AID Association initiatives dionysiennes
Israël, Gaza, Iran

MOYEN ORIENT : LE FEU COUVE

A quand la prochaine conflagration ?

lundi 28 décembre 2009 par JMT

Les Etats-Unis "s’opposent à de nouvelles constructions israéliennes" dans la partie orientale de Jérusalem occupée et annexée, a indiqué lundi la Maison Blanche, en rappelant que le statut permanent de la ville doit être négocié avec les Palestiniens.

L’organisation juive B’nai B’rith a lancé une pétition contre la décision de l’Eglise catholique de béatifier Pie XII qui a, selon elle, "laissé s’accomplir les crimes nazis", a annoncé lundi l’ONG dans un communiqué.

Le parti d’opposition Kadima a rejeté lundi comme attendu l’offre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’intégrer un gouvernement d’union nationale, en jugeant cette proposition "vide de sens".

Le pouvoir iranien a resserré l’étau autour de l’opposition en procédant à des arrestations lundi au lendemain d’une des journées de manifestation les plus violentes depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en juin, dont le bilan s’est alourdi à au moins huit morts.

Un convoi d’aide destinée à la bande de Gaza, bloqué depuis jeudi en Jordanie faute d’autorisation du Caire de passer par un port égyptien sur la mer Rouge, transitera finalement par la Syrie, a déclaré lundi à l’AFP Zaher Birawi, porte-parole du convoi

En dépit des promesses de l’ONU, Majid Athamna est persuadé que l’habitation de terre qui va remplacer sa maison en dur, détruite il y a un an pendant la guerre de Gaza, n’est pas une solution provisoire. "Il n’y aura jamais de reconstruction", se lamente ce Palestinien.

Environ 300 militants français ont débuté dimanche soir un sit-in devant l’ambassade de France au Caire pour protester contre l’interdiction par les autorités égyptiennes d’une marche vers Gaza organisée par des ONG internationales.

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a célébré dimanche sa "victoire" contre Israël lors du premier anniversaire de la brève mais meurtrière offensive de l’armée israélienne contre cette enclave palestinienne..

Jérusalem-Est : les USA s’opposent à de nouvelles constructions israéliennes

HONOLULU (Etats-Unis) (AFP) - 28/12/09 22h37

Les Etats-Unis "s’opposent à de nouvelles constructions israéliennes" dans la partie orientale de Jérusalem occupée et annexée, a indiqué lundi la Maison Blanche, en rappelant que le statut permanent de la ville doit être négocié avec les Palestiniens.

Construction de nouveaux logements dans la colonie de Maale Adumim, à l’est de Jérusalem, le 11 novembre 2009.

Le ministère de l’Habitat israélien a lancé des appels d’offres portant en tout sur 692 logements qui doivent être construits notamment à Névé-Yaacov, Pisgat-Zeev et Har-Homa, à Jérusalem-Est. Quelque 200.000 Israéliens vivent dans ces quartiers, aux côtés de 270.000 Palestiniens.

Ces appels d’offre ont été dénoncés lundi par l’Autorité palestinienne.

De son côté, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a déclaré que "les Etats-Unis s’opposent à de nouvelles constructions israéliennes à Jérusalem-Est. Le statut permanent de Jérusalem est un sujet qui doit être négocié par les parties (israélienne et palestinienne) et soutenu par la communauté internationale".

"Aucune des deux parties ne devrait prendre de mesures qui pourraient unilatéralement devancer ou sembler devancer les négociations. Il faut plutôt que les deux parties recommencent à négocier sans conditions préalables, le plus tôt possible", a ajouté M. Gibbs dans un communiqué.

"Les Etats-Unis reconnaissent que Jérusalem constitue un problème très important pour les Israéliens et les Palestiniens, et pour les juifs, les musulmans et les chrétiens. Nous pensons que par des négociations de bonne foi, les parties peuvent se mettre d’accord sur un résultat qui comblera les aspirations des deux parties pour Jérusalem, et protègera son statut pour les habitants du monde entier", a conclu le porte-parole.

