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La SNCF, ce n’est pas que les grèves et les retards ....

SNCF : PROJETS ENVIRONNEMENTAUX D’AVANT-GARDE

mais aussi l’innovation dans tous les domaines.

dimanche 13 juin 2010 par JMT

Avec son dôme transparent en boudins de plastique, le bâtiment rond qui accueille les voyageurs au pied des montagnes de Bellegarde, dans l’Ain, ressemble moins à une gare qu’à une colonie lunaire. Alliance de technologies pointues et des principes naturels de l’architecture bioclimatique, la dernière-née des gares de la SNCF préfigure pourtant la volonté de l’entreprise publique de faire prendre à ses bâtiments le virage de l’écologie, soucieuse de faire muter les stations de chemin de fer en concentré de ville durable.

Pour la première fois, un mur végétal dépolluant un espace clos a été mis en place : il se trouve dans la gare SNCF de Magenta et devrait améliorer le confort de ses 70 000 usagers quotidiens.

La SNCF veut transformer ses gares en "pièces maîtresses" de la ville durable

Le Monde.fr Mis à jour le 12.06.10 à 14h32

Bellegarde (Ain) Envoyé spécial

Avec son dôme transparent en boudins de plastique, le bâtiment rond qui accueille les voyageurs au pied des montagnes de Bellegarde, dans l’Ain, ressemble moins à une gare qu’à une colonie lunaire. Alliance de technologies pointues et des principes naturels de l’architecture bioclimatique, la dernière-née des gares de la SNCF préfigure pourtant la volonté de l’entreprise publique de faire prendre à ses bâtiments le virage de l’écologie, soucieuse de faire muter les stations de chemin de fer en concentré de ville durable.

AFP/PHILIPPE DESMAZES La gare de Bellegarde-sur-Valserine, le 21 mai.

La SNCF et le Syndicat des transports d’Ile-de-France ont inauguré à Achères (Yvelines), le 26 mai, la première gare haute qualité environnementale de France. Parois isolantes, toit végétal, panneaux solaires, récupération des eaux de pluie, gestion électronique de l’éclairage et de la ventilation..., la gare prétend consommer 64 % d’énergie en moins que l’ancienne, émettre 84 % de moins de gaz à effet de serre et réduire sa consommation d’eau de 59 %. Le tout pour un coût de 3,2 millions d’euros, très cher pour une station de cette taille. "Nous allons créer d’autres gares sur ce modèle, le coût baissera à mesure que nous généraliserons les techniques", promet Sophie Boissard, directrice des gares à la SNCF. Pour les plus petites stations (moins de 500 voyageurs par jour), la SNCF prépare aussi l’implantation en Ile-de-France de "haltes écodurables" modulaires, d’après un prototype expérimenté en Alsace. Là aussi, le coût reste élevé : près d’un million d’euros pour 100 m2.

"Bellegarde est un prototype de ce que nous allons décliner dans des gares plus importantes. Les performances thermiques et écologiques figurent désormais haut dans notre cahier des charges", annonce Sophie Boissard, directrice générale de gares et connexions, le département créé par la SNCF voici un an pour gérer et développer ses 3 000 stations.

BIOCLIMATIQUE

D’une échelle supérieure à celle de Bellegarde, les futures gares TGV de Besançon et de Belfort-Montbéliard pousseront la logique encore plus loin, déployant panneaux solaires, puits canadiens, géothermie et serre bioclimatique high-tech. Les nouvelles stations ne sont pas seules concernées. La SNCF doit agrandir et restructurer en profondeur au moins cent de ses gares dans les dix ans qui viennent. Un programme d’investissement chiffré à 5 milliards d’euros.

Parmi les priorités : rendre vivables des bâtiments où règne un froid glacial en hiver et qui deviennent une vraie fournaise en été. Pas question pour autant de transformer les halls de gare en thermos climatisés toute l’année, sur le modèle des terminaux d’aéroports. "C’est inenvisageable pour nous d’un point de vue financier et c’est une aberration d’un point de vue écologique", souligne Mme Boissard.

"L’enjeu, ici, c’est d’apporter un confort au public sans coûts prohibitifs", résume Etienne Tricaud, directeur général délégué d’AREP, l’agence de conception de la SNCF. C’est là qu’intervient la boîte à outils de l’architecture bioclimatique expérimentée à Bellegarde.

