AID Association initiatives dionysiennes
La multinationale française exhibe ses milliards de bénéfice ....

TOTAL : MONSTRE FROID, STUPIDE ET MEPRISANT ?

... continue à racler les fonds de tiroirs.

samedi 20 février 2010 par JMT

Une réunion de négociations avec les syndicats de Total aura lieu dimanche, a confirmé samedi la direction du groupe, alors que l’arrêt progressif de ses raffineries continue dans le cadre d’une grève illimitée, sans risque de pénurie de carburant à court terme.

Le mouvement de grève illimitée voté jeudi par les salariés dans plusieurs raffineries et dépôts du géant français du pétrole pourrait menacer l’approvisionnement des stations dès le milieu de semaine prochaine.

Réactions du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et de Lutte ouvrière (LO) sur la grève qui s’est durcie vendredi dans les raffineries Total au sujet de l’avenir de l’activité en France

Les professionnels évaluent à 10 à 20 jours les stocks de carburants disponibles. La région Rhône-Alpes pourrait être menacée à plus bref délai. Total assure qu’il n’y aura pas d’autres fermetures que Dunkerque.

REPORTAGE – La grève des salariés de la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône, bloque l’expédition de carburant. Depuis ce matin, les automobilistes affluent dans les stations essence de Lyon...

INTERVIEW - David Faure, secrétaire du CE (CFDT) de la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône, explique que les cinq plateformes françaises de Total en grève pour soutenir leurs collègues de Dunkerque sont proches de l’arrêt total de production...

La grève dans les raffineries de Total ne fait pas courir de risque de pénurie "dans l’immédiat", a assuré vendredi l’Union française des industries pétrolières (Ufip), qui affirme que les stocks de carburants représentent entre 10 et 20 jours de consommation.

La CGT invite les salariés des deux raffineries d’Exxon Mobil à Port-Jérôme Gravenchon (Seine-Maritime) et Fos-sur Mer (Bouches-du-Rhône) à rejoindre lundi le mouvement de grève des raffineries de Total, qui menacerait l’approvisionnement de certaines régions en carburant.

"On exprime notre rébellion pacifiquement. A partir du 15, ce sera autre chose", prévient Christophe Sabatier, qui vendredi semblait déterminé avec d’autres grévistes de Total à durcir le mouvement contre la fermeture des activités de raffinerie à Dunkerque (Nord).

VIDEOS

Carburant, vers une pénurie ?

Mis en ligne 20/02/2010

Les raffineries Total à l’arrêt : faut-il s’affoler pour l’essence ? - 01 min 50 s

Total : pas de risque de pénurie de carburant à court terme - 01 min 21 s

Le ton monte à la raffinerie Total de Dunkerque - 1min 55s

Grève chez Total : des négociations auront lieu dimanche

AFP, Mise a jour : 20/02/2010 12:45

Une réunion de négociations avec les syndicats de Total aura lieu dimanche, a confirmé samedi la direction du groupe, alors que l’arrêt progressif de ses raffineries continue dans le cadre d’une grève illimitée, sans risque de pénurie de carburant à court terme.

AFP/ Des employés de Total devant la raffinerie de Feyzin le 19 Février 2010

Dans un communiqué diffusé samedi matin, la CGT de Total affirmait "accepter la réunion de négociations proposée par la direction générale fixée demain dimanche".

"En cas d’échec de ces négociations, la pénurie de carburant sera à l’ordre du jour dès la semaine prochaine. Elle est de l’entière responsabilité du groupe Total et du gouvernement qui ne peut se dédouaner de ses responsabilités en matière énergétique", selon le syndicat.

La CGT demande notamment, "le départ immédiat des vigiles sur le site de Flandres", "l’engagement écrit de la direction du groupe du retrait des plaintes", "une table ronde nationale sur l’avenir du raffinage et l’indépendance énergétique du pays" et "une table ronde sur Dunkerque pour la pérennité du site des Flandres et du bassin d’emploi dunkerquois".

Selon la direction, seule la raffinerie de Dunkerque est menacée de fermeture.

"Si nous devions arrêter cette activité, nous nous sommes engagés à maintenir le site en activité et à reclasser les salariés sans aucun licenciement", a déclaré au JDD Christophe de Margerie, PDG de Total, qui n’a "aucun projet de fermeture ou de cession de nos cinq autres raffineries en France".

