AID Association initiatives dionysiennes

Crise(encore !)...quelques analyses

vendredi 17 octobre 2008 par JMT

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voir ici pour la présentation de l’action proposée. Il s’agit que les citoyens mettent enfin le holà sur 35 ans de spoliations légalisées sans réel débat public sur le fond.

Communiqué Attac France

Supprimer les paradis fiscaux ? Il serait temps

« Les trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister... Leur disparition doit être le prélude à une "refondation" du système financier international », a déclaré hier François Fillon devant l’Assemblée nationale.

Le Premier ministre reprenait ici l’idée de Dominique Strauss-Kahn qui, en tant que président du FMI, suggère de « pourchasser et faire disparaître les paradis fiscaux ».

Cette idée était déjà présente dans le discours de Toulon de Nicolas Sarkozy qui avait déclaré « Il faudra bien se poser des questions qui fâchent, comme celle des paradis fiscaux », et avait également été évoquée la semaine dernière par Eric Woerth pour qui « On ne peut pas accepter qu’il y ait des paradis fiscaux en Europe ».

Attac France s’étonne que ce ralliement à l’une des demandes majeures du mouvement altermondialiste depuis dix ans ait dû attendre qu’une catastrophe financière intervienne.

Ne serait-ce pas parce qu’officiellement, selon le Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI), il n’existerait plus de paradis fiscaux dans le monde et que la déclaration du gouvernement français ne l’engagerait à rien ?

Or, hélas, les paradis se comptent par dizaines, et nombre d’entre eux sont en Europe ou aux portes de celle-ci. Les personnes et entreprises dont les fortunes sont exilées dans ces pays ont largement bénéficié de la spéculation et de la financiarisation qui nous ont conduits à la crise actuelle.

A-t-on entendu le gouvernement leur demander une contribution pour éponger la casse sociale qui résultera de la crise ? Cela supposerait qu’il renonce à sa politique néolibérale et, notamment, à sa politique fiscale et à son bouclier fiscal.

Dans ce contexte, Attac exprime sa volonté de voir interdire le plus rapidement possible les paradis fiscaux, en commençant par :

- fermer toutes les filiales des banques dans ces pays et, le cas échéant, leurs sièges sociaux, sous peine d’être exclues du dispositif étatique d’aide décidé par l’Union européenne ;

- interdire tous les flux financiers en provenance ou à destination des paradis fiscaux ;

- entamer des poursuites judiciaires contre toutes les institutions, personnes morales et physiques impliquées dans l’affaire de la fraude fiscale au Liechtenstein.

Enfin, la remise en cause des paradis fiscaux prendra son véritable sens lorsque l’Union européenne aura abrogé les articles de ses traités qui interdisent de contrôler le mouvement des capitaux.

Attac France, Montreuil, le 17 octobre 2008

Argentine : la présidente Cristina Kirchner défend son "modèle" de développement

BUENOS AIRES (AFP) - 17/10/08 11:19

Face aux conséquences de la crise financière internationale, l’Argentine s’efforce de protéger son industrie, pilier de son "modèle" de développement dont elle vante aujourd’hui les mérites.

Photographe : Alejandro Pagni AFP/Archives :: Cristina Kirchner le 2 août 2008 à Buenos Aires

"Toutes les mesures seront prises pour conserver ce qui nous a tant coûté à obtenir (...) et notre modèle sera renforcé", a déclaré cette semaine la présidente argentine Cristina Kirchner, à l’adresse des industriels de son pays, inquiets des conséquences de la crise pour leurs activités.

"Ce modèle est celui qui nous a permis d’affronter dans de meilleures conditions cette crise financière mondiale", a-t-elle ajouté, plus que jamais confiante dans la pertinence des choix économiques faits par l’Argentine après la débâcle économique de 2002, d’abord par son mari l’ex-président Nestor Kirchner élu en 2003, qu’elle a ensuite confirmés après son arrivée au pouvoir en décembre 2007.

Le couple Kirchner défend depuis cinq ans un modèle de réindustrialisation du pays, automobile en tête, basé sur un dollar fort favorisant les exportations argentines et renchérissant les importations, et un excédent fiscal primaire (avant service de la dette) supérieur à 3% du Produit intérieur brut (PIB), destiné à financer de fortes interventions de l’Etat dans les secteurs jugés stratégiques comme les transports ou l’énergie.

