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Fillon en mission

CHINE : CROISSANCE AVANT TOUT !

Il faut maintenir notre rang auprès de la future première puissance économique

mardi 22 décembre 2009 par JMT

Le Premier ministre français François Fillon a poursuivi mardi son opération séduction à Pékin pour tourner la page des "malentendus", avançant à pas feutrés sur le terrain glissant des droits de l’homme qui fut au coeur de la brouille entre les deux pays.

Des dissidents à Pékin ont déclaré mardi avoir été mis en garde afin de les dissuader d’assister cette semaine au procès de Liu Xiaobo, un intellectuel emprisonné depuis plus d’un an.

Pékin a assuré mardi avoir respecté les droits d’un Britannique qui pourrait être exécuté la semaine prochaine après avoir été condamné à mort en Chine pour trafic de drogue.

La Chine, accusée d’être partiellement responsable du résultat très mitigé du sommet sur le climat, a joué un rôle "important et constructif" à Copenhague, a estimé lundi le Premier ministre chinois Wen Jiabao. Evènement

Opération séduction de François Fillon en Chine

PEKIN (AFP) - 22/12/09 19h45

Le Premier ministre français François Fillon a poursuivi mardi son opération séduction à Pékin pour tourner la page des "malentendus", avançant à pas feutrés sur le terrain glissant des droits de l’homme qui fut au coeur de la brouille entre les deux pays.

Le Premier ministre français François Fillon (g) serre la main du président chinois Hu Jintao, le 22 décembre 2009 à Pékin

Le chef du gouvernement n’est pas revenu sur la longue parenthèse de tensions franco-chinoises, nourries par la question tibétaine, et qui a connu son apogée avec la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï lama en décembre 2008.

Si au dernier jour de sa visite à Pékin il a reconnu qu’il y avait bien eu "des malentendus", c’est aussitôt pour ajouter qu’ils ont été "exagérés" et qu’ils sont aujourd’hui "dissipés".

Soucieux de recoller les morceaux, M. Fillon est resté très mesuré sur les droits de l’homme. Il a ainsi estimé que la Chine avait accompli des "progrès" en la matière grâce à son "développement économique".

Et quand il s’agit de donner la position de la France sur Liu Xiaobo, un dissident de 53 ans dont le procès doit débuter mercredi, M. Fillon se retranche derrière les protestations de "l’Union européenne".

Jouant l’équilibriste, il a aussi tenu à rappeler qu’en France, "très vieille démocratie, chacun s’exprime comme il l’entend". "C’est notre tradition. Le gouvernement chinois doit l’accepter", a-t-il ajouté, appelant au "respect mutuel entre les deux pays".

Le Premier ministre a ainsi déployé des trésors de diplomatie pour consolider le rabibochage avec la Chine qui a débuté en avril avec la rencontre entre M. Sarkozy et son homologue Hu Jintao en marge du G20 de Londres.

"La Chine est un immense pays qui doit régler ses problèmes par lui-même et c’est folie que de penser que c’est de l’extérieur que l’on fera changer tel ou tel aspect", a-t-il jugé.

Pas question par exemple de fâcher les Chinois à propos du sommet de Copenhague, dont l’échec leur est beaucoup imputé. "Pourquoi revenir sur le passé ?", a dit le Premier ministre, qui a rencontré M. Hu mardi.

Pour recoller les morceaux, François Fillon est même sorti de son habituelle discrétion en confiant que son fils de huit ans apprenait le chinois.

Le Premier ministre français François Fillon prononce un discours à l’université de Pékin, le 22 décembre 2009

Après ces fiançailles, la lune de miel, à en croire le Premier ministre, devrait avoir lieu l’an prochain avec la venue à Shanghai pour l’Exposition universelle de M. Sarkozy — que M. Fillon a failli qualifier dans un lapsus de "Premier mi..." avant de se rattraper — et qui sera suivie par une visite de M. Hu.

Pour la ministre de l’Economie Christine Lagarde, également à Pékin, cette visite revêt carrément un caractère historique.

"Il y a eu 1964 et la reconnaissance de la Chine par le Général de Gaulle puis les retrouvailles en avril entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao. Maintenant, il y a la visite de François Fillon à Pékin".

Mais pour le député socialiste (opposition) Pierre Moscovici, M. Fillon, "homme pondéré" a "essayé de réparer les dégâts de la politique sarkozyenne (...) souvent maladroite".

M. Sarkozy est "détesté", abonde une personnalité de la délégation de François Fillon. "C’est son style +je te tape sur l’épaule+ qui ne passe pas", dit le même.

François Fillon peut aussi se réjouir de ne pas revenir les mains vides, l’un des objectifs de ce voyage. Au total, les accords portent sur plus de 6 milliards d’euros, dont 1,7 milliard de crédit pour le projet de la centrale nucléaire de Taishan (sud).

Pour espérer conquérir de nouvelles parts de marché, M. Fillon a plaidé pour un régime de change du yuan plus flexible, qui pénaliserait moins les exportations européennes. Là aussi en des termes choisis pour ne pas froisser Pékin.

