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TCE, présidentielle et maintenant franchises ?

POURQUOI LA REUNION DIT NON !

samedi 29 septembre 2007 par JMT

Un président pas si bien élu !

59,95% pour le non au référendum sur le traité constitutionnel européen le 29 Mai 2005 !

63,57% pour Ségolène Royal à la Présidentielle 2007 !

la Réunion sait dire non lorsque le socle commun sur lequel est bâtie notre société est menacé par l’aventurisme de ceux qui rêvent de nous imposer des modèles importés aux résultats non probants.

Certes la métropole a quand même élu Nicolas Sarkozy à 53%, grâce aux voix glanées sur le thème général de la peur de l’autre, ce qui explique son excellent score chez les plus de 65ans qui a suffi à faire basculer le scrutin. Drôle de France qui se lève tôt !

Ici la population est proportionnellement beaucoup plus jeune et contrairement aux poncifs libéraux qui peuvent faire illusion sur de vastes territoires naturellement riches, la compétition débridée et l’individualisme ne sont pas le meilleur moyen de relever les immenses défis de notre île.

Le résultat des urnes n’est donc pas étonnant, ni ici, ni là-bas. Nous sommes citoyens d’un même état mais nous avons des problèmes différents. Comme beaucoup de régions de métropole d’ailleurs !Quoique à y regarder de plus près......si la République règlait ses problèmes globaux, le petit bout d’elle isolé au coeur de l’Océan Indien aurait beaucoup moins de mal à régler les siens.

Nos besoins

Nous avons besoin de solidarité pour rattraper nos retards structurels : retards en équipements publics, en logement, mais aussi de fonctionnaires, d ’éducation, de formation, d’appareil productif local : comme bien d’autres nous voulons vivre et travailler au pays.

Cette solidarité doit évidemment se décliner dans le domaine de la santé : nous avons ici toutes les affections métropolitaines et, en plus, nous sommes soumis aux spécificités de la zone tropicale : on l’a bien vu lors de l’épidémie de chikungunya ! Mais maintenant que le moustique se développe dans le sud de la métropole, certains sont bien contents que les réunionnais aient servi de cobayes et que l’Etat ait pu expérimenter ici à peu près tout les ratages possibles dans la gestion globale de ce dossier.

Au lieu de solidarité, le gouvernement n’a qu’une réponse générale : faire payer plus les "consommateurs" en oubliant que certaines consommations ne sont pas libres, comme la santé par exemple.

Ne croyez pas que cela soit pour "équilibrer les comptes" malgré les discours publics. Sinon pourquoi les plomber, par avance, en "chargeant la mule", soit en baissant les recettes ( déductions en tous genres, bouclier fiscal, ...) soit en augmentant les dépenses (la longue liste des cadeaux "catégoriels").

Quand la Réunion parle solidarité, le gouvernement répond : loi-programme et défiscalisation ! Aidez-vous vous-mêmes !... Le principe a déjà été appliqué avec les 3 points de "TVA sociale", une augmentation de la TVA en échange d’une baisse des soit-disant "charges sociales patronales" (ce qui constitue en vérité une arnaque aux travailleurs, privés ainsi d’une partie de leur salaire indirect) que les Réunionnais payent depuis plus de 12 ans.

Alors une fois de plus, la Réunion doit remonter au créneau contre le projet de "franchises médicales", un exemple de plus de la "méthode Sarkozy" : on applique l’idéologie libérale, parce que les "sponsors" (dont le MEDEF) l’exigent.

La "Méthode" Sarkozy

Le gouvernement est harcelé par le "gouvernement-bis" des conseillers de l’Elysée et par les "lettres de mission" que le maître d’école dispense généreusement (sauf au seul ministère d’Etat ...cherchez l’erreur :-) : c’est LUI, le Président, qui est l’ELU, l’OINT du suffrage universel (il oublie quand même que chaque député a été élu de la même manière et a donc aussi sa légitimité propre..) . Il est donc obligé de faire marcher le Parlement au pas de charge :

entendez-vous monter la grogne des députés, sempiternelle cohorte godillots qui supportent, de plus en plus mal la multiplication des textes à étudier dans l’urgence, même au nom de la France ? parce qu’à tête reposée ils vont bien remarquer qu’on leur a fait voter n’importe quoi...cet été. (à déclamer comme Malraux au Panthéon)

Au fur et à mesure que les critiques de toute part dénoncent les incohérences des projets avec ce qui existe ou ce qui est prévu par ailleurs, ( pour les informaticiens, ça leur rappellera les pratiques analogues d’une puissante multinationale du logiciel qui vend très cher de la win...daube qu’il faut "patcher" quasiment chaque semaine pour qu’elle survive :-), il lui faut ramer. Certains projets mal ficelés en ont déjà fait les frais (déduction fiscale pour l’immobilier par exemple).

Tout tient en quelques mots : "le temps qu’on met à durer ne peut être employé à faire les choses". C’est évident......mais uniquement quand on a la prétention de tout vouloir faire soi-même ! Mais n’est pas messie qui veut !

D’après certains, ce serait même d’ailleurs à la limite de l’inconstitutionnalité... et on ne précise pas de quel côté de la limite... mais quand on parle de "dépénaliser" les "fautes de gestion" des directions d’entreprises (c’est la nouvelle appellation politiquement correcte en sarkozien moderne des abus de biens sociaux qu’on appelait naguère "piquer dans la caisse".... ça arrive même au Medef), plus rien ne doit nous étonner !

Pourquoi être contre les franchises ?