Ce modèle "industrialiste", qui a permis un redressement spectaculaire de l’Argentine avec des taux de croissance "à la chinoise" depuis 2003, doit aussi son succès à la hausse continue du prix des matières premières agricoles dont l’Argentine est un des tous premiers producteurs mondiaux.

Il est aujourd’hui remis en question par la baisse de ces matières premières, à commencer par le soja, principale richesse agricole du pays, et par la concurrence de produits bon marché "made in Asia" ou venant du Brésil voisin. La dévaluation récente du real brésilien a de ce point de vue redoublé la crainte des industriels argentins.

"En ces temps de crise internationale, nous allons appliquer un système de commerce administré. Cela signifie mettre en oeuvre des garde-fous pour que nos travailleurs gardent leur emploi et les entreprises leur capacité d’investissement et de production", a encore affirmé la présidente argentine. Les industriels argentins, et les producteurs agricoles, ont proposé leur solution en réclamant un dollar à 3,40/3,50 pesos quand il s’échange aujourd’hui aux alentours de 3,20 pesos.

Le gouvernement redoute des mises à pied, comme cela s’est déjà produit dans l’industrie automobile, et a réuni cette semaine industriels et syndicalistes pour tenter de garantir l’emploi et l’activité et faire face à leurs revendications. Le taux de chômage est aujourd’hui inférieur à 10% quand il frôlait les 35% au plus fort de la crise en 2002.

La CGT (Confédération générale du travail), premier syndicat argentin d’inspiration péroniste et proche du gouvernement, réclame des augmentations de salaire pour compenser les effets de l’inflation, estimée à quelque 25% cette année, et point faible de ce "modèle" argentin.

L’Union industrielle argentine (UIA) a confirmé de son côté ses demandes de dévaluation. Mais le gouvernement, précisément en raison des tensions inflationnistes que ces revendications ne manqueraient pas d’apporter, rechigne à les accepter.

"Accorder une augmentation de salaire ou demander une dévaluation, ce n’est bon pour personne", a ainsi indiqué cette semaine le ministre argentin de l’Intérieur Florencio Randazzo.

La Caisse d’Epargne perd 600 millions d’euros : un "incident" boursier

PARIS (AFP) - 17/10/08 10:44

La Caisse d’Epargne a perdu "de l’ordre de 600 millions d’euros" dans un "incident" dans le cadre de transactions sur les marchés d’actions pendant la semaine du 6 octobre marquée par le krach boursier, a-t-elle annoncé vendredi dans un communiqué.

Photographe : Stephane de Sakutin AFP :: Une succursale de la Caisse d’Epargne le 1er octobre 2008 à Paris

"L’incident" s’est produit dans le cadre des activités de "dérivés actions" de la Caisse nationale des Caisses d’Epargne (CNCE), l’organe central de la banque mutualiste.

Cette perte a été subie dans le cadre de son activité pour compte propre, par opposition aux activités pour le compte de clients, précise le communiqué.

"Compte tenu de son niveau de fonds propres, plus de 20 milliards d’euros, et de son importante liquidité, cette perte n’affecte pas la solidité financière du groupe et n’a aucune conséquence sur la clientèle", précise la CNCE.

Etats-Unis : argent frais pour les banques, crédits plus chers pour leurs clients

WASHINGTON (AFP) - 17/10/08 10:30

Le plan de sauvetage des banques américaines suscite aux Etats-Unis de plus en plus de critiques, les apports d’argent frais promis aux institutions financières contrastant avec le probable renchérissement du crédit pour leurs clients, selon les experts.

Photographe : Chip Somodevilla AFP/Archives :: Ben Bernanke, Henry Paulson et Christopher

D’un côté, le Trésor va recapitaliser les banques en dépensant 250 milliards de dollars pour prendre des participations au capital de dizaines d’établissements, en menant de front de multiples opérations de soutien pour réamorcer la pompe du crédit.

De l’autre, il y a fort à parier, selon les économistes, que ces banques, revenant à la prudence et tâchant de préserver leurs marges, reverront à la hausse les taux accordés aux particuliers. Et pour ces derniers, pas de plan de sauvetage en vue.

