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Forces et faiblesses d’un géant en devenir

LA CHINE EN 2010

Un destin original

mercredi 13 janvier 2010 par JMT

Avec ses 162 millions d’habitants de plus de 60 ans et un taux de vieillissement accéléré, la Chine est le seul pays en développement confronté à ce paradoxe : devenir vieux avant d’être riche.

Le géant de l’internet Google a menacé mardi de cesser ses opérations en Chine, après des attaques informatiques massives "venant de Chine" ciblant des militants chinois des droits de l’Homme.

Google, le géant américain de l’internet, a dénoncé mardi des attaques informatiques massives "venant de Chine" ciblant des militants chinois des droits de l’Homme, et touchant "au moins vingt autres grandes sociétés".

La Chine a annoncé avoir testé avec succès un système de défense aérien, interceptant un missile en vol, une démonstration de ses capacités qui intervient au coeur d’une polémique sur des ventes d’armements américains à Taiwan.

La Chine a bouclé son enquête dans une affaire d’espionnage industriel concernant notamment un cadre australien du groupe minier Rio Tinto, détenu en Chine sous l’accusation de vols de secrets commerciaux, ont indiqué lundi les autorités australiennes.

La Chine grisonnante : un pays qui va être vieux avant de devenir riche

PEKIN (AFP) - 13/01/10 21h12

Avec ses 162 millions d’habitants de plus de 60 ans et un taux de vieillissement accéléré, la Chine est le seul pays en développement confronté à ce paradoxe : devenir vieux avant d’être riche.

La Chine doit faire face au vieillissement de sa population

C’est la rapidité avec laquelle la population âgée croît qui inquiète les démographes et le gouvernement chinois.

En 2020 la Chine comptera 248 millions de plus de 60 ans, soit 17% de sa population (12% actuellement) et en 2050 environ 24%, un Chinois sur quatre.

Des niveaux intenables si, comme aujourd’hui, les deux tiers des ruraux n’ont pas de retraite et les infrastructures en matière de santé sont très insuffisantes.

"Le vieillissement de la population va être un énorme problème social", prédit Wang Xiaoyan, fondatrice de Community Alliance, l’une des rares ONG à s’occuper des seniors chinois.

La première génération de parents touchés par la politique de l’enfant unique —qui a permis d’empêcher la naissance de 400 millions de Chinois— arrive à la soixantaine. Et les migrations urbaines sans précédent d’ouvriers ou d’étudiants ont achevé de faire imploser la cellule familiale traditionnelle.

De plus en plus, prévaut la redoutable pyramide inversée du 4-2-1 : ses quatre grands-parents et deux parents sont à la charge de l’enfant unique.

Résultat : la moitié des Chinois de plus de 60 ans, soit 80 millions, vivent dans "un nid vide", sans enfants, ceux-ci ne pouvant plus assumer.

L’enjeu du vieillissement n’a pas échappé à Pékin, qui lance cette année une politique de retraite, encore très modeste, auprès de 10% des ruraux, et augmente les allocations aux personnes âgées.

Le gouvernement veut permettre à 90% des plus de 60 ans de rester en famille avec une assistance extérieure, 6% d’être pris en charge, toujours chez eux, par les collectivités et 4% les maisons de retraite.

Un vieil homme étendu sur son lit dans une maison de retraite le 8 janvier 2010 à Pékin

Mais les 40.000 maisons de retraite de Chine n’ont que 2,5 millions de lits. "Aujourd’hui, il en manque 5,5 millions pour faire face à la demande", dit Mme Wang.

En banlieue de Pékin, la maison de retraite Ren Ai ("Bonté-Amour") est en plein travaux et aura bientôt 400 lits supplémentaires, multipliant sa capacité par cinq, explique sa directrice.

"Il y a pénurie de maisons de retraite", dit Wang Liwen, qui a sous le coude entre 200 et 300 demandes d’inscription.

Les résidents, anciens ouvriers ou paysans "avec de toutes petites pensions", paient entre 1.350 et 1.550 yuans par mois (140 à 160 euros) dans cette institution aux murs décrépis et moquettes fanées.

Mme Wang, qui reçoit en parka dans un bureau glacial, fait ensuite visiter les futures chambres : parfois, trois lits dans une pièce de 20 m2 sans fenêtre.

"Certaines des vieilles personnes pensent que leurs enfants les ont abandonnées", dit-elle.

Le démographe Wu Cangping, qui à 88 ans enseigne toujours à l’université Renmin, rappelle qu’"en Chine, pendant longtemps, les personnes âgées ont compté sur leurs enfants".

