous avons toujours été des cadres responsables, respectueux de notre administration, favorables aux réformes, soucieux d’accompagner le changement. Nous avons élaboré et porté avec zèle et loyauté les politiques publiques de notre ministère.

Mais nos valeurs sont dénigrées, nos positions méprisées, notre place convoitée. Nous n’avons plus voix au chapitre, nos instances paritaires ne sont plus respectées, les ITPE ne sont plus écoutés. Les engagements ne sont plus tenus. La confiance n’existe plus. Le pacte moral qui nous reliait à notre ministère est rompu.

Nous devons maintenant prendre nos responsabilités, vis à vis de notre organisation, des agents du ministère, des valeurs qui sont les nôtres.

Le 29 juin, nous demandons à notre administration de mette un terme à la frénésie destructrice de valeurs et de missions qui s’est emparée d’elle depuis quelques années. Nous devons faire entendre nos voix et celles de nos agents, qui aspirent à un véritable engagement pour le service public, un vrai respect des femmes et des hommes qui composent notre ministère.

Le 29 juin, nous demandons des avancées concrètes sur nos revendications nationales.

Ce n’est pas parce que l’Etat est en voie de destruction, par ceux qui cèdent stupidement ou par calcul égoïste aux sirènes d’un libéralisme débridé qui a prouvé à maintes reprises qu’il n’apportait pas de progrès humain, que les agents de l’Etat doivent laisser faire et se laisser faire.

Car au delà de l’Etat qui a fait la France, c’est toute la société française et l’avenir des citoyens qui est en voie de transformation vers une voie non démocratique et très inégalitaire.

Jean-Marc TAGLIAFERRI


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