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Une France exemplaire ? hum !

Secret Défense : on entr’ouvre ?

Va-t-on aussi donner satisfaction aux juges ?

samedi 4 juillet 2009 par JMT

Ils étaient au coeur du dispositif de la dissuasion nucléaire française : les anciens sites de production de matières fissiles militaires de Pierrelatte (Drôme) et Marcoule (Gard) ont entrouvert leurs portes à une trentaine de journalistes.

Les juges antiterroristes chargés de l’enquête sur la mort de salariés de la DCN à Karachi en 2002 ont demandé au ministre de la Défense, Hervé Morin, de lever le secret-défense sur des documents relatifs à cet attentat, a-t-on appris samedi de source proche du dossier, confirmant une information du Point.

Dissuasion nucléaire : la France entrouvre les portes de sites top secret

AFP - samedi 4 juillet 2009, 15h53

Ils étaient au coeur du dispositif de la dissuasion nucléaire française : les anciens sites de production de matières fissiles militaires de Pierrelatte (Drôme) et Marcoule (Gard) ont entrouvert leurs portes à une trentaine de journalistes.

Un site de production de matières fissiles

Une première, présentée comme un signe de la "transparence" désormais prônée par Paris alors qu’une relance du processus de désarmement nucléaire est espérée à la faveur de l’élection de Barack Obama et malgré les menaces que l’Iran ou la Corée du Nord feraient peser sur le régime de non-prolifération.

Dans le vaste débat planétaire qui s’ouvre, la France, qui se veut "exemplaire", entend avoir son mot à dire et prône une approche pragmatique, fondée sur trois principes : transparence, réciprocité et confiance.

En conviant vendredi des journalistes, pour la plupart correspondants étrangers, dans ce qui fut le saint des saints de la production de plutonium et d’uranium à usage militaire, elle entendait joindre le geste à la parole.

D’autant qu’avant la presse, ces sites en cours de démantèlement, avec des usines vastes comme la place de la Concorde et trois gigantesques réacteurs nucléaires, ont été ouverts à des représentants d’une quarantaine de pays membres de la Conférence de désarmement de l’ONU et à des experts.

Le président Nicolas Sarkozy avait lancé publiquement cette invitation dès le 21 mars 2008 à Cherbourg dans un discours sur la dissuasion et le désarmement qui vantait le "bilan exemplaire et unique au monde (de la France) en matière de désarmement nucléaire".

Membre de son état-major particulier, le capitaine de vaisseau Antoine Beaussant l’a encore souligné vendredi : "c’est la première fois qu’un Etat doté d’armes nucléaires consent un tel geste".

Pendant 30 ans, de 1966 à 1996, l’uranium hautement enrichi des missiles nucléaires français a été produit sur le site de Pierrelatte, dans la vallée du Rhône. A quelques kilomètres de là, du milieu des années 50 à 1984, trois réacteurs nucléaires spécialisés ont produit l’autre composant indispensable à la fabrication de ces armes, le plutonium.

En 1996, lorsque la France a renoncé définitivement à conduire des essais nucléaires après une ultime campagne en Polynésie, les stocks de plutonium et d’uranium "de qualité militaire", réutilisables quasiment à l’infini dans les différentes générations de missiles, étaient suffisants pour assurer la pérennité de l’arsenal nucléaire français.

Dès lors, le démantèlement des sites de production pouvait commencer. Désormais "irréversible", comme l’ont martelé les responsables du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) tout au long de la visite, il ne devrait s’achever qu’en 2010 à Pierrelatte et en 2035 à Marcoule.

Coût de l’opération : près de 6 milliards d’euros, le prix de deux porte-avions.

Les usines "s’autodigèrent", l’ensemble représentant 47.000 tonnes de déchets.

A Pierrelatte, ce sont des milliers de "big bags" blancs remplis de déchets faiblement radioactifs, qui attendent leur évacuation. Une puissante presse fonctionnant en milieu confiné compacte consciencieusement les 4.000 compresseurs et les 1.200 km de tuyauteries que comptait l’usine.

Sur le site de Marcoule, les trois réacteurs, gigantesques cylindres de béton de 20 mètres de diamètre et 34 mètres de long, ont déjà été débarrassés de la plupart de leurs structures périphériques. Ils seront à leur tour démantelés à l’horizon de 2020.

Attentat de Karachi : les juges demandent la levée du secret défense à Morin

AFP - samedi 4 juillet 2009, 14h40

Les juges antiterroristes chargés de l’enquête sur la mort de salariés de la DCN à Karachi en 2002 ont demandé au ministre de la Défense, Hervé Morin, de lever le secret-défense sur des documents relatifs à cet attentat, a-t-on appris samedi de source proche du dossier, confirmant une information du Point.

Hervé Morin, ministre de la Défense

Dans une lettre signée mercredi et adressée au ministre, les juges Marc Trévidic et Yves Jannier demandent que soit levé le secret-défense sur "l’ensemble des documents" qui pourraient les aider dans leur enquête, selon le site internet de l’hebdomadaire.

Les magistrats ont récemment orienté leur enquête sur la mort de 14 personnes, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN), vers l’hypothèse d’un réglement de comptes entre le Pakistan et la France en marge du contrat de vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994. Les Français victimes de l’attentat travaillaient à leur construction.

Pour l’avocat des parties civiles, Me Olivier Morice, ce contentieux pourrait être lié "à un arrêt des versements de commissions" de la France au Pakistan en marge de ce contrat.

La demande des magistrats concerne ainsi, selon le Point, la levée du secret-défense notamment sur les destinataires de ces commissions et la connaissance que pourraient avoir eu les services de renseignements français sur les causes possibles de cet attentat.

Des documents classifiés ne peuvent être utilisés au cours d’une enquête judiciaire, même si les deux magistrats antiterroristes disposent eux-mêmes d’une habilitation secret-défense.

Il revient donc maintenant à Hervé Morin de saisir la Commission consultative du secret de la Défense nationale (CCSDN) pour qu’elle donne sur ces déclassifications un avis que le ministre est libre de suivre ou non.

Les quelque 130 avis de cette commission indépendante ont été suivis dans leur quasi totalité par les ministres concernés.

Hervé Morin avait affirmé le 26 juin sur France Info qu’il ne connaissait pas le contenu des documents qui pourraient exister au sein de son ministère, ajoutant : "je m’engage à déclassifier ce que la commission proposera de déclassifier".


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