"Maintenant, les enfants n’ont pas assez d’argent pour s’occuper des parents. On vieillit avant d’être devenus riches !", lance-t-il.

"Le gouvernement dépense très peu pour les soins et la santé", mais les choses changent et "nous ne connaîtrons pas la crise (du vieillissement) des pays occidentaux", assure le démographe, en allusion aux énormes rentrées fiscales engrangées par la Chine grâce à sa croissance.

Une aide-soignante assiste une femme âgée, le 8 janvier 2010 dans un établissement spécialisé à Pékin

Dans la maison de retraite Ren Ai, Ma Shufan, bon pied bon oeil malgré ses 86 ans, se dit ravie d’avoir de la compagnie.

"C’est bien mieux que chez mes enfants : ils doivent aller travailler, et personne n’a le temps de me parler. Chez lui, mon fils n’avait pas de pièce pour moi", explique cette ancienne institutrice.

Et surtout, elle a trouvé des partenaires de mah-jong. Parmi ceux qui avaient encore toute leur tête.

Google menace de quitter la Chine après des attaques informatiques massives

WASHINGTON (AFP) - 13/01/10 09h44

Le géant de l’internet Google a menacé mardi de cesser ses opérations en Chine, après des attaques informatiques massives "venant de Chine" ciblant des militants chinois des droits de l’Homme.

Le siège de Google en Chine le 13 janvier 2010

Google a indiqué que ces attaques, qui ont également touché "au moins vingt autres sociétés", avaient relancé le débat sur la liberté d’expression en Chine, alors qu’en décidant de s’y installer en 2006, le groupe avait pensé qu’un accès accru à internet serait facteur d’ouverture.

"Nous avons détecté une attaque très sophistiquée et ciblée contre notre infrastructure d’entreprise, venant de Chine et qui a résulté en un vol de propriété intellectuelle", a affirmé David Drummond, responsable juridique de l’entreprise, dans un communiqué.

L’attaque "a touché au moins vingt autres grandes sociétés dans de nombreux secteurs, notamment l’internet, la finance, la technologie, les médias et la chimie", a ajouté M. Drummond sans citer les sociétés concernées.

Google a dit avoir "la preuve que le but premier des assaillants était d’accéder aux comptes internets Gmail de militants chinois des droits de l’Homme", et estimé à ce stade que l’attaque n’avait pas atteint son but, faute d’accès au contenu des messages.

L’affaire a pris un tour diplomatique, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton ayant demandé une explication à Pékin. "Google nous a informés de ces accusations, qui soulèvent de très graves inquiétudes. Nous attendons une explication du gouvernement chinois", a-t-elle fait savoir dans un communiqué. "Pouvoir travailler avec confiance dans le cyberespace est fondamental dans une société et une économie modernes", a estimé Mme Clinton.

Indépendamment de cette attaque contre son organisation centrale, Google dit avoir découvert que "des tierces parties" avaient eu accès de façon régulière aux comptes de dizaines d’utilisateurs de Gmail, qui sont des défenseurs des droits de l’homme en Chine basés aux Etats-Unis, en Chine et en Europe, non pas en violant les codes de sécurité de Google mais par des méthodes classiques de piratage (hameçonnage et logiciels malveillants).

En raison de ces attaques et de la politique de "surveillance" de Pékin, "nous avons décidé que nous n’étions plus disposés à censurer les recherches sur le site (chinois) google.cn" comme le demandaient les autorités, a ajouté la compagnie californienne. Elle prévoit de discuter avec les autorités chinoises dans les semaines qui viennent de la possibilité de "faire fonctionner un moteur de recherche sans filtre dans les limites de la loi" chinoise.

Google a précisé avoir décidé de rendre ces cyber-attaques publiques parce qu’il s’agit du "débat mondial sur la liberté d’expression". "La décision de réexaminer nos activités commerciales en Chine a été incroyablement difficile", écrit encore le conseiller juridique de l’entreprise.

Le site chinois Google.cn avait été lancé en janvier 2006 "avec la conviction que les avantages d’un plus grand accès des Chinois à nos informations et d’un internet plus ouvert l’emportaient sur notre inconfort" devant la censure, ajoute-t-il.

Après presque quatre ans de présence en Chine, le pays qui compte le plus grand nombre d’internautes au monde, Google y occupe 29,1% du marché, contre 61,6% pour le moteur de recherche chinois Baidu.

