AID Association initiatives dionysiennes
L’Arctique fond et le delta du Nil voit ses plages recouvertes

SILENCE, ON COULE ?

La société civile se mobilise face aux atermoiements des politiques

dimanche 25 octobre 2009 par JMT

Des milliers de manifestants se sont réunis de Sydney à Stockholm en passant par Paris, Londres, Berlin ou Madrid, pour mobiliser l’opinion publique mondiale sur le problème du réchauffement climatique cinq semaines avant la conférence de Copenhague.

Plusieurs milliers de manifestants ont donné samedi à Sydney le coup d’envoi de la journée mondiale pour le climat destinée à mobiliser l’opinion publique à cinq semaines de la conférence de Copenhague.

Peter Wadhams, universitaire de Cambridge qui étudie la région depuis les années 1960, estime que d’ici 20 ans le pôle sera entièrement libre de glaces l’été, et que la plus grande partie de la banquise aura disparu dans les 10 ans.

Une nouvelle méthode d’analyse des sédiments a permis de reconstituer les niveaux de CO2 durant les derniers 20 millions d’années. Il faut remonter 15 millions d’années en arrière pour trouver un niveau de CO2 proche des 387 ppm actuels.

En Egypte, la région du Delta risque de subir une catastrophe naturelle de très grande ampleur d’ici 2020, à moins que des mesures d’urgence ne soient prises pour améliorer la gestion des maigres ressources en eau douce et trouver des solutions pour atténuer les effets de la montée du niveau de la mer, d’après des sources gouvernementales.

Des milliers de manifestants dans le monde pour la Journée pour le Climat

NEW YORK (AFP) - 24/10/09 23h17

Des milliers de manifestants se sont réunis de Sydney à Stockholm en passant par Paris, Londres, Berlin ou Madrid, pour mobiliser l’opinion publique mondiale sur le problème du réchauffement climatique cinq semaines avant la conférence de Copenhague.

Manifestation à Istanbul pour mobiliser l’opinion publique mondiale sur le problème du réchauffement climatique, le 24 octobre 2009.

Le coup d’envoi de cette Journée mondiale pour le Climat a été donné à Sydney où plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés au port et sur la célèbre plage de Bondi.

Ils ont déployé des banderoles avec le nombre "350", allusion à la concentration de CO2 dans l’atmosphère : 350 parties par million (ppm), un chiffre à ne pas dépasser pour éviter un réchauffement climatique ingérable, disent certains scientifiques.

Des protestataires ont formé sur les marches de l’Opéra de Sydney le même nombre 350 avec leurs corps, tandis que les cloches de la cathédrale ont retenti 350 fois.

A Londres plus de 600 personnes se sont rassemblées aux abord de la Tamise pour former le chiffre 5. Une photo aérienne de ce rassemblement sera ajoutée aux autres rassemblements qui ont formé ailleurs dans le monde les chiffres ’3" et "O" afin d’écrire le nombre 350, a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’organisation "Campaign against Climate change".

A New York, un rassemblement était prévu à Times Square vers 20H00 GMT.

A Paris, les manifestants —quelque deux cents personnes— ont choisi un autre symbole : ils ont fait sonner leurs téléphones portables et de gros réveils à 12H18 précises, pour faire référence au jour de clôture de la conférence sur le climat prévue à Copenhague du 7 au 18 décembre.

Les manifestants ont voulu ainsi "réveiller" les politiques, le président Nicolas Sarkozy en tête, afin qu’ils se préparent à cette conférence qui sera précédée d’un sommet européen les 29 et 30 octobre. "Nicolas, réveille-toi", pouvait-on lire sur une banderole.

La conférence de Copenhague, considérée comme cruciale, est destinée à établir un nouveau traité international sur le climat pour remplacer le Protocole de Kyoto qui expire en 2012.

Mais le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen a déjà prévenu que les discussions sur le climat n’allaient pas assez vite pour qu’un accord international puisse être conclu à Copenhague.

A Stockholm, une trentaine de manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville sous une banderole exigeant "des discussions sur le climat tout de suite".

A Berlin, quelque 350 manifestants, portant des masques à l’effigie de la chancelière allemande Angela Merkel, se sont réunis devant la Porte de Brandebourg, dans le centre de la capitale. "Le temps du +peut-être bien qu’oui, peut-être bien qu’non+ est passé", affirmait une banderole.

