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L’ancien vice-président de la Banque Mondiale remet son rapport à la Sorbonne

LE RAPPORT STIGLITZ REMIS A SARKOZY

Des idées intéressantes, rien de transcendant, va-t-on les mettre en oeuvre ?

vendredi 18 septembre 2009 par JMT

Depuis plus d’une dizaine d’années, la sociologue Dominique Méda critique les insuffisances du PIB. L’une des premières, elle a souligné l’incapacité de cet indicateur de richesse à tenir compte des inégalités, de la santé sociale et de la dégradation environnementale. La Vie des Idées a recueilli son analyse après la publication du rapport coordonné par Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi.

Le rapport Stiglitz sur la mesure de la richesse nationale, remis lundi à Nicolas Sarkozy, préconise de compléter le produit intérieur brut (PIB) par d’autres indicateurs afin de mesurer le progrès social et le bien-être des individus. Détails.

Partant du constat que la croissance ne profite pas à tous de la même manière, le rapport Stiglitz sur la mesure de la richesse nationale recommande de compléter le produit intérieur brut par d’autres indicateurs axés sur l’individu et le développement durable.

Après le rapport Stiglitz, comment mesurer la richesse ? Questions à Dominique Méda

[par Nicolas Delalande & Audrey Williamson [15-09-2009]->http://www.laviedesidees.fr/Apres-le-rapport-Stiglitz-comment.html]

Depuis plus d’une dizaine d’années, la sociologue Dominique Méda critique les insuffisances du PIB. L’une des premières, elle a souligné l’incapacité de cet indicateur de richesse à tenir compte des inégalités, de la santé sociale et de la dégradation environnementale. La Vie des Idées a recueilli son analyse après la publication du rapport coordonné par Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi.

Dominique Méda est membre du collectif Fair (Forum pour d’autres indicateurs de richesse).

Sommaire des vidéos :

Le rapport Stiglitz introduit-il une rupture dans la façon dont on mesure la richesse d’un pays ?

Le rapport propose-t-il néanmoins des idées originales, de nouveaux types d’indicateurs ?

Y a-t-il des exemples étrangers ou locaux d’utilisation d’indicateurs alternatifs dont on pourrait s’inspirer ?

Est-ce qu’il revient aux experts de définir les indicateurs de la richesse et du bien-être d’une société ? Que pensez-vous des usages politiques éventuels de ce rapport ?

Le rapport Stiglitz préconise de mesurer le bien-être

DEV. DURABLE - Actu-Environnement.com - 15/09/2009

Le rapport Stiglitz sur la mesure de la richesse nationale, remis lundi à Nicolas Sarkozy, préconise de compléter le produit intérieur brut (PIB) par d’autres indicateurs afin de mesurer le progrès social et le bien-être des individus. Détails.

© Service photo de l’Élysée - L.Blevennec

Installée il y a 18 mois, la commission présidée par Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, et composée d’économistes et de spécialistes de sciences sociales, a remis lundi son rapport à Nicolas Sarkozy. Un rapport qui ouvre le débat sur une nouvelle mesure des performances économiques. Si le PIB n’est pas contesté par la commission, celle-ci recommande de l’accompagner de nouveaux indicateurs, renseignant sur le progrès social et le bien-être des individus.

Selon l’économiste américain, la poursuite de la croissance économique, mesurée par le PIB, pourrait conduire à aggraver la situation pour la population. Cette voie n’est pas soutenable. (…) Dans une société où la performance prend de plus en plus d’importance, la mesure statistique compte. D’où l’importance de créer de nouveaux indicateurs capables de refléter mieux la situation des populations. Quand vous avez les mauvaises mesures, vous vous battez pour les mauvais chiffres.

C’est comme cela que l’on se met à avancer en aveugle tout en étant persuadé de savoir où l’on va, a déclaré Nicolas Sarkozy, lors de son discours d’ouverture du colloque consacré à la question, lundi à la Sorbonne.

Au risque de creuser un fossé très dangereux parce que le citoyen finit par penser qu’on le trompe. (…) Pendant des années on a expliqué aux gens dont la vie devenait de plus en plus difficile que leur niveau de vie augmentait. Comment ne se sentiraient-ils pas trompés ?

Il y aura un avant et un après cette commission. Le président de la République a affirmé son désir de se battre pour que toutes les organisations internationales modifient leurs systèmes statistiques en prenant compte des réflexions de la commission. Il a également confié à l’INSEE (institut national de la statistique et des études économiques) le soin de travailler sur les conclusions du rapport.

PIB : un indicateur incomplet

Le PIB est dans une certaine mesure pertinent, analyse Amartya Sen, conseiller de la commission. Mais il ne prend pas en compte des facteurs de bien-être tels que la santé, l’éducation…

Quand les accidents de la route, les incendies, la violence ou encore les embouteillages sont créateurs de richesse selon le PIB, comment se contenter d’un seul indicateur canonique ? Nous avons voulu faire du PIB la mesure de toute chose.