Google dénonce des attaques informatiques massives "venant de Chine"

WASHINGTON (AFP) - 13/01/10 03h25

Google, le géant américain de l’internet, a dénoncé mardi des attaques informatiques massives "venant de Chine" ciblant des militants chinois des droits de l’Homme, et touchant "au moins vingt autres grandes sociétés".

Des personnes passent devant le logo de Google lors d’un salon de nouvelles technologies, le 25 septembre 2007 à Dusseldorf

"Nous avons détecté une attaque très sophistiquée et ciblée contre notre infrastructure d’entreprise, venant de Chine et qui a résulté en un vol de propriété intellectuelle", affirme David Drummond, responsable juridique de l’entreprise, dans un communiqué.

L’attaque, poursuit-il, "a touché au moins ving autres grandes sociétés dans de nombreux secteurs, notamment l’internet, la finance, la technologie, les médias et la chimie".

Google dit avoir "la preuve que le but premier des assaillants était d’accéder aux comptes internets Gmail de militants chinois des droits de l’Homme", et estime à ce stade que l’attaque n’a pas atteint son but.

En outre et indépendamment de cette attaque, Google dit avoir découvert que "des tierces parties ont eu accès de façon régulière aux comptes de dizaines d’utilisateurs de Gmail, qui sont des défenseurs des droits de l’Homme en Chine basés aux Etats-Unis, en Chine et en Europe".

Google annonce qu’elle ne filtrera plus les résultats de son moteur de recherche en Chine, comme les autorités le lui demandaient, et envisage en conséquence la fin de ses activités dans ce pays.

"La décision de réexaminer nos activités commerciales en Chine a été incroyablement difficile", écrit le conseiller juridique de l’entreprise.

La Chine a testé avec succès un système de défense antimissile

PEKIN (AFP) - 12/01/10 11h32

La Chine a annoncé avoir testé avec succès un système de défense aérien, interceptant un missile en vol, une démonstration de ses capacités qui intervient au coeur d’une polémique sur des ventes d’armements américains à Taiwan.

Un missile chinois de première génération est exposé au musée militaire, le 12 janvier 2010 à Pékin

"La Chine a conduit un test de technologie d’interception à mi-course d’un missile depuis le sol, à l’intérieur de son territoire. L’essai a atteint son but", a affirmé Chine Nouvelle tard lundi.

Le test "est de nature défensive et ne vise aucun pays", a ajouté l’agence officielle, tandis que le quotidien Global Times indiquait mardi qu’il s’agissait d’une première pour un pays qui rejoint ainsi le club très restreint de ceux qui possèdent la technologie d’interception de missiles.

La semaine dernière, un responsable américain a annoncé que les Etats-Unis avaient donné leur feu vert à la vente de systèmes antimissiles à Taïwan dans le cadre d’un accord passé entre les deux alliés en 2008, attribuant à Lockheed Martin le contrat pour fournir le système Patriot à Taïwan.

La République populaire de Chine considère que Taiwan fait partie de son territoire et doit revenir dans son giron, au besoin par la force, et s’est énergiquement opposée à cette vente.

Un autre missile chinois de première génération exposé au musée militaire, le 12 janvier 2010 à Pékin

Le ministère de la Défense a averti le week-end dernier qu’il se réservait le droit de prendre des mesures, non précisées, si Washington menait ce projet à bien, le qualifiant d’"obstacle sévère" aux relations militaires sino-américaines.

Les Etats-Unis ont reconnu Pékin en 1979 au détriment de Taipei mais restent le principal allié de l’île considérée par la Chine comme rebelle et son principal fournisseur d’armements.

Pour les analystes, Pékin a voulu démontrer ses capacités dans le domaine de la défense aérienne en procédant à son test de défense antimissile, préparé de longue date et donc certainement pas planifié pour coïncider avec l’annonce américaine.

Un agent de sécurité passe devant un missile chinois de première génération au musée militaire, le 12 janvier 2010 à Pékin

"Cela me semble très important. Il y a peu d’informations mais le fait essentiel est qu’ils ont réussi à intercepter un missile", a commenté pour l’AFP Richard Bitzinger, spécialiste des questions de défense chinoises de la Nanyang Technological University de Singapour.

Arthur Ding, expert de la National Chengchi University à Taiwan, a estimé que cela enverrait "un message politique aux Etat-Unis et aux autres pays : la Chine est prête pour des opération aériennes (...) d’où qu’elles viennent".

Cependant, "vu l’absence d’informations précises il est très difficile d’évaluer ce qu’elle a accompli", a-t-il dit.

