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La Turquie et l’Arménie signent un accord, l’Azerbaidjan proteste, la CEI s’agite

DIALOGUES DIFFICILES AUTOUR DE LA MER NOIRE

et l’Europe, les USA et la Russie sont là en coulisses

dimanche 11 octobre 2009 par JMT

Au lendemain de la signature de l’accord historique en vue de l’établissement de relations diplomatiques entre la Turquie et l’Arménie, la question du Haut-Karabakh s’est imposée comme une des clefs de la réussite du processus.

Pour le Premier ministre turc, l’ouverture de la frontière avec l’Arménie est liée à une avancée sur un différend frontalier entre Erevan et l’Azerbaïdjan voisin. L’Arménie a pris le contrôle en 1993 de l’enclave arménienne en territoire azerbaïdjanais du Nagorny-Karabakh et de territoires azerbaïdjanais adjacents.

L’Azerbaïdjan a condamné dimanche l’accord de normalisation entre l’Arménie et la Turquie et mis en garde contre une possible instabilité dans le sud du Caucase.

Plusieurs milliers d’Arméniens sont descendus dans la rue vendredi dans la capitale Erevan pour protester contre l’intention de leur gouvernement de signer un accord historique de rapprochement avec la Turquie.

Le chef du Kremlin qui snobe son homologue ukrainien, le président bélarusse qui s’en prend à Moscou : un vent de mauvaise humeur a soufflé vendredi sur le sommet de la CEI, signe des tensions persistantes entre Moscou et ses voisins de l’ex-URSS.

Les présidents de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ont eu jeudi en Moldavie des discussions "constructives" concernant leur différend sur le Haut-Karabakh et ils se reverront bientôt, a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis, Robert Bardtke.

La coalition majoritaire au Parlement d’Arménie a annoncé vendredi qu’elle soutiendrait les efforts en vue de l’établissement de relations diplomatiques avec la Turquie, apportant un appui précieux au gouvernement dans les négociations en cours.

Le Haut-Karabakh, clef turque de la normalisation avec l’Arménie

par Alexandra Hudson , REUTERS, Mise a jour : 11/10/2009 15:50

Au lendemain de la signature de l’accord historique en vue de l’établissement de relations diplomatiques entre la Turquie et l’Arménie, la question du Haut-Karabakh s’est imposée comme une des clefs de la réussite du processus.

Le Haut-Karabakh, clef turque de la normalisation avec l’Arménie

ISTANBUL (Reuters) - Cette enclave arménienne de l’Azerbaïdjan est à l’origine du conflit armé qui a opposé les deux anciennes républiques soviétiques du Caucase en 1991. Quelque 30.000 personnes ont péri et un million d’autres contraints au départ.

Un accord de cessez-le-feu a été signé en 1994 entre Erevan et Bakou, mais l’Arménie occupe toujours plusieurs régions d’Azerbaïdjan. La Turquie, principal allié de Bakou, a fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993.

Dimanche, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a réaffirmé que l’Arménie devait se retirer des zones azéries qu’elle contrôle afin d’assurer la ratification de l’accord de Zurich par les députés turcs.

"La Turquie ne peut prendre de disposition positive vis-à-vis de l’Arménie à moins que l’Arménie se retire des territoires azerbaïdjanais (...) Si cette question est réglée, notre peuple et notre Parlement auront une attitude plus positive vis-à-vis de ce protocole (d’accord) et de ce processus", a-t-il dit devant les cadres de son parti AKP réunis à Ankara.

Les ministres turc et arménien des Affaires étrangères ont paraphé samedi soir à Zurich un accord visant à l’établissement de relations diplomatiques normalisées et à l’ouverture de leur frontière commune.

Ce protocole, dont la signature a été différée de trois heures en raison de divergences de dernière minute, doit tourner la page de près d’un siècle d’hostilité liée aux massacres d’Arméniens par les Ottomans pendant la Première Guerre mondiale.

OPPOSITION DES NATIONALISTES

Il doit être ratifié à présent par les Parlements turc et arménien, et la partie s’annonce difficile du fait de l’opposition des nationalistes des deux bords et de l’insistance avec laquelle l’importante diaspora arménienne demande que la Turquie reconnaisse que les tueries de 1915 constituaient un génocide.

