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Une proposition de commission d’enquête parlementaire

Burqas : va-t-on enfin tout déballer ?

jeudi 18 juin 2009 par JMT

Des députés droite et de gauche sont favorables à la proposition d’André Gerin (PCF) de créer une commission d’enquête sur le port en France du voile intégral. Le texte, dont le député communiste espère qu’il sera soutenu par le gouvernement, a été cosigné par 58 députés de toutes tendances politiques, en particulier de droite.

La proposition de commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa ou niqab par des femmes musulmanes en France était jugée jeudi plus inopportune qu’utile par plusieurs responsables politiques et religieux.

La secrétaire générale des Verts Cécile Duflot ne pense pas qu’une éventuelle interdiction du port du voile intégral puisse "amener quelque chose de positif", le risque étant que les femmes musulmanes concernées "disparaissent de notre vue" et que leur situation soit "pire".

Islam - Union gauche-droite contre la burqa

le 18/06/2009 - 17h09

Des députés droite et de gauche sont favorables à la proposition d’André Gerin (PCF) de créer une commission d’enquête sur le port en France du voile intégral. Le texte, dont le député communiste espère qu’il sera soutenu par le gouvernement, a été cosigné par 58 députés de toutes tendances politiques, en particulier de droite.

Crédit Photo eTF1 voile intégral : niqab ou burka.

André Gerin (PCF) a déposé une proposition de résolution afin de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port, par certaines femmes musulmanes, de la burqa ou du niqab - un voile qui les recouvre entièrement-, a-t-on appris de source parlementaire.

Le texte, dont le député communiste espère qu’il sera soutenu par le gouvernement, a été cosigné par 58 députés de toutes tendances politiques, en particulier de droite (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 NI). Il prévoit la mise en place d’une commission de 30 membres.

Elle serait chargée de "définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national". Si elle était créée, elle devrait rendre son rapport le 30 novembre au plus tard.

"Nous sommes aujourd’hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête dans de véritables prisons ambulantes ou du niqab qui ne laisse apparaître que les yeux", écrit M. Gerin, député-maire de Vénissieux (Rhône), dans l’exposé des motifs du texte.

Il juge cette "tenue vestimentaire dégradante". "La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu’elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite... Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française", considère André Gerin.

Attente de l’accord du gouvernement

Déposée le 9 juin, la proposition doit maintenant être transférée et examinée en commission. Pour qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée -et éventuellement votée en séance publique- plusieurs scénarii sont ensuite possibles dont l’inscription par le gouvernement et l’inscription par un groupe dans le cadre d’une "niche" (séance à son initiative).

"Nous avons transmis le texte ce matin au cabinet du Premier ministre François Fillon" a précisé l’entourage de M. Gerin, escomptant un "accord" du gouvernement. "Nous attendons de voir comment les uns et les autres se déterminent", a poursuivi cette même source.

Première réaction de la part d’un membre de gouvernement jeudi : "Il n’est pas opportun de relancer une polémique" sur les signes religieux, a déclaré le ministre de l’Immigration et de l’Intégration Eric Besson.

"La loi a déjà énoncé un certain nombre de règles du vivre ensemble, la loi dit qu’on ne peut pas porter le voile dans un certain nombre d’administrations, de services publics et à l’école. Un équilibre a été trouvé en France et il serait dangereux de le remettre en cause", a-t-il insisté.

"A titre personnel", Eric Besson a tenu à ajouter qu’il n’était pas favorable au port du voile intégral "qui consacre un statut supposé inférieur de la femme dans le monde musulman".

La secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara, ancienne présidente de l’association "Ni putes ni soumises", a bien entendu réagi : "Nous devons tout faire pour stopper la propagation des burqas", a-t-elle déclaré. "Je salue l’initiative d’André Gérin (député PCF du Rhône), il sait de quoi il parle", a ajouté la secrétaire d’Etat, qui considère la burqa comme "une sorte de cercueil pour les femmes".

"Tradition rare"

Autre réaction, nettement plus tranchée cette fois-ci, celle du Conseil français du culte musulman. Le président du CFCM Mohammed Moussaoui se dit "choqué" par le projet de comission sur le voile intégral qui est pour lui un "phénomène marginal".

"Cette initiative suscite beaucoup d’interrogations sur l’opportunité de s’emparer de ce sujet en période de crise. Les parlementaires auraient proposé une commission d’enquête parlementaire sur les licenciements qui touchent des centaines de milliers de personnes, cela aurait été mieux compris", insiste-t-il.

"Engager le Parlement à travailler sur un sujet extrêmement marginal nous choque", a-t-il redit en soulignant que le port de la burqa ou du voile intégral "n’est pas une prescription religieuse" et qu’il s’agit d’une "tradition rare" chez les musulmans.

(D’après agence)

Burqa : une commission d’enquête jugée plus inopportune qu’efficace

Afp, 18/06/2009, 16h35

La proposition de commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa ou niqab par des femmes musulmanes en France était jugée jeudi plus inopportune qu’utile par plusieurs responsables politiques et religieux.