Un peu plus tôt vendredi, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, avait demandé à M. de Margerie, qu’il recevra dimanche, de "rassurer très rapidement les salariés".

Total : y a-t-il risque de pénurie d’essence ?

Par David Straus, le 19 février 2010 à 21:37

Le mouvement de grève illimitée voté jeudi par les salariés dans plusieurs raffineries et dépôts du géant français du pétrole pourrait menacer l’approvisionnement des stations dès le milieu de semaine prochaine.

Image d’archives © REUTERS Mardyck Raffinerie Total

La grève des salariés de Total deviendrait-elle rapidement l’affaire de tous ? Avec le mouvement illimité voté jeudi dans les six raffineries françaises du géant pétrolier, les vacanciers en partance ou de retour du ski pourraient être les premières victimes du mouvement décidé à la suite de l’annonce de la fermeture du site de raffinage de Dunkerque.

Vendredi matin, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a assuré, sur France Info, qu’il n’y avait "pas de risque de pénurie" à court terme, appuyant ainsi les propos rassurants de la direction contactée la veille par TF1 News.

De même, l’Union française des industries pétrolières a expliqué à Reuters que la France possédait de 10 à 20 jours de stocks disponibles pour approvisionner les sations-service, et que si des problèmes d’approvisionnement devaient survenir dans les prochains jours ils seraient minimes.

Mais dans le même temps, la direction du site de Feyzin, prévoyait des "des tensions dans la région Rhône-Alpes dans les prochains jours". Le pétrole est stocké dans des bacs, qui peuvent encore contenir la production "jusqu’en milieu de semaine prochaine".

"La grève se poursuit et se durcit"

Les livraisons pourraient alors devenir plus rares, et pas seulement en Rhône-Alpes. Total assure environ la moitié de l’approvisionnement des stations-service françaises. Selon certains syndicalistes, "au bout de cinq jours d’arrêt, il peut y avoir un début de pénurie d’essence dans les stations-services".

"La grève se poursuit et se durcit", a déclaré Christian Votte, secrétaire CGT au CCE, qui demande "un signe fort de la direction générale, à savoir avancer la date du CCE du 29 mars". Ce CCE doit aborder l’avenir du site de Dunkerque et plus globalement des capacités de raffinage en France. De nouveaux sites pourraient rejoindre le mouvement suivi, selon la direction, par 70 à 80% du personnel posté (en équipe tournante) dans les six raffineries.

La direction de Total a indiqué vendredi dans un communiqué qu’"aucune autre raffinerie du groupe en France" que celle de Dunkerque "n’est concernée par un projet de fermeture"."Le raffinage est et restera au coeur" des activités du groupe pétrolier, a affirmé Total.

La décision de fermeture de la raffinerie de Dunkerque n’a pas encore été annoncée officiellement, et Total avait repoussé d’ici l’été son annonce, à l’occasion du dernier comité central d’entreprise le 1er février. Un nouveau CCE est programmé le 29 mars, qui "sera l’occasion pour la direction générale du groupe de confirmer ses engagements et de présenter les modalités de mise en oeuvre concrète du projet d’évolution de l’établissement des Flandres", a précisé la direction.

Appel à la grève dans une raffinerie d’Exxon Mobil

La CGT invite les salariés de la raffinerie d’Exxon Mobil à Port-Jérôme Gravenchon (Seine-Maritime) à rejoindre lundi le mouvement de grève des raffineries de Total, a déclaré vendredi un représentant du syndicat.

Un mouvement de grève national a débuté mercredi dans les raffineries du groupe Total et dans certains dépôts de produits pétroliers en solidarité avec les salariés de la raffinerie de Dunkerque (Nord), menacée de fermeture définitive.

"Nous appelons à la grève lundi et la CGT réfléchit à étendre le mouvement aux autres raffineries d’Exxon Mobil en France", a dit le représentant de la CGT.