"Nous soumettrons ce protocole au Parlement, mais ce dernier doit étudier les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie pour décider si ce protocole peut être mis en oeuvre", a souligné Erdogan.

Pour Alexander Iskandaryan, qui dirige l’Institut des médias du Caucase à Erevan, la marge de manoeuvres est étroite. "C’est un fait que le mot Karabakh pas plus que celui d’Azerbaïdjan n’apparaissent dans les documents qui ont été signés."

Le Premier ministre turc s’est parallèlement attaché à rassurer l’Azerbaïdjan, dont le ministère des Affaires étrangères a jugé dimanche que "la normalisation des relations entre la Turquie et l’Arménie avant le retrait des forces arméniennes du territoire azéri occupé (était) en contradiction frontale avec les intérêts nationaux de l’Azerbaïdjan".

Mais l’établissement de relations normalisées entre Ankara et Erevan revêt une importance stratégique majeure : cette région du Sud-Caucase est un carrefour crucial entre les gisements de pétrole et de gaz de la mer Caspienne et les marchés européens.

Il constitue aussi un nouvel atout dans le jeu d’Ankara qui négocie difficilement son adhésion à l’Union européenne.

Samedi soir à Zurich, la cérémonie concluant le processus mené sous médiation de la Suisse s’est déroulée en présence de Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, de la secrétaire américaine d’Etat Hillary Clinton, et de Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française (Russie, Etats-Unis et France forment le groupe de Minsk qui tente de régler la question du Haut-Karabakh).

Dans un communiqué diffusé dimanche, Lavrov a salué cet accord, ajoutant que Moscou apporterait son soutien au processus de normalisation. "Aucune de ses dispositions ne peut être interprétée comme portant atteinte à une tierce partie", a-t-il souligné.

Avec Afet Mehtiyeva à Bakou, version française Henri-Pierre André

Arménie/Turquie - Un accord, oui, mais...

Laurent DESCHAMPS (Avec agence) le 11/10/2009 - 14h54

Pour le Premier ministre turc, l’ouverture de la frontière avec l’Arménie est liée à une avancée sur un différend frontalier entre Erevan et l’Azerbaïdjan voisin. L’Arménie a pris le contrôle en 1993 de l’enclave arménienne en territoire azerbaïdjanais du Nagorny-Karabakh et de territoires azerbaïdjanais adjacents.

Credit photo AFP Signature d’un accord historique entre l’Arménie et la Turquie.

Elles ont beau avoir signé un accord samedi que d’aucuns jugent historique, la Turquie et l’Arménie ne sont pas arrivées au terme de leur difficultés relationnelles.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi affirmé dimanche que l’ouverture de la frontière avec l’Arménie était liée à une avancée sur la question de l’enclave de Nagorny-Karabakh, zone sous contrôle arménien en plein Azerbaïdjan, allié de la Turquie. En clair, il va falloir négocier âprement.

"Nous voulons que toutes les frontières s’ouvrent en même temps (...) Mais tant que l’Arménie ne se sera pas retirée des territoires azerbaïdjanais qu’elle occupe, la Turquie ne peut pas avoir une attitude positive à ce sujet", a déclaré le Premier ministre turc lors d’une réunion à Ankara des instances dirigeantes de son parti.

L’accord signé samedi prévoit l’ouverture de la frontière turco-arménienne, fermée depuis 1993 par la Turquie en soutien à son allié turcophone de l’Azerbaïdjan, après la prise de contrôle par l’Arménie de l’enclave arménienne en territoire azerbaïdjanais du Nagorny-Karabakh et de territoires azerbaïdjanais adjacents. L’accord prévoit aussi l’établissement de relations diplomatiques.

"Notre opinion publique"

Mais le Premier ministre turc a cependant assuré qu’il présenterait dans tous les cas l’accord au Parlement pour ratification. Une manière de dire que la Turquie n’est en rien obligée par la signature de samedi.

"Nous allons transmettre au Parlement les protocoles signés hier par notre ministre des Affaires étrangères, mais nos députés pour les ratifier, vont sans aucun doute demander où en est la question arméno-azerbaïdjanaise", a-t-il déclaré.