"Malgré les baisses de taux répétées, le taux réel pertinent pour une grande part de l’économie est environ le même qu’en décembre", relevait jeudi Menzie Chinn, professeur à l’université du Wisconsin. Le taux directeur de la Fed était alors à 4,25%, contre 1,5% aujourd’hui.

La contradiction n’a pas échappé à certains membres de l’administration Bush eux-mêmes.

La présidente de l’agence fédérale américaine de garantie des dépôts bancaires (FDIC), Sheila Bair, s’est montrée la plus critique, après avoir pourtant été associée à l’élaboration du plan du Trésor.

"Pourquoi les politiques ont-ils tellement tenu à ce que l’on n’aide pas les emprunteurs de manière excessive, alors qu’ensuite nous fournissons cette assistance massive à un niveau institutionnel ? Je ne le comprends pas", a-t-elle déclaré jeudi dans le Wall Street Journal.

Depuis plusieurs semaines, le fossé entre Wall Street et "Main Street", où vit l’Américain moyen, est un des thèmes récurrents de la presse américaine.

"Ce plan a pour but de stimuler le crédit, pas de récompenser les actionnaires des banques avec des dividendes généreux. Il faut plus d’assurances que les dollars du contribuable ne finiront pas dans la poche des actionnaires", affirmait jeudi l’éditorial du Philadelphia Inquirer.

"Que se passera-t-il si les banques s’assoient sur cet argent ? Bonne question. C’est un peu ce qui s’est passé avec les 800 milliards de dollars de prêts d’urgence à court terme que la Réserve fédérale a injectés dans le système bancaire ces derniers mois", écrivaient pour leur part les journaux du groupe McClatchy.

Certains analystes partagent cette crainte.

"C’est la faille de ce plan : il n’y a aucune garantie que les banques utiliseront cet argent pour prêter de nouveau, pour redonner confiance dans le marché du crédit. Elles peuvent aussi s’en servir pour renforcer leurs bilans", a estimé Gregori Volokhine, de Meeschaert New York, interrogé par l’AFP.

"Ce choix de récompenser ceux qui ont manqué de moralité en diminuant leurs intérêts au détriment de ceux qui ont été prudents et des contribuables américains est (justement) une des cause des calamités économiques et financières actuelles", a renchéri Bill King, de M. Ramsey King Securities.

La crise financière s’impose au sommet UE-Canada et à celui de la Francophonie

QUEBEC (AFP) - 17/10/08 10:28

La tourmente financière mondiale s’impose vendredi en invitée de dernière minute lors de deux réunions de haut niveau dans la capitale québécoise, un sommet UE-Canada et un autre rassemblant les pays de la Francophonie.Evènement

Photographe : Dominique Faget AFP/Archives :: Nicolas Sarkozy et Jose Manuel Barroso le 15 octobre 2008 à Bruxelles

Le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union européenne, était attendu en fin de matinée à Québec pour une journée très chargée, avant d’aller s’entretenir samedi après-midi avec le président George W. Bush de la réorganisation du système financier mondial.

Auparavant, la crise aura figuré en bonne place dans les entretiens de M. Sarkozy et du président de la Commission européenne José Manuel Barroso avec le Premier ministre canadien Stephen Harper, dans le cadre d’un bref sommet entre l’Union européenne et le Canada.

La crise s’est aussi invitée au sommet de la Francophonie, qui débutera dans la soirée en présence du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon et d’une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président sénégalais Abdoulaye Wade. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dont le pays n’est pas membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, est l’invité spécial du sommet.

La crise financière "va forcément être au coeur de nos débats" aux sommets Union européenne-Canada et de la Francophonie, a déclaré le secrétaire d’Etat français à la Francophonie Alain Joyandet en soulignant que ces deux réunions étaient l’occasion de "mobiliser tout le monde".

Photographe : Jean Pierre Muller AFP/Archives :: Alain Joyandet le 29 septembre 2008 à Bordeaux

Selon le projet de déclaration finale obtenu par l’AFP, la Francophonie va s’engager à "soutenir la tenue d’un sommet international" pour donner une réponse "urgente et coordonnée" à la crise qui affole les marchés mondiaux.

Le sommet de Québec est "le premier forum Nord-Sud à se réunir dans la foulée de cette crise et c’est l’occasion d’en discuter (...), d’essayer d’en mesurer les impacts", notamment sur les pays du Sud, a déclaré récemment à l’AFP le Premier ministre du Québec Jean Charest, co-hôte de la rencontre avec M. Harper.