Plus tôt lundi, l’Union européenne avait déjà déploré la décision "illégale" des autorités israéliennes de lancer des appels d’offres pour la construction de ces logements. Une telle décision "ne crée pas un climat propice à la reprise de négociations" sur le statut de Jérusalem, appelée à devenir la capitale de deux Etats, avait-elle averti.

Sous la pression des Etats-Unis, le cabinet de droite de Benjamin Netanyahu a approuvé un moratoire de dix mois sur la construction dans les colonies de Cisjordanie, où sont installés quelque 300.000 Israéliens. Ce moratoire vise à encourager le président palestinien Mahmoud Abbas à reprendre des négociations de paix, suspendues depuis l’offensive militaire d’Israël contre Gaza il y a un an.

Ce moratoire ne concerne toutefois ni Jérusalem-Est, ni 3.000 logements déjà en chantier en Cisjordanie, ni la construction d’édifices publics (synagogues, écoles, hôpitaux, bains rituels).

La communauté internationale n’a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem-Est, où les Palestiniens veulent installer la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Le B’nai B’rith lance une pétition contre la béatification de Pie XII

PARIS (AFP) - 28/12/09 21h45

L’organisation juive B’nai B’rith a lancé une pétition contre la décision de l’Eglise catholique de béatifier Pie XII qui a, selon elle, "laissé s’accomplir les crimes nazis", a annoncé lundi l’ONG dans un communiqué.

Le Pape Pie XII, lors d’une messe, le 11 mars 1956 à la Basilique Saint-Pierre de Rome

La pétition lancée dimanche avait recueilli un millier de signatures lundi en fin de journée sur le site contrelabeatificationdepiexii.bbpetition.org

"Nous ne pouvons voir dans ce projet de béatification qu’une approbation implicite du comportement de Pie XII à l’égard des bourreaux des juifs à l’époque de la barbarie nazie", dénonce l’organisation.

"Il est avéré historiquement qu’à l’époque dramatique où le peuple juif subissait la barbarie nazie, Pie XII, autorité suprême de la chrétienté a, par son silence et sa passivité à l’égard de ce drame, implicitement mais en pleine conscience laisser s’accomplir les crimes nazis", accuse-t-elle.

Benoît XVI a signé le 19 décembre un décret reconnaissant les "vertus héroïques" de Pie XII, le proclamant "vénérable", dernière étape avant la béatification, suscitant de nombreuses protestations des communautés juives dans le monde.

Israël : le Kadima rejette l’offre de Netanyahu d’intégrer un cabinet d’union

JERUSALEM (AFP) - 28/12/09 20h43

Le parti d’opposition Kadima a rejeté lundi comme attendu l’offre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’intégrer un gouvernement d’union nationale, en jugeant cette proposition "vide de sens".

Montage de photos du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv le 5 février 2009 et Tzipi Livni, chef de l’opposition, le 3 février 2009.

"La proposition du Premier ministre transmise par la présidente du Kadima (l’ancienne chef de la diplomatie Tzipi Livni) n’exprime pas le souhait honnête d’un partenariat", a déclaré à la presse la députée Yohana Plasner (Kadima), après le rejet à l’unanimité de cette offre par le groupe parlementaire.

"Un gouvernement d’union a beaucoup d’avantages mais l’unité nationale ne doit pas être une expression vide de sens, ce doit être une implication dans un partenariat réel avec une vision et des principes communs, ainsi qu’un accord dans la manière de matérialiser ces principes", a-t-elle ajouté.

M. Netanyahu et Mme Livni n’étaient pas parvenus à s’entendre lors d’une rencontre dimanche sur la formation de ce cabinet d’union nationale. Le Premier ministre offrait à la dirigeante de l’opposition deux à trois postes de ministres sans portefeuille ni pouvoir réel, selon les journaux. La rencontre qui s’est déroulée dans un climat de méfiance, a été marquée par des échanges de propos assez vifs, selon la presse.

Lundi, Mme Livni a accusé le Premier ministre de manoeuvres "de caniveau", estimant devant des journalistes qu’il n’avait proposé l’union nationale que parce qu’il n’avait "pas réussi à diviser le Kadima en dépit de ses efforts".