"Si l’Azerbaïdjan et l’Arménie commencent à chercher une résolution à leurs problèmes, notre opinion publique appréciera d’avantage la normalisation des relations Turquie-Arménie. Et ça facilitera la ratification des protocoles par le Parlement", a-t-il estimé. La balle est dans le camp arménien.

D’après agence

L’Azerbaïdjan condamne l’accord entre l’Arménie et la Turquie

BAKOU (AFP) - 11/10/09 14h06

L’Azerbaïdjan a condamné dimanche l’accord de normalisation entre l’Arménie et la Turquie et mis en garde contre une possible instabilité dans le sud du Caucase.

Carte de l’Azerbaïdjan

"La normalisation des relations entre la Turquie et l’Arménie avant le retrait des forces arméniennes des territoires azerbaïdjanais occupés, est en contradiction avec les interêts de l’Azerbaïdjan et jette une ombre sur les relations fraternelles entre l’Azerbaïdjan et la Turquie", a indiqué le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères dans une déclaration.

"L’Azerbaïdjan considère que l’ouverture de la frontière entre la Turquie et l’Arménie remet en cause l’achitecture de la paix et de la stabilité dans la région", ajoute le texte.

Les accords entre la Turquie et l’Arménie, signés samedi, prévoient notamment la réouverture de la frontière entre les deux pays.

Pour entrer en vigueur, ils doivent encore être ratifiés par les parlements des deux pays, un processus qui pourrait traîner en longueur en raison de l’hostilité de nombreux députés à Ankara et à Erevan.

L’Azerbaïdjan était opposé à la normalisation des relations entre les deux pays et à l’ouverture de leurs frontières avant le reglèment du conflit entre Bakou et Erevan sur la région du Nagorny-Karabakh.

Soutenus par l’Arménie, des séparatistes arméniens ont pris le controle du Nagorny-Karabakh, enclavé en Azerbaïdjan, lors d’une guerre de six ans (1988-1994) qui a fait, selon des estimations, quelque 30.000 morts.

Mais l’Arménie a rejeté tout lien entre ce conflit et ses efforts de reconciliation avec la Turquie.

L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont rompu tout lien économique direct et ne sont pas parvenus à un accord sur le statut du Nagorny-Karabakh malgré des années de discussions.

Les forces armées de deux pays se font face de part et d’autre d’une ligne de cessez-le-feu autour du Nagorny-Karabakh et les échanges de tirs sont fréquents.

Des milliers d’Arméniens manifestent contre un accord avec la Turquie

EREVAN (AFP) - 09/10/09 23h17

Plusieurs milliers d’Arméniens sont descendus dans la rue vendredi dans la capitale Erevan pour protester contre l’intention de leur gouvernement de signer un accord historique de rapprochement avec la Turquie.

Des Arméniens manifestent à Erevan pour protester contre l’intention de leur gouvernement de signer un accord historique de rapprochement avec la Turquie, le 9 octobre 2009

Les manifestants, qui étaient jusqu’à 10.000, brandissaient des pancartes "Pas de concessions aux Turcs", a constaté une journaliste de l’AFP.

Ils se sont rendus du centre-ville de la capitale au monument dédié à la mémoire des victimes des massacres d’Arméniens sous l’empire ottoman, situé sur une colline.

La Turquie et l’Arménie doivent signer samedi, sous médiation suisse, des accords historiques visant à normaliser leurs rapports bilatéraux, empoisonnés notamment par la question des massacres d’Arméniens qualifiés de génocide par Erevan.

Dans un document remis à la présidence arménienne, les protestataires ont appelé le chef de l’Etat, Serge Sarkissian, à ne pas parapher les accords.

"Ces protocoles contiennent des éléments très dangereux pour notre nation et notre Etat, qui menacent nos intérêts", affirme le texte. Le président "sera tenu responsable des conséquences imprévisibles" de cette signature, poursuit-il.

"C’est honteux que notre gouvernement et notre président n’écoutent pas la volonté du peuple", a dénoncé un manifestant, Vaghinak Yranian.

"Nous n’allons pas cesser notre combat, même s’ils signent ces protocoles demain ou après-demain. Si notre président continue comme ça, nous allons le contraindre à démissionner", a ajouté cet homme de 60 ans.

