AID Association initiatives dionysiennes
Suite au trés bon score des indépendantistes flamands,

LA DERNIERE HISTOIRE BELGE ?

des complications peut-être fatales outre-Quiévrain

lundi 14 juin 2010 par JMT

Les élections législatives belges de dimanche ont débouché sur la victoire des indépendantistes en Flandre et des socialistes en Wallonie. Deux partis aux antipodes politiquement parlant, mais qui devront sans doute cohabiter pour former le prochain gouvernement. Ce résultat très contradictoire est le fruit d’un système fédéral pourtant assez simple, en théorie…

Néerlandophones et francophones de Belgique se préparaient lundi à des négociations compliquées pour former un gouvernement un tant soi peu viable au lendemain du triomphe historique des indépendantistes flamands, qui fait peser une menace sur l’avenir du pays.

La Belgique, divisée entre flamands et wallons, a deux vainqueurs ce lundi, au lendemain des élections législatives. Du côté néerlandophone, c’est Bart De Wever, le leader de la NVA indépendantiste qui arrive en tête. Côté francophone, c’est le Parti socialiste d’Elio Di Rupo qui remporte les élections.

Si l’indépendantisme gagne en Flandre, il sera difficile de trouver une coalition de gouvernement à l’échelon fédéral.

Les élections législatives de dimanche pourraient renforcer les partis flamands qui souhaitent lâcher les Wallons. Bart De Wever, patron de la NVA, Jean-Marie Dedecker, libéral populiste, ou Filip Dewinter, porte-parole du Vlaams Belang, jouent sur des registres différents unemême partition séparatiste. Pour eux, la Belgique n’a plus de sens, voire serait déjà morte.

Belgique : un scrutin simple pour des débouchés très compliqués

20minutes.fr Mis à jour le 14.06.10 à 15h32

Les élections législatives belges de dimanche ont débouché sur la victoire des indépendantistes en Flandre et des socialistes en Wallonie. Deux partis aux antipodes politiquement parlant, mais qui devront sans doute cohabiter pour former le prochain gouvernement. Ce résultat très contradictoire est le fruit d’un système fédéral pourtant assez simple, en théorie…

Un homme vote pour les élections législatives de Belgique, le 13 juin 2010 —CHINE NOUVELLE / SIPA

POLITIQUE - revient sur le mode de désignation des 150 députés fédéraux...

Comment vote-t-on en Belgique ?

Chaque région, la Flandre et la Wallonie, vote séparément, tous les quatre ans, pour son collège de représentants lors d’un scrutin proportionnel à un tour. Sur les 150 sièges de la Chambre des députés belges, 88 vont aux Flamands (néerlandophones) et 62 aux Wallons (francophones et germanophones). Dans l’agglomération de Bruxelles, qui est mixte, les électeurs votent au choix pour des candidats francophones ou néerlandophones. Cette année, les élections législatives belges sont anticipées (elles auraient dû se dérouler l’année prochaine) après la démission du gouvernement d’Yves Leterme en avril dernier.

Comment est désigné le Premier ministre ?

Cette division des votes en Belgique a pour conséquence la formation d’un gouvernement qui est nécessairement une coalition entre les grands partis vainqueurs. Cependant, le Premier ministre qui le dirigera ne sera pas forcément issu du parti qui a recueilli proportionnellement le plus de voix dans l’une des deux régions. En effet, une fois les élections terminées, c’est une concertation plus ou moins longue entre les différents partis qui commence avec, à terme, la désignation, par le roi des Belges, du Premier ministre. Lors des dernières élections législatives de 2007, Yves Leterme avait ainsi été désigné après plus de six mois de négociations.

Qui participe aux concertations ?

Le processus de concertation débute avec les « consultations royales » lors desquelles le roi rencontre les présidents des principaux partis, les présidents de la Chambre des représentants et du Sénat ainsi que d’autres personnalités politiques, telles que le Premier ministre sortant par exemple.

Lorsque la formation du gouvernement s’annonce compliquée, comme c’est le cas cette année, le roi peut désigner un « informateur » unique, en général un responsable politique chevronné, qui va faire le tour des principaux partis, afin de recueillir leur opinion sur la formation du futur gouvernement. Le Premier ministre choisi devra alors former un gouvernement en fonction des aspirations de chacun des partis qui le constituera.

Pourquoi le Premier ministre n’est pas forcément le candidat qui a gagné les élections ?

Selon la règle orale établie depuis les années 1960, le Premier ministre doit répondre à deux critères : il doit être issu de la famille politique belge la plus forte (flamande et wallonne réunies) et il doit être Flamand. Ce dernier critère a été décidé car, au sein du gouvernement, il y a autant de ministres néerlandophones que francophones. Or, la majorité de la population belge est flamande. Ainsi, les partis politiques flamands ont obtenu que le Premier ministre soit automatiquement Flamand.

