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15e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre

10 MILLIONS DE MAL LOGES DANS LA TRES RICHE FRANCE

2009 année de crise

lundi 1er février 2010 par JMT

La crise économique a aggravé en 2009 la crise du logement, devenu lui-même un "creuset des inégalités" pour des millions de personnes en proie à ce "grave problème de société", affirme la Fondation Abbé Pierre dans son 15e rapport annuel publié ce lundi.

Ghetto insalubre ou oeuvre architecturale majeure ? Le devenir de la cité des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine est l’objet d’un vif débat entre habitants, partisans de la démolition, et architectes, tenants d’une réhabilitation préservant le patrimoine.

Le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu a insisté lundi sur la nécessité de "réformes profondes et de nouvelles formes d’action publique" pour lutter contre le mal logement, annonçant notamment une refonte des outils statistiques pour mesurer ce phénomène.

VIDEOS

Aubry : faire du logement une "priorité nationale"

PARIS (AFP) - 01/02/10 20h46

La Fondation Abbé Pierre a rendu lundi 1er février son quinzième rapport sur le mal logement en France, en présence de Martine Aubry, première secrétaire du PS. "Le logement apparaît comme un facteur d’appauvrissement mais aussi comme une nouvelle source d’inégalité", déclare-elle.

Durée : 1mn01

Avec la crise, la situation du logement s’est aggravée en 2009

PARIS (AFP) - 01/02/10 20h30

La Fondation Abbé Pierre a rendu lundi 1er février son quinzième rapport sur le mal logement en France. La crise économique a aggravé en 2009 la crise du logement, devenu lui-même un "creuset des inégalités" pour des millions de personnes en proie à ce "grave problème de société", affirme la Fondation Abbé Pierre.

Durée : 1mn21

Mal-Logés : le quotidien infernal de Laetitia et ses petits frères

PARIS (AFP) - 01/02/10 19h31

La crise du logement est une nouvelle source d’inégalités qui touchent de plein fouet les familles —et donc les enfants— et qui s’est aggravée avec la crise économique. C’est le constat que fait la Fondation Abbé Pierre dans un "Etat du mal-logement en France", son 15e rapport annuel que le sujet, publié lundi. La famille Tra-Lou est l’une de ces familles, qui attend en vain les effets de la loi sur le Droit au Logement Opposable.

Durée : 2mn32

Avec la crise, la situation du logement s’est aggravée en 2009

PARIS (AFP) - 01/02/10 19h29

La Fondation Abbé Pierre a rendu lundi matin son quinzième rapport sur le mal logement en France. La crise économique a aggravé en 2009 la crise du logement, devenu lui-même un "creuset des inégalités" pour des millions de personnes en proie à ce "grave problème de société", affirme la Fondation Abbé Pierre.

Durée 1mn21

Controverse sur l’avenir de la Cité des Poètes à Pierrefitte

PIERREFITTE-SUR-SEINE (AFP) - 01/02/10 17h19

Le maire et les habitants la cité des Poètes, à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, demandent la destruction de ce quartier sensible en vue d’un réaménagement, mais de nombreux architectes s’y opposent, estimant qu’il s’agit d’une réussite architecturale. La cité des Poètes a été construite dans les années 80 par Yves et Luc Euvremer et Jeronimo Padron-Lopez.

Durée : 32s.

La crise économique a aggravé la crise du logement en 2009, selon la Fondation Abbé Pierre

PARIS (AFP) - 01/02/10 20h58

La crise économique a aggravé en 2009 la crise du logement, devenu lui-même un "creuset des inégalités" pour des millions de personnes en proie à ce "grave problème de société", affirme la Fondation Abbé Pierre dans son 15e rapport annuel publié ce lundi.

La Fondation Abbé Pierre a rendu lundi 1er février son 15e rapport sur le mal logement en France.

"Le logement apparaît comme un facteur d’appauvrissement mais aussi comme une nouvelle source d’inégalité", écrit-elle dans son "Etat du mal-logement en France" en 2009.

Elle propose de s’y attaquer via une batterie de mesures : parmi elles, "imposer sur tout le territoire et dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30% de logements à loyer accessible", "encadrer" les loyers des logements qui changent de locataires et ont une fâcheuse tendance à augmenter, ou encore "mettre en place un chèque énergie pour les plus pauvres".

"Deux mouvements nous inquiètent particulièrement : la crise du logement s’aggrave dans la durée, et la crise économique fragilise énormément de ménages", précise Christophe Robert, directeur des études de la Fondation.

De fait, tous les indicateurs mesurant l’accès des Français à un logement ont viré au rouge l’an passé.

