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En opérations ou lors des essais nucléaires ....

ARMEE : TOUJOURS DES DEGATS COLLATERAUX !

.... l’info a du mal à sortir, même après un demi-siècle !

mardi 16 février 2010 par JMT

L’armée française a délibérément exposé ses soldats à des radiations lors des essais nucléaires atmosphériques au début des années 60 en Algérie, à des fins d’expérimentation, selon un rapport militaire.

Le gouvernement a été "le premier" à adopter une loi sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, a rappelé mardi son porte-parole Luc Chatel après la publication dans Le Parisien d’un rapport indiquant que des soldats avaient été délibérément exposés aux radiations.

Le ministre de la Défense Hervé Morin a rendu hommage lundi au soldat du 13e bataillon de chasseurs alpins tué le 9 février en Afghanistan, 40ème soldat français à y perdre la vie depuis 2001.

Cinquante ans après l’explosion de la première bombe atomique française en Algérie, des milliers de vétérans des essais nucléaires, persuadés d’avoir été contaminés par la radioactivité, se battent pour la reconnaissance de leur préjudice.

Des soldats français délibérément exposés à des radiations

AFP, Mise à jour : 16/02/2010 20:39

L’armée française a délibérément exposé ses soldats à des radiations lors des essais nucléaires atmosphériques au début des années 60 en Algérie, à des fins d’expérimentation, selon un rapport militaire.

AFP/Archives Essai nucléaire français près de Reggane dans le sud de l’Algérie, photo prise dans les années 60

Selon le "Rapport sur les essais nucléaires français 1960-1965", classé "Confidentiel défense", dont l’AFP s’est procuré une copie, le fait de positionner des soldats, engagés et appelés, près du point d’explosion devait permettre "d’étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique".

Interrogé mardi par l’AFP, le ministre de la Défense Hervé Morin a assuré que "toute la transparence sera faite" sur le niveau d’exposition aux radiations lors de chaque essai nucléaire réalisé par la France.

L’existence de ce rapport, intitulé "La genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara", a été révélée mardi par "Le Parisien".

Ce texte, rédigé par des officiers français certainement en 1998, donc après la fin des essais nucléaires français en 1996, fait référence notamment au dernier tir atmosphérique dans le Sahara algérien, baptisé "Gerboise verte" le 25 avril 1961.

Peu après, deux manoeuvres ont été organisées pour envoyer des hommes en zone contaminée : certains s’étaient abrités dans des trous d’hommes à 800 mètres du point d’impact et d’autres se sont approchés en camions 4x4.

Le but était "d’étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique, afin d’obtenir les éléments nécessaires à la préparation physique et à la formation morale du combattant moderne", précise le rapport.

Ces manoeuvres devaient aussi permettre de "fixer les possibilités de franchissement de la zone des retombées" ainsi que de "réaliser un programme d’instruction", ajoute le texte.

Equipés de bottes, pèlerines, gants et masque de combat, une trentaine d’hommes ont disposé de 45 minutes pour creuser des trous individuels à 800 mètres du point zéro.

Après l’explosion, le rapport note : "absence de brûlures apparentes, effets mécaniques pratiquement nuls (légère projection de sable), mesure de radioactivité relevée sur les mannequins".

"Il semblait d’après ces résultats qu’à 800 mètres du point zéro et en dehors de la zone de retombées, le combattant aurait été physiquement apte à continuer le combat", selon le texte.

Mais il reconnaît que "dans l’offensive, si l’infanterie était appelée à combattre en zone contaminée (...) les vêtements spéciaux ne lui confèreraient qu’une protection relative".

L’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) affirme avoir "toujours soupçonné la véracité de ces manoeuvres, qui ont concerné non seulement des troupes d’infanterie, mais aussi chars, aviation, et très certainement, plus tard dans le Pacifique, la Marine nationale".

Pour sa part, le Délégué à la sûreté nucléaire de la Défense Marcel Jurien de la Gravière a affirmé qu’il n’y avait "rien de nouveau, rien de grave". Quelque 150 soldats du 40e régiment d’infanterie avaient "été instruits et s’étaient entraînés trois semaines avant le jour J pour s’habituer à porter le masque dans les conditions climatiques du Sahara", a-t-il précisé.