Cette année, malgré la victoire des indépendantistes, la plus grande famille politique du pays est socialiste, grâce à la victoire du PS wallon. C’est ainsi que le futur premier ministre pourrait très bien être un socialiste flamand, même si le SPA (le parti socialiste flamand) n’est arrivé que troisième du scrutin en Flandre. Toutefois, les socialistes flamands seraient prêts à laisser un socialiste francophone prendre les rênes du gouvernement pour obtenir des concessions sur leurs envie d’autonomie régionale.

Pour sa part, Bart De Wever, le leader du NVA (Nouvelle Alliance Flamande), grand vainqueur des élections en Flandre, a d’ors-et-déjà indiqué qu’il ne voulait pas diriger le pays.

Qui gouverne le pays tant que le gouvernement n’est pas formé ?

Ces dernières années, la Belgique a pris l’habitude de se retrouver sans véritable Premier ministre. Même si ce dernier a démissionné, le gouvernement est tout de même chargé par le roi de gérer les affaires courantes.

Pourquoi l’enjeu est plus compliqué cette année ?

Parce que les deux communautés n’ont pas du tout les mêmes priorités et aspirations. Pour les néerlandophones, l’épineux problème « BHV » (Bruxelles-Hal-Vilvorde) doit être réglé « une bonne fois pour toutes » et une réforme de l’Etat, avec plus d’autonomie pour la Flandre, doit être envisagée. De leur côté, les francophones privilégient les questions d’ordre économique et social, et surtout la solidarité nationale.

—Corentin Chauvel

Belgique : casse-tête politique en prévision pour former un gouvernement

AFP, Mise a jour : 14/06/2010 13:50

Néerlandophones et francophones de Belgique se préparaient lundi à des négociations compliquées pour former un gouvernement un tant soi peu viable au lendemain du triomphe historique des indépendantistes flamands, qui fait peser une menace sur l’avenir du pays.

Belgique : la fin de la crise n’est pas pour demain

20Minutes.fr Mis à jour le 14.06.10 à 11h58

La Belgique, divisée entre flamands et wallons, a deux vainqueurs ce lundi, au lendemain des élections législatives. Du côté néerlandophone, c’est Bart De Wever, le leader de la NVA indépendantiste qui arrive en tête. Côté francophone, c’est le Parti socialiste d’Elio Di Rupo qui remporte les élections.

Le président du NVA, Bart De Wever, le soir de sa victoire aux législatives, en Belgique, dimanche 13 juin 2010. —REUTERS/STR New

POLITIQUE - Au lendemain des élections, rien n’est simple...

Il va donc falloir trouver un compromis entre eux, avec pour objectif de former un gouvernement. Lundi matin, la presse belge émettait déjà des doutes sur l’aptitude à trouver un compromis. Le quotidien économique flamand De Tijd souligne que la NVA et le PS « n’ont pas grand chose en commun ».

Pierre Vercauteren, politologue aux facultés universitaires catholiques de Mons (Fucam) en Belgique, estime que « la Flandre a voté communautaire et la Wallonie a voté économique et social ». Des préoccupations différentes qui vont devoir trouver une voie commune.

Capacité de négocier affaiblie

Il faut également savoir ce que veut le NVA. « La Flandre, en votant pour les partis indépendantistes envoie un signal clair, mais aussi ambigu et compliqué », estime Pierre Vercauteren. Le signal clair, c’est « l’irritation et la frustration » par rapport à l’absence de projet pour l’avenir du pays. Là où le vote est plus ambigu, c’est sur les attentes : « est-ce une demande de réforme finale ou une étape intermédiaire sur le chemin de la scission ? », interroge le politologue.

Quoiqu’il en soit, en votant pour le NVA, les électeurs flamands ont « affaibli les partis non autonomistes et donc leur capacité de négocier avec les wallons », estime Pierre Vercauteren.

La balle dans les mains du roi

Ces élections ne devraient pas permettre à la Belgique d’avoir un gouvernement stable dans un futur proche. Contrairement à de nombreux pays où le vainqueur des élections prend le pouvoir, c’est un petit peu plus compliqué en Belgique. Dans un premier temps, c’est le roi qui va prendre les choses en main. « Il va sans doute prendre le temps de consulter, pour faire diminuer les tensions et calmer le jeu, notamment chez les Flamands », explique Pierre Vercauteren.