Le défilé a été organisé à l’initiative de plusieurs partis d’opposition, parmi lesquels la Fédération arménienne révolutionnaire, qui s’était retirée cette année de la coalition au pouvoir, à la suite de désaccords sur le processus de réconciliation avec la Turquie.

Une fois signés, les protocoles devront encore être ratifiés par les parlements des deux pays. Malgré des objections, la coalition au pouvoir au parlement arménien a fait savoir qu’elle soutenait le gouvernement, ce qui devrait garantir une ratification sans accroc des accords.

Opposées par une histoire commune sanglante, la Turquie et l’Arménie ont annoncé en août être convenues de deux textes qui envisagent notamment l’établissement de relations diplomatiques et la réouverture de leur frontière.

Sautes d’humeur au sommet de la CEI (ex-URSS)

CHISINAU (AFP) - 09/10/09 23h04

Le chef du Kremlin qui snobe son homologue ukrainien, le président bélarusse qui s’en prend à Moscou : un vent de mauvaise humeur a soufflé vendredi sur le sommet de la CEI, signe des tensions persistantes entre Moscou et ses voisins de l’ex-URSS.

Le président russe, Dmitri Medvedev, et son homologue ukrainien, Viktor Iouchtchenko le 9 octobre 2009 lors du sommet de la CEI

"Bon, il voulait et moi, j’ai pas pu. J’ai mon agenda. J’ai des choses à faire à la maison", a déclaré le président russe, Dmitri Medvedev, pour justifier l’absence de rencontre bilatérale avec son homologue ukrainien, Viktor Iouchtchenko.

"Nous nous sommes salués et entretenus dans le cadre de la réunion" des chefs d’Etat de la Communauté des Etats indépendants (CEI, 11 pays de l’ex-URSS), a-t-il ajouté.

M. Iouchtchenko, qui souhaitait une rencontre en aparté, a pour sa part mis en cause le Kremlin : "La position de la partie russe est telle que cette rencontre était impossible", a-t-il déclaré à des journalistes ukrainiens.

"C’est une question de valeurs, de mode de vie, de processus démocratiques. Ce n’est pas un problème personnel, c’est un problème de conception du monde", a poursuivi M. Iouchtchenko, dont les positions pro-occidentales et surtout atlantistes exaspèrent Moscou.

Les relations entre Kiev et Moscou n’ont cessé de se dégrader depuis l’arrivée au pouvoir de M. Iouchtchenko début 2005 à l’issue de la Révolution orange.

Le président bélarusse, Alexandre Loukachenko, a pour sa part reproché à la Russie de ne pas aider financièrement ses voisins, tout en assurant que le Bélarus "s’en sortirait" sans cela.

Il a raconté par le menu à la presse son échange "musclé" avec le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, assurant lui avoir lancé : "C’est comme cela que vous nous aidez ?", alors que Moscou a renoncé à verser à son pays une tranche de crédit de 500 millions de dollars.

"S’ils donnent de l’argent, merci ! S’ils n’en donnent pas, on s’en sortira (sans)", a-t-il lancé.

Une fois n’est pas coutume, le président bélarusse, qualifié dans le passé de "dernier dictateur d’Europe" par les Etats-Unis, a pris le parti de son homologue ukrainien pro-occidental.

"Il (Iouchtchenko) a fait une déclaration fracassante. Il a dit que l’Ukraine n’aurait pas eu à demander 17 milliards de dollars au FMI si on avait créé (au sein de la CEI) la zone de libre-échange dont on parle depuis si longtemps", a-t-il dit.

Seule la Moldavie, pays hôte du sommet, a semblé tirer son épingle du jeu, M. Koudrine ayant confirmé que Moscou étudiait l’octroi d’un crédit de 150 millions de dollars à ce pays pauvre, bien que les libéraux pro-européens aient remporté les législatives en juillet.

Les chefs d’Etat des 11 pays ont signé par ailleurs une déclaration reconnaissant la "contribution des alliés de la coalition anti-hitlérienne à la victoire de 1945", une manière de saluer le lourd tribut de l’Armée rouge, ce à quoi Moscou est viscéralement attaché.

