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MAGOUILLE, RACISME ET XENOPHOBIE

Dégâts collatéraux ou vices inhérents au système libéral ?

dimanche 10 janvier 2010 par JMT

Plus d’un millier d’immigrés africains ont quitté la ville de Rosarno, en Calabre, dans le sud de l’Italie, et le calme rétabli, la justice a ouvert une enquête sur une éventuelle implication mafieuse dans les affrontements des derniers jours.

Dans l’usine désaffectée, des matelas à même le sol entre piles de chaussures et vêtements sales. Quelques plaques électriques raccordées à des installations précaires. La majorité des immigrés de Rosarno, victimes ces derniers jours d’une chasse à l’homme, vivent là

Environ 900 étrangers ont déjà quitté samedi la ville de Rosarno après des violences, notamment une "chasse à l’homme" contre des immigrés, qui ont fait 67 blessés dans cette localité de Calabre (sud de l’Italie), tandis que quelques 200 autres sont sur le départ.

Au moins neuf immigrés ont été blessés vendredi, dont deux grièvement, lors d’une véritable chasse aux étrangers menée par des habitants de Rosarno, en Calabre, dans le sud de l’Italie, au lendemain de manifestations d’immigrés qui avaient dégénéré en affrontements avec la police.

Deux immigrés ont été blessés par balles aux jambes vendredi soir à Rosarno en Calabre (sud de l’Italie), où la police a envoyé des renforts au vu des tensions persistantes, après des manifestations d’immigrés qui avaient dégénéré la veille en affrontements avec les forces de l’ordre.

La France a expulsé de son territoire quelque 29.000 étrangers en situation irrégulière en 2009, un chiffre comparable à celui de l’année précédente, mais supérieur à l’objectif de 27.000 assigné par le président Nicolas Sarkozy.

Italie : la mafia pointée du doigt dans les affrontements de Rosarno

ROSARNO (Italie) (AFP) - 10/01/10 21h47

Plus d’un millier d’immigrés africains ont quitté la ville de Rosarno, en Calabre, dans le sud de l’Italie, et le calme rétabli, la justice a ouvert une enquête sur une éventuelle implication mafieuse dans les affrontements des derniers jours.

Un immigré est escorté par des secouristes après avoir été blessé lors d’affrontements à Rosarno (Italie), le 9 janvier 2010

Entre jeudi et samedi, ces affrontements ont fait 67 blessés, dont 31 immigrés et le pape Benoît XVI a lancé un appel dimanche au respect de ces travailleurs. "Un immigré est un être humain, différent de par sa provenance, sa culture et (ses) traditions mais c’est une personne à respecter et qui a des droits et des devoirs", a-t-il dit.

"Nous avons plusieurs enquêtes en cours mais elles ne viennent que de commencer", a dit à l’AFP dimanche un officier des carabiniers à Rosarno sous couvert de l’anonymat à propos d’un rôle possible de la mafia calabraise, la N’drangheta, la plus violente des quatre mafias italiennes.

La N’drangheta est également soupçonnée d’avoir fait exploser en signe d’avertissement une bombe artisanale, il y a une semaine, devant l’entrée du parquet de Reggio de Calabre, chef-lieu de cette région.

"Ce n’est pas une coïncidence. Quelques heures après la décision d’envoyer des renforts de policiers et de magistrats à la suite de cette explosion, nous avons le début des émeutes de Rosarno", a estimé le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Alfredo Mantovano à la radio publique Rai, assurant que la réponse de l’Etat serait "forte".

Des policiers accompagnent des immigrés évacués de la ville de Rosarno le 9 janvier 2010.

"Des enquêtes sont en cours", a déclaré dimanche plus prudemment sur la chaîne d’information en continu Sky TG24, Roberto Maroni, ministre de l’Intérieur, à propos de l’origine des violences à Rosarno.

"Ce sont certainement les hommes de la N’drangheta qui ont tiré sur les immigrés pour prouver qu’ils contrôlent le territoire", a estimé pour sa part Alberto Cisterna, magistrat du parquet national anti-mafia dans une interview au quotidien catholique Avvenire. Les immigrés étaient descendus dans la rue à Rosarno jeudi soir, détruisant voitures et vitrines de magasin, et disant protester contre des tirs contre plusieurs d’entre eux. Le lendemain, des groupes d’habitants se lançaient dans une "chasse à l’immigré" pour se venger.