Le parti créé fin 2005 par l’ex-Premier ministre Ariel Sharon, Le Kadima a été récemment déstabilisé par des tentatives de M. Netanyahu de débaucher certains députés en leur faisant miroiter des portefeuilles ministériels.

La plupart des dirigeants du Kadima viennent des rangs du Likoud (droite) la formation de M. Netanyahu.La proposition du Premier ministre, "cyniquement, usait de menaces", a encore dit Mme Livni. "Nous ne sommes ni en guerre ni dans un processus de paix", a-t-elle ajouté.

Dans un communiqué, M. Netanyahu s’est dit "désolé d’apprendre le rejet du Kadima (...) Vu les défis auxquels est confronté Israël, le Premier ministre espérait une position différente."

Le Kadima est le principal parti représenté à la Knesset (Parlement) avec 28 élus sur 120, contre 27 au Likoud. M. Netanyahu estimait que la présence dans son gouvernement de l’ancienne chef de la diplomatie israélienne, à la réputation de modérée, rehausserait l’image de son gouvernement dans le monde.

Après de longues négociations, le Kadima avait déjà refusé en mars de rejoindre la vaste coalition conduite par Netanyahu. Il avait à l’époque été question que Mme Livni reste au ministère des Affaires étrangères, poste finalement confié au chef du parti ultranationaliste Israël Beiteinou, Avigdor Lieberman.

La coalition au pouvoir en Israël va du centre-gauche, avec le Parti travailliste, jusqu’à l’extrême-droite, représentée par des partis nationaux-religieux. Si M. Netanyahu dispose aujourd’hui de l’appui de plus de 70 députés sur 120, face à une opposition très faible, sa majorité n’en demeure pas moins traversée par des courants opposés notamment sur la question de la colonisation en Cisjordanie.

Iran : au moins huit morts dimanche, arrestations au sein de l’opposition

TEHERAN (AFP) - 28/12/09 19h31

Le pouvoir iranien a resserré l’étau autour de l’opposition en procédant à des arrestations lundi au lendemain d’une des journées de manifestation les plus violentes depuis la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad en juin, dont le bilan s’est alourdi à au moins huit morts.

Localisation des manifestations et violences dans le centre de Téhéran.

Huit personnes ont été tuées dans les manifestations de dimanche en Iran, a indiqué lundi la chaîne en anglais de la télévision d’Etat Press-TV, citant le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC)

Le bilan restait toutefois incertain. Alors que l’opposition recensait dans la capitale au moins cinq morts, dont quatre tués par balles, les autorités ou les médias officiels ont évoqué quatre, puis cinq puis même plus de quinze morts.

Cette mobilisation de l’opposition au président Ahmadinejad a été la plus massive et la plus sanglante depuis les grandes manifestations qui avaient suivi sa réélection contestée en juin et qui avaient fait 36 morts selon le gouvernement et 72 selon l’opposition.

Lundi, plusieurs personnalités proches du pouvoir ont appelé à intensifier la répression contre l’opposition et, selon le site des parlementaires d’opposition Parlemannews.ir, cinq personnalités de l’opposition ont été arrêtées.

Morteza Haji, ancien ministre et directeur général de la fondation Baran de l’ancien président réformateur Mohammad Khatami, et son adjoint Hassan Rassouli, ont été arrêtés lundi matin, selon le site.

Trois des principaux conseillers de l’ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi -Ali Reza Beheshti, Ghorban Behzadian-Nejad et Mohammad Bagherian- ont également été arrêtés, selon la même source. M. Moussavi, rival malheureux du président Ahmadinejad à la présidentielle, est devenu depuis l’un des leaders de l’opposition et la bête noire du pouvoir.

Le journaliste et défenseur des droits de l’Homme Emadeddin Baghi et d’autres militants de l’opposition réformatrice ont également été arrêtés lundi.

Un opposant iranien le 27 décembre 2009 devant des motos de la police en train de brûler à Téhéran

"Le moment est venu de convoquer devant la justice les chefs du mouvement hypocrite et de la conspiration, notamment Moussavi", a déclaré le chef de la Commission de la justice du parlement, l’hodjatoleslam Ali Shahrokhi cité par l’agence Irna.