Autre exemple flagrant concernant l’indicateur économique : le système de santé américain constitue 15 % du PIB de la nation. En France, il compte pour 11 %. Cela signifie-t-il que les Américains sont mieux soignés que les Français ? interroge Joseph Stiglitz. Ce ne sont pas des ajustements à la marge que nous proposons mais des ajustements de fond.

Vers de nouveaux indicateurs

Le rapport formule 12 recommandations. Trois principes sont retenus : la prise en compte des ménages dans l’analyse économique, la mesure de la qualité de vie et le développement durable.

Le PIB est la mesure de la production nationale, il donne une moyenne sur la situation française et masque ainsi les disparités individuelles. La moyenne, c’est une façon de ne jamais parler des inégalités, commente Nicolas Sarkozy.

Le rapport propose d’analyser les revenus et la consommation en fonction des catégories d’individus et non plus d’une moyenne nationale. Le revenu médian des ménages américain en 2008 a diminué de 4 % par rapport à 2000. Si le PIB a augmenté en même temps, le revenu médian nous indique que les inégalités ont augmenté sur cette même période, explique Joseph Stiglitz. Il importe de savoir ce qui se passe au bas de l’échelle de la répartition des revenus et de la richesse ou encore au sommet de celle-ci, analyse le rapport.

Pour l’analyse de la situation des ménages, il préconise de prendre en compte le patrimoine et les activités non marchandes, par exemple l’apport d’une mère au foyer alors que le PIB mesure essentiellement la production marchande, note le rapport. L’activité domestique, les loisirs renseignement sur le niveau de vie des ménages.

Le rapport établit également une distinction entre évaluation du bien-être présent et l’évaluation de la soutenabilité, c’est-à-dire de sa capacité à se maintenir dans le temps (capital naturel, physique, humain, social transmis aux générations à venir).

La commission estime qu’outre ces indicateurs objectifs, il conviendrait de procéder à des mesures subjectives de la qualité de vie (perception du bien-être, du bonheur, inquiétude…).

Enfin, le rapport prône la création d’indicateurs monétaires de développement durable permettant de mesurer les ressources naturelles. La difficulté, c’est que comme le bien-être, nous ne savons pas encore donner une réelle valeur à l’environnement, analyse Sem Amartya.

Néanmoins, la commission note que les prix du marché sont faussés par le fait qu’aucune taxe n’est imposée aux émissions de carbone et les mesures classiques du revenu national ne tiennent aucun compte du coût de ces émissions.

Changer de direction

Le rapport Stiglitz semble plutôt bien accueilli du côté des écologistes à l’instar de la réaction de la fédération France Nature Environnement (FNE). Enfin, on ne se fie plus au seul et déréglé thermomètre économique pour contrer la fièvre climatique. Le PIB ne constitue plus une aide à la décision publique pertinente de l’avis général. Il induit même des erreurs qui peuvent être fatales pour l’état de la planète, puisque sa destruction ne freine pas la croissance du PIB. indique Sébastien Genest le président de FNE.

Christian Garnier, le vice président de la fédération estime quant à lui qu’il est fondamental de disposer de plusieurs indicateurs spécifiques quantitatifs chiffrés (eaux consommées et polluées, stocks de biodiversité, nombre d’espèces en danger, niveaux de bruit, formation des professionnels, etc.) ou qualitatifs (vulnérabilité des milieux, qualité des paysages, sensibilisation des citoyens et des responsables...).

L’objectif : concevoir une nouvelle société. Le défi est de taille de sorte que Sébastien Genest prévient : il est indispensable que tous les acteurs de la société civile participent à l’élaboration de ce nouveau projet de société.

Pour Cap21, le parti présidé par Corinne Lepage qui lance pour l’occasion un site Internet sur le sujet, le PIB ne peut plus être le baromètre de santé des nations. Alors qu’approche l’échéance de Copenhague, Eric Delhaye, le président délégué rappelle que l’urgence climatique impose de changer de paradigme de développement et donc de changer de mode d’évaluation. (…)

Pour changer de direction, il faut changer les panneaux indicateurs qui nous donnent le chemin à suivre. Le rapport Stiglitz semble ouvrir la voie.

S.FABREGAT

Derniers articles sur les indicateurs économiques

LE RAPPORT STIGLITZ RECOMMANDE DE MESURER LE BIEN-ÊTRE

par Véronique Tison Reuters le 14/09/2009 à 18:00

Partant du constat que la croissance ne profite pas à tous de la même manière, le rapport Stiglitz sur la mesure de la richesse nationale recommande de compléter le produit intérieur brut par d’autres indicateurs axés sur l’individu et le développement durable.

Joseph Stiglitz

Le président Nicolas Sarkozy, qui avait installé la commission il y a 18 mois, lui a donné lundi un puissant écho en affirmant, dans un discours prononcé à l’ouverture d’un colloque à La Sorbonne, que la France porterait dans les instances internationales le débat sur une nouvelle mesure des performances économiques des nations .