Selon le politologue, le roi devrait nommer un ou deux informateurs, qui vont faire le tour des partis et voir l’état d’esprit. « A mon avis, le terrain est très difficile à débroussailler », poursuit Pierre Vercauteren. « En fonction des résultats de l’informateur, le roi peut nommer soit un formateur, soit un nouvel informateur, soit un débrouilleur... », détaille-t-il.

« Savoir si on parviendra à un accord avec le NVA »

Quant à savoir qui peut se retrouver à la tête du gouvernement, c’est une autre histoire. « On peut s’attendre à voir la famille socialiste, qui a progressé dans le nord et le sud », pronostique Pierre Vercauteren. Ou encore les chrétiens-démocrates. « Mais la première question est de savoir si on parviendra à trouver un accord avec le NVA, car c’est le grand vainqueur », poursuit le sociologue, qui s’attend à voir au pouvoir une « coalition asymétrique », c’est-à-dire, par exemple, avec les libéraux wallons alliés aux indépendantistes flamands, mais pas aux libéraux flamands. (Il s’agit ici d’un exemple pour illustrer le panier de crabes, qui ne préjuge pas du tout du résultat des tractations).

« Beaucoup seraient surpris si la question était résolue d’ici juillet. Les négociations s’annoncent difficiles, je miserais plutôt sur septembre : on est dans un processus qui pourrait durer plusieurs mois », estime Pierre Vercauteren. D’autant que le NVA entend bien défendre les questions qui lui tiennent à coeur lors des négociations : réforme de l’état et BHV (arrondissement situé autour de Bruxelles et qui dispose d’un statut particulier).

—Oriane Raffin

Le divorce belge au fond des urnes

Par Jean-Jacques Mevel 11/06/2010 Mise à jour : 20:28

Si l’indépendantisme gagne en Flandre, il sera difficile de trouver une coalition de gouvernement à l’échelon fédéral.

Albert II de Belgique le 26 Janvier 2010

Avec un calme presque déroutant, la Belgique se prépare au séisme : les élections anticipées risquent de déboucher dimanche soir sur une radicalisation entre 6 millions de Flamands tentés par le large et 4 millions de francophones qui restent attachés aux institutions du royaume.

Résultat d’une division linguistique bien ancrée, néerlandophones et francophones vont voter à part, comme en vase clos. À Bruxelles, la Chambre des représentants est unique. Mais chacune des deux communautés vote à la proportionnelle pour ses propres partis et pour son propre « collège » : 88 sièges pour les premiers, 62 pour les seconds. L’enjeu n’est pas l’affaire d’une majorité contre une minorité. Mais le déplacement du centre de gravité dans chaque camp.

L’essentiel se jouera au Nord. Tout va dépendre du score atteint par les indépendantistes flamands aux dépens de partis traditionnels qui ont, bon gré, mal gré, défendu jusqu’ici la ligne fédérale. Les sondages laissent croire au basculement : ils font de la Nouvelle Alliance flamande de Bart de Wever (NVA) le premier parti de Flandre, avec 25 % des voix et une vingtaine d’élus. Seul un nombre élevé d’indécis semble de nature à freiner l’élan.

La frontière de 1963

Plus l’indépendantisme gagne en Flandre et plus il sera difficile de renouer les fils d’une coalition de gouvernement à l’échelon fédéral. C’est clairement le jeu joué par l’Anversois Bart De Wever. En sous-main, c’est aussi le calcul électoral d’une frange montante des chrétiens-démocrates (CD & V) et des libéraux ­flamands (Open VLD) : une démonstration par l’absurde que la Belgique est ingérable.

Après les élections de 2007, il fallut plus de six mois pour constituer un cabinet autour d’un programme regroupant les deux camps. Loin de dénouer la crise, les législatives 2010 risquent de polariser davantage la classe politique et de rouvrir toutes les plaies. Des trois « premier-ministrables » les plus cités, aucun ne paraît avoir la carrure pour maintenir l’unité du pays. Ni la Flamande Marianne Thyssen, nouvelle venue à la tête d’un parti qui fut un vivier de premiers ministres. Ni le socialiste francophone Elio Di Rupo, qui s’avance comme le plus petit dénominateur commun. Ni bien sûr l’indépendantiste Bart De Wever.

Le chrétien-démocrate Yves Leterme, premier ministre sortant et démissionnaire à répétition, en a fourni une autre illustration en jetant l’éponge le 22 avril, après que l’Open VLD a torpillé en cinq mois la coalition bâtie avec trois partis francophones.