L’un des neveux de M. Moussavi a été tué par balles lors des manifestations de dimanche à Téhéran. Le corps de Seyyed Ali Moussavi, neveu du leader d’opposition iranien Mir Hossein Moussavi, a disparu de l’hôpital où il avait été transféré, a indiqué lundi le frère de la victime à un site internet d’opposition.

"Le corps de mon frère a été emporté de l’hôpital et nous ne pouvons pas le retrouver", a déclaré Reza Moussavi à Parlemannews, site de la faction minoritaire d’opposition au Parlement.

"Personne n’accepte de reconnaître avoir pris le corps, personne ne nous répond", a-t-il ajouté. L’agence officielle Irna a toutefois affirmé un peu plus tard que "le corps (du neveu de M. Moussavi) ainsi que ceux des quatre autres victimes des troubles de Téhéran étaient gardés pour l’enquête policière et l’autopsie".

Selon sa famille, le neveu de 35 ans de l’ancien Premier ministre de l’imam Khomeiny a été tué par balle dimanche dans le centre de Téhéran lors des manifestations de l’opposition violemment réprimées par les forces de l’ordre.

En Iran, le face à face entre les manifestants de l’opposition et la police iranienne se radicalise. plusieurs manifestants auraient été tués dimanche 27 décembre, de nombreux autres blessés ou arrêtés. Parmi les victimes figurerait un neveu du leader de l’opposition Mir Hossein Moussavi.

L’ayatollah conservateur Ahmad Khatami, imam de la prière du vendredi à Téhéran, a appelé la justice à cesser de "faire preuve de tolérance à l’égard des chefs de la conspiration", vocable désignant l’opposition.

Par ailleurs, l’ancien ministre des Affaires étrangères iranien Ibrahim Yazdi, chef du Mouvement de libération de l’Iran (MLI, opposition libérale) a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile par les services de sécurité, selon un site internet d’opposition. Il avait été convoqué la semaine dernière au ministère des Renseignements mais ne s’était pas rendu à cette convocation, a précisé le site.

Du côté de l’opposition, seul l’ancien président du Parlement Mehdi Karoubi s’est exprimé pour dénoncer un pouvoir qui "envoie un groupe sauvage pour réprimer les gens". Des agents de sécurité ont par ailleurs perquisitionné lundi les bureaux du magazine féminin Irandokht dirigé par l’épouse de M. Karoubi, et ont saisi ses ordinateurs, selon le site d’opposition Advarnews.

La répression des manifestants a été condamnée par la France qui a affirmé qu’elle "ne mène nulle part" et jugée "inacceptable" par la chancelière allemande Angela Merkel. Le Canada l’a aussi condamnée et a réclamé la restauration des droits de l’Homme dans le pays.

Le convoi d’aide pour Gaza va finalement transiter par la Syrie

AMMAN (AFP) - 28/12/09 19h26

Un convoi d’aide destinée à la bande de Gaza, bloqué depuis jeudi en Jordanie faute d’autorisation du Caire de passer par un port égyptien sur la mer Rouge, transitera finalement par la Syrie, a déclaré lundi à l’AFP Zaher Birawi, porte-parole du convoi

De l’aide humanitaire pour la bande de Gaza passe par le terminal routier de Kerem Shalom, le 26 décembre 2008 à Rafah.

"Après des pourparlers entre un émissaire du gouvernement turc et le consulat égyptien à Aqaba, nous avons accepté d’aller en Syrie", a-t-il dit. La Turquie avait envoyé un émissaire dans le port jordanien Aqaba, sur la mer Rouge, pour tenter, via le consulat égyptien, de convaincre Le Caire de laisser passer le convoi par le port de Noueiba, d’où il devait se rendre à la ville frontalière (Egypte-bande de Gaza) de Rafah. Mais l’Egypte a indiqué que l’entrée sur son territoire pouvait seulement se faire par Al-Arich, sur la côte méditerranéenne.