Les raisons sont multiples, on ne va pas toutes les énumérer en détail, mais on peut les regrouper :

2Parce que c’est un pas de plus vers un démantèlement total la Sécu :2

Les partisans du projet gouvernemental haïssent la Sécu, qui prive les entreprises privées de santé de fructueux marchés. Et si on arrive à casser l’assurance maladie publique , le marché plus que juteux des retraites tombera comme un fruit mûr !

2Parce que cela aggrave des inégalités sociales déjà criantes :2

On pourrait concevoir, si chacun avait un revenu minimum décent, et le choix d’organiser son propre programme de santé avec de la prévention et un système de soins performant disponible au bon moment, qu’il serait pertinent de faire la chasse à la "surconsommation médicale" dans tous les domaines... En gros un système bonus-malus, uniquement lié aux facteurs sur lesquels l’individu concerné a le moyen d’influer. On en est très loin !!! Et en plus, le bonus-malus est en voie de suppression dans les assurances !

Le système d’imposer un minimum de dépenses à la charge de l’assuré est très inéquitable, puisque les assurances privées fonctionnent déjà selon ce système. Pour leurs assurés, comme pour elles, rien ne changera.

En revanche pour ceux qui ont une mutuelle, celle-ci devra augmenter les cotisations à due concurrence car elle supportera bien une dépense supplémentaire que la Sécu ne remboursera plus.

Enfin que l’on ait un revenu de 600 euros ou de 6000 ou de 60000 euros par mois, les franchises seront les mêmes, l’effort relatif étant donc sans commune mesure.

2Parce que le gain financier pour la Sécu est marginal :2

Malgré le flou volontaire du projet gouvernemental, les franchises devraient permettre à la Sécu d’économiser 850 millions d’euros. Il s’agit là d’une somme ridicule face au déficit (plus de 12 milliards annoncés quand la réforme d’il y a 3 ans avait programmé 0) et qui ne règle donc rien. Il faudra bien trouver des financements pour ce trou ! Ne parlons pasévidemment des dizaines de milliards d’impayés de l’Etat, de dégrèvements de cotisations patronaes sans contreparties en terme d’emplois, ni même de bidouillages fiscaux en tous genres (qui connait les délices du "carry-back".....non non ce n’est pas une nouvelle recette réunionnaise :-)

2Parce qu’en plus, on prend les gens pour des cons :2

Après s’être, imprudemment peut-être, avancé pendant sa campagne en pensant "boucher le trou" avec les franchises, le staff présidentiel a dû changer, précipitamment, de motivations.Dur dur d’expliquer en effet que, pour "boucher le trou" ,il faudrait non pas en moyenne 50 euros de franchise pour chacun des 17 Millions de ménages concernés mais 500 euros voire 750 euros... Salopards de comptables qui torpillent toujours les plus belles idées :-)

Exit donc le bouchage du trou, mais il fallait à tout prix sauver les franchises, objet idéologique et le programme du candidat. On a donc fait appel aux conseillers en communication, on a donné dans le pipole, ressorti le discours Marie-Chantal (Neuilly soit qui mal y pense !) et envoyé au casse-pipes la ministre de la Santé par le Sport, qui ,sans rire, avec mêmes des trémolos (moli ?) dans la voix, a fustigé l’égoïsme du français radin qui ne pourrait pas mettre 1 ou 2 euros par jour (tiens tiens...sur l’année ca fait bien éventuellement 730 euros...encore un pur hasard fabriqué de toutes pièces ou la théorie du complot :-) pour soulager les malades d’Alzheimer et du cancer.

Là il y a encore du conseiller qui a fait sa boulette et qui a dû oublier une retenue ou un zéro : le plan Cancer et le plan Alzheimer sont estimés au bas mot à 6 milliards d’euros (et on se demande d’ailleurs comment on peut estimer les besoins réels quand on est quasi-totalement ignare de l’évolution à moyen et long terme des coûts réels)...et nous revoilà dans la tite monnaie !

Que peut faire la Réunion ?

D’abord dire non, donner un signal fort et clair : il faudra que nos élus nationaux se positionnent sur le sujet, pas seulement en paroles, mais en actes et notamment pendant les votes à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Il faudra choisir son camp : l’abstention, le vote blanc et l’absence le jour du scrutin devront être compris comme une trahison envers l’immense majorité des réunionnais que le projet va agresser inutilement, pour un résultat économique qui sera marginal pour les comptes de la Sécu et désastreux en matière de santé publique et de prévention.

Ensuite, comme nous ne sommes qu’une faible part des troupes, on risque de devoir, malgré notre motivation, que nos efforts ne soient pas couronnés de succès et envisager que ce projet soit quand même voté et appliqué.

Les conséquences ici en seront fort différentes selon que le projet exonérera réellement les bénéficiaires de la CMU ( 11% de la population contre 2% en métropole ) et de la CMU complémentaire ( 41% à la Réunion contre 41%en métropole ). Et on sait qu’à quelques euros de revenus près de nombreux foyers en sont privés.

Il faudra également batailler pour obtenir qu’il soit tenu compte de quelques autres spécificités locales : surcoût de 15% de la consultation, surcoût de 30% des médicaments.

Pourquoi ne pas demander une "continuité territoriale" dans ce domaine, voire.....des "contre-franchises" ?


Forum

  • POURQUOI LA REUNION DIT NON !
    30 septembre 2007, par Jean-Pierre Espéret

    Je signe la pétition POURQUOI LA REUNION DIT NON !

    jean-Pierre Espéret

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