Le dôme en coussins d’éthylène tétrafluoroéthylène (ETFE), un polymère dérivé du Teflon, économique, léger, recyclable et résistant, crée une serre au-dessus de la coupole en bois de la gare. L’hiver, l’air chaud de la serre sera pulsé dans le hall par une ventilation basse vitesse pour maintenir une température de 16º C sans consommation d’énergie supplémentaire. L’été, la serre crée un effet de cheminée qui évacue la chaleur au profit de l’air à 10º C issu d’un puits provençal. "Ce dispositif génère 40 % d’économies d’énergie", précise Etienne Tricaud.

Ce confort "écologiquement correct" est d’autant plus important que, dans la stratégie de la SNCF, la gare du XXIe siècle doit élargir ses fonctions pour se réinventer en "pièce maîtresse de la ville durable". Gares et connexions veut faire de ses stations non seulement le pôle d’échange de tous les moyens de transports (TGV, TER, tramways, bus, voiture...), mais un mini-centre-ville en soi, mixant bureaux, centre d’affaires et commerces variés, services médicaux, crèches, points de livraison...

"RÉPONSE AUX ENJEUX"

"C’est clairement le modèle que je veux porter : c’est une réponse aux enjeux de densité, de mixité des fonctions, de maîtrise des mobilités", argumente Sophie Boissard, pour qui "cette logique fait sens, notamment pour les quarante gares régionales".

Cette diversification a aussi le mérite d’être très rentable et de financer une partie de la modernisation des infrastructures de la SNCF. Sans les 10 000 m2 de galeries marchandes ajoutées au programme, la rénovation de la gare Saint-Lazare, qui doit s’achever en 2011, aurait été difficile à boucler.

Reste que les gares sont de fait au centre d’une renaissance de l’urbanisme.

Dans bien des villes, le quartier de la gare, longtemps abandonné aux hôtels borgnes et aux sex-shops, est le théâtre d’une nouvelle dynamique urbaine et économique. "La dégénérescence de la gare et de son quartier était liée au tout-voiture. Les réflexions sur la relocalisation des activités en centre-ville et la génération de richesse que cela entraîne ont inversé la donne", estime Mme Boissard.

La tendance est mondiale. Au Japon, où les opérateurs de transport sont aussi d’importants aménageurs, les gares sont les véritables points de centralité de la ville, groupant commerces et services.

En Suisse, ce sont carrément les Chemins de fer fédéraux (CFF) qui choisissent les activités autorisées à voisiner avec la gare pour composer une mixité urbaine. Même aux Etats-Unis, c’est autour des gares que les "Transit Villages", comme Richmond et Fruitvale, en Californie, réinventent la ville américaine dense, mixte et piétonne.

Grégoire Allix

Première mondiale : un mur végétal dépolluant dans une gare SNCF

Notre-planète.info 01/06/2010, 16:46

Pour la première fois, un mur végétal dépolluant un espace clos a été mis en place : il se trouve dans la gare SNCF de Magenta et devrait améliorer le confort de ses 70 000 usagers quotidiens.

Mur végétal de la gare SNCF de Magenta © Christophe Recoura / SNCF

Installé dans le pôle Alsace de la gare de Magenta (ligne E du RER), ce mur végétal de 70 m² (14 m x 5 m) pour 17,5 tonnes domine les 70 000 voyageurs quotidiens qui empruntent la gare. Ce projet a été réalisé par la jeune société lyonnaise Canevaflor(1), experte en murs végétalisés, à l’initiative de Transilien SNCF(2).

Selon Antoine Debievre, responsable de la communication de Transilien SNCF, l’objectif premier de ce mur végétal est d’intégrer ostensiblement du végétal dans un espace très fréquenté. En positionnant ce mur végétal à 8 m au dessus des usagers de la gare, la SNCF répond à un besoin de verdure tout en assurant la sécurité de l’installation qui n’est pas accessible par les voyageurs. La gare RER de Magenta a été choisie en raison de la présence de grands volumes et de murs peu encombrés.

Un mur végétal dépollueur

Grâce à un système perfectionné et robuste de pompes aspirantes, l’air ambiant de la gare est capté et envoyé dans le terreau, qui piège les poussières et les particules gazeuses diverses. Les particules polluantes se fixent dans le substrat qui joue le rôle de filtre. La dépollution est effectuée par biofiltration grâce à l’action des micro-organismes présents dans le substrat et par l’action assainissante des plantes et de leurs racines. A ce titre, le mur végétal associe plus de 3000 plantes dépolluantes de 31 espèces végétales différentes dont les effets purificateurs sont notamment reconnus par le CSTB, souligne Antoine Debievre.

Voici quelques unes des espèces qui peuplent ce mur :

•La plante araignée (Chlorophytum comosum) absorbe le monoxyde de carbone, le formaldéhyde, le toluène et le xylène.