Pour claquer la porte, les libéraux ont invoqué l’échec de pourparlers sur les droits spécifiques des francophones vivant dans la banlieue de Bruxelles, en territoire flamand. Le différend empoisonne la vie politique belge depuis le tracé de la frontière linguistique en 1963. Les partis flamands y dénoncent une source inépuisable de contentieux et une exception inadmissible à une division territoriale claire et nette. Les francophones y défendent les droits d’une minorité et un rempart contre le démembrement. L’affaire concerne 130 000 personnes, 1 % des Belges à peine. Elle a occulté, au Nord comme au Sud, tout débat électoral sérieux sur la crise économique. Elle risque de ressurgir, avec une surenchère, à peine les urnes remisées.

La Belgique, naguère considérée comme le laboratoire du fédéralisme européen, se présente aujourd’hui comme un modèle inversé, sapé par les dérives identitaires. Aux premières loges de l’UE, les Belges sont assez sages pour ne pas vider leurs querelles dans le sang. Mais l’on peut déjà s’interroger sur la vigueur d’une présidence belge de l’UE, malencontreusement programmée pour le 1er juillet. Le parallèle mérite d’être poussé. Les Flamands, industrieux, reprochent aux Wallons de vivre à leurs crochets. Ceux-ci reprochent à ceux-là leur égoïsme et leur arrogance. Le discours ressemble à s’y méprendre à celui récemment entendu entre l’Allemagne et la Grèce…

Ils veulent faire éclater la Belgique

Par jean jacques mével LeFigaro.fr Mise à jour : 11/0617:58

Les élections législatives de dimanche pourraient renforcer les partis flamands qui souhaitent lâcher les Wallons. Bart De Wever, patron de la NVA, Jean-Marie Dedecker, libéral populiste, ou Filip Dewinter, porte-parole du Vlaams Belang, jouent sur des registres différents une même partition séparatiste. Pour eux, la Belgique n’a plus de sens, voire serait déjà morte.

Le scrutin de dimanche est sans doute celui de la dernière chance. Mais pour qui ? Crédits photo : REUTERS

La Belgique va-t-elle disparaître ? Ou bien le pays s’est-il déjà « évaporé » comme on le chuchote, sans que ni ses grands voisins ni surtout sa classe politique n’osent encore le clamer sur les toits ? Faute de sortir le pays d’un dédoublement de personnalité incurable, les législatives de ce dimanche vont àc oup sûr pousser sur le podium les partisans naguère infréquentables d’une rupture assumée.

Les francophones, minoritaires, semblent s’y préparer à contrecoeur. Les Flamands, eux, ne s’en cachent plus:ils sont tentés de prendre le large et trancheront par le poids du nombre. Leurs partis traditionnels, champions du compromis fédéral, sont désavoués si l’on en croit les sondages. Des chrétiens-démocrates, clé de voûte de toutes les coalitions à Bruxelles, auxlibéraux et aux socialistes.

Le champ est libre pourles indépendantistes de tout poil. L’extrême droite, toujours bien présente avec les escouades du Vlaams Belang (VB). Le populisme plus récent de l’antimonarchiste Jean-Marie Dedecker. Et surtout la percée spectaculaire d’une droite nationaliste et décomplexée:avec la Nouvelle Alliance flamande (NVA), elle verrait bien la Belgique, devenue superflue, se dissoudre démocratiquement dans l’Union européenne. Les trois courants pèsent 40 % des voix flamandes.Déchirés par l’idéologie et de solides rivalités personnelles, ils s’interdisent a priori toute alliance face aux francophones. Mais tous se retrouvent sous l’étendard jaune et noir des comtes de Flandre.Dans la chambre sortante, ils totalisent 28 élus sur 150,dont les deux tiers sous la coupe dissuasive de l’extrême droite. L’assemblée renouvelée les verra sans doute plus nombreux.Et à coup sûr dominés par la NVA, devenue un parti presque recommandable.

En Flandre, l’indépendantisme n’est plus marginal. Il est politiquement recevable. Bart De Wever,39 ans, anversois et historien, connaîtra sans doute dimanche son heure de gloire. Patron de la NVAdepuis six ans, il est le politicien le plus populaire de Flandre (et de Belgique aussi, par voie de conséquence). Il vise jusqu’à25% de l’électorat à l’heure du dépouillement, chiffre confirmé par les enquêtes d’opinion.

