Ah le sommet du 12/12/17... il arrive juste 5 ans trop tard pour être remarquable : 12/12/12 ça aurait mieux fait le buzz. Mais à l’époque on se vautrait dans la volte face économique qui fit du capitaine de pédalo un "one term president" (ce qui aux USA n’est pas spécialement élogieux :-) et on n’avait rien à cirer de ces zistoirs, malgré deux ministres EELV au gouvernement, qui, for prudemment, ne s’occupaient ni de climat, ni d’énergie, ni d’agriculture, ni de transports .... rien qui puisse soulever l’ire de corporations dont on a vu plus tard qu’elles pouvaient faire reculer l’Etat et mettre des milliards d’investissements public au rencart !
Comme la COP21 il y a deux ans, il a fait pschitt : dans la première,beaucoup de tralala médiatique, l’interdiction aux dangereux terroristes écolos de manifester leur soutien en public, madame Bravitude prenant la suite de l’ex "jeune premier ministre que j’ai donné à la France" prudemment recyclé pour 9 ans à la présidence inamovible et fort dorée du Conseil Constitutionnel.
Cette fois-ci, beaucoup de tralala, Jupiter soi-même tentant de motiver les foules (il sait mais ça ne sert à rien), les milliardaires (il sait aussi, mais ils se méfient avant d’aligner les gros chèques) et les chefs d’ Etat (il sait encore mais on en est toujours à quasiment +4°C au rythme actuel des mesures mises en peuvre contre un objetif de +1,5°C ) . Ah mais il a eu le renfort très espéré de notre hélicologiste national qui tel une oie au gavage, avale les couleuvres à un rythme impressionnant sans faillir (ah il aura une fois de plus bien mérité de la Macronésie !) et vient exhiber sa face douloureuse devant ce spectacle affligeant. Signe qu’il se rend compte qu’il va devoir péter un câble pour se faire entendre ? genre boire un grand verre de glyphosate à sa prochaine conférence de presse et agoniser en public pour finir en martyr de la cause écolo ?
Car on se demande bien qu’est-ce qui peut toucher les foules, les milliardaires et les chefs d’Etat dans l’inventaire à la Prévert, bien gentillet tout de même, de Bruno ?
Car en gros tout ce qu’il cite est réparable (et c’est bon pour le PIB en plus) : le barrage de Glen Canyon a failli être emporté par des crues en 1983/1984 qui n’avaient qu’une fréquence de 25ans du fait d’un évacuateur de crues très sous-dimensionné et défaillant (Comme le barrage d’Oroville en Californie en février 2017 !) et si le débit des affluents baisse il est logique de laisser le plan d’eau plus bas pour diminuer la superficie et les pertes par évaporation... et de compenser en diminuant les gaspillage en aval tels que l’arrosage par aspersion en plein désert ! Idem pour la vallée de la Segura où l’agriculture exportatrice à coup d’irrigation massive, d’OGM, de chimie, de marocains et roumains esclaves n’a pas beaucoup d’avenir (surtout quand en même temps on instaure des interdictions d’exportation en Russie, l’un de leur plus gros marché. Idem pour la Tunisie : avec le réchauffement climatique, les oliveraies très exposées à un biotope changeant ne survivront qu’avec des ombrières et des protections contre les tempêtes de sable. On ne peut pas grand chose pour Saint Louis condamnée par la montée des océans, à moins de découper le sol autour et sous les bâtiments remarquables pour y construire des radiers leur permettant de flotter. Si on veut vraiment protéger la Mer de Glace, il faudrait songer là aussi à des vélums pour intercepter la chaleur solaire (et produire de l’énergie renouvelable par la même occasion). L’Australie est la moins à plaindre, elle dispose à la fois de l’océan tout autour d’elle et d’une insolation record et peut parfaitement produire toute l’eau qu’elle veut avec le dessalement solaire. Certes l’algue est ennuyeuse esthétiquement quand on la laisse pourrir au soleil, mais elle a des tas d’applications économiques dont la fourniture de biométhane pour remplacer les combustibles fossiles.
Pour la Chine, le programme de fermeture des mines de charbon, celui qui a décuplé l’installation annuelle de panneaux solaires et d’éoliennes, le programme de barrages hydroélectriques soutenu, l’aménagement continu de transport en commun représentent un effort national coordonné (et planifié sur 30ans) qui laissent sur place les velléités occidentales en général et françaises en particulier.
Pour l’Inde, le Pakistan et le Brésil, voilà trois vilains gros canards qui n’ont pas encore tout à fait compris. Même s’ils multiplient les mégabarrages hydroélectriques, l’environnement n’est nullement leur tasse de thé, alors que les conséquences des politiques qu’ils mènent, sur fond de corruption débridée dans les trois cas, prédisent un avenir catastrophique pour le gros de leur population.Et deux d’entre eux sont des puissances nucléaires avérées !
Non le petit Emmanuel et la petite Angela ne sauveront rien du tout, même pas l’Europe qui aurait dû se mettre en ordre de défense contre la guerre climatique et économique, totalement prévisible depuis 1972, qui lui est menée, qu’elle se mène elle-même de surcroit avec un acharnement qui montre que quand elle veut, elle peut.
Alors imaginons quelle catastrophe pourrait sortir les Européens de leur torpeur ? l’équivalent de la grande Peste Noire avec 30% de morts en moyenne qui déclencha un boom économique sans précédent ? mais nous sommes tellement blasés et tellement dans le virtuel que nous risquons de mourir tous avant d’avoir réagi.... en pensant qu’il suffit de faire "reset" pour avoir une nouvelle chance ?
Meilleurs Voeux pour 2018 et les suivantes :-)