•Le lierre (Hedera helix)absorbe le formaldéhyde et le xylène.

•Le jasmin (Jasminum polyanthemum) fleurit en grappes d’étoiles blanches et diffuse un parfum enivrant. Cette plante grimpante fleurit entre mars et juin.

•La fougère de Boston (Nephrolepis exaltata) dépollue et améliore le degré d’hygrométrie (l’humidité) de l’air environnant.

•Le philodendron (Philodendron scandens) absorbe le formaldéhyde et le trichloréthylène et a un très bon coefficient d’absorption des sons.

Si l’air intérieur de la gare est globalement moins pollué que l’air extérieur exposé au trafic automobile, l’usure des chaussures des 70 000 usagers quotidiens et le trafic ferroviaire émettent des particules. De plus, les produits d’entretien de la gare rejettent des polluants comme les dangereux formaldéhydes, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et composés organiques volatils (COV).

L’une des deux pompes, masquée par un habillage coloré © Yolande Freyer / SNCF

Les deux pompes devraient être mises en route à la fin du mois de juin 2010, un délai nécessaire pour s’assurer que dans un premier temps, les plantes s’acclimatent bien à leur support et lieu de vie.

Outre ses qualités esthétiques et dépolluantes, le mur végétal de la gare RER de Magenta permet de lutter contre l’assèchement de l’air grâce à l’évapotranspiration (transpiration et évaporation) des plantes.

Un entretien limité

Ce mur végétal est pratiquement autonome et ne nécessite qu’une simple irrigation autorégulée. De plus, celle-ci est relativement économe en eau vu l’épaisseur du substrat (30 cm) qui assure une bonne rétention de l’eau. Ainsi, aucun intrant supplémentaire (pesticides ou engrais) n’est utilisé pour assurer la croissance des plantes. De plus, comme en témoignent des expériences précédentes, le mur ne devrait pas souffrir de l’apparition d’autres espèces invasives.

Enfin, ce mur, terminé depuis le mois de mars 2010, nécessitera trois tontes annuelles afin de maintenir la croissance des plantes entre 40 et 60 cm suivant la saison précise Agnès Mandon, directrice R&D de Canevaflor.

Vers des espaces publics aux murs végétalisés ?

Ce dispositif, d’un coût de 150 000 euros entièrement supporté par la SNCF, demeure expérimental et doit faire la preuve de son efficacité. Ceci, à la fois sur le confort des usagers mais aussi sur sa capacité à diminuer la pollution de l’air intérieur. A cette fin, des mesures de qualité de l’air ont été réalisées avant son installation et seront comparées à de nouvelles mesures qui seront réalisées dans un an.

Si les résultats attendus sont prometteurs, on pourrait imaginer des murs végétaux directement au dessus des quais souterrains de la SNCF et de la RATP où les concentrations en particules sont très élevées malgré l’inventivité et les efforts des gestionnaires du réseau ferré. Il est vraisemblable que d’autres réalisations semblables voient le jour dans d’autres espaces confinés à caractère ferroviaire si les tests de la gare de Magenta s’avèrent concluants conclue la SNCF.

Au final, le mur végétal assure un "bouquet" de bénéfices pour le confort et l’environnement : régulation de l’humidité et de la chaleur, atténuation du bruit, filtrage de la pollution de l’air, augmentation de la biodiversité, amélioration du confort et de l’esthétisme de la gare. Beaucoup de bonnes raisons pour que cette idée s’applique plus largement à d’autres espaces accueillant du public et qui souffrent d’une mauvaise qualité de l’air : écoles, hôpitaux, entreprises, parkings...

Notes

1.La réalisation du mur végétal de la gare de Magenta a été initiée à la fin de l’année 2008. Elle a associé différents acteurs du groupe SNCF (Transilien SNCF, Direction de l’Innovation et du développement Durable, Infrapôle de Paris-Est, Région de Paris-Est).

2.Le mur a été réalisé par l’entreprise lyonnaise Canevaflor, spécialisée dans la conception de murs végétalisés. Titulaire d’un brevet européen, elle réalise des murs intérieurs ou extérieurs comme celui de l’Ile Seguin de Boulogne Billancourt (500 m2). Le mur de la Gare de Magenta est le premier mur intérieur à technologie dépolluante. Canevaflor a également réalisé 400 m² de murs végétalisés et 200 m² de toitures biofiltrantes pour le Pavillon Rhône-Alpes de l’Exposition Universelle de Shanghai.

Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)

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