Total : le NPA pour "l’expropriation" de la société, LO salue la "solidarité ouvrière"

AFP, Mise a jour : 19/02/2010 17:46

Réactions du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et de Lutte ouvrière (LO) sur la grève qui s’est durcie vendredi dans les raffineries Total au sujet de l’avenir de l’activité en France

AFP Brasero des grévistes devant la raffinerie Total de Feyzin le 19 Février 2010

- Le NPA se prononce "pour l’expropriation de Total et la constitution d’un grand service public de l’énergie ayant le monopole sur la production et la distribution" et dénonce la "course aux profits à l’origine des licenciements programmés" et des catastrophes écologiques "comme la marée noire de l’Erika ou les désastres comme AZF". "Il faut interdire les licenciements et la fermeture de la raffinerie de Dunkerque", à l’origine du conflit national. (communiqué)

- Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud (LO) : "Lutte ouvrière salue cet exemple de solidarité ouvrière. Face aux mauvais coups que portent contre les travailleurs des patrons dont les entreprises annoncent des bénéfices faramineux, c’est effectivement une réponse solidaire des travailleurs qui s’impose. Ceux de Total ont montré la voie, et donné un exemple à suivre". (communiqué)

La pénurie menace, le patron de Total convoqué à Bercy

le figaro.fr 19/02/2010 17:45

Les professionnels évaluent à 10 à 20 jours les stocks de carburants disponibles. La région Rhône-Alpes pourrait être menacée à plus bref délai. Total assure qu’il n’y aura pas d’autres fermetures que Dunkerque.

Crédits photo : AP La pénurie menace, le patron de Total convoqué à Bercy

Christine Lagarde s’est montrée rassurante ce matin sur France Info, après l’annonce d’une grève illimitée des salariés des six raffineries françaises de Total. « Il n’y a pas de risque de pénurie de courant à court terme », a-t-elle assuré.

« Du moins pour ce week-end » complète-t-on à la direction de l’Energie. « La déclaration de madame Lagarde est une déclaration à un instant précis », susceptible d’évoluer en fonction de l’ampleur et de la durée du mouvement, y précise-t-on.

L’Union française des industrie pétrolières (Ufip) se montre cependant plus optimiste. La fédération professionnelle chiffre à 10 à 20 jours la durée de consommation correspondant aux stocks de carburant actuellement disponibles.

« Les raffineries n’approvisionnent pas directement les stations-service. Elles approvisionnent des dépôts, qui livrent eux-mêmes des stations-service ». Seulement 7 des 31 dépôts de Total étaient bloqués par la grève vendredi, selon la direction du groupe pétrolier. Par ailleurs, 160 dépôts français, qui continuent à être alimentés par les autres raffineries, jouent dès lors un rôle d’amortisseurs.

En revanche, la fédération n’exclut pas des tensions plus localisées. Total étant le seul raffineur de l’Ouest de la France ou de la région lyonnaise, ces zones pourraient s’avérer plus vulnérables. « Si la grève continue, il y aura des tensions dans la région Rhône-Alpes dans les prochains jours » a déclaré le directeur de la raffinerie Total de Feysin, Jean-Pierre Poncin, à la veille des vacances de février de la zone C.

La France dispose de 17,4 millions de tonnes de pétrole brut et de produits pétroliers dans ses stocks stratégiques, représentant 98,5 jours de consommation. En cas de situation extrême, le gouvernement peut décider d’y recourir.

« Cela serait quelque chose d’exceptionnel », souligne Jean-Marc Tennesson, délégué général du Comité français des stocks stratégiques pétroliers. Il précise que « Les stocks stratégiques sont constitués pour faire face à un évènement international majeur qui trouble l’approvisionnement de la France, pas à une tension sociale ».

La direction « prend acte du durcissement du mouvement »

Les salariés des six raffineries que compte le groupe pétrolier en France ont en effet décidé en assemblée générale jeudi, de prolonger leur mouvement. « Toutes les raffineries ont voté la grève illimitée. Et on est en train de faire voter l’arrêt total des activités de raffinage au lieu d’un ralentissement, ce qui est déjà fait à Donges (Loire-Atlantique) et Grandpuits (Seine-et-Marne) », a déclaré jeudi le délégué central CGT Charles Foulard.

Le mouvement commencé mardi, qui ne devait initialement durer que 48 heures, est mené en solidarité avec les salariés de la raffinerie des Flandres à Mardyck, près de Dunkerque (Nord), à l’arrêt et menacée de fermeture.

Le PDG de Total, Christophe de Margerie, convoqué vendredi par le gouvernement, a évoqué pour justifier cette possible fermeture une baisse structurelle de la demande de carburant.

