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POSTE : LES MENACES SE PRECISENT !

Mais la lutte s’organise

mardi 22 septembre 2009 par JMT

Le projet de loi sur le changement de statut de La Poste a été présenté en conseil des ministres. L’inquiétude demeure chez les salariés et les syndicats de la Poste.

L ’appel à la grève nationale à la Poste contre le projet de loi de transformation en société anonyme a été suivi mardi par 22,2% des postiers selon la direction et 40% selon les syndicats, qui comptent sur la "votation citoyenne" organisée fin septembre auprès des usagers.

La Poste - Estrosi : "La Poste restera à 100% publique"

DjS (avec agences) le 29/07/2009 - 13h34

Le projet de loi sur le changement de statut de La Poste a été présenté en conseil des ministres. L’inquiétude demeure chez les salariés et les syndicats de la Poste.

Crédit Photo : Photothèque de La Poste

Un dernier conseil des ministres mais un dernier conseil bien chargé pour Christian Estrosi. Le ministre de l’Industrie a présenté ce matin en conseil des ministres son projet de loi sur le changement de statut de La Poste. Cette-dernière deviendra le 1er janvier prochain une société anonyme de "capitaux 100% publics", et non plus un établissement public.

La France se conforme ainsi à une décision de la Commission européenne. Cette réforme doit permettre une "recapitalisation" de 2,7 milliards d’euros, a précisé Luc Chatel en rendant compte à la presse du projet de loi. La Caisse des Dépôts et Consignations (1,5 milliard d’euros) et l’Etat (1,2) vont souscrire à cette augmentation de capital.

Il s’agit de "moderniser et "d’adapter" La Poste à l’ouverture totale à la concurrence à compter du 1er janvier 2011. "La mission de service public est maintenue et confortée en étant inscrite dans la loi", a ajouté Luc Chatel. Le statut des agents de la Poste restera également "inchangé", avec "60% de fonctionnaires et le reste de contractuels", a-t-il dit.

L’inquiétude demeure chez les salariés et les syndicats de la Poste de voir se dégrader leurs conditions de travail et le service public rendu aux usagers. Le texte devrait être présenté aux parlementaires à la rentrée.

La plupart des syndicats de postiers s’y opposent, malgré les tentatives du ministre de l’Industrie de les rassurer. Mercredi matin encore sur France Info, Christian Estrosi a martelé que : "La Poste restera à 100% publique." Il a également assuré que seraient confortées les missions publiques : service universel du courrier, aménagement du territoire, accessibilité bancaire et distribution de la presse.

La ministre de l’Economie Christine Lagarde a assuré de son côté que le projet n’avait pas pour objectif de "liquider" La Poste. "On maintient précisément le service public universel de La Poste, on maintient tous les points de contact, on maintient le courrier délivré six jours sur sept, on maintient le tarif du timbre le même partout en France, on maintient le statut du personnel qu’il s’agisse des contractuels ou des fonctionnaires", a énuméré la ministre.

Des suppressions d’emplois

Mardi, plusieurs dizaines de postiers d’Ile-de-France, à l’appel de la CGT, FO et Sud-PTT, se sont rassemblés devant Bercy pour rappeler leur opposition au texte qui, selon eux, conduira à terme à la "privatisation". Ils s’inquiètent notamment pour les effectifs, comme Benoît Martin (CGT) qui dit "craindre que les réductions d’effectifs s’intensifient, car actuellement 70% des dépenses concernent la masse salariale".

Depuis 2002, déjà 50.000 emplois ont été supprimés, affirme Régis Blanchot (Sud-PTT), rappelant que La Poste a décidé en avril du non-remplacement de quatre postiers sur cinq quittant La Poste (au lieu d’un sur deux) au service courrier. "Il suffit de voir ce qui se passe ailleurs. La poste hollandaise, qui est une société anonyme, a annoncé 11.500 suppressions d’emplois, après avoir imposé une baisse des salaires de 15%", ajoute Jean-François Lascoux (FO).

Un référendum et une grève

La CGC et l’Unsa, bien que "favorables à une évolution du statut", ne soutiennent pas la réforme non plus, demandant une "inscription dans la loi du caractère pérenne du recours à des capitaux publics", et une "prise en charge effective par l’Etat du financement des activités et missions de services public".

Le PS a jugé que le texte n’était pas "justifié" et a réitéré "sa demande d’un référendum". Son porte-parole Benoît Hamon a plaidé mercredi contre le projet, qualifiant notamment de "mensonge" l’argument de contraintes européennes.

"La directive européenne prévoit la mise en concurrence, elle ne prévoit absolument pas le fait que l’on doive privatiser la Poste. Il n’y a aucun article de la directive européenne qui concerne le statut de la Poste au sens où il faudrait la faire passer de statut public à une société anonyme", a-t-il expliqué sur Europe 1.

La Poste, ce n’est "pas n’importe quoi, c’est un des grands services publics. C’est, dans plusieurs territoires en milieu rural comme en milieu urbain, un des seuls endroits où subsiste parfois le drapeau de la République, c’est-à-dire un des grands services publics qui demeurent".

Le "maintien d’un haut niveau de service public" est "à nos yeux remis en cause, comme aux yeux de la plupart des organisations de gauche et des syndicats, par la réforme mise en œuvre par le gouvernement", a-t-il ajouté.