« Je ne suis pas un révolutionnaire, dit-il au FigaroMagazine.Mon objectif est que la Belgique disparaisse sans que personne ne s’en aperçoive. Avec la Flandre et la Wallonie, nous avons déjà deux Etats qui fonctionnent avec chacun son Parlement et son gouvernement.A Bruxelles, le Premier ministre ne préside plus qu’une vaine conférence diplomatique. Il faut laisser le processus aller jusqu’à son terme. »

Le trait est à peine forcé aux yeux de ceux qui Bruxellois exceptés pratiquent le royaume au quotidien. Les deux cultures, francophone et flamande, s’ignorent au sens premier parce que la langue a fini de les diviser. Les deux télévisions partagent leurs studios,mais aucun de leurs programmes. Les journaux et les succès de librairie ne sont pas les mêmes. Les célébrités tombent dans l’anonymat dès qu’elles franchissent la frontière linguistique. La jeunesse de Belgique se retrouve encore sur la musique rock (en anglais) et sur le ballon rond.

Entre les deux communautés, le conflit frontalier est lui-même circonscrit. Il n’occupe plus que la classe politique et la périphérie de la capitale,noeud gordien d’un divorce en douceur. L’ancien Premier ministre chrétien-démocrate Mark Eyskens résume le tout dans une belle formule :« Dans notrepays, le sang n’a jamais coulé pour des motifs communautaires. Mais la salive, d’autant plus ! »

Bart De Wever, le visage rond sur un col blanc éternellement ouvert, a le mérite d’avoir rendu la rupture acceptable.Dans ses meetings électoraux, les couleurs belges sont délibérément absentes. Mais le bleu étoilé de l’Union européenne côtoie la bannière de Flandre.A des partis traditionnels désemparés, il est même sur le point d’imposer l’idée vaguement rassurante d’une évolution « confédérale » sur le mode helvétique.Au passage, l’Anversois oublie de rappeler que la Suisse s’impose, quelque soit son nom,comme un authentique Etat fédéral. Il néglige aussi de dire que son projet mène la Belgique sur une trajectoire exactement inverse:celle de la désintégration.

Le chef de la NVA, issude l’ultraconservatisme, offre un visage plus troublant.Démocrate en vitrine, il s’est attiré il y a deux ans la colère des francophones de Flandre en les comparant à des « immigrants qui doivent s’adapter, au même titre que les Marocains et les Turcs ». Pauvres sujets du royaume ! Parfois aussi, il s’associe auxpires dérives du nationalisme. En 2007, il a dû s’excuser auprès des Juifs d’Anvers pour avoir soutenu que les collaborateurs de sa ville natale n’étaient pour rien dans les déportations sous l’occupation allemande.

NVA:six sièges aujourd’hui, combien dimanche ?

Le drame des grands partis flamands est qu’ils ont fait eux-mêmes la fortune de ce nouvel homme fort. Dans l’assemblée sortante, la NVA n’avait que six sièges. Dimanche soir, elle en aura beaucoup plus, seul reste à connaître le facteur de multiplication. Yves Leterme, le dernier Premier ministre chrétien-démocrate, ne pourra que s’en mordre les doigts:c’est lui qui avait proposé en 2003 une alliance à ce parti en perte de vitesse. Et placé du même coup Bart DeWever sur la rampe de lancement.

L’essor de la NVA inquiète jusqu’aux autres piliers de l’indépendantisme flamand. Jokerdes régionales en 2009, Jean-Marie Dedecker joue la survie de son mouvement « libéral populiste ». Né il y a cinquante-sept ans, il est entré en politique il y a dix ans grâce aux quatre médailles d’or glanées par les judokas dont il était l’entraîneur olympique.

Champion du « bon sens » en politique, il juge que Flamands et Wallons doivent négocier non pas le divorce « mais une séparation de corps et de biens ».Mais il reconnaît ne pas avoir de solution toute prête pour Bruxelles, capitale bilingue et francophone à 90 %, enclavée dans la Flandre. Les sondages donnent aujourd’hui à sa liste un peu plus de 6 % des voix.

Le Vlaams Belang, lui, se présente comme le dindon de la farce.La formation, ancrée dans l’extrême droite, est la seule à défendre ouvertement le séparatisme. Elle avait provoqué un coup de tonnerre auxlégislatives de 2007 en raflant 19% des voix flamandes.Son discours, celui de Flamands industrieux et d’une minorité de francophones vivant à leurs crochets,a depuis été largement récupéré au nord de la frontière linguistique.Son porte parole, Filip Dewinter, ne fait jamais dans la dentelle.A ses yeux, « la Belgique est morte depuis longtemps » et« la Flandre doit couper tous les ponts avec la Wallonie, restée le dernier pays communiste en Europe ». Les derniers sondages créditent le VB de 8 à 12% des suffrages.

Par jean jacques mével

VIDEOS

Belgique divorce consommé

Belgique : un vote qui divise


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 1778100

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Amis du Monde Diplomatique  Suivre la vie du site Articles 2010   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2e + ALTERNATIVES

Creative Commons License