"La police a reconnu des membres des clans locaux de la N’drangheta lors des affrontements avec les immigrés", a indiqué à l’AFP Michele Albanese, journaliste du quotidien local Il Quotidiano della Calabria.

"La mafia exploite les immigrés avec cynisme. Les cerveaux criminels savent que les immigrés clandestins ne peuvent même pas tenter de se rebeller car ils sont privés de papiers d’identité et donc de la protection de l’Etat", a dénoncé samedi Luigi Ciotti, un prêtre fondateur de l’association antimafia Libera.

Dans un éditorial, Il Giornale, le quotidien de droite de la famille Berlusconi, adresse dimanche un appel provocateur aux habitants de Calabre : "plutôt que sur les nègres, tirez sur les mafieux".

"Pourquoi les Calabrais ne tirent-ils pas sur la mafia ? Les immigrés sont pauvres et faibles, laids et sales, des cibles idéales. Le crime organisé, qui tient en échec les forces de l’ordre est fort, violent, avec un esprit de revanche et donc il convient de ne pas le toucher", estime le quotidien.

Le calme paraissait revenu dimanche à Rosarno (15.000 habitants) qui s’est vidée de sa population immigrée au cours des deux dernières journées.

Selon la préfecture de police de Reggio de Calabre, 1.128 immigrés ont quitté les environs de Rosarno, dont plus de 800 transférés vers des centres d’accueil de Crotone et Bari, deux autres villes du sud.

Italie : la misère des ouvriers agricoles immigrés de Rosarno

ROSARNO (Italie) (AFP) - 10/01/10 16h07

Dans l’usine désaffectée, des matelas à même le sol entre piles de chaussures et vêtements sales. Quelques plaques électriques raccordées à des installations précaires. La majorité des immigrés de Rosarno, victimes ces derniers jours d’une chasse à l’homme, vivent là.

Vue de l’intérieur d’une usine désaffectée utilisés par des immigrants pour se loger le 9 janvier 2010 à Rosarno

L’usine est située en dehors de Rosarno, une petite ville de 15.000 habitants en Calabre (sud de l’Italie). Ceux qui ont trouvé refuge dans un des anciens bâtiments, entre tuyaux, machines et réservoirs sur lesquels ils étendent leur linge, ont de la chance. Ils disposent de huit toilettes chimiques et trois douches pour environ 1.000 personnes.

Les autres ont pris possession d’un entrepôt dans lequel ils ont installé des petites tentes pour tenter de se protéger du froid, les températures atteignant 0°C en hiver.

Les plus mal lotis à Rosarno s’entassent dans d’anciens silos, "jusqu’à 13 personnes, dans le noir et sans chauffage", raconte Alessandra Tramontane de Médecins sans frontières (MSF) en Italie. D’autres encore sont dispersés dans de vieilles maisons de campagne dans les alentours.

Une maison sans eau habitée par des immigrants le 9 janvier 2010 à Rosarno

A l’image des immigrés de Rosarno, ils sont des milliers, essentiellement africains, à travailler dans des conditions misérables, au rythme des saisons, comme ouvriers agricoles dans le sud de l’Italie.

"Nous dénonçons l’extrême précarité de ces travailleurs agricoles depuis plusieurs années", souligne Mme Tramontane. MSF apporte depuis 2003 son soutien aux immigrés à Rosarno, en distribuant des produits sanitaires, des draps, des couvertures et du savon.

"Nous ne rencontrons que la brutalité", affirme Francis, un Ghanéen de 25 ans. "La situation est mauvaise et elle se dégrade de plus en plus", ajoute-t-il. Après les violents affrontements entre les habitants de Rosarno, les immigrés et la police ces derniers jours au cours desquels 67 personnes ont été blessées dont 31 immigrés, Francis a décidé de partir pour Naples.

Pourtant, rien ne l’y attend. Pas de travail, pas de logement en vue. "J’y serai toujours mieux qu’ici", dit-il.