Dans la ville serbe de Novi Sad, 350 personnes ont également écrit le chiffre 350 de leurs silhouettes. A Prague, une trentaine de militants écologiques ont distribué 350 ballons noirs avec l’inscription "CO2" sur la place de la vieille ville.

Enfant manifestant à Istanbul pour mobiliser l’opinion publique mondiale sur le problème du réchauffement climatique, le 24 octobre 2009.

Des militants pour la défense de l’environnement ont manifesté à Istanbul sur un bateau, déployant une banderole sur laquelle on pouvait lire : "Le Soleil, le vent, maintenant".

De manière symbolique ils avaient placé leur embarcation sous le principal pont qui enjambe le Bosphore et relie l’Europe à l’Asie. "Emplois, climat, justice", réclamait une autre banderole.

Sur la Puerta del Sol, au centre de Madrid, des membres de la Plateforme contre le changement climatique, composée d’organisations sociales, écologistes et syndicales, ont mis en scène une parodie intitulée les "conséquences catastrophiques du changement climatique sur la planète".

Sydney donne le coup d’envoi de la Journée mondiale pour le climat

SYDNEY (AFP) - 24/10/09 12h59

Plusieurs milliers de manifestants ont donné samedi à Sydney le coup d’envoi de la journée mondiale pour le climat destinée à mobiliser l’opinion publique à cinq semaines de la conférence de Copenhague.

Des manifestants dessinent le nombre "350" comme 350 ppm, concentration de CO2 dans l’atmosphère à ne pas dépasser pour éviter la surchauffe climatique, le 24 octobre 2009 à Sydney.

Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis sur la célèbre plage de Bondi et sur le pont du port de Sydney, où il ont déployé des banderoles affichant le nombre "350".

Ce chiffre fait référence à la concentration de CO2 dans l’atmosphère - 350 parties par million (ppm) contre environ 385 ppm aujourd’hui - à ne pas dépasser pour éviter un réchauffement ingérable, selon certains scientifiques.

Des protestaires ont également assisté à un concert de plein air sur les marches de l’Opéra, où ils ont formé le nombre 350 avec leurs corps.

Les habitants de Sydney ont aussi été gratifiés d’une volée de cloches de la cathédrale qui ont tinté 350 fois.

Plus de 200 actions sont prévues à travers le pays-continent, a indiqué une porte-parole Blair Palese.

"Nos émissions sont actuellement dangereusement élevées, à 387 (parties par million)", a-t-elle dit.

Quelque 4.000 actions similaires sont prévues dans 170 pays, selon elle.

L’Australie s’est engagée à réduire jusqu’à 25% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport au volume de ceux de 2000, soit 15% de plus que ce qui était prévu.

Le gouvernement australien a cependant précisé que cet objectif ne serait tenu que si les dirigeants internationaux s’accordaient sur des réductions "ambitieuses" lors du sommet de Copenhague sur le climat en décembre.

La conférence de Copenhague, du 7 au 18 décembre, est destinée à établir un nouveau traité international sur le climat pour remplacer le Protocole de Kyoto qui expire en 2012

L’Arctique sera libre de glace d’ici 20 ans, estime un expert britannique

Contre Info 15 octobre 2009

Peter Wadhams, universitaire de Cambridge qui étudie la région depuis les années 1960, estime que d’ici 20 ans le pôle sera entièrement libre de glaces l’été, et que la plus grande partie de la banquise aura disparu dans les 10 ans.

Plongeur sous-glaciaire

Par David Shukman, BBC, 14 octobre 2009 (extrait)

De toute évidence, les transferts d’énergie résultant du différentiel thermique entre l’équateur et le pôle seront notablement affectés. La boite de Pandore est désormais bien plus qu’entrouverte. Dans l’immédiat, de façon plus prosaïque, les expéditions polaires ne peuvent d’ores et déjà plus compter sur les chiens de traineau, en raison des nombreuses zones d’eau libre parsemant la banquise.

L’océan Arctique pourrait être en grande partie libre de glace et ouvert à la navigation pendant l’été d’ici dix ans, estime un expert des régions polaires.