"On sent l’inquiétude des pays du Sud qui craignent d’être les premières victimes de cette crise financière et économique", a souligné M. Joyandet, qui a assisté à la réunion ministérielle préparatoire du Sommet de la Francophonie à Québec.

Le premier rendez-vous de M. Sarkozy à Québec sera avec le Premier ministre Stephen Harper, qui vient de remporter des élections anticipées, mais sans parvenir à obtenir un mandat majoritaire. Outre la tourmente financière, les deux hommes et M. Barroso doivent notamment discuter d’une coopération économique renforcée entre l’UE et le Canada.

Photographe : Geoff Robins AFP/Archives :: Le Premier ministre canadien Stephen Harper le 15 octobre 2008 à Calgary

La visite de M. Sarkozy aura aussi un volet plus franco-québécois, avec un discours devant l’Assemblée nationale québécoise, le premier d’un chef de l’Etat français dans cette enceinte, qui lui permettra d’exposer sa conception des relations de la France avec le Québec et le Canada.

La France et le Québec doivent aussi signer un accord novateur sur la mobilité de la main d’oeuvre qui, grâce à la reconnaissance des diplômes, doit permettre à des professionnels français de venir travailler sans entraves au Québec et réciproquement.

En raison de son départ pour Camp David, le président Sarkozy n’assistera qu’à la moitié du sommet de la Francophonie, mais il sera relayé par le Premier ministre François Fillon. Un impressionnant dispositif de sécurité quadrillait la ville de Québec qui célèbre cette année le 400e anniversaire de sa fondation par l’explorateur et géographe français Samuel de Champlain.

Les Bourses européennes et asiatiques rebondissent fortement

AFP - vendredi 17 octobre 2008, 07h58

En forte chute jeudi, les Bourses européennes et asiatiques rebondissaient vendredi, signe de la nervosité des marchés soumis à un feu croisé de mesures de soutien financier et de mauvaises nouvelles économiques.

En Europe, au lendemain de chutes de 5 à 6%, les Bourses de Londres, Paris et Francfort affichaient quelques minutes après l’ouverture des transactions à 07H00 GMT des hausses de respectivement 4,3%, 4,4% et 3,7%.

Une heure plus tôt, l’indice Nikkei à Tokyo avait clôturé sur un gain de 2,78%, après avoir perdu 11,41% jeudi.

Un peu à contre-courant, Wall Street avait fermé jeudi sur une hausse de dernière minute de 4,68% après avoir évolué toute la journée dans le rouge. Mercredi, New York avait connu sa pire chute depuis 1987 (-7,87%).

"La volatilité est incroyable", constatait à New York Lindsay Piegza, de FTN Financial en ajoutant : "Cela reflète l’humeur des investisseurs. D’un côté, on a un flopée de données (économiques) très décevantes, et de l’autre on reçoit des injections d’optimisme du gouvernement et de la Fed qui s’engagent à soutenir l’économie quoi qu’il arrive".

Ce mouvement de yoyo se poursuivait ailleurs en Asie : Taipeh et Sydney ont clôturé sur des pertes de 2,28% et 1,1%, tandis qu’à la mi-journée Shanghai affichait une hausse de 1,0%, Hong Kong restant étal (-0,03%). Les principaux marchés mondiaux ont perdu environ 40% de leur valeur depuis le début de l’année.

"Après une pléthore de mesures gouvernementales de sauvetage et une crise de ventes de panique, les actions se trouvent maintenant à un niveau historiquement bas. Mais l’étendue et la rapidité d’une éventuelle reprise restent très incertaines", a estimé à Tokyo Sreekala Kochugovindan, analyste chez Barclays Capital.

Après leur plan de soutien bancaire de 2.000 milliards d’euros, les Européens ont annoncé jeudi leur volonté de s’attaquer à la relance de l’économie, au seuil de la récession. Mais "il n’y aura pas de programme de relance généralisé en Europe", a souligné le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, en expliquant qu’un tel plan creuserait davantage les déficits publics.

Pour obtenir une "réforme réelle et complète" du système financier international, l’UE tente aussi d’obtenir de Washington la tenue dès novembre d’un sommet associant le G8 (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, France et Russie) aux grandes économies émergentes.