"Le convoi d’aide quittera Aqaba pour le port (méditerranéen) de Lattaquié en Syrie avant de se rendre à Al-Arich, conformément à la décision du Caire", a déclaré le responsable syndical jordanien Maysara Malas, qui a aidé à l’organisation du convoi. "Nous espérons que l’Egypte ne mettra plus d’obstacles (à notre trajet). C’est malheureux qu’Israël soit intervenue dans la décision égyptienne", a-t-il dit.

Le convoi, environ 250 camions chargés de nourriture et de matériel médical en provenance d’Europe, de pays arabes et de Turquie, est arrivé jeudi à Aqaba, en provenance de Syrie, pour tenter de rallier Noueiba en ferry.

En mars, M. Galloway avait remis plusieurs milliers de dollars et des dizaines de véhicules au gouvernement dirigé par le mouvement islamiste palestinien à Gaza où il était arrivé avec un convoi d’aide. Israël et l’Egypte ont considérablement réduit le mouvement de et vers la bande de Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en juin 2007.

L’ONU bâtit des maisons en terre pour les sans-abri palestiniens de Gaza

GAZA (AFP) - 28/12/09 13h55

En dépit des promesses de l’ONU, Majid Athamna est persuadé que l’habitation de terre qui va remplacer sa maison en dur, détruite il y a un an pendant la guerre de Gaza, n’est pas une solution provisoire. "Il n’y aura jamais de reconstruction", se lamente ce Palestinien.

Des maisons construites en briques de terre dans un camp de réfugiés au nord de la bande de Gaza, le 14 décembre 2009.

"Je suis certain que ces maisons temporaires deviendront permanentes", estime Majid, devant le nouveau domicile que l’ONU vient de lui remettre, tandis que la reconstruction se fait toujours attendre dans une bande de Gaza en ruines et sous blocus israélien.

Construite dans le cadre d’un programme d’aide de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), cette maison d’argile est un substitut au logis familial de Jabaliya (nord de la bande de Gaza), démoli durant l’opération "Plomb durci" de l’armée israélienne (27 décembre 2008-18 janvier 2009).

Selon l’ONU, quelque 6.400 habitations ont été détruites ou sérieusement endommagées durant le conflit. Un an après, des Gazaouis sont toujours sans toit. Ils s’entassent dans des appartements de proches, quelques-uns vivent sous la tente.

La reconstruction est entravée par le blocus imposé en juin 2007 par Israël et appliqué de concert avec l’Egypte, en vertu duquel l’importation de matériaux de construction, comme le fer à béton et le ciment, est interdite.

Elle est aussi compliquée par le refus de la communauté internationale de verser au Hamas, le mouvement islamiste palestinien contrôlant le territoire et qui est considéré comme une organisation terroriste, l’aide de près de 4,5 milliards de dollars promise après la guerre pour rebâtir Gaza.

"Il n’y a pas d’autre solution (que ces maisons) pour la reconstruction", explique Adnan Abou Hasna, le porte-parole de l’UNRWA à Gaza. Ces habitations d’argile, construites grâce à un financement de l’émirat du Koweït et du Croissant rouge des Emirats arabes unis (EAU), coûtent de 8.000 à 10.000 euros. Elles font chacune 70 m2 et comprennent deux chambres à coucher, une cuisine et une salle de bain, ainsi qu’un petit salon. Au total, 120 unités doivent être construites.

Les maisons en terre pour les réfugiés à Gaza.

L’UNRWA en profite pour former des Gazaouis à la fabrication de briques en terre et espère ainsi créer des dizaines d’emplois dans un territoire où 85% de la population dépend de l’aide étrangère. Jihad al-Chaer, 36 ans, a le premier pensé à utiliser de la terre crue pour construire sa maison près de Rafah (sud de la bande de Gaza).

L’idée a également séduit le gouvernement du Hamas qui a reconstruit sur le même modèle un commissariat de police détruit dans le nord du territoire.