Discussions "sérieuses" Sarksian-Iliev sur le Haut-Karabakh

par Denis Dyomkin, REUTERS, Mise a jour : 08/10/2009 22:28

Les présidents de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ont eu jeudi en Moldavie des discussions "constructives" concernant leur différend sur le Haut-Karabakh et ils se reverront bientôt, a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis, Robert Bardtke.

Discussions "sérieuses" Sarksian-Iliev sur le Haut-Karabakh

CHISINAU (Reuters) Le succès des discussions de Chisinau est considéré comme un élément clé du rétablissement des relations entre l’Arménie et la Turquie et il pourrait favoriser un succès des pourparlers prévus ce week-end entre ces deux pays.

L’ambassadeur américain a déclaré à des journalistes que la rencontre entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et son homologue arménien Serj Sarksian poursuivait "une dynamique positive dans les discussions".

"Les discussions ont été sérieuses et constructives. Ils sont convenus de se rencontrer à nouveau dans un proche avenir", a-t-il dit.

Mais rien n’a filtré sur la teneur des discussions.

L’ambassadeur de Russie, Iouri Merzliakov, dont le pays fait partie avec la France et les Etats-Unis du groupe de Minsk, chargé de parrainer les efforts de règlement du conflit, a déclaré que la prochaine rencontre entre les deux hommes interviendrait "relativement vite".

Les deux chefs d’Etat devaient rester vendredi à Chisinau et rencontrer le président russe Dmitri Medvedev dans le cadre d’un sommet de la Communauté d’Etats indépendants (CEI).

Il n’a pas été précisé si à cette occasion ils auraient un nouvel entretien en tête-à-tête.

Des analystes ont estimé que les résultats des discussions de jeudi à Chisinau influeraient sur la rencontre de samedi à Zurich au cours de laquelle l’Arménie et la Turquie espèrent signer un accord de normalisation de leurs relations bilatérales.

La conclusion d’un tel accord est de nature à renforcer l’image d’Etat modernisateur de la Turquie en Occident, stimuler l’économie en berne de l’Arménie et à stabiliser le Sud-Caucase, par où transitent le pétrole et le gaz acheminés vers l’Ouest.

Les relations entre les deux pays sont empoisonnées depuis la Première Guerre mondiale par les massacres d’Arméniens commis sous l’empire ottoman et la Turquie a rompu ses relations diplomatiques et fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993 en solidarité avec son allié azerbaïdjanais.

Iouri Merzliakov a déclaré que la question de la réunion de Zurich entre l’Arménie et la Turquie n’avait pas été abordée au cours des discussions de Chisinau. Le département d’Etat a annoncé que la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton assisterait à la cérémonie Zurich.

Elle pourrait profiter de la visite pour discuter de l’Iran avec ses homologues russe, français et de l’Union européenne invités eux aussi à la cérémonie, a dit jeudi un responsable du département d’Etat.

Le représentant de la France, Bernard Fassier, a déclaré que le travail du groupe de Minsk était "sans lien avec les autres processus".

Les président Aliev et Sarksian ont beaucoup à perdre sur le plan intérieur s’ils sont perçus comme faisant des concessions sur la question sensible du Haut-Karabakh.

Ils paraissaient tous deux tendus lors de la pose photo précédant les discussions qui se sont déroulées à la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis et ont duré près de trois heures et demie.

Un parlementaire turc s’exprimant avant les discussions a déclaré qu’il serait difficile d’obtenir du Parlement l’approbation d’un accord de normalisation des relations avec l’Arménie si les discussions sur le Haut-Karabakh ne progressaient pas.

Les pourparlers sur le conflit sanglant du Haut-Karabakh, provoqué par la chute de l’Union soviétique, sont liés à la réunion de Zurich du fait des relations étroites qu’entretient la Turquie musulmane avec l’Azerbaïdjan.

Le Haut-Karabakh est une enclave peuplée d’Arméniens en territoire azerbaïdjanais. Dans les années 1990, une insurrection arménienne y a entraîné une guerre entre les deux pays, qui a fait environ 30.000 morts. En 1993, la Turquie a fermé sa frontière avec l’Arménie par solidarité avec Bakou.