"Beaucoup d’entre eux sont atteints de problèmes respiratoires et ostéo-musculaires à cause de leurs conditions de vie insalubres et des nombreuses heures de travail", souligne la représentante de MSF.

"Comme il fait froid, ils font du feu à l’intérieur. Des maladies sont transmises par l’eau et la nourriture et le contact permanent avec les désherbants chimiques entraîne des affections de la peau", poursuit-elle.

Le rythme saisonnier de ces ouvriers agricoles qui passent d’une région à l’autre selon les besoins, sans domicile fixe ni contrats de travail, les épuise également.

Pourtant certains ont fait le choix de rester à Rosarno même s’ils craignent pour leur vie après les émeutes.

"Ils ont peur. A Rosarno, ils ne se sentent plus en sécurité mais ils sont nombreux à ne pas avoir reçu leur paie. Or, cet argent, ils en ont un besoin désespéré", explique Laura Boldrini, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés en Italie.

La crise économique qui n’a pas épargné la Calabre, une des régions les plus pauvres d’Italie, a davantage fragilisé ces travailleurs migrants. Du fait de la baisse des prix des agrumes, nombre de propriétaires ont décidé qu’il n’était plus rentable de les faire récolter, même pour 20 à 25 euros par journée de travail, le salaire standard d’un immigré africain.

Selon l’organisation humanitaire Caritas, les travailleurs immigrés en situation régulière en Italie sont environ deux millions et représentent quelque 10% du PIB.

Italie : le calme revient à Rosarno qui se vide de ses immigrés

ROSARNO (AFP) - 10/01/10 01h08

Environ 900 étrangers ont déjà quitté samedi la ville de Rosarno après des violences, notamment une "chasse à l’homme" contre des immigrés, qui ont fait 67 blessés dans cette localité de Calabre (sud de l’Italie), tandis que quelques 200 autres sont sur le départ.

Un travailleur immigré passe devant un mur portant l’inscription "Evitez de tirer sur les noirs", le 9 janvier 2010 à Rosarno (Italie)

"Environ 910 étrangers ont déjà été évacués de Rosarno vers Crotone et Bari", deux autres villes du sud de l’Italie, a déclaré le préfet de police Mario Morcone.

Selon le responsable, 65 autres immigrés étaient sur le départ dans la soirée et 150 supplémentaires seront transférés dans la nuit pour un total de plus de 1.100 personnes. M. Morcone a cependant précisé que "la situation revient lentement à la normale".

Signes du retour au calme, les barricades érigées par la population ont été levées, l’occupation de la mairie par des habitants a pris fin et les magasins ont ouvert dans la matinée.

Rosarno a été le théâtre jeudi de violentes manifestations d’immigrés protestant contre des agressions dont certains d’entre eux avaient été la cible : elles avaient été marquées par des heurts avec la police, et suivies, le lendemain, d’exactions de la population à leur encontre.

Pour faire face à ces tensions, le chef de la police italienne Antonio Manganelli avait annoncé dès vendredi soir l’envoi d’un "important contingent de policiers" en renfort, plus de 200 selon la presse.

Un immigré attend un bus pour être évacué de Rosarno (Italie), après des affrontements avec la population locale

Le dernier bilan des violences à Rosarno et dans ses environs depuis jeudi est de 67 blessés, à savoir 31 étrangers, 19 policiers et 17 habitants italiens de cette petite ville de 15.000 âmes.

La majorité n’ont subi que des contusions ou des blessures légères. Mais six immigrés sont encore hospitalisés, parmi lesquels deux grièvement blessés vendredi soir à coups de barres de fer.

Les incidents ont débuté à Rosarno après une manifestation jeudi soir de plusieurs centaines d’ouvriers agricoles immigrés -pour la plupart employés illégalement dans la région- qui protestaient contre des tirs de fusil à air comprimé ayant visé plusieurs d’entre eux.

Les manifestants ont incendié des voitures et brisé des vitrines à coups de bâton et des affrontements se sont produits avec la police.

Vendredi, la population locale a cherché à se venger en procédant à une "chasse aux immigrés" au cours de laquelle plusieurs étrangers ont été blessés.