Installée en février 2008, la commission présidée par l’économiste américain Joseph Stiglitz ne conteste pas la valeur du produit intérieur brut, mesure universelle adoptée à l’échelle internationale dans l’immédiat après-guerre.

Mais elle en identifie les limites et propose des indicateurs complémentaires pour mesurer le progrès social et le bien-être des individus, dans l’optique d’avoir des décisions politiques mieux adaptées.

"Il faut améliorer notre mesure du PIB mais certainement pas le confondre avec une mesure de bien-être", a déclaré Joe Stiglitz au nom des 22 membres de la commission, dont cinq prix Nobel.

Le rapport souligne que l’écart entre de grands indicateurs comme la croissance, l’inflation ou le chômage et les perceptions qu’en a la population peut saper la confiance à l’égard des statistiques officielles.

"En France, un tiers des citoyens à peine fait confiance aux chiffres officiels", relève-t-il.

Ce thème est cher à Nicolas Sarkozy qui, dans son discours, a fustigé un "fossé très dangereux parce que le citoyen finit par penser qu’on le trompe".

"Pendant des années on a dit à des gens dont la vie devenait de plus en plus difficile que leur niveau de vie augmentait", a-t-il déclaré en ajoutant que la croissance s’était longtemps bâtie au détriment du développement durable.

LES STATISTIQUES DU XXIe SIÈCLE

Le rapport formule 12 recommandations sur trois thèmes : la prise en compte des ménages dans l’analyse économique, la mesure de la qualité de vie et le développement durable.

Alors que le PIB est la mesure de la production nationale et qu’il masque les disparités individuelles, le rapport propose d’analyser les revenus et la consommation en fonction des catégories d’individus et non plus d’une moyenne nationale.

Pour l’analyse de la situation des ménages, il demande d’englober le patrimoine et de mesurer les activités non marchandes, par exemple l’apport d’une mère au foyer.

Le chapitre sur la qualité de vie recommande l’utilisation d’indicateurs de bien-être portant sur la santé ou l’éducation mais aussi le niveau de démocratie ou encore de sécurité.

Enfin, le rapport prône la création d’indicateurs monétaires de développement durable permettant de mesurer les ressources naturelles comme un stock humain et physique, avec l’idée de le préserver et de le transmettre aux générations futures.

"Les indicateurs macro-économiques, tels que le PIB, l’inflation ou le pouvoir d’achat conservent toute leur pertinence, mais j’estime naturel que la statistique publique s’enrichisse de nouveaux indicateurs tenant mieux compte de l’évolution et de la disparité des niveaux de vie et des contraintes qui pèsent sur les ménages", a déclaré la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, lors du colloque.

Elle a formé le voeu que l’Insee, l’institut français de la statistique, s’engage à poursuivre chacune des recommandations de la commission Stiglitz pour donner l’exemple à l’étranger.

Au niveau international, elle a souhaité que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), très impliquée dans les travaux de la commission, "mette rapidement en oeuvre des lignes directrices concrètes et que naissent les nouvelles statistiques du XXIe siècle".

"On est prêt et on sera fier d’accepter ce mandat", lui a répondu Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE.

L’organisation tient fin octobre à Busan, en Corée, un forum mondial sur les statistiques qui devrait être l’occasion de faire avancer les recommandations de la commission Stiglitz.

Egalement présent à la Sorbonne, Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, a noté que les conclusions du rapport rejoignaient l’approche de Bruxelles et s’est félicité que "la France devienne une inspiration pour la Commission européenne et pour l’Europe."

"Nous avons l’intention de créer un cadre légal pour amener les Etats membres à adopter des comptes nationaux environnementaux et sociaux homogènes", a-t-il dit.

Edité par Yves Clarisse

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Téléchargez la synthèse officielle du rapport

VIDEOS

"Le rapport Stiglitz a une vision étroite du développement durable"

L’Expansion.com - 14/09/2009 17:21:00

La Commission Stiglitz, qui a rendu lundi 14 septembre à Nicolas Sarkozy son rapport sur la mesure de la croissance, oublie les piliers du social et de la démocratie du développement durable, estime l’économiste Jean Gadrey, membre de cette commission et du collectif d’économistes et de sociologues Fair (Forum pour d’autres indicateurs de richesse). Il dénonce également le manque d’ouverture à la société civile des travaux de la commission.

Croissance : Sarkozy veut sortir de la "religion du chiffre"

Le 14 septembre 2009 - 14h48

Le président de la République a reçu lundi à la Sorbonne le rapport de la Commission Stiglitz sur la mesure de la performance économique. Nicolas Sarkozy a promis que "la France mettra ce rapport à l’ordre du jour de toutes les réunions internationales"..

Par DjS

Croissance : Le PIB, c’est dépassé

Le 14 septembre 2009 - 08h41

Nicolas Sarkozy recevait dimanche le prix Nobel américain d’économie Joseph Stiglitz, qui souhaite mettre en place un indice de mesure de l’économie, incluant le bien être des individus..

Par LCI.fr


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