Le numéro un chinois Hu Jintao s’est félicité des "résultats positifs" obtenus par M. Fillon.

Chine : mise en garde à des dissidents pour les dissuader d’assister au procès de Liu Xiaobo à Pékin

PEKIN (AFP) - 22/12/09 13h12

Des dissidents à Pékin ont déclaré mardi avoir été mis en garde afin de les dissuader d’assister cette semaine au procès de Liu Xiaobo, un intellectuel emprisonné depuis plus d’un an.

Une femme tient le portrait du dissident chinois Liu Xiaobo, le 13 novembre 2009 à Hong Kong

L’écrivain et ancien professeur d’université, 53 ans, a été inculpé récemment de "subversion du pouvoir de l’Etat", plus d’un an après avoir été interpellé. Son arrestation était intervenue peu après la publication de la "Charte 08", dont il est un des auteurs.

Inspirée par la Charte 77 des dissidents tchécoslovaques des années 70, la "Charte 08" appelle au respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression et à l’instauration d’élections pour un "pays libre, démocratique et constitutionnel".

Le procès de M. Liu étant prévu mercredi à Pékin, certains craignent que les autorités ne profitent de la période des vacances de Noël en Occident pour que le retentissement international soit moindre.

"Des responsables de la sécurité d’Etat sont venus chez moi et m’ont dit de ne pas aller au procès", a déclaré Ding Zilin, chef de file des Mères de Tiananmen, association qui lutte pour obtenir la vérité sur la sanglante répression du mouvement démocratique de juin 1989.

"C’est injuste, Liu ne devrait pas être poursuivi. Il est accusé en raison de la "Charte O8", ce qui prouve que la Chine en a besoin", a déclaré Mme Ding, qui a également signé ce texte.

Ding Zilin, chef de file des Mères de Tiananmen, le 7 avril 2009, à son domicile à Pékin

Selon un réseau de militants, Chinese Human Rights Defenders, le texte a été paraphé par plus de 10.000 personnes.

Bao Tong, l’ancien bras droit de Zhao Ziyang, le secrétaire général du parti communiste chinois (PCC) limogé en 1989, a également déclaré avoir été mis en garde.

"J’ai insisté sur le fait que je suis impliqué dans le dossier, si Liu Xiaobo doit être jugé, je dois l’être aussi ? Ils ne m’ont pas écouté", a-t-il expliqué.

Chen Ziming, qui a passé 13 ans en prison ou sous résidence surveillée après les manifestations de Tiananmen, a reçu le même genre d’avertissement, a-t-il dit à l’AFP.

Même la femme de Liu Xiaobo, Liu Xia, ne pourra pas y assister au motif qu’elle est un témoin.

Liu Xiaobo et sa femme Liu Xia, le 22 octobre 2002 à Pékin

Des diplomates de l’Union européenne et des Etats-Unis ont affirmé avoir demandé à assister au procès.

Cependant, un responsable au tribunal de Pékin, où doit être jugé Liu, a indiqué que les demandes de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis avaient été rejetées.

"Il n’y a plus de sièges disponibles, donc il est impossible d’accéder à leurs demandes", a-t-il dit à l’AFP, refusant de donner son nom.

Nicolas Weeks, premier secrétaire de l’ambassade de Suède, qui occupe la présidence tournante de l’UE, a indiqué s’être vu essuyer un refus.

L’Union européenne et les Etats-Unis ont appelé la Chine à libérer Liu Xiaobo, qui avait déjà été emprisonné après le mouvement démocratique de Tiananmen, mais Pékin a rejeté ces demandes, les qualifiant d’"inacceptables".

S’il est reconnu coupable, M. Liu encourt un maximum de 15 ans de prison, selon son avocat.

Chine : les droits du Britannique condamné à mort ont été respectés, selon Pékin

PEKIN (AFP) - 22/12/09 12h05

Pékin a assuré mardi avoir respecté les droits d’un Britannique qui pourrait être exécuté la semaine prochaine après avoir été condamné à mort en Chine pour trafic de drogue.

Photo fournie par Reprieve le 13 octobre 2009 montrant le Britannique Akmal Shaikh, condamné à mort en Chine pour trafic de drogue

"Les autorités judiciaires chinoises ont géré ce cas de manière indépendante conformément à la loi", a déclaré à la presse un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mme Jiang Yu.

"Le trafic de drogue est un crime grave dans la pratique internationale. Pendant tout le processus judiciaire, les droits de la défense ont été respectés et garantis", a-t-elle affirmé, soulignant que la Chine avait offert immédiatement à la Grande-Bretagne "l’information consulaire et permis les visites consulaires".

La Grande-Bretagne, par la voix d’un porte-parole du Foreign Office, a appelé lundi la Chine à la clémence.

Selon ses avocats, Akmal Shaikh, 53 ans, arrêté en 2007 au Xinjiang (nord-ouest de la Chine) avec quatre kg d’héroïne, a vu sa condamnation à mort confirmée lundi par la Cour suprême et il sera exécuté le 29 décembre.