La question devait être abordée samedi lors d’une rencontre à Camp David entre le président George W. Bush, son homologue français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union européenne, et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

Pas de quoi cependant déclencher l’euphorie sur les bourses internationales qui repiquent du nez face aux craintes d’une récession mondiale et sous la pression de ventes de la part des fonds spéculatifs (hedge funds) à la recherche d’argent frais. "Les intervenants restent prudents avant le weekend", expliquait à Tokyo Toshihiko Matsuno, chercheur chez SMBC Friend Securities.

"Une série de résultats d’entreprises seront publiés la semaine prochaine aux Etats-Unis. Nous savons tous que les sociétés vont mal. Ce que nous ignorons, c’est à quel point leurs résultats seront mauvais", a-t-il ajouté.

De nombreux groupes américains (Microsoft, Ford, Apple, Boeing, Wachovia, Bank of America, etc.) doivent publier leurs résultats trimestriels la semaine prochaine. La saison des résultats démarre la semaine suivante au Japon. Jeudi, Google et IBM avaient publié des résultats supérieurs aux attentes du marché, mais la banque Citigroup avait annoncé un quatrième trimestre consécutif de pertes et Merril Lynch s’est également enfoncé dans le rouge.

General Motors a annoncé jeudi qu’il allait licencier 1.600 personnes dans trois de ses usines américaines. De fait, les mauvaises nouvelles sur l’économie se sont accumulées.

Aux Etats-Unis, la production industrielle, en recul de 2,8% en septembre, a enregistré sa plus forte baisse depuis décembre 1974. Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a cependant assuré que le plan de 700 milliards de dollars adopté pour sauver les banques permettait de s’attaquer au coeur de la crise financière, y compris l’immobilier.

L’Allemagne a drastiquement révisé en baisse sa prévision de croissance pour 2009 à 0,2% au lieu de 1,2%. La croissance du premier exportateur mondial s’établirait ainsi à son plus bas niveau depuis 2003. L’Irlande, elle, est déjà entrée en récession.

Le pétrole rebondissait également vendredi dans les échanges électroniques en Asie, le baril revenant à 72,35 dollars après être tombés la veille sous le seuil des 70 dollars pour la première fois depuis août 2007.

L’économie fait plonger les marchés, mais Wall Street se hisse hors du trou

WASHINGTON (AFP) - 16/10/08 23:06

Les marchés boursiers sont restés jeudi extrêmement volatiles, tétanisés par l’accumulation d’indicateurs économiques désastreux, mais Wall Street a réalisé une remontée spectaculaire en fin de séance, aidée par la chute du pétrole et l’assouplissement du crédit.

La première Bourse mondiale, qui avait connu mercredi sa pire dégringolade depuis 20 ans (-7,87%), a fini en hausse de 4,68%, les investisseurs se ruant sur les bonnes affaires apparues avec la chute des cours.

Auparavant, les autres places mondiales avaient continué à sombrer, effaçant pratiquement les rebonds enregistrés lundi et mardi.

Photographe : Martin Oeser DDP/AFP :: Un trader à la Bourse de Francfort, le 16 octobre 2008

En Europe, Paris a perdu 5,92%, Londres 5,35% et Francfort 4,91%, tandis que les deux places moscovites, le RTS et Micex, se sont effondrées de près de 10%. En Asie, Tokyo a essuyé une nouvelle dégringolade historique (-11,41%).

Les valeurs bancaires étaient particulièrement attaquées, après les lourdes pertes des banques américaines, alors que les indices de retournement de la conjoncture étaient chaque jour plus évidents.

Aux Etats-Unis, la production industrielle, en recul de 2,8% en septembre, a enregistré sa plus forte baisse depuis décembre 1974, enfonçant les prévisions des analystes. Mardi, une responsable de la Fed avait évoqué le spectre de la récession aux Etats-Unis.

Le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, a cependant assuré que le plan de 700 milliards de dollars adopté pour sauver les banques permettait de s’attaquer au coeur de la crise financière, y compris l’immobilier.