« La tendance est antérieure à la crise, mais celle-ci l’a amplifiée » expliquait-t-il dans une interview au journal Le Monde. Les salariés des raffineries françaises de Total craignent donc que la fermeture du site de Mardyck ne soit que le prélude à un arrêt de l’activité dans l’Hexagone.

La direction de Total a de son côté affirmé avoir pris acte « du durcissement du mouvement » et affirmait également jeudi « qu’à ce stade, il n’y a pas de signes de rupture d’approvisionnement ».

Le pétrolier qui alimente quelque 4900 stations sur l’ensemble du territoire, affirme que malgré le blocage des raffineries, il dispose de stocks suffisants pour alimenter les points de vente. « Nous faisons le point au fur et à mesure que la situation évolue », a indiqué un porte-parole.

Les stations essence de Lyon font le plein

Mis à jour le 19.02.10 à 15h51

REPORTAGE – La grève des salariés de la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône, bloque l’expédition de carburant. Depuis ce matin, les automobilistes affluent dans les stations essence de Lyon...

Pompe à essence dans une station service./Eric Cabanis AFP/Archives

Ce n’était pas la file d’attente des grands jours de départs en vacances, mais l’activité était relativement soutenue ce vendredi matin aux stations-services concurrentes, Total et Shell, du cours Albert-Thomas, à Lyon. Depuis jeudi, les salariés de la raffinerie de Feyzin sont en grève illimitée pour soutenir leurs collègues du site menacé à Dunkerque. Plus aucun carburant ne sort de l’usine.

A la station Total, les salariés ont interdiction de parler. Mais chez Shell, situé juste à côté, les langues se délient facilement. « Il y a deux fois plus de monde que d’habitude pour un matin, constate le caissier. Mais il faut arrêter avec cette hystérie collective ! Ce n’est pas une grève de trois jours qui va tout bloquer. Il n’y a rien à craindre. » Selon lui, les stocks sont suffisamment important pour tenir « deux à trois semaines ».

Des commerciaux qui anticipent…

Les clients, eux, préfèrent prendre les devants. « Depuis ce matin, on entend beaucoup de choses à la radio. Ca m’a alerté, confie à 20minutes.fr Lionel, 35 ans, commercial dans le secteur de la climatisation. J’avais la moitié d’un plein et je dois faire beaucoup de déplacements la semaine prochaine. J’ai préféré assurer. » Cet automobiliste affirme ne pas comprendre ce mouvement de grève en cascade. « Total est un groupe suffisamment important pour pouvoir proposer des reclassements décents », analyse-t-il.

Non loin, Jérôme, commercial dans la dermo-cosmétique, n’a pas eu vent du blocage de la raffinerie de Feyzin. C’est encore le cas de quelques automobilistes. « J’étais étonné de voir autant de monde ce matin, témoigne-t-il. Je viens toujours à cette station et il n’y a jamais personne à cette heure-là. »

… et des personnes âgées qui réagissent au quart de tout

Au-delà des commerciaux, un nombre très important de personnes âgées ont fait le chemin pour s’approvisionner « au cas où ». C’est le cas de Pierre, 95 ans. « On ne sait jamais, dit-il. J’ai fait le plein au moins, je suis tranquille. »

Jeanne-Marie, 75 ans, peste contre ce genre de comportements. « Je viens parce que je pars en vacances à Saint-Raphaël, dans le Var, samedi matin. Les gens ont peur de tout maintenant, mais il faut se méfier de cette panique. J’ai connu les véritables pénuries en temps de guerre. On est loin de tout cela. »

Et vous ? Allez-vous faire le plein d’essence sans attendre ce week-end ? Ou vous préférez ne pas céder à la panique ?

Carole Bianchi

David Faure : « La production de carburant commence à s’arrêter »

Mis à jour le 19.02.10 à 15h32

INTERVIEW - David Faure, secrétaire du CE (CFDT) de la raffinerie de Feyzin, dans le Rhône, explique que les cinq plateformes françaises de Total en grève pour soutenir leurs collègues de Dunkerque sont proches de l’arrêt total de production...

Logo de Total devant une station service près de Londres, le 12 février 2008/S. HIRD / REUTERSA

Vous sortez d’une assemblée générale, que s’est-il dit ?