« C’est comme si l’homme avait retiré le couvercle au nord de la planète », déclare le professeur Peter Wadhams, de l’Université de Cambridge, qui étudie les glaces de l’Arctique depuis les années 1960.

Le professeur Wadhams a communiqué à Londres les résultats obtenus par l’expédition Catlin en Arctique, qui a parcouru 435 km à travers les glaces cette année.

L’équipe dirigée par l’explorateur Pen Hadow a mesuré que la banquise avait en moyenne 1,8 m d’épaisseur - ce qui est typique des glaces vieilles seulement d’un an, qui se forment au cours de l’hiver et sont les plus vulnérables à la fonte.

Etant donné le trajet effectué par cette mission - au nord du Canada - elle s’attendait à traverser des zones de glaces vieilles de plusieurs années, plus épaisses et plus résistantes.

En incluant les crêtes de glace présentes entre les morceaux du pack, l’expédition a mesuré une épaisseur moyenne de 4,8m.

Le professeur Wadhams estime que « les données obtenues par la mission Catlin en Arctique confirment le consensus actuel, basé sur la variation saisonnière de l’étendue et de l’épaisseur de la glace, les variations de températures, des vents et surtout de la composition de glace. L’Arctique sera libre de glace durant l’été d’ici 20 ans, et une grande partie de ce phénomène prendra place dans les 10 ans. »

« Cela signifie que l’on sera en mesure de considérer l’Arctique comme s’il s’agissait essentiellement d’une mer ouverte durant l’été, permettant le transport à travers cet océan. »

Selon le professeur Wadhams, dans le court terme, cette fonte des glaces permettra un trafic maritime plus rapide et facilitera l’accès aux réserves pétrolières et gazières.

Mais à plus long terme, cette disparition d’une caractéristique jusqu’alors permanente de la planète risque d’accélérer le réchauffement climatique, de transformer les schémas de circulation dans les océans et l’atmosphère, et d’avoir des effets inconnus sur les écosystèmes en raison de l’acidification des eaux.

Des difficultés techniques ont contraint l’équipe à procéder manuellement aux forages dans la glace, ce qui a ralenti sa progression et entrainé l’abandon de l’objectif d’atteindre le pôle nord.

Pen Hadow Pen considère que si cette expédition n’a pas permis de réaliser « un grand bond en avant dans la compréhension » du pôle, elle n’en a pas moins été utile, représentant une étape supplémentaire dans les recherches scientifiques tentant de répondre aux questions clés sur l’Arctique.

Le professeur Wadhams partage cette opinion et précise que l’expédition a fourni des renseignements sur la glace qui n’étaient pas disponible à partir de satellites, et que par ailleurs aucun sous-marin n’était disponible à cette période pour mener des recherches scientifiques.

Pen Hadow se dit choqué par la façon dont on observe de son vivant « une transformation de l’image de la planète vue de l’espace. »

Il estime également que les explorateurs polaires devront changer leurs méthodes héritées de l’époque où les traineaux pouvaient être tirés par des chiens sur la glace.

« Les chiens peuvent nager, mais ils ne peuvent tracter un traineau dans l’eau, ce qui est désormais nécessaire. »

« Aujourd’hui, nous devons porter des combinaisons d’immersion et nager. Nous avons besoin de traîneaux qui peuvent flotter. Je prévois des traîneaux ressemblant plutôt à des canoës que l’on pourra aussi trainer sur la glace. »

Publication originale BBC, traduction Contre Info

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Paléo Climat : A 400 ppm de CO2, la terre était plus chaude de 3 à 6°C et les mers plus hautes de 25 à 40 mètres

12 octobre 2009

Une nouvelle méthode d’analyse des sédiments a permis de reconstituer les niveaux de CO2 durant les derniers 20 millions d’années. Il faut remonter 15 millions d’années en arrière pour trouver un niveau de CO2 proche des 387 ppm actuels.

Illustration : Aradhna K. Tripati

A cette époque, durant le Miocene, l’athmosphère contenait 400 ppm de CO2. Les températures étaient alors supérieures de 3 à 6°C par rapport à aujourd’hui, et le niveau des mers de 25 à 40 mètres. Selon ses auteurs, cette nouvelle étude apporte la preuve du très fort couplage entre niveau de CO2 et climat.