Le Comité national contre la privatisation de La Poste, regroupant 80 organisations, syndicats, associations et partis (dont PS, PCF et Verts), a prévu d’organiser le 3 octobre un référendum à bulletins secrets dans les mairies et devant les bureaux de poste. CGT, Sud, FO et CFTC prévoient "une journée nationale unitaire de grèves et de manifestations en septembre".

France La Poste : des milliers de manifestants, 22,2% de grévistes selon la direction, 40% pour les syndicats

PARIS (AFP) - 22/09/09 23h44

L ’appel à la grève nationale à la Poste contre le projet de loi de transformation en société anonyme a été suivi mardi par 22,2% des postiers selon la direction et 40% selon les syndicats, qui comptent sur la "votation citoyenne" organisée fin septembre auprès des usagers.

Des postiers manifestent à Paris le 22 septembre 2009.

Les cinq syndicats organisant la grève (CGT, Sud, CFDT, FO, CFTC) pèsent 94% des voix aux élections professionnelles et jugent que l’Etat peut financer La Poste via des dotations en capital, sans créer une société par actions, prélude, selon eux, à une privatisation.

"Les chiffres de grévistes sont "comparables à ceux de 2008. Manifestement les messages pour rassurer les postiers ne sont pas passés", a déclaré la CGT dans un communiqué rappelant les deux journées nationales de grève contre les risques de privatisation, du 23 septembre et du 22 novembre 2008. Le gouvernement avait annoncé le 5 mai le report après l’été du projet de loi.

La direction, qui avait annoncé 24,7% de grévistes le 23 septembre 2008 et 4,7% le samedi 22 novembre a de nouveau démenti inclure des salariés en congés dans le calcul des non-grévistes.

La figure de proue du NPA, Olivier Besancenot participe à la manifestation des postiers en grève le 22 septembre 2009 à Paris.

"Les chiffres de l’entreprise sont approximatifs. Dans le Puy-de-Dôme, on avait vérifié le 23 septembre 2008 : 946 salariés sur les feuilles de présence" pour "1.397 salariés" dans le calcul de la Poste, a déploré Colette Duynslaeger, secrétaire générale de la CGT Postes.

La manifestation parisienne a rassemblé entre 2.300 personnes, selon la police, et 4.000, selon les syndicats, chiffres similaires aux précédentes journées de grève "contre la privatisation".

En tête de cortège, une postière grenobloise, contractuelle depuis 1995, Corinne Py, a expliqué à l’AFP qu’elle "aimait son métier et n’avait rien contre La Poste".

La Poste "va entrer en bourse, les postiers entrent dans la Bourse", a déclaré Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, qui a tenu une assemblée générale-surprise dans le palais Brongniart, avec une cinquantaine de facteurs.

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, et une cinquantaine de postiers sont entrés mardi 22 septembre dans l’ancien siège de la Bourse à Paris, pour protester contre la réforme du statut de La Poste.

Les manifestations avaient réuni dès le matin 300 personnes à Strasbourg, de 250 à 500 à Bordeaux, de 450 à 2.000 à Marseille, 450 à Rennes et plusieurs centaines à Grenoble, Roanne (Loire), Lille et Nice.

Manifestation contre le changement de statut de La Poste, le 22 septembre 2009 à Marseille

Un millier de manifestants selon les syndicats, 500 selon la police, ont défilé à Toulouse avec de nombreuses affiches vantant la "votation citoyenne" organisée dans toute la France du 28 septembre au 3 octobre par un Comité national contre la privatisation de La Poste.

Le PS a écrit à tous ses élus pour leur demander d’en assurer l’organisation matérielle dans les mairies.

La CGT a estimé dans un communiqué que c’était le prochain rendez-vous pour l’intersyndicale, même si les grévistes parisiens se retrouveront mercredi, à 10H00, devant le bureau de Château-Rouge (18e arrondissement) où une grève se poursuit depuis le 7 septembre.

La ministre de l’Economie Christine Lagarde a cependant rappelé mardi sur France Inter qu’il n’était "pas question de privatiser La Poste", et exclu que le projet de loi puisse faire l’objet d’un référendum organisé par l’Etat.

La ministre ayant déclaré qu’Olivier Besancenot, "ne passe pas beaucoup de temps à distribuer le courrier", l’intéréssé lui a donné "rendez-vous" mercredi à 6H00, au bureau de poste de Neuilly, pour "faire la tournée" avec lui.

La première secrétaire du PS, Martine Aubry a estimé qu’il s’agissait "d’une privatisation" risquant "de remettre en cause des choses essentielles pour les Français", ce qui lui a valu de se faire accuser de "mensonge" par le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand.

VIDEOS

Grève : La Poste à guichets fermés

Le 22 septembre 2009 - 20h15

Les postiers étaient en grève ce mardi, contre un changement de statut de La Poste. Malgré les assurances du gouvernement, ils craignent à terme la privatisation..

Par TF1

La Poste : Journée de mobilisation contre la réforme de la Poste

Le 22 septembre 2009 - 13h15

Une journée nationale de mobilisation des fonctionnaires de La Poste contre le changement de statut de l’entreprise. Reportage à Marseille..

Par TF1


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