Nous avons évoqué la situation des plateformes Total en France. Depuis le début de notre grève illimitée qui a débuté mercredi matin, l’expédition de pétrole était arrêtée. Et depuis ce matin, 11h, la production de carburant commence à s’arrêter dans l’ensemble des raffineries tout en respectant les règles de sécurité. Environ 95% des salariés de l’exploitation et de la production ont débrayé. A partir de lundi, la production devrait être complètement à l’arrêt.

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, et des spécialistes affirment pourtant qu’il n’y a pas de risque de pénurie d’essence…

On verra ! La raffinerie de Feyzin approvisionne à hauteur de 70% la région Rhône-Alpes. Même si certains s’approvisionnent ailleurs, il va forcément y avoir une tension à un moment. Je pense que dès ce week-end il y aura quelques problèmes d’approvisionnement. Car les gens vont davantage aller dans les stations essence. Les autres raffineries de Total approvisionnent environ à 50% le marché local.

Que réclamez-vous ?

Depuis quatre mois, nos collègues de Dunkerque sont dans l’incertitude complète par rapport à leur avenir. Ils réclamaient un Comité central d’entreprise extraordinaire rapidement. La direction affirme vouloir réfléchir jusqu’à fin juin. On en a marre d’attendre. Ce que nous voulons, c’est connaitre l’avenir du site de Dunkerque et l’avenir de l’industrie française de raffinerie pour la première semaine de mars. Cela ne nous paraît pas insurmontable, mais la direction est dans son dogme. C’est silence radio.

La menace de pénurie n’est-elle pas de trop dans votre rapport de force avec la direction ?

Ce n’est pas un jeu pour nous. On est consternés d’en arriver là. Maintenant, nous attendons un geste de la direction pour nous éclairer sur notre avenir.

Propos recueillis par Carole Bianchi

Total : pas de pénurie avant plusieurs jours, selon l’Union des industries pétrolières

AFP, Mise a jour : 19/02/2010 12:55

La grève dans les raffineries de Total ne fait pas courir de risque de pénurie "dans l’immédiat", a assuré vendredi l’Union française des industries pétrolières (Ufip), qui affirme que les stocks de carburants représentent entre 10 et 20 jours de consommation.

AFP/ Un automobiliste fait le plein le 19 Février 2010 dans une station Total à Hérouville-Saint-Clair

"Il y a entre 10 et 20 jours de consommation de produits finis dans les dépôts" de carburants, a souligné vendredi le président de la fédération professionnelle, Jean-Louis Schilansky.

"En France, on a 160 dépôts qui continuent à être alimentés par les autres raffineries", a-t-il insisté.

Les salariés de Total ont voté jeudi la "grève illimitée" dans les six raffineries françaises du groupe, qui assurent en temps normal un peu plus de la moitié de la production des raffineries hexagonales.

"Les raffineries n’approvisionnent pas directement les stations-service, elles approvisionnent des dépôts et, à partir de ces dépôts, on livre des stations-service", remarque Jean-Louis Schilansky. "Il y a un effet d’amortisseur avec les stocks des dépôts", remarque-t-il.

Cependant, la grève touche aussi des dépôts - 7 sur 31 vendredi selon Total - ce qui peut compliquer l’approvisionnement dans certaines régions. "Il peut y avoir des zones qui sont plus vulnérables que d’autres", a reconnu le président de l’Ufip.

Total est ainsi le seul raffineur présent dans l’Ouest de la France, avec la raffinerie de Donges en Loire-Atlantique, ou dans la région lyonnaise, avec la raffinerie de Feysin (Rhône). "Si la grève continue, il y aura des tensions dans la région Rhône-Alpes dans les prochains jours", a ainsi déclaré à l’AFP le directeur de la raffinerie de Feysin, Jean-Pierre Poncin.

Mais "le principal risque, c’est le risque de panique des automobilistes, que tout le monde se précipite vers les stations service et les assèche", a affirmé Jean-Louis Schilansky.

"Il faut que les automobilistes aient un comportement normal, ils trouveront du carburant sur la route. Surtout pas de panique, on a des stocks", a-t-il promis.