Par Stuart Wolpert, UCLA, 8 octobre 2009

Il faut remonter au moins 15 millions d’années en arrière pour retrouver des niveaux de dioxyde de carbone aussi élevés qu’aujourd’hui, révèle une étude scientifique publiée le 8 octobre dans l’édition en ligne du journal Science.

« La dernière fois que les niveaux de dioxyde de carbone étaient apparemment aussi élevés qu’ils le sont aujourd’hui - et sont restés à ces niveaux - la température globale était supérieure de 3 à 6 degrés Celsius par rapport à aujourd’hui, le niveau des mers était plus haut d’environ 25 à 40 mètres, il n’y avait pas de banquise permanente en Arctique et très peu de glace sur l’Antarctique et au Groenland », précise Aradhna Tripati, qui a dirigé cette étude et est professeur assistant à l’UCLA dans le département des Sciences de la Terre et de l’Espace et au Département des Sciences de l’Atmosphère et de l’Océan.

« Le dioxyde de carbone est un puissant gaz à effet de serre, et les observations géologiques dont nous disposons maintenant pour les 20 derniers millions d’années étayent fortement l’idée que c’est un agent important du changement climatique durant l’histoire de la Terre, dit-elle.

En analysant la composition chimique des bulles d’air emprisonnées dans les glaces de l’Antarctique, les scientifiques ont pu déterminer la composition de l’atmosphère terrestre en remontant aussi loin que 800 000 années, et ils ont acquis une bonne compréhension de la façon dont les niveaux de dioxyde de carbone ont varié dans l’atmosphère depuis cette époque. Mais avant cette étude il n’existait pas de consensus sur la façon de reconstruire les niveaux de dioxyde de carbone au-delà de 800 000 ans.

Avant de rejoindre l’UCLA, Mme Tripati faisait partie d’une équipe de recherche de l’Université de Cambridge en Angleterre, qui a développé une nouvelle technique pour évaluer les niveaux de dioxyde de carbone dans un passé beaucoup plus lointain - en étudiant les ratios entre le bore et le calcium de sédiments marins. Elle a utilisé cette méthode pour déterminer la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère de la Terre jusqu’à 20 millions d’années en arrière.

« Nous sommes en mesure, pour la première fois, de reproduire avec précision les niveaux de CO2 mesurés dans les bulles des carottes de glace durant les 800 000 dernières années », indique Mme Tripati. « Ce qui suggère que la technique que nous utilisons est valide. »

« Nous avons ensuite appliqué cette technique pour étudier l’histoire de dioxyde de carbone entre moins 800 000 ans et moins 20 millions d’années, dit-elle. « Nous avons des preuves établissant un couplage très étroit entre les niveaux de dioxyde de carbone et le climat.

Lorsque l’on trouve des preuves de l’extension des calottes glaciaires en Antarctique ou au Groenland ou de la croissance de la banquise dans l’océan Arctique, nous observons une modification spectaculaire des niveaux de dioxyde de carbone au cours des 20 derniers millions d’années. »

« Ce qui est un peu dérangeant », note Mme Tripati, « c’est que la seule fois au cours des 20 derniers millions d’années où nous trouvons des preuves d’un niveau de dioxyde de carbone similaire au niveau actuel de 387 ppm se situe il y a 15 à 20 millions d’années de cela, lorsque la planète était radicalement différente. »

Les niveaux de dioxyde de carbone ont varié entre 180 et 300 ppm au cours des 800 000 dernières années - jusqu’à ces dernières décennies, rappelle M. Tripati, qui est également membre de l’Institut de géophysique et de l’UCLA. On savait que les niveaux actuels de CO2 sont sans précédent au cours des 800 000 dernières années, mais la constatation qu’ils n’avaient pas été atteints depuis 15 derniers millions d’années est nouvelle.

Avant la révolution industrielle de la fin du 19ème, le niveau de CO2 était d’environ 280 parties par million. Ce chiffre a très peu changé au cours des 1000 dernières années. Mais depuis la révolution industrielle, le niveau de CO2 s’est élevé et risque d’exploser si rien n’est fait pour inverser la tendance, prévient-elle.

