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A l’ONU, Al Gore réclame un traité sur le climat pour 2009

mardi 25 septembre 2007 par JMT

24 septembre 2007 – L’ancien Vice-président des États-Unis, Al Gore, qui a consacré une partie de sa carrière à sonner l’alerte sur les dangers des changements climatiques, a proposé aujourd’hui, face à l’extrême urgence, que les chefs d’Etats présents à New York se réunissent tous les trois mois jusqu’à ce qu’un traité global soit conclu, en 2010 au plus tard.

« Nous faisons face à une urgence planétaire, qui menace l’avenir de toute civilisation humaine », a déclaré Al Gore lors d’un déjeuner organisé par l’Indonésie, le Danemark et la Pologne, en marge de la Réunion de haut niveau sur les changements climatiques convoquée aujourd’hui par Ban Ki-moon. « Il s’agit d’une expression inhabituelle, mais c’est la réalité », a-t-il ajouté (webcast).

« Le temps est venu d’agir », a-t-il dit, « pour empêcher l’accumulation de la pollution responsable du réchauffement planétaire pour protéger l’avenir de l’espèce humaine ».

« Cette réunion est l’occasion de réunir l’autorité morale nécessaire pour répondre à d’autres questions comme le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, d’autres pandémies ainsi que la faim et la pauvreté », a dit Al Gore.

Al Gore a appelé à ce que la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Bali prévue pour décembre prochain confère aux pays réunis le « mandat de parvenir à un nouveau traité d’ici à 2009 ». « Ce traité doit être pleinement mis en place en 2010 : deux ans plus tôt qu’il n’est prévu à l’heure actuelle [en raison de l’expiration du Protocole de Kyoto)] ».

« On ne peut tout simplement pas attendre plus longtemps. Il peut y avoir des séries d’obligations différentes, mais tous les pays doivent participer ».

Enfin, « les chefs d’Etats devraient participer à la conférence de Bali, pour commencer. Ensuite, il faudrait qu’ils conviennent une session d’urgence de la Réunion de haut niveau sur les changements climatiques au début de l’année 2008 pour réviser les résultats de Bali, puis qu’ils se réunissent tous les trois mois jusqu’à ce qu’un traité soit convenu » a proposé Al Gore.

« Il y a trois jours seulement, un nouveau rapport scientifique, publié à l’occasion de l’équinoxe qui marque la fin de la période chaude dans l’hémisphère nord a conclu de façon choquante que la calotte polaire fond à grande vitesse », a-t-il souligné.

« Le niveau minimum de cette masse de glace était inférieur de 20% aux rapports précédents. Un million de miles carrés [2,5 millions de kilomètres carrés] de plus ont fondu, soit six fois la taille de l’Etat de Californie. Il ne reste plus quƇ,9 millions de miles carrés [4,9 millions de Km2] », a-t-il expliqué.

« A ce rythme, pendant l’été, où le pôle nord est le plus indispensable pour rafraîchir la planète pourrait totalement avoir disparu en moins de 23 ans ».

« Si jamais cela se produit, cette caractéristique de notre planète ne reviendra pas pendant des millions d’années ». « Et pourtant les scientifiques nous disent qu’il est encore temps de la sauver », a rapporté Al Gore.

« A mesure que fond le pôle nord, la pression sur le Groenland s’accélère, ainsi que le nombre de ’tremblements de terre’ des glaciers qui le recouvrent. Si jamais ces derniers tombaient dans la mer, le niveau des océans s’accroîtrait de six mètres de par le monde ».

« Il y a six mois, dans l’hémisphère Sud, un phénomène similaire s’est produit dans l’ouest de l’Antarctique, également de la taille de la Californie ». Là aussi il existe un risque d’accroissement de la montée des océans de six mètres de haut ».

« Une montée d’un mètre seulement conduirait à créer 100 millions de réfugiés du climat », a-t-il affirmé. « Six mètres feraient 450 millions de réfugiés du climat ».

Par ailleurs, tous les glaciers des Alpes, des Rocheuses et même de l’Himalaya fondent à l’heure actuelle.

Or, « le plateau du Tibet contient 100 fois plus de glace que toutes les Alpes réunies » et plus d’un milliard et demi de personnes trouvent la moitié de leur eau potable grâce à cette glace.

Dans le monde, les rivières moyennes disparaissent : le Po en Italie, le Murray-Darling en Australie, qui soutient plus de 40% de l’agriculture du continent.