La CGT invite les salariés d’Exxon Mobil à rejoindre le mouvement de Total

Mis à jour le 19.02.10 à 11h19

La CGT invite les salariés des deux raffineries d’Exxon Mobil à Port-Jérôme Gravenchon (Seine-Maritime) et Fos-sur Mer (Bouches-du-Rhône) à rejoindre lundi le mouvement de grève des raffineries de Total, qui menacerait l’approvisionnement de certaines régions en carburant.

Un automobiliste fait le plein de carburant dans une station-service de Caen, le 12 août 2005/Mychèle Daniau AFP/Archives

Un mouvement de grève national a débuté mercredi dans les raffineries du groupe Total et dans certains dépôts de produits pétroliers en solidarité avec les salariés de la raffinerie de Dunkerque (Nord), menacée de fermeture définitive.

« Nous appelons à la grève lundi », ont dit les réprésentants locaux du syndicat.

Avec agence

A Dunkerque, les grévistes de Total affirment vouloir "durcir" le mouvement

AFP, Mise a jour : 12/02/2010 20:03

"On exprime notre rébellion pacifiquement. A partir du 15, ce sera autre chose", prévient Christophe Sabatier, qui vendredi semblait déterminé avec d’autres grévistes de Total à durcir le mouvement contre la fermeture des activités de raffinerie à Dunkerque (Nord).

AFP/ Des ouvriers de la raffinerie des Flandres manifestent à Dunkerque le 12 Février 2010

"L’ultimatum" lancé la semaine dernière, exigeant le redémarrage de l’usine avant le 15 février, sans quoi ils "prendront possession de l’outil de travail", expire lundi à minuit, prévient Philippe Wullens, délégué syndical Sud (majoritaire à Dunkerque).

Après un mois de grève, "les gens en ont ras-le-bol, explique Philippe Wullens, qui prévoit "un mouvement beaucoup plus dur" à compter de mardi, mais précise qu’il est "hors de question" de redémarrer la raffinerie, qui emploie 370 salariés directs et 400 à 450 sous-traitants.

En revanche, les salariés pourraient refuser, selon lui, d’effectuer les tournées de sécurité sur le site, assurées jusque-là par les grévistes et les non-grévistes, le but étant d’envoyer un signal fort et de lancer le mouvement national qui doit démarrer à compter de mercredi dans les autres raffineries, à l’appel d’une intersyndicale.

A l’entrée de la raffinerie, un graffiti sur un grand panneau Total prévient : "TOTALement lamentable, le 15 on est chez nous", juste à côté de quelques panneaux cassés, témoignage de l’exaspération croissante des salariés.

"La tension monte", explique Patrick Mantez, 27 ans, qui alimente le feu d’un poêle à bois bricolé sous une tente du piquet de grève, avant de pester contre les "près de huit milliards d’euros de bénéfices" annoncés jeudi par le groupe et une fermeture "pour gagner encore plus d’argent à l’étranger".

Selon lui, "le patron et le DRH ne rentreront plus" dans la raffinerie, à partir de mardi, date à laquelle les grévistes comptent "occuper les locaux de la direction" pour qu’elle mette un terme à "l’incertitude" qui pèse sur les salariés.

"Le dialogue social se poursuit entre la direction et les organisations syndicales en général et plus particulièrement en ce moment sur la raffinerie des Flandres", a indiqué de son côté vendredi un porte-parole du pétrolier, interrogé sur cette menace.

Vendredi après-midi, derrière une banderole "Arrêtons le massacre", entre 600 et 700 personnes ont manifesté à Dunkerque - soit deux fois moins que lors de la manifestation précédente - mais avec 200 salariés de Total.

Le député-maire de Dunkerque, Michel Delebarre (PS), y a déploré que "l’annonce (de la fermeture) ait été faite sans qu’il y ait de débat" et a demandé que "l’Etat prenne position clairement" dans ce dossier.

"On attend le 15 avec impatience. On fera les choses dans les règles. On n’a pas besoin de casser pour se faire entendre. On va pousser la direction à bout, affirme dans le cortège Pierrick Bellet, casque sur la tête.

"On ne va pas tenir jusqu’au 29 mars (date d’une réunion de la direction avec le CCE de Total), le 15 (à minuit), on prend la raffinerie. C’est à nous, les ouvriers !, ajoute Christophe Sabatier, 31 ans, dont dix ans à la raffinerie des Flandres. On va leur montrer à tous les actionnaires, que s’il n’y a pas les ouvriers, il n’y a pas d’argent".