Des immigrés attendent d’être évacués dans un bus de la ville de Rosarno (Italie) après des affrontements avec le population locale le 9 janvier 2010

Samedi après-midi une manifestation de soutien en faveur des immigrés s’est déroulée à Rome, non loin du siège du ministère de l’Intérieur. Elle a donné lieu à des échauffourées entre policiers, dont un a été légèrement blessé par un jet de pierres, et manifestants qui tentaient de forcer un cordon de sécurité autour du bâtiment, a constaté un photographe de l’AFP.

Au cours de cette manifestation, les immigrés présents ont demandé la démission du ministre de l’Intérieur Roberto Maroni.

Selon la presse, au moins 4.000 immigrés sont employés, en général illégalement, chaque année à Rosarno pendant deux mois pour cueillir clémentines et mandarines.

Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés et le principal syndicat italien, la Cgil, ont dénoncé leurs "conditions de vie inhumaines : cabanes insalubres, sans eau, sans hygiène" et des "salaires de misère" (25 euros par jour).

Le rôle de la mafia a été montré du doigt. "La mafia qui contrôle le territoire, exploite les immigrés avec cynisme et une détermination impitoyable. Les cerveaux criminels savent que les immigrés clandestins ne peuvent même pas tenter de se rebeller car ils sont privés de documents d’identité et donc de la protection de l’Etat", a déclaré à La Stampa don Luigi Ciotti, un prêtre ayant fondé l’association antimafia Libera.

Chasse aux immigrés en Calabre : au moins neuf blessés, dont deux graves

ROME (AFP) - 09/01/10 01h35

Au moins neuf immigrés ont été blessés vendredi, dont deux grièvement, lors d’une véritable chasse aux étrangers menée par des habitants de Rosarno, en Calabre, dans le sud de l’Italie, au lendemain de manifestations d’immigrés qui avaient dégénéré en affrontements avec la police.

Chasse aux immigrés en Calabre : au moins neuf blessés, dont deux graves

Au total, selon le préfet de Reggio di Calabria, le bilan des violences depuis jeudi dans cette ville est de 37 blessés : 19 étrangers et 18 policiers.

Dans des agressions séparées, deux étrangers ont été grièvement blessés à coups de barres de fer, cinq ont été volontairement renversés par des voitures, et deux autres, cibles de tirs de fusils de chasse, ont été légèrement blessés aux jambes.

Selon l’agence de presse italienne Ansa, une centaine d’habitants armés de bâtons et de barres de fer ont érigé des barricades, notamment près d’un local où se trouvaient de nombreux immigrés. Certains charriaient des bidons d’essence et des massues.

D’autres ont décidé d’occuper la mairie de Rosarno "jusqu’à ce que les immigrés soient éloignés".

"Qu’ils s’en aillent, il faut qu’ils aient peur", a déclaré à la télévision un jeune habitant de la ville, tandis qu’un autre expliquait : "C’est une protestation organisée".

Le président de la République Giorgio Napolitano a lancé dans la soirée un appel à "arrêter sans délai toute violence".

Un "important contingent de policiers a été envoyé pour assurer un meilleur contrôle du territoire et garantir la sérénité à toute la population présente", a annoncé le chef de la police Antonio Manganelli, après s’être entretenu avec le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni.

Et une task force regroupant Etat et région a été mise en place à Reggio Calabria, la capitale de la province.

Des autobus privés sont arrivés pour emmener 150 immigrés hors de Rosarno, a indiqué à l’AFP Mario Tosti, un journaliste de la région.

Ces incidents surviennent après une manifestation jeudi soir de plusieurs centaines d’ouvriers agricoles, pour la plupart employés illégalement dans la région, pour protester contre l’agression de plusieurs d’entre eux, cibles de tirs de fusils à air comprimé. Ils avaient incendié des voitures et brisé des vitrines à coups de bâtons et des affrontements avaient éclaté avec la police.

Pour M. Maroni, membre du parti anti-immigrés Ligue du nord, ces tensions sont le résultat d’"une trop grande tolérance face à l’immigration clandestine".

Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et le principal syndicat italien, la Cgil, ont pour leur part dénoncé les "conditions inhumaines dans lesquelles vivent ces ouvriers : cabanes insalubres, sans eau, sans hygiène".

Un peu plus tôt dans la journée, la porte-parole de l’antenne italienne du HCR, Laura Boldrini, avait dit à l’AFP craindre "une chasse aux immigrés".