Photographe : Mark Wilson AFP/Getty Images :: Le sécrétaire américain au Trésor Henry Paulson (g) et le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke à Washington, le 14 octobre 2008

Au Canada, l’économie est entrée en récession, a estimé la Banque de Montréal, qui table sur une baisse de 0,7% du PIB au quatrième trimestre et de 0,5% au premier trimestre 2009.

L’Allemagne a drastiquement révisé en baisse sa prévision de croissance pour 2009 à 0,2% au lieu de 1,2%. La croissance du premier exportateur mondial s’établirait ainsi à son plus bas niveau depuis 2003. L’Irlande, elle, est déjà en récession.

"Les craintes concernant les menaces de récession ont pris le pas sur l’optimisme retrouvé suite aux plans de sauvetage du secteur financier", ont estimé à Paris les analystes de CM-CIC Securities.

Cependant, les fonds spéculatifs amplifiaient les mouvements.

Selon Yves Marçais, vendeur d’actions chez Global Equities, la chute est nourrie par "les ventes massives des +hedge funds+ (fonds spéculatifs, ndlr) qui se débarrassent de leurs titres" afin de trouver des liquidités.

"Nous sommes désormais dans la seconde phase de recul des marchés où la liquidation des positions va saper toute remontée durable", selon Simon Denham, directeur de Capital Spreads.

D’autres analystes pensaient en revanche que le bout du tunnel est proche.

"Nous avons touché le fond vendredi", a estimé Peter Cardillo, d’Avalon Partners.

Pour Gregori Volokhine, de Meeschaert New York, "beaucoup de mesures ont été prises par les banques centrales ici et en Europe" pour débloquer le marché du crédit. "Il faut leur laisser le temps de faire effet".

Au sommet de Bruxelles, les 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord pour prendre toutes les "mesures nécessaires pour soutenir la croissance et l’emploi".

Photographe : Dominique Faget AFP :: Le Premier ministre français François Fillon (g), la chancelière allemande Angela Merkel (c) et le président en exercice de l’UE Nicolas Sarkozy, le 16 octobre 2008 à Bruxelles

Mais ils ne sont pas convaincus de l’opportunité d’un véritable plan de relance européen, même si le président en exercice de l’UE, le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy, a appelé de ses voeux "la même coordination pour la politique économique que pour la crise financière".

"Il n’y aura pas de programme de relance généralisé en Europe", a assuré le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, faisant valoir qu’un tel plan creuserait davantage les déficits publics.

Les Européens veulent en outre obtenir une "réforme réelle et complète" du système financier international et entendent s’attaquer aux paradis fiscaux, aux agences de notation et aux fonds spéculatifs.

L’UE tente d’obtenir de Washington la tenue dès novembre d’un sommet associant les huit membres du G8 (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, France et Russie) et les principales économies émergentes.

Washington en a accepté le principe "dans un avenir proche". Mais la Maison Blanche s’est gardée de s’engager sur une date. La question sera abordée samedi lors d’une rencontre à Camp David entre le président George W. Bush, M. Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

"L’Europe veut le sommet avant la fin de l’année", a déclaré le président français. "Nous ne voulons pas que cela recommence, nous voulons que des conséquences soient tirées".

Signe que la santé du système bancaire européen reste chancelante, la Suisse a entrepris à son tour de recapitaliser ses banques.

Le gouvernement et la banque centrale vont entrer au capital d’UBS, première banque suisse, à hauteur de 3,9 milliards d’euros et reprendre dans un fonds spécial jusqu’à 60 milliards de dollars d’actifs. Privilégiant les capitaux privés, Credit Suisse a annoncé une augmentation de capital d’environ 6,5 milliards d’euros.

Photographe : Shaun Curry AFP/Archives :: Une agence UBS à Londres, le 2 octobre 2008

De son côté, la Libye, par l’intermédiaire de sa banque centrale, de son fonds souverain et de Libyan Foreign Bank, est montée à 4,23% du capital de la première banque italienne, UniCredit, dont le cours de Bourse est au plus bas, clôturant jeudi en baisse de 13,08%.

Le pétrole subissait les effets du ralentissement attendu de la consommation, le prix du baril tombant à 69,85 dollars à New York, en baisse de 4,69 dollars par rapport à la clôture de mercredi.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a avancé sa réunion extraordinaire du 18 novembre au 24 octobre afin de se pencher sur les conséquences de la crise.