Abou Hassan, 69 ans, un réfugié de la première guerre israélo-arabe (1948), dont la maison de Gaza a été détruite en janvier dernier, se réjouit à l’avance d’habiter un logis de terre similaire à sa maison familiale d’Ashkelon, aujourd’hui en Israël, qu’il a dû quitter il y a 60 ans. Il fait contre mauvaise fortune bon coeur. "Je suis né dans une maison comme ça et je n’oublierai jamais à quel point il est agréable d’y vivre. Elles sont chaudes en hiver et fraîches en été", témoigne-t-il.

Tous ceux qui ont perdu leur logement l’hiver dernier n’auront toutefois pas cette chance. Seuls les Palestiniens dûment enregistrés auprès de l’ONU comme réfugiés de 1948 peuvent en bénéficier. Mohammed al-Samouni, 35 ans, a perdu 29 proches dans un bombardement israélien il y a un an. Mais en dépit de la tragédie, il ne pourra pas profiter du programme de l’ONU car sa famille n’est pas réfugiée mais de souche gazaouie. "Les Israéliens ne nous ont jamais demandé si nous étions des réfugiés ou originaires de Gaza lorsqu’ils ont détruit nos maisons", peste-t-il amèrement.

Interdiction d’une marche vers Gaza : sit-in de militants français au Caire

LE CAIRE (AFP) - 28/12/09 01h23

Environ 300 militants français ont débuté dimanche soir un sit-in devant l’ambassade de France au Caire pour protester contre l’interdiction par les autorités égyptiennes d’une marche vers Gaza organisée par des ONG internationales.

Des militants lors d’un rassemblement au Caire le 27 décembre 2009 pour marquer le premier anniversaire de l’offensive israélienne à Gaza.

Au total, 1.400 militants de 43 pays avaient annoncé la semaine dernière leur intention d’organiser cette marche à partir de Rafah, ville à cheval sur l’Egypte et la bande de Gaza, pour marquer le premier anniversaire de l’offensive israélienne contre le territoire palestinien. Mais les autorités égyptiennes leur ont opposé lundi dernier une fin de non-recevoir.

Les militants français étaient rassemblés dimanche soir devant l’ambassade de France dans l’attente des cars qui devaient les conduire à Rafah quand l’agence de voyage les a informés qu’ils ne viendraient pas. "L’agence de voyage avec laquelle nous avions conclu un contrat vient de nous dire qu’elle ne peut pas envoyer les cars car elle n’a pas l’autorisation des autorités égyptiennes", a affirmé à l’AFP une organisatrice de la marche, Olivia Zémor.

Assis à même le sol, les militants ont bloqué dans les deux sens l’avenue Charles de Gaule, sur laquelle donne l’ambassade. "Palestine vivra, Palestine vaincra", ont-ils scandé. En fin de soirée, ils ont dressé des tentes devant l’ambassade où ils envisageaient de passer la nuit. "Nous ne bougerons pas tant que nous n’avons pas nos bus", a affirmé l’un d’eux.

La marche devait débuter le 28 décembre. Les organisateurs ont précisé que des militants d’autres nationalités avaient également l’intention de partir lundi pour Rafah. Samedi, ils avaient exhorté dans une lettre ouverte le président égyptien Hosni Moubarak à intervenir en leur faveur.

Du 27 décembre 2008 au 22 janvier 2009, Israël a lancé une offensive dévastatrice contre le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza, faisant plus de 1.400 tués palestiniens, selon des sources palestiniennes. L’offensive a également détruit l’infrastructure de Gaza et aggravé l’impact du blocus imposé en juin 2007 par Israël, suite à la prise de contrôle de ce territoire par le Hamas.

Un an après la guerre de Gaza, le Hamas célèbre sa "victoire" contre Israël

GAZA (AFP) - 27/12/09 23h08

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a célébré dimanche sa "victoire" contre Israël lors du premier anniversaire de la brève mais meurtrière offensive de l’armée israélienne contre cette enclave palestinienne..

Des militants lors d’un rassemblement au Caire le 27 décembre 2009 pour marquer le premier anniversaire de l’offensive israélienne à Gaza.