Un immeuble HLM à Montluçon

Qu’il s’agisse de la construction neuve ou du parc existant, l’offre immobilière s’est "contractée", aggravant la pénurie de logements : il en manquait 900.000 en fin d’année, soit 100.000 de plus qu’à fin 2008.

Dans le parc existant, la crise économique a engendré une frilosité des ménages à déménager, réduisant d’autant l’offre, tant dans le parc privé (-500.000 logements par rapport à 2007) que social.

Parallèlement, le coût annuel moyen de la location ou de l’achat d’un logement ne cesse de progresser (+23% entre 2002 et 2007, à 9.700 euros) et les nouveaux acquéreurs doivent s’endetter sur des périodes toujours plus longues : 14 ans en moyenne en 2001, 18 en 2009.

Pour les locataires, la légère baisse globale des loyers enregistrée en 2009 "ne modifie pas la tendance à la hausse" dans le privé, souligne le rapport.

Avec l’approfondissement de la crise économique, des phénomènes apparus récemment s’amplifient : c’est le cas de la "précarité énergétique" de 3,4 millions de ménages, soit 13% d’entre eux, qui ne peuvent chauffer leur logement à un prix raisonnable, et d’une "zone grise" du mal-logement, constituée de personnes installées chez des tiers, dans des campings, des squats, des caves, des garages...

Une rue de Nancy, le 10 juillet 2009.

Miroir des inégalités, le logement en est aussi le "générateur" : il "renforce le déterminisme social" car, logiquement, ce sont les plus modestes qui sont davantage concernés par cette crise.

C’est particulièrement vrai pour les quelque 600.000 enfants mal logés, avec des conséquences parfois lourdes pour leur santé (saturnisme, affections respiratoires, mauvaise alimentation, mauvaise hygiène, troubles du sommeil), leur scolarité, leur intégration sociale.

Au final, selon le rapport, 10,1 millions de personnes sont aujourd’hui confrontées à la crise du logement, dont 3,5 millions très mal logées (cabanes, familles nombreuses en chambre d’hôtel...), voire sans abri, et 6,6 millions "fragilisées" : en instance d’expulsion, vivant dans des copropriétés insalubres, en situation d’impayés, en situation de supeuplement (3,5 millions), hébergés chez des tiers.

Reportage sur la famille Tra-Lou qui vit dans un logement de 18m carré à Paris.

Un tableau qui risque de se noircir encore en 2010, lorsqu’un million de chômeurs arriveront en fin de droits, prévient la Fondation Abbé Pierre.

Face à cela, les responsables politiques sont apparus "plus soucieux en 2009 de traiter la crise immobilière qui s’est développée dans le sillage de la crise financière que d ?apporter des réponses à la crise du logement", dénonce-t-elle.

Architectes contre résidents : la démolition d’une cité du 93 fait débat

PIERREFITTE (Seine-Saint-Denis) (AFP) - 01/02/10 20h05

Ghetto insalubre ou oeuvre architecturale majeure ? Le devenir de la cité des Poètes à Pierrefitte-sur-Seine est l’objet d’un vif débat entre habitants, partisans de la démolition, et architectes, tenants d’une réhabilitation préservant le patrimoine.

La Cité des Poètes à Pierrefitte-Sur-Seine en cours de démolition, le 31 janvier 2010

Malgré son style mauresque, original, l’ensemble Brassens qui date de 1983, semble abandonné. Une soixantaine de personnes à reloger y vivent toujours, mais les façades et les terrasses sont très abîmées. Seuls quelques jeunes rôdent.

A quelques mètres, se trouve l’ensemble Desnos construit en 1986. C’est là que la démolition des 440 logements sociaux de la cité des Poètes a commencé. La mairie voudrait raser Brassens et Desnos, qui forment la cité des Poètes, pour construire un nouvel ensemble, avec gymnase, école, logements.

Mais un collectif d’architectes, Docomomo, s’est opposé à la démolition de ce qu’il qualifie "d’oeuvre majeure du XXème siècle" et a saisi le tribunal administratif de Montreuil pour annuler le permis de démolir.

Fin novembre, la destruction a été suspendue en référé. Le tribunal doit rendre fin février son jugement sur le fond qui l’autorisera ou non.

Une association, l’ADRUP (association de défense de la rénovation urbaine des Poètes) soutenue par la mairie de Pierrefitte, réunissant des résidents des environs a lancé une pétition pour la démolition. Elle a été signée par plus de 1.500 personnes.

Le maire et les habitants de la cité des Poètes, à Pierrefitte-sur-Seine, demandent la destruction de ce quartier.

"Nous, ce monument historique, on n’en veut pas. On nous impose un monument dans un ghetto où personne ne veut habiter", lance le président de l’association, Nouredine Abdou.