M. Morin a affirmé qu’une "synthèse de ce rapport, faite en janvier 2007 par le ministère de la Défense avait été publiée". Elle relatait, selon lui, "les expérimentations tactiques durant les opérations Gerboise verte et Gerboise rose", du nom de code des tirs entrepris il y a cinquante ans.

Il a rappelé le vote récent d’une loi d’indemnisation des victimes des essais, instaurant "une présomption de cause", ajoutant avoir demandé "à l’Académie des sciences une étude complémentaire sur chaque tir et le niveau d’exposition, dont les conclusions seront publiques".

La France a procédé à 210 tirs depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu’à l’ultime expérimentation de 1996 en Polynésie française.

Victimes des essais nucléaires : Chatel rappelle la loi d’indemnisation

AFP, Mise à jour : 16/02/2010 14:16

Le gouvernement a été "le premier" à adopter une loi sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, a rappelé mardi son porte-parole Luc Chatel après la publication dans Le Parisien d’un rapport indiquant que des soldats avaient été délibérément exposés aux radiations.

AFP/Archives Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, s’exprime le 1er février 2010 à Issy-les-Moulineaux.

"J’ai la conviction que la France a pris la mesure de la souffrance des personnels qui ont pu être exposés aux essais nucléaires. Ce gouvernement est le premier à avoir proposé une loi sur la reconnaissance et l’indemnisation des victimes des essais nucléaires", a indiqué M. Chatel en rendant compte à la presse des travaux du Conseil des ministres.

Cette loi, votée en décembre, "permet d’indemniser l’intégralité du préjudice subi et d’assurer un suivi médical à l’ensemble des victimes, donc il y a une vraie reconnaissance", a-t-il poursuivi.

Le ministre de l’Education a également rappelé que son collègue de la Défense Hervé Morin s’était engagé "à rendre publiques les études scientifiques établissant pour les essais atmosphériques une fiche précise sur les caractéristiques de ces essais".

"Il y a une volonté de transparence de la part du gouvernement et c’est la première fois que c’est le cas", a-t-il insisté.

Selon un rapport confidentiel publié mardi dans le Parisien, des soldats ont été exposés délibérément aux essais nucléaires menés par la France dans les années 1960 en Algérie pour "étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique".

La France a procédé à 210 tirs depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu’à l’ultime expérimentation de 1996 en Polynésie.

Morin aux obsèques du 40e soldat français tué en Afghanistan

AFP, Mise a jour : 15/02/2010 20:03

Le ministre de la Défense Hervé Morin a rendu hommage lundi au soldat du 13e bataillon de chasseurs alpins tué le 9 février en Afghanistan, 40ème soldat français à y perdre la vie depuis 2001.

AFP/ Le ministre de la Défense Hervé Morin rend hommage le 15 février 2010 à Chambéry au soldat du 13e bataillon de chasseurs alpins tué le 9 février en Afghanistan

"Nous sommes réunis dans la peine et dans le deuil... pour vous rendre un dernier hommage", a déclaré le ministre lors de l’éloge funèbre au siège du bataillon à Barby, en présence de centaines de membres du 13e BCA et de proches du défunt, dont le cercueil avait été déposé au centre de la place d’armes.

Engagé en octobre 2008 au 13e BCA et arrivé en décembre 2009 en Afghanistan, le caporal Enguerrand Libaert, grenadier voltigeur originaire de Villeurbanne (Rhône), a été tué au cours d’une opération de protection d’un convoi logistique de l’armée nationale afghane dans la province de Kapisa (est).

"Vous êtes pour l’éternité la figure d’une France qui s’engage au service de la paix et de la sécurité du monde", a conclu le ministre en décernant au caporal de 20 ans, à titre posthume, les insignes de Chevalier de la légion d’honneur.

La cérémonie s’est achevée avec le départ du cercueil, porté par huit soldats du 13e BCA, au son de la Marche funèbre de Chopin.