Avec Alexander Tanas à Chisinau, Pinar Aydinli à Ankara, version française Philippe Bas-Rabérin et Jean-Stéphane Brosse

Arménie : le Parlement favorable à des relations avec la Turquie

AFP, Mise a jour : 02/10/2009 17:48

La coalition majoritaire au Parlement d’Arménie a annoncé vendredi qu’elle soutiendrait les efforts en vue de l’établissement de relations diplomatiques avec la Turquie, apportant un appui précieux au gouvernement dans les négociations en cours.

AFP/Archives Mont Ararat

"L’Etat arménien a fait preuve de courage (...) pour ce qui est de l’avenir de notre pays et l’amélioration des liens entre les deux pays", indique la coalition, composée des partis Républicain, de l’Arménie prospère et du Règne de la Loi.

"Nous saluons une telle politique et invitons tous les citoyens d’Arménie, les organisations politiques et sociales, ainsi que les Arméniens du monde à créer les conditions nécessaires pour que ce processus soit mis en oeuvre avec succès", ajoute-t-elle dans un communiqué.

Ce soutien devrait permettre de ratifier sans encombre les accords qui pourront être signés entre Ankara et Erevan, en dépit de lourds contentieux historiques.

Opposées de longue date par une histoire commune sanglante, la Turquie et l’Arménie ont annoncé début septembre être convenues de deux protocoles qui envisagent d’une part l’établissement de relations diplomatiques et la réouverture de la frontière commune, d’autre part la mise en place d’un calendrier pour une série de mesures d’amélioration des liens mutuels.

Les ministres des Affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu et arménien Edouard Nalbandian doivent se retrouver le 10 octobre à Zurich (Suisse) pour signer les deux protocoles, ont annoncé les autorités turques fin septembre, une information jusqu’ici non confirmée côté arménien.

Les efforts de rapprochement en cours ont été critiqués par les partis d’opposition des deux pays, qui accusent leurs gouvernements respectifs de faire trop de concessions.

A Paris, entre 200 et 250 membres de la diaspora arménienne ont retardé vendredi le dépôt d’une gerbe par le président arménien Serge Sarkissian, protestant contre le rapprochement en cours entre Erevan et Ankara, a rapporté un photographe de l’AFP.

M. Sarkissian, qui entamait une tournée d’une semaine dans les principaux pays hôtes de la diaspora arménienne afin d’en obtenir le soutien à l’établissement de relations diplomatiques avec la Turquie, devait déposer cette gerbe devant un monument à la mémoire des victimes du génocide arménien.

Cette démarche a été retardée d’une heure et demie par les manifestants, qui ont dû être repoussés par la force par les services de police. L’opération a engendré quelques bousculades, et une grenade lacrymogène a été tirée par la police, selon le photographe.

Un collectif de la diaspora, Vigilance arménienne contre le négationnisme (VAN), avait appelé à manifester contre la signature prévue le 10 octobre à Zurich (Suisse) de protocoles prévoyant notamment l’établissement de relations diplomatiques et la réouverture de la frontière commune.

"Le génocide arménien, jamais nommé, est l’un des enjeux majeurs de ces accords", a souligné le collectif VAN dans un communiqué.

"Un génocide (...) ne peut être ramené à une simple question bilatérale entre l’Etat héritier des bourreaux et celui des victimes", a-t-il ajouté.

"Les Arméniens de la diaspora, descendants des rescapés du génocide sont, eux, voués à continuer le combat pour la justice et les réparations", a souligné le collectif.

Les massacres et déportations d’Arméniens au début du XXe siècle ont fait plus d’un million et demi de morts selon Erevan, 300.000 à 500.000 selon Ankara, qui récuse catégoriquement la notion de génocide reconnue par la France, le Canada et le Parlement européen.

M. Sarkissian, qui devait rencontrer vendredi soir des représentants de la diaspora à Paris, doit ensuite se rendre à New York, Los Angeles, Beyrouth et en Russie.

Dans le cadre des efforts de rapprochement, le président turc Abdullah Gül a invité son homologue Serge Sarkissian au match de football Arménie-Turquie de qualification pour le mondial 2010, prévu le 14 octobre à Boursa (ouest de la Turquie). M. Sarkissian n’a pas pour l’instant annoncé sa venue en Turquie.


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