"Gaza a vaincu avec sa détermination légendaire", a proclamé Ismaïl Haniyeh, le Premier ministre du gouvernement du Hamas, dans un discours télévisé. "L’ennemi a voulu, avec cette sanglante surprise, effrayer le peuple de Gaza, le gouvernement et la Résistance, mais notre foi en Dieu a été plus forte que la peur et les avions", a affirmé M. Haniyeh, en se réjouissant que "l’ennemi israélien ait échoué dans tous ses objectifs de guerre".

Les sirènes ont retenti à 11H20 locales (09H20 GMT) dans la bande de Gaza pour marquer le début des raids aériens il y a un an de l’Opération "Plomb Durci", le nom de l’offensive qui avait pour but de faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes contre Israël. Des dirigeants du Hamas ont inauguré un monument aux morts tandis que des centaines de manifestants défilaient en brandissant des portraits des victimes.

Un membre de la sécurité palestinienne du Hamas observe une "minute de silence" pour marquer le premier anniversaire de la guerre avec Israël, le 27 décembre 2009

Les commémorations doivent s’étaler sur 22 jours, du 27 décembre 2009 au 18 janvier 2010, soit autant que la durée de la guerre. Le conflit prit fin avec des cessez-le-feu unilatéraux des deux côtés. "L’objectif de ces événements est d’exposer cette guerre et ses massacres, qui sont sans précédent, au monde entier, et ce, afin que les chefs de cette guerre sioniste soient jugés", a souligné Ihab al-Ghoussein, un porte-parole du ministère de l’Intérieur à Gaza.

La guerre a fait 1.450 morts palestiniens, selon un bilan actualisé des services de secours à Gaza, dont 439 enfants âgés de moins de 16 ans et 127 femmes, ainsi que 5.570 blessés. Côté israélien : 13 morts, 4 civils et 9 soldats. "Ce furent des jours sombres. Il y avait des cadavres dans chaque rue, dans chaque ruelle", a déploré le docteur Mouawiya Hassanein, chef des services d’urgence à Gaza, qui a perdu 16 secouristes durant les combats.

Depuis, un calme relatif —mais sans précédent depuis 2005, lorsqu’Israël s’est retiré de Gaza— règne entre la bande de Gaza et Israël. Les tirs de roquettes ont pratiquement cessé mais le Hamas est toujours là. "Il est de notre droit de développer et acquérir toutes les armes possibles afin de répondre à toute escalade sioniste, et nous sommes prêts à affronter n’importe quelle agression", a averti Abou Obaida, le porte-parole des brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas.

Israël a été vivement critiqué pour la sévérité de son opération punitive contre le Hamas et son image internationale s’est dégradée. Ainsi, un rapport de la mission d’enquête du juge Goldstone, mandaté par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, a accusé Israël —mais aussi les groupes armés palestiniens— de "crimes de guerre", voire de "crimes contre l’humanité".

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est inquiété dimanche du "sentiment de désespérance" prévalant à Gaza et a appelé Israël à lever son blocus "inacceptable".

"La qualité et la quantité des approvisionnements humanitaires à Gaza sont insuffisantes, la reconstruction et l’activité économique sont paralysées et la population se voit refuser les droits humains élémentaires", a déploré M. Ban. Selon l’ONU, quelque 6.400 habitations ont été détruites ou gravement endommagées dans un territoire étroit où vivent 1,5 million de personnes, dépendant à 85% de l’aide humanitaire internationale. De nombreux réfugiés vivent encore sous des tentes.

De son côté, Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, avec laquelle le Hamas est à couteaux tirés, a promis de tout faire pour poursuivre "les criminels de guerre" israéliens. Par contraste, l’anniversaire n’a eu aucun écho officiel en Israël.

VIDEO

Paris : des Iraniens soutiennent les soulèvements dans leur pays

PARIS (AFP) - 28/12/09 22h00

Ils étaient une trentaine à s’être réunis lundi après-midi à Paris, devant l’ambassade d’Iran, pour soutenir le peuple iranien, alors que dimanche, les nombreuses manifestations organisées dans tout l’Iran ont été le théâtre d’affrontements sanglants avec la police.

Durée : 1mn26.


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