Sur le marché interbancaire, dont la quasi-paralysie était au coeur de la crise, l’Euribor à trois mois, l’un des principaux taux de référence de la zone euro, baissait à 5,090% contre 5,168% mercredi, après un record à 5,393% les 8 et 9 octobre, signe que les banques hésitent moins à se prêter de l’argent entre elles.

Des nouvelles règles pour sortir d’un système toxique

LE MONDE Mis à jour le 16.10.08 à 14h55

Point de vue de Susan Georges

Panique à bord ! Péril en la demeure ! Feu au lac ! La situation est-elle devenue suffisamment dramatique pour qu’enfin les dirigeants européens prêtent l’oreille à ceux qui dénoncent depuis de longues années l’économie-casino, le tout-marché et l’empire de la finance déchaînée ? Ceux qui ont gobé l’idéologie, affirmé comme Mme Thatcher qu’il n’y avait "pas d’alternative", ou cru pouvoir "humaniser" le néolibéralisme en sont pour leurs frais. Ecouteront-ils à présent ?

Les partis sociaux-démocrates qui ont choisi d’accompagner ce système se sont rendus complices de son projet : enrichir indécemment une minorité, augmenter substantiellement la part du capital dans le partage de la valeur ajoutée, mettre les salariés partout sur la défensive, se faire aider des Etats, de la Commission et de la Banque centrale européennes (BCE).

La crise vient de l’explosion du crédit, surtout aux Etats-Unis, de "l’effet de levier" permettant la création de 40 dollars et plus pour chaque dollar "réel". Elle résulte des "innovations" des banques, débarrassées de toute entrave. Leur métier ? Mélanger toutes sortes de dettes, en faire des saucissons, les trancher et vendre les tranches à d’autres avec l’aide des agences de notation accordant des labels AAA de complaisance.

Se lançant dans le jeu de la patate chaude, les banques croyaient se dégager de tout risque. Elles ont si bien manoeuvré qu’à présent nul ne sait qui doit quoi à qui, combien valent les tranches pourries de saucissons-dettes ni combien la banque voisine a réellement en caisse. Du coup, personne ne veut prêter à quiconque, d’où le gel du crédit, ce sang vital au système circulatoire financier. Ce ne sont pas hélas les 700 milliards de dollars (513,7 milliards d’euros) de M. Paulson qui vont changer la donne.

La solution est ailleurs.

D’abord imposer des règles que tout le monde ou presque préconise à présent : pas d’opérations bancaires hors bilan, ratios de crédit strictement imposés, fermeture des marchés de ces produits dérivés dont on se passait parfaitement il y a dix ans.

Soutenir les ménages et les PME et PMI qui ont emprunté plutôt que ceux qui leur ont prêté.

Mettre fin au socialisme pour riches qui privatise les profits et fait payer les pertes aux contribuables.

Accepter qu’une banque qui est "too big to fail" - "trop grande pour faire faillite"- est aussi trop grande pour rester aux mains du secteur privé. La FED, la BCE, les gouvernements qui trouvent instantanément des milliards pour renflouer telle ou telle grande maison n’ont rien obtenu en retour : c’est là le vrai scandale. Il est temps de se servir du pouvoir politique pour sortir de ce système toxique et saisir l’occasion que cette crise nous offre.

Car elle ouvre en effet une piste pour résoudre deux autres crises reléguées, à tort, au second plan. La crise de la pauvreté et des inégalités s’aggrave avec l’augmentation des prix de l’énergie et des aliments. Le réchauffement planétaire deviendra vite irréversible avec son cortège de catastrophes - tempêtes, sécheresses, inondations, millions de "réfugiés climatiques".

Nous pouvons résoudre les trois crises à la fois à condition de changer de regard et d’échelle. La Grande Dépression bis n’est pas inévitable, mais il faut se servir immédiatement de la crise financière pour l’empêcher de s’installer. Souvenons-nous du New Deal du président Franklin Roosevelt et de la conversion de l’économie américaine à une économie de guerre dans les années 1930-1940. C’est d’un effort de cette envergure dont nous avons besoin.

Il faudrait réduire rapidement nos émissions de gaz à effet de serre d’au moins 90 %. Impossible ? Pas du tout, à partir du moment où la conversion à une économie verte est adoptée comme grande cause nationale et européenne.