« Au cours du Miocène moyen (environ de -14 à -20 millions d’années), les niveaux de dioxyde de carbone sont restés à environ 400 ppm, proche de la où nous en sommes aujourd’hui » indique la chercheuse. « Globalement, les températures étaient de 3 à 6°C plus chaudes, une différence énorme. »

La technique mise en œuvre par Mme Tripati a un taux d’incertitude moyen de seulement 14 parties par million.

« Nous pouvons désormais nous prononcer en confiance sur la manière dont le dioxyde de carbone a varié tout au long de l’histoire », juge-t-elle.

Au cours des 20 derniers millions d’années, les principaux évènements liés au climat incluent l’apparition soudaine de la glace en Antarctique, il y a environ 14 millions d’années et une hausse du niveau des mers d’environ 25 à 40 mètres.

« Nous avons montré que cette augmentation spectaculaire du niveau de la mer est associée à une augmentation des niveaux de CO2 d’environ 100 ppm, un changement énorme », dit-elle.

« Ces données apportent la première preuve que le CO2 pourrait être lié à des changements environnementaux, tels que les changements dans l’écosystème terrestre, la distribution des glaces, le niveau des mers et l’intensité de la mousson. »

Aujourd’hui, l’océan Arctique est recouvert d’une banquise toute l’année, et ce depuis environ 14 millions d’années.

« Avant cela, il n’y avait pas de présence permanente de la banquise dans l’Arctique », note-t-elle.

Certaines projections montrent que les niveaux de CO2 pourraient atteindre 600 ou même 900 ppm durant le siècle prochain si aucune mesure n’est prise pour réduire les émissions.

Ces niveaux ont pu être atteints sur Terre il ya 50 millions d’années ou plus, déclare Mme Tripati, qui travaille pour pousser ses investigations beaucoup plus loin en arrière que 20 millions d’années et étudier les derniers 20 millions d’années en détail.

Il y a plus de 50 millions d’années, il n’y avait pas de calotte glaciaire sur Terre, et les déserts s’étendaient aux zones subtropicales. La planète était radicalement différente.

Les Co-auteurs de l’étude sont Christopher Roberts, Ph.D. étudiante au département des sciences de la Terre à l’Université de Cambridge, et Robert Eagle, un chercheur postdoctoral à la Division des sciences géologiques et planétaires au California Institute of Technology.

« Je cherche à comprendre comment le cycle du carbone et le climat ont été couplés, et pourquoi ils ont été couplés, sur une échelle de plage de temps allant de plusieurs centaines d’années à des dizaines de millions d’années », précise-t-elle.

Publication originale UCLA, traduction Contre Info

L’Egypte s’inquiète des conséquences de la montée du niveau de la mer sur le Delta du Nil

7 octobre 2009

En Egypte, la région du Delta risque de subir une catastrophe naturelle de très grande ampleur d’ici 2020, à moins que des mesures d’urgence ne soient prises pour améliorer la gestion des maigres ressources en eau douce et trouver des solutions pour atténuer les effets de la montée du niveau de la mer, d’après des sources gouvernementales.

Delta du Nil

IRIN, 7 octobre 2009

Le pays est confronté à une double menace : les besoins en eau risquent de dépasser les ressources d’ici 2017, et l’élévation du niveau de la mer au cours des prochaines décennies pourrait provoquer l’inondation d’une grande partie de la région fertile du delta, où vivent 60 pour cent des 78 millions d’habitants du pays.

« De nombreuses villes et zones urbaines situées dans la partie nord du delta seront touchées par la hausse du niveau de la Méditerranée dès 2020, et environ 15 pour cent des terres du delta sont [déjà] exposées aux risques liés à l’élévation du niveau de la mer et à l’infiltration [de l’eau salée] dans les nappes souterraines », a dit George Maged, ministre de l’Environnement, lors d’une commission parlementaire, il y a quelques mois.

Mohamed al-Raey, de l’Université d’Alexandrie, a dit à IRIN, au Caire, que l’inondation avait déjà commencé, au sens où le niveau de la Méditerranée s’élève de deux centimètres par an depuis une dizaine d’années. « Certaines parties du littoral égyptien sont déjà inondées », a-t-il déclaré, ajoutant que la région devait s’attendre à subir des tempêtes de sable plus fréquentes et des périodes de sécheresse plus longues, suivies d’inondations.