Libaert, 40ème soldat français tué en Afghanistan depuis le déploiement des premières troupes alliées fin 2001, doit être inhumé mardi dans la région lyonnaise.

En septembre 2007, un autre membre du 13e BCA, l’adjudant-chef Laurent Pican, avait trouvé la mort en Afghanistan.

Les 50 ans de la bombe française, anniversaire amer pour les vétérans des essais

AFP, Mise a jour : 13/02/2010 10:58

Cinquante ans après l’explosion de la première bombe atomique française en Algérie, des milliers de vétérans des essais nucléaires, persuadés d’avoir été contaminés par la radioactivité, se battent pour la reconnaissance de leur préjudice.

AFP/Auguste Ribet, ancien militaire persuadé d’avoir été contaminés par la radioactivité lors d’essais nucléaires, à son domicile le 2 février 2010 du Valdecie (nord).

"Aussitôt après l’explosion" de cette bombe, "on nous a dit +allez voir le résultat+. On nous a donné de belles combinaisons en tissu blanc qui ne servaient à rien et un masque à gaz", raconte dans sa maison du Valdecie (nord) Auguste Ribet, 74 ans, la voix enrouée par un cancer de la gorge.

Ce 13 février 1960 vers 07H00, près de Reggane (Sahara) à 1.700 km d’Alger, alors que l’Algérie est encore une colonie française, la France procède à son premier essai nucléaire, avec une bombe au plutonium, lors de l’opération Gerboise bleue.

Juste après la déflagration, une armada de techniciens en combinaison antiradiations n’auront que 15 à 20 minutes, avant les retombées radioactives, pour récupérer sur les lieux de l’explosion les précieux appareils de mesure enfouis dans le sable. Au total, 6.000 à 7.000 personnes travaillent depuis des mois pour cet essai au Centre saharien d’expérimentation militaire de Reggane.

Le retraité, qui se "bat depuis 10 ans contre" plusieurs cancers, montre des documents qui lui permettront peut-être un jour d’être reconnu comme victime des essais : photo de lui avec deux camarades de Algérie, ordres de mission, bulletins médicaux récents.

"Moi, on m’a même demandé d’aller planter le drapeau français dans le trou de l’explosion", dit Gérard Dellac, 71 ans, atteint depuis 1991 d’un cancer de la peau qui l’a conduit à 14 interventions chirurgicales.

Les deux hommes dénoncent une absence de suivi médical et des décontaminations "complètement à côté de la plaque".

Des témoignages comme ceux là, l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) en a récolté une multitude auprès des 4.500 adhérents qu’elle revendique, tous ceux qui ont participé, eux ou leur conjoint, aux 210 essais nucléaires français entre 1960 et 1996 en Algérie, puis en Polynésie.

Un irradié des essais nucléaires du Sahara

Tous les essais ne se sont pas déroulés dans les même conditions, mais selon une étude de l’association fondée en 2001 par un vétéran chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) les vétérans ont deux fois plus de cancers que les Français de plus de 65 ans.

L’association note aussi une mortalité infantile trois fois supérieure à la moyenne chez leurs descendants.

Peu ont obtenu gain de cause en justice : jusqu’à présent l’Etat a demandé des preuves de la contamination, que les vétérans disent souvent ne pas pouvoir obtenir en raison du "secret défense" ou de l’absence de données, et du lien de causalité entre la maladie et l’exposition.

M. Dellac s’est ainsi vu refuser une pension par le Conseil d’Etat en 2002, après six ans de bataille juridique. La haute juridiction a estimé que "l’irradiation n’était qu’un +facteur aggravant+, comme pourrait l’être le soleil", selon son épouse Arlette Dellac.

Quelque 150.000 travailleurs civils et militaires ont participé de 1960 à 1996 aux essais français, sans compter les populations locales. Le ministère de la Défense évalue à "quelques centaines" le nombre de ceux ayant pu développer un cancer suites aux radiations (thyroïde, leucémies).

Le 27 mai dernier, le gouvernement a adopté le premier plan d’indemnisation doté de 10 millions d’euros pour 2009. Et le 22 décembre était adoptée une loi qui va reconnait une "présomption de causalité" entre exposition au risque et maladie.


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