"Cela montre au moins que la modernisation globale de l’armée (chinoise) comprend la défense aérienne", a-t-il ajouté.

Pour un expert occidental qui a requis l’anonymat, l’important pour la Chine, c’est aussi "de semer le trouble chez les observateurs internationaux" sur ses capacités militaires.

Des roquettes chinoises exposées au musée militaire, le 12 janvier 2010 à Pékin

En matière de dépenses militaires, la Chine est pour la première fois devenue en 2008 le deuxième pays, derrière les Etats-Unis, du classement de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri), référence en matière d’armes et de conflits dans le monde.

Pékin affirme que l’essentiel de son budget militaire va à l’amélioration des conditions de vie des 2,3 millions d’hommes et femmes servant dans la plus grande armée au monde. Le gouvernement met aussi systématiquement l’accent sur la nature "défensive" de son armée.

Selon les prévisions budgétaires annoncées en mars 2009, ses dépenses militaires devaient progresser de près de 15% en glissement annuel l’an dernier, après +17,6% en 2008, et s’élever à 480,68 milliards de yuans (près de 56 milliards d’euros au taux d’alors).

La Chine avait provoqué l’inquiétude de la communauté internationale en 2007 en détruisant lors d’un test de missile l’un de ses satellites en orbite.

Affaire Rio Tinto : la Chine a bouclé son enquête pour espionnage industriel

SYDNEY (AFP) - 11/01/10 13h32

La Chine a bouclé son enquête dans une affaire d’espionnage industriel concernant notamment un cadre australien du groupe minier Rio Tinto, détenu en Chine sous l’accusation de vols de secrets commerciaux, ont indiqué lundi les autorités australiennes.

Dans le bâtiment de Rio Tinto à Shanghaï, le 12 août 2009

Les autorités chinoises "ont informé aujourd’hui (lundi) notre consulat général à Shanghai que l’enquête était terminée", a indiqué une porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce.

"L’affaire est désormais entre les mains du parquet de Shanghai qui décidera ou non de la tenue d’un procès", a-t-elle ajouté.

"Le gouvernement australien continue de suivre de près cette affaire", qui a tendu les relations entre Canberra et Pékin, alors que la Chine, premier importateur mondial de minerai de fer est dépendante des grands producteurs étrangers tels que Rio Tinto.

Le 12 août, quatre employés du géant minier anglo-australien, dont son directeur à Shanghai, Stern Hu, ont été formellement accusés d’avoir obtenu des secrets commerciaux sur l’industrie sidérurgique chinoise par des "moyens irréguliers".

Les quatre accusés avaient été interpellés et emprisonnés le 5 juillet sous l’accusation initiale de vols de secrets d’Etat et d’espionnage.

Les charges ont été réduites en août, devenant "vol de secrets commerciaux" et non plus espionnage, au soulagement de Rio Tinto mais aussi des investisseurs et hommes d’affaires étrangers.

La justice chinoise avait prolongé l’enquête par deux fois, dont la dernière en novembre pour deux mois.

Cette affaire avait éclaté alors que les sidérurgistes chinois menaient d’âpres négociations sur le prix du minerai de fer avec des géants miniers étrangers, notamment Rio Tinto, mais aussi juste un mois après l’échec d’un accord stratégique important entre Rio Tinto et le géant public chinois de l’aluminium Chinalco.

Selon Canberra, il est encore impossible de savoir quand le parquet de Shanghai décidera de donner suite ou non à l’affaire.

"Les détails sur les charges retenues ne devraient pas être connus avant que le parquet ne prenne sa décision sur la tenue ou non d’un procès", a précisé la porte-parole du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce.

Deux avocats défendant des employés de Rio Tinto ont indiqué qu’ils n’avaient pas été informés des suites de l’enquête, la police n’étant pas dans l’obligation de fournir de telles informations.

Zhai Jian, qui défend l’un des trois employés chinois, a précisé qu’il n’avait pas reçu de détails sur les suites que donnera le parquet.

Le ministre australien du Commerce, Simon Crean, a appelé les autorités chinoises à gérer l’affaire de façon "rapide et transparente".

Il a également souligné le bon traitement reçu par M. Hu, qui est "en bonne santé" et reçoit "régulièrement ses avocats".

La Chine, premier importateur mondial, a acheté 443 millions de tonnes de minerai de fer en 2008. Elle est aussi le premier consommateur et le premier producteur mondial d’acier dont elle a produit 37,8% du total mondial en 2008, selon la World Steel Association.


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