D’après des chercheurs, le niveau de la Méditerranée devrait gagner 30 à 100 centimètres d’ici la fin du siècle. Si le niveau de la mer s’élevait d’un mètre, Alexandrie serait submergée.

Le Caire a alloué 300 millions de dollars à la construction de murs en béton destinés à protéger les plages d’Alexandrie, dans le cadre d’une « étude stratégique nationale » visant à lutter contre les inondations à venir.

« A présent, l’Etat égyptien prévoit de protéger les plages du nord, mais après cette étape, le gouvernement sera obligé de faire appel à l’aide internationale », a dit à IRIN Hussein Al-Atfy, secrétaire de la Commission nationale égyptienne sur l’irrigation et le drainage, ajoutant que le coût des mesures préventives était trop élevé pour être pris en charge par l’Egypte seule.

« Pauvreté en eau »

Les pénuries d’eau frappent déjà les populations les plus pauvres - en particulier dans les zones situées à proximité des nouveaux projets de développement urbain, car d’importantes quantités d’eau sont utilisées pour satisfaire les besoins croissants des nouvelles zones d’habitation, au détriment des zones défavorisées.

« Si nous voulons maintenir la sécurité économique, physique et environnementale de l’Egypte et de la région, il faut absolument adopter de nouvelles stratégies politiques, et développer un système de gestion de l’eau qui convienne à tous les Egyptiens », a dit à IRIN Diaa Al-Qusi, ancienne consultante au ministère des Ressources en eau.

La réduction du débit du Nil, combinée à la forte croissance de la population égyptienne, exercent déjà une pression sur la production agricole. Le ministère du Commerce a prolongé à 2010 une interdiction d’exporter certaines céréales cultivées dans le pays, telles que le riz, dont la production consomme de grandes quantités d’eau.

D’après Mahmoud Abdel Halim Abu Zeid, ministre des Travaux publics et des ressources en eau, l’Egypte « est d’ores et déjà entrée dans le cycle de la pauvreté en eau ».

Dans un rapport publié récemment, le Centre d’information et d’aide à la décision, un organisme gouvernemental de recherche, a estimé que les besoins en eau de l’Egypte s’élèveraient à 86,2 milliards de mètres cube en 2017, tandis que les ressources n’atteindraient que 71,4 milliards de mètres cube.

En 2006, les ressources en eau de l’Egypte étaient de 64 milliards de mètres cube, dont 55,5 milliards, soit 87 pour cent, provenaient du Nil. Mais le rapport prévoit que d’ici 2017, le Nil ne fournira plus que 80,5 pour cent des ressources en eau du pays.

Risque de conflit militaire

Cette situation problématique est aggravée par les revendications des 10 autres pays du bassin du Nil, qui souhaitent exploiter une plus grande partie des eaux du Nil, afin de compenser la diminution des précipitations.

Alors que l’Egypte et le Soudan sont les plus grands consommateurs des eaux du Nil, les autres pays, situés en amont, demandent une révision de l’accord de 1929 conclu entre l’Egypte et la Grande-Bretagne, qui organise la répartition des eaux du Nil en attribuant à l’Egypte le quota d’exploitation le plus important.

Cet accord, qui n’est pas reconnu par les huit autres pays du bassin du Nil, garantit à l’Egypte l’exploitation annuelle d’un volume d’eau de 55,5 milliards de mètres cubes.

Certains experts avertissent qu’un conflit militaire pourrait éclater entre les 10 pays du bassin du Nil au sujet de la répartition des ressources en eau, si ces différends ne sont pas résolus à temps.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères considère l’exploitation des eaux du Nil comme un enjeu de sécurité nationale, et explique que, contrairement aux autres pays concernés, l’Egypte ne dispose pas d’autre source d’eau douce.

« L’eau du Nil est un enjeu de sécurité nationale pour l’Egypte, et l’ancien président du pays, Mohamed Anwar Sadat, avait menacé d’avoir recours à la force militaire si un Etat du bassin du Nil tentait de faire amender l’accord de 1929 », a dit à IRIN Hani Raslan, du Centre d’études politiques et stratégiques d’Al-Ahram.

Publication originale IRIN


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