Il s’agit d’éliminer la dépendance énergétique de l’Europe, estimée actuellement à 54 %, en investissant massivement dans les énergies alternatives non polluantes (vent, vagues, marées, solaire...) Les bâtiments existants seraient réaménagés pour devenir moins gourmands en énergie ; les nouveaux répondraient à des normes strictes ; les particuliers et les propriétaires auraient accès à des prêts avantageux pour effectuer ces transformations et la possibilité de revendre tout excédent de courant au réseau électrique.

L’amélioration et l’extension des transports en commun seraient prioritaires. La recherche industrielle s’axerait sur les matériaux légers pour la construction aéronautique et automobile ; l’agriculture tendrait vers la production à dose faible ou nulle d’intrants à base de pétrole. Un pot de yaourt ne voyagerait plus 7 000 kilomètres avant de rencontrer le consommateur - et il serait emballé plus économiquement.

La liste est évidemment non limitative et chacun aura la sienne. L’essentiel est de comprendre que techniquement parlant, rien de tout cela ne pose de problème insurmontable : nous savons déjà prendre la plupart des mesures nécessaires, et le coût des produits jugés pour l’instant "trop chers" le serait bien moins une fois ces derniers fabriqués à grande échelle.

D’où viendraient les moyens pour une telle conversion ? Les banques, sous la tutelle des pouvoirs publics, devraient consacrer une part importante de leurs portefeuilles aux particuliers et aux entreprises s’engageant dans une démarche écologique. On pourrait réduire les impôts sur le travail pour les augmenter sur le carbone.

Comme la fiscalité s’arrête aux frontières, les gouvernements n’ont pas tiré parti d’un gisement financier important : la taxation internationale. Attac propose depuis longtemps l’instauration d’une taxe minime sur les transactions financières : échanges de monnaies, achat d’actions ou d’obligations, etc. Les entreprises transnationales seraient assujetties à la "taxe unitaire sur les profits" sur la base de leurs ventes dans chaque juridiction pour les empêcher de recourir aux paradis fiscaux, où passe la moitié des financements liés au commerce international. Ces paradis font prospérer les criminels et subir aux gouvernements un manque à gagner d’au moins 250 milliards de dollars par an en recettes fiscales.

Quant au Sud, la dette publique que le G8 promet d’annuler depuis dix ans le serait enfin, contre l’obligation de participer à l’effort écologique. Les élites africaines qui depuis trente-cinq ans ont fait s’envoler plus de 400 milliards de dollars vers les paradis fiscaux seraient surveillées et leurs avoirs illégaux saisis au profit de leurs peuples.

Ce scénario serait politiquement gagnant. Il fournirait aux salariés des emplois de qualité, aux entreprises de nouveaux débouchés et aux gouvernements de nouvelles recettes. La santé publique serait améliorée tout comme la cohésion et la justice sociales. Les responsables politiques ayant le courage de proposer un tel programme aux citoyens et de l’imposer aux industries financières se feraient élire.

Deux obstacles de taille : l’actuel statut d’indépendance de la BCE avec sa politique monétaire ultraorthodoxe et l’orientation résolument néolibérale de la Commission européenne.

Un seul remède : que les Etats membres reprennent ces institutions en main et remettent à l’ordre du jour John Maynard Keynes et le keynésianisme vert.

Il nous faut faire revivre une période comme celle de la seconde guerre mondiale - la guerre en moins.

Susan George, politologue, présidente d’honneur d’Attac France

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Susan George en conférence chez Attac-Valais

Conférence de Susan George le 31janvier 2008 à l’Autre Davos (conférence anti WEF) à Zürich, durée 10min

le journal vidéo de l’AFP du vendredi 17 octobre 2008, édition de 12H00.

Crise : yoyo des bourses, Nicolas Sarkozy veut convaincre Washington d’un G8 élargi pour réformer la finance internationale

Europe : les 27 ensemble contre la crise

Les dirigeants européens se sont dits prêts à prendre des mesures face à la récession qui menace et veulent serrer les rangs en vue des négociations avec les Etats-Unis sur la refonte du système financier.

Crise financière : Fillon : "Il faut maintenant une coordination mondiale"

15 octobre 2008 - 08h42

"Je n’ai jamais pensé que la crise financière était derrière nous", a estimé mercredi matin sur RTL le Premier ministre.


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