Chaque année, la récolte des fruits - oranges et clémentines - attire un afflux de quelque 4.000 immigrés à Rosarno (15.000 habitants). En décembre 2008, deux étrangers avaient été blessés par balles dans cette ville dans des violences de même nature.

Selon la Cgil, environ 50.000 travailleurs immigrés vivent en Italie dans des logements insalubres similaires à ceux de Rosarno.

Le syndicat a dénoncé l’emprise de la mafia, surtout dans le sud du pays, sur ces immigrés massivement employés dans l’agriculture, qui représentent "une main d’oeuvre à bas coût" payée autour de 25 euros par jour.

Italie : deux immigrés blessés par balles après des manifestations

ROME (AFP) - 08/01/10 23h00

Deux immigrés ont été blessés par balles aux jambes vendredi soir à Rosarno en Calabre (sud de l’Italie), où la police a envoyé des renforts au vu des tensions persistantes, après des manifestations d’immigrés qui avaient dégénéré la veille en affrontements avec les forces de l’ordre.

La police italienne bloque une rue à Rosarno en Calabre lors manifestations d’immigrés, le 7 janvier 2010.

Un "important contingent de policiers a été envoyé pour assurer un meilleur contrôle du territoire et garantir la sérénité à toute la population présente", a annoncé le chef de la police Antonio Manganelli, après s’être entretenu avec le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni.

Les deux blessés, victimes de tirs de fusils de chasse et souffrant de blessures "sans gravité" selon la police, ont été admis à l’hôpital de Polistena.

Selon un carabinier de Gioia Tauro, qui supervise la région où se trouve la localité de Rosarno, les deux hommes ont été atteints alors qu’ils se trouvaient sur la route. Ils vivaient dans une ferme abandonnée près de Rosarno.

La situation était toujours "tendue" vendredi soir dans la zone avec "des manifestations d’habitants contre les immigrés et d’immigrés contre les habitants", a précisé ce carabinier, joint par téléphone par l’AFP depuis Rome.

Selon l’agence italienne Ansa, une centaine d’habitants armés de bâtons et de barres de fer ont érigé vendredi soir à proximité de Rosarno une barricade près d’un local où se trouvent de nombreux immigrés.

Jeudi soir, plusieurs centaines d’ouvriers agricoles, pour la plupart employés illégalement dans la région et provenant d’Afrique noire, avaient incendié des voitures et brisé des vitrines à coups de bâtons à Rosarno pour protester contre l’agression de plusieurs d’entre eux, cible de tirs de fusils à air comprimé.

Des incidents s’en étaient suivis, faisant plusieurs blessés parmi les manifestants.

Des travailleurs immigrés face à la police pendant une manifestation à Rosarno, le 8 Janvier 2010.

Après ces affrontements, le HCR s’était dit très préoccupé d’un risque de "chasse aux immigrés".

"Nous sommes très préoccupés face à la situation à Rosarno et à la tension qui reste forte aujourd’hui", avait déclaré un peu plus tôt vendredi à l’AFP la porte-parole de l’antenne italienne du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés, Laura Boldrini.

Annonçant une mission du HCR sur place dès samedi, elle a dit s’inquiéter du "risque que des habitants cherchent à se venger".

"On ne sait pas avec certitude mais deux ou peut-être cinq ont été blessés et hospitalisés" après les manifestations, a dit Mme Boldrini.

Vendredi, un sit-in a réuni environ 2.000 immigrés dans le centre de Rosarno, selon les médias italiens, tandis qu’une dizaine d’habitants bloquaient des voies d’accès et d’autres occupaient la mairie pour demander d’éloigner les immigrés de la ville.

M. Maroni, membre du parti anti-immigrés Ligue du nord, a affirmé que ces tensions étaient le résultat d’"une trop grande tolérance face à l’immigration clandestine".

Mme Boldrini, tout comme le principal syndicat italien Cgil, ont dénoncé les "conditions inhumaines dans lesquelles vivent ces ouvriers : cabanes insalubres, sans eau, sans hygiène".

Selon la Cgil, environ 50.000 travailleurs immigrés vivent en Italie dans des logements insalubres similaires à ceux de Rosarno.