« L’insécurité alimentaire s’accroît déjà. Mais l’insécurité de l’eau s’accroît encore plus vite. La sécheresse en Australie a connu des records alors même qu’elle ne s’accompagnait pas d’un phénomène El Niño ».

« Le Lac Tchad a complètement disparu en 40 ans. Les Grands Lacs d’Afrique subissent des transformations catastrophiques, les Grands Lacs d’Amérique du Nord perdent leur calotte glaciaire et leur niveau baisse rapidement ».

La mer méditerranée devient de plus en plus salée et menace de devenir un lac salé. Les coraux sont menacés au XXIème siècle à cause du réchauffement de la mer, et parce qu’on injecte 25 millions de tonnes de CO2 dans l’océan chaque 24 heures, parmi les 75 millions de tonnes de CO2 que l’on rejette dans l’atmosphère de notre planète toutes les 24 heures ».

Les ouragans et typhons sont de plus en plus nombreux. Il y a trois ans le Brésil a connu le premier ouragan de son histoire, alors que jusqu’à présent les manuels scientifiques affirmaient qu’il était impossible d’avoir un ouragan dans l’Atlantique Sud. De même le premier ouragan a frappé New York, à Brooklyn il y a deux mois à peine ».

Alors que les sols s’assèchent plus vite, les océans s’évaporent aussi, ce qui conduit à des précipitations qui causent des inondations massives. Des records ont été battus au Ghana, en Chine, en Inde, au Bangladesh et dans le monde entier. De même les vagues de chaleur, telle que celle qui a tué 35.000 personnes en Europe en 2005 sont de plus en plus fréquentes.

Le dernier hiver a été le plus chaud dans l’histoire des températures enregistrées par l’homme dans le monde. Le dernier printemps a aussi été le plus chaud en Europe ; 2005 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée ».

En parallèle, les insectes qui viennent avec la chaleur se propagent et l’extinction des espèces s’accélère ».

« En 100 ans nous avons quadruplé la population mondiale. En parallèle on utilise des technologies de plus en plus puissantes ».

Al Gore a souligné que Vénus et la Terre ont presque la même taille, la même quantité de carbone. Mais la différence est que le carbone sur Terre est enfoui dans le sol. Sur Vénus le carbone est dans l’atmosphère. La température moyenne sur terre est de 15 degrés Celsius. Sur Vénus elle est de 455 degrés et les pluies sont faites d’acide sulfurique ».

Cette comparaison est totalement pertinente, face à nos pratiques « d’extraire autant de carbone que possible de la terre et de le brûler de façon irresponsable tout en laissant les résidus dans l’atmosphère », a-t-il dit.

Al Gore a aussi établi un parallèle avec la menace nucléaire. Le réchauffement est une menace mondiale et il faut un plan Marshall qui lie la lutte contre le réchauffement à la lutte contre la pauvreté.

« Le vieux fossé entre le Nord et le Sud est obsolète ». Al Gore a appelé au recours à l’énergie propre et au développement de méthodes de capture du carbone.

Il a appelé à un moratoire sur la construction de toute nouvelle centrale à charbon qui n’ait pas la capacité de capturer le CO2. Les immeubles génèrent plus de CO2 que les voitures et les camions réunis, a-t-il aussi fait observer.

Enfin il faut « renforcer les capacités » et cela est vrai pour les pays en développement comme pour les pays développés.

« Nos institutions politiques sont sclérosées. Il faut surmonter la paralysie, au lieu de passer son temps à s’intéresser à Anna Nicole Smith, O.J. Simpson et Paris Hilton », a-t-il ironisé.

Nos enfants nous demanderont soit « Pourquoi n’avez-vous rien fait », soit « Comment avez-vous trouvé la force morale de réagir ». J’espère que c’est la deuxième question qu’ils nous poseront, a affirmé Al Gore.

Al Gore a organisé les premières audiences du Congrès américain sur les déchets toxiques à la fin des années 1970 et sur le réchauffement climatique dans les années 80. Il a vivement poussé à la signature du Protocole de Kyoto. Il a fait de nombreuses présentations d’un exposé sur les changements climatiques intitulé « An Inconvenient Truth » [Une vérité qui dérange] dont la version documentaire a reçu un Oscar en 2007.

Le repaire de Là-Bas si j’y Suis a projeté des extraits du film d’Al Gore "Une vérité qui dérange" lors de sa 22è séance le 9 Août 2007.

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