"Nous avons le droit de vivre dans des logements décents, avec des services de proximité", poursuit-il. M. Abdou parle de "factures d’électricité énormes" à cause de l’humidité et de la mauvaise isolation. A cause des façades à plusieurs angles, "les meubles Ikea ne passent pas et il faut faire des meubles sur mesure ; c’est le comble pour des logements sociaux !", poursuit-il.

Pour le maire Michel Fourcade (PS), "les gens vivent dans un truc inhabitable". Il décrit "un quartier enclavé avec des coins et recoins (...) où les forces de l’ordre ne peuvent pas pénétrer". Problème de sécurité et trafic de drogue sont le lot quotidien des Poètes.

"L’Etat a décidé de mettre 180 millions pour démolir et reconstruire" les Poètes, dans le cadre de la rénovation urbaine, explique M. Fourcade."Les architectes n’ont qu’à venir y habiter !", lance-t-il.

La Cité des Poètes à Pierrefitte-Sur-Seine en cours de démolition, le 31 janvier 2010 b

A croire que la présidente de Docomomo, Agnès Cailliau, ne parle pas du même lieu. L’architecte se félicite de "logements sociaux extraordinaires donnés aux plus démunis", avec des terrasses, jardins, duplex, triplex. "Ce n’est plus cette architecture carcérale, de barre", dit-elle, soulignant que les bâtiments comptent 4 étages. "C’est une architecture de jeu, avec des coursives, des petits jardins ouverts", poursuit-elle.

Mme Cailliau assure qu’en 2005, une pétition pour la défense du quartier avait été signée par 800 habitants.

Docomomo, qui a reçu le soutien de Jean Nouvel entre autres, milite pour la réhabilitation des Poètes, "beaucoup moins chère" que la démolition. Il faudrait refaire l’étanchéité des terrasses, l’électricité, créer des panneaux solaires ; il faudrait qu’il y ait "un petit marché", selon Mme Cailliau.

Aujourd’hui, dans le quartier seule une boulangerie résiste, mais difficilement. Les autres magasins sont fermés depuis longtemps, selon les riverains. Les vitrines sont taguées, brisées.

Benoist Apparu : "réformes profondes" nécessaires pour lutter contre le mal logement

PARIS (AFP) - 01/02/10 16h18

Le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu a insisté lundi sur la nécessité de "réformes profondes et de nouvelles formes d’action publique" pour lutter contre le mal logement, annonçant notamment une refonte des outils statistiques pour mesurer ce phénomène.

Le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu le 23 décembre 2009 à Paris.

"Notre dispositif de prise en charge des personnes à la rue a aujourd’hui tous les symptômes d’un système à bout de souffle", a-t-il déclaré devant la Fondation Abbé Pierre qui présentait son 15e rapport annuel.

Il a plaidé pour "une refonte du système" reposant notamment sur la mise en place d’"un service public de l’hébergement et de l’accès au logement des personnes sans abri".

Car "ce qui est en jeu c’est la sortie de l’exclusion de milliers de personnes", a fait valoir M. Apparu.

"Nous devons à la Fondation Abbé Pierre d’avoir inventé ce concept de mal logement pour décrire les difficultés aiguës auxquelles sont confrontées certains de nos concitoyens", a-t-il relevé, rendant hommage à l’association.

Mais les statistiques publiques sont insuffisantes pour mesurer le mal logement, a-t-il estimé, soulignant la nécessité de disposer de "sources statistiques de meilleure qualité" avec des "définitions normalisées, consensuelles, des différents critères du mal logement".

Le ministre a donc décidé de confier une mission à ce sujet au Conseil national pour l’information et la statistique (CNIS). "Sur cette base sera confiée à l’Observatoire national de la pauvreté (ONPES), que nous allons reconfigurer, le suivi annuel de ces indicateurs", a-t-il déclaré.

Soulignant par ailleurs qu’"il n’y a plus +une+ crise générale du logement, mais bien des crises du logement ciblées sur certains territoires", il a affirmé que la réorientation des subventions et des objectifs de l’Etat pour le logement social vers les zones les plus tendues consistait "une priorité absolue".

"Je trouve scandaleux la rétention de logements vacants dans des villes où sévit la crise du logement", a-t-il dit, rappelant qu’il s’était engagé à mettre à l’étude l’extension du champ de la taxe sur les logements vacants.

Pour autant, il a estimé que la réquisition de logements vacants était une mesure "inefficace" et "contreproductive".

Dans son 15e rapport annuel présenté lundi, la Fondation Abbé Pierre souligne que la crise économique a aggravé en 2009 la crise du logement, devenu elle-même un "creuset des inégalités".


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