Selon ses défenseurs, si cela se produit, il serait le premier Européen à être exécuté en Chine depuis 50 ans.

Sa famille affirme qu’Akmal Shaikh souffre de troubles psychiques et qu’il a été manipulé par un réseau de trafiquants de drogue.

Les autorités britanniques, notamment le Premier ministre Gordon Brown, ont évoqué son cas à plusieurs reprises auprès des autorités chinoises.

"Nous allons lors des prochains jours renouveler et intensifier nos appels à la clémence auprès des autorités chinoises", a déclaré lundi un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.

"Nous regrettons profondément que les inquiétudes concernant la santé mentale (du condamné) n’aient pas été prises en compte pour le verdict final malgré les demandes de l’avocat de M. Shaikh et les appels répétés du Premier ministre, de ministres, de membres de l’opposition, aussi bien que de l’Union européenne", a ajouté ce porte-parole.

Selon Amnesty International, 2.390 condamnés à mort ont été exécutés dans le monde en 2008, dont près des trois-quarts en Chine, mais cette dernière ne donne pas de chiffre.

Pékin assure avoir joué un rôle "important et constructif" à Copenhague

PEKIN (AFP) - 21/12/09 16h08

La Chine, accusée d’être partiellement responsable du résultat très mitigé du sommet sur le climat, a joué un rôle "important et constructif" à Copenhague, a estimé lundi le Premier ministre chinois Wen Jiabao. Evènement

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao, le 18 décembre 2009 à Copenhague.

La Chine "a joué un rôle important et constructif pour faire avancer les négociations de Copenhague pour arriver aux résultats actuels", a déclaré M. Wen dans un entretien à l’agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Selon des extraits de l’entretien publiés sur le site du ministère chinois des Affaires étrangères, le chef du gouvernement assure notamment que son pays "a fait preuve de la plus grande sincérité et a déployé tous ses efforts".

L’accord de Copenhague "assigne à la communauté internationale des objetifs de long terme pour s’attaquer au réchauffement climatique", ajoute M. Wen. "C’est le fruit des efforts de toutes les parties et il (cet accord) a recueilli une large approbation. Ce résultat n’a pas été aisé et il devrait être chéri".

Le sommet sur le climat de Copenhague a réuni du 7 au 19 décembre 193 pays et 130 chefs d’Etat et de gouvernement les derniers jours pour accoucher samedi d’un accord généralement décrit comme insuffisant et décevant.

Le ministre britannique de l’Environnement Ed Miliband a directement reproché lundi à la Chine d’avoir "détourné" la conférence, en s’opposant à un accord prévoyant une contrainte légale sur la réduction des émissions de CO2.

"La grande majorité des pays, développés et en développement, pensent que nous ne bâtirons un accord durable qui protège la planète que si les engagements de tous les pays sont assortis d’une contrainte légale", a-t-il expliqué dans un entretien au Guardian.

Le ministre britannique de l’Environnement Ed Miliband, le 15 décembre 2009 à Copenhague

"Mais quelques pays en développement majeurs refusent actuellement d’approuver cela", a-t-il déploré, accusant la Chine d’avoir "opposé son veto" à cette mesure ainsi qu’à un accord prévoyant un réduction de 50% d’ici à 2050 des émissions mondiales de CO2 "malgré le soutien d’une coalition de pays développés et la vaste majorité des pays en développement".

M. Wen a défendu la position de son pays en répétant que la Chine était "disposée à travailler avec toutes les parties en prenant le sommet de Cophenhague comme un nouveau point de départ pour honorer tous les engagements".

L’accord de Copenhague ne répond ni aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés recommandés par la science (de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990), ni aux objectifs de long terme pour l’ensemble de la planète (- 50% en 2050).

Nombre d’ONG environnementales ont dénoncé un fiasco. "Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050 : difficile d’imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague", a déploré Greenpeace.

VIDEOS

François Fillon en Chine : la France "n’est pas favorable à la décroissance"

PEKIN (AFP) - 22/12/09 22h41

François Fillon a indiqué mardi lors de sa visite à Pékin que la Chine et la France avaient la même position concernant la décroissance.

Durée : 0mn34.

François Fillon poursuit sa visite officielle à Pékin

PEKIN, Chine (AFP) - 21/12/09 23h37

En visite officielle à Pékin jusqu’à mardi, le Premier ministre François Fillon entend "donner de la vitesse" aux relations franco-chinoises, qui ont repris des couleurs depuis avril après des mois de brouille diplomatique.

Durée : 0mn42.

Vin sur mesure pour séduire la clientèle chinoise

FRONSAC (AFP) - 20/12/09 20h58

La Chine est l’un des rares marchés où les ventes de vin français augmentent, malgré la crise. Un groupe de luxe chinois a investi dans le Bordelais en achetant le domaine de Château Richelieu, en appellation Fronsac. Aux commandes de ce domaine, un oenologue français qui a pour mission d’adapter sans les dénaturer les nectars français au goût des Chinois.

Durée : 1mn46


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