Elle a dénoncé l’emprise de la mafia surtout dans le sud du pays sur ces immigrés massivement employés dans l’agriculture, qui représentent "une main d’oeuvre à bas coût" payée autour de 25 euros par jour.

29.000 sans-papiers expulsés en 2009 par la France

PARIS (AFP) - 07/01/10 20h05

La France a expulsé de son territoire quelque 29.000 étrangers en situation irrégulière en 2009, un chiffre comparable à celui de l’année précédente, mais supérieur à l’objectif de 27.000 assigné par le président Nicolas Sarkozy.

Le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire Eric Besson, le 28 janvier 2009 à La Courneuve

Eric Besson, promu il y a un an au poste de ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, n’a pas précisé le chiffre exact. Mais il aura donc fait autant que son prédécesseur Brice Hortefeux qui, en 2008, avait expulsé 29.799 étrangers en situation irrégulière contre un objectif de 26.000.

Le transfuge du PS, qui est sévèrement critiqué par les associations de défense des droits immigrés, a répété sans cesse ces derniers mois que les étrangers en situation irrégulière avaient vocation à être expulsés.

Malgré un concert de protestations, il a renvoyé neuf Afghans dans leur pays en décembre 2009, après en avoir expulsé trois autres en septembre. Soit au total 12 Afghans expulsés alors que 250 autres ont bénéficié, dans le même temps, du statut de réfugié, a-t-il précisé.

En annonçant jeudi sur Europe 1 le chiffre de 29.000 expulsions en 2009, M. Besson a souligné que la Grande-Bretagne, destination privilégiée des Afghans, en avait reconduit 1.000 pendant la même période.

S’agissant des 29.000 reconduites annoncé, M. Besson n’a pas précisé la part des retours contraints et celle des retours volontaires. Il n’a pas non plus précisé le nombre des sans-papiers expulsés hors du territoire de l’Union européenne.

Selon un document de l’Assemblée nationale consulté par l’AFP et analysant les 14.844 reconduites exécutées au premier semestre 2009, les Roumains arrivent en tête (4.346), suivis des Algériens (1.552) et des Marocains (1.550).

"Je ne fais pas du chiffre", s’est défendu M. Besson, qui a assuré mener une politique migratoire "ferme et juste".

Gendarmes et policiers procèdent le 22 septembre 2009 au démantèlement de la "jungle", le camp de migrants près de Calais

L’Association des travailleurs maghrébins de France a dénoncé dans un communiqué une "politique anti-immigrés de Sarkozy-Besson" marquée, selon elle, par la "renvoi de personnes vers des pays où elles n’ont plus aucune attache" ou "des pays où leur sécurité est en péril".

L’éloignement des étrangers en situation irrégulière coûte à l’Etat environ 232 millions d’euros par an, soit 12.000 euros par reconduite, selon des chiffres communiqués il y a quelques mois par le ministère. La Cimade a évalué à 27.000 euros le prix de chacune des 20.000 reconduites forcées réalisées en 2008.

Le ministre a par ailleurs annoncé que 175.000 étrangers étaient rentrés de manière régulière en France au titre du long séjour et que 108.000 autres avaient été naturalisés.

En 2008, il y a eu 107.000 naturalisations, dont 91.000 par décrets et 16.000 par mariage. Environ la moitié des naturalisés sont originaires d’un pays du Maghreb, 13 % d’Afrique, 13 % d’Asie, 6 % de pays de l’UE, 7,2 % d’autres pays européens et 5 % d’Amérique.

La lutte contre l’immigration clandestine reste un des objectifs majeurs de M. Besson pour 2010, conjuguée avec la volonté de parvenir à un équilibre entre l’immigration professionnelle et l’immigration familiale, qui reste la principale porte d’entrée en France.

Son ministère souhaite conclure cette année trois nouveaux accord de gestion des flux migratoires, après les neuf signés depuis 2007 (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Congo, Maurice, Gabon, Sénégal et Tunisie).

Selon un document, des négociations sont en cours avec des pays de l’Afrique sub-saharienne, des pays émergents (Brésil, Chine et Vietnam) et la zone des Balkans occidentaux, où M. Besson s’est rendu en décembre 2009.


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