Burqa

Quand André Gérin, député PCF de Vénissieux (Rhône) a déposé sa proposition de résolution, elle était cosignée par 58 députés (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 NI). Jeudi ils ont été rejoints par 6 députés UMP, dont Eric Raoult (Seine-st-Denis), Philippe Meunier (Rhône) et Nicole Ameline (Calvados).

Toutefois la proposition est fraîchement accueillie à l’extérieur du Palais-Bourbon, excepté par la secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara qui "salue l’initiative" et estime qu’il faut "tout faire pour stopper la propagation de la burqa".

En revanche, pour le ministre de l’immigration Eric Besson, "il n’est pas opportun de relancer une polémique" sur les signes religieux. "La loi a déjà énoncé un certain nombre de règles du vivre ensemble, elle dit qu’on ne peut pas porter le voile dans un certain nombre d’administrations, de services publics et à l’école. Un équilibre a été trouvé en France et il serait dangereux de le remettre en cause", a-t-il dit.

Le président du CFCM (Conseil français du culte musulman) Mohammed Moussaoui s’est dit "choqué" par le projet de commission d’enquête parlementaire sur le voile intégral qui est pour lui un "phénomène marginal".

"Cette initiative suscite beaucoup d’interrogations sur l’opportunité de s’emparer de ce sujet en période de crise. Les parlementaires auraient proposé une commission d’enquête parlementaire sur les licenciements qui touchent des centaines de milliers de personnes, cela aurait été mieux compris", a-t-il insisté. "Evoquer le sujet de cette façon, par le biais d’une commission parlementaire, revient à stigmatiser l’islam et les musulmans de France", a encore déclaré le président du CFCM.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur s’étonne de voir ressurgir le débat alors que "le problème vestimentaire semblait réglé".

"Cette résurgence montre qu’il y a une intolérance à l’égard des femmes vêtues comme ça (ndlr voilées de la tête aux pieds) mais celles-ci s’habillent de cette façon pour exprimer un libre choix oppositionnel face à la réprobation, pour exprimer leur hyper-identité musulmane", a-t-il estimé.

"Le port du hijab marque un retour vers le passé de l’islam, conformément à la vision des fondamentalistes et de leurs prédicateurs radicaux", explique le recteur Boubakeur, lui-même partisan d’un "islam du juste milieu". Il estime que "la communauté musulmane doit vivre avec son temps et s’adapter à l’espace public où elle vit" ajoutant que la France est "terre d’intégration, laïque et non communautaire".

Le Coran dit que les femmes doivent être vêtues de façon à "préserver leur chasteté", ajoute Dalil Boubakeur précisant que les burqas, hidjabs ou tchadors sont des traditions vestimentaires régionales antérieures au Coran.

Quant à la secrétaire générale des Verts Cécile Duflot, elle se dit "heurtée en tant que femme" par le port du voile intégral. Mais elle ne pense pas qu’une éventuelle interdiction de cette tenue puisse "amener quelque chose de positif", le risque étant que les femmes musulmanes concernées "disparaissent de notre vue" et que leur situation soit "pire".

Cécile Duflot (Verts) contre une éventuelle "interdiction" du voile intégral

Afp, 18/06/2009, 11h12

La secrétaire générale des Verts Cécile Duflot ne pense pas qu’une éventuelle interdiction du port du voile intégral puisse "amener quelque chose de positif", le risque étant que les femmes musulmanes concernées "disparaissent de notre vue" et que leur situation soit "pire".

Cécile Duflot et Noël Mamère

Le port du voile intégral "me heurte humainement en tant que femme, en tant que féministe" mais "la stigmatisation, ça ne me semble pas être une bonne solution. Je ne pense pas que l’interdiction brutale va amener quelque chose de positif", a déclaré Mme Duflot jeudi sur Canal+.

Mercredi, une soixantaine de députés, de toutes tendances, emmenés par le député PCF du Rhône André Gérin, ont demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le port du voile intégral en France pour lutter contre "cette atteinte aux libertés individuelles".

"Je ne sais pas quelle est la solution magistrale mais ce qui est sûr, c’est que s’empoigner sur le sujet et faire des grandes phrases ne me semble pas être la bonne démarche", a ajouté la secrétaire nationale des Verts.

"La laïcité c’est une évidence" mais "le problème c’est comment on s’adresse à ces femmes-là", a-t-elle poursuivi. "Moi je crois beaucoup à la nécessité de l’éducation, au fait qu’on puisse leur donner accès, si elles en ont besoin, à des cours de langue française" et leur permettre de s’"intégrer dans la société".

Le risque d’une interdiction c’est que ces femmes "disparaissent de notre vue mais que ce soit pire que la situation actuelle qui profondément me choque".

VIDEO

Islam : Port de la burqa : vers une commission d’enquête ?

Le 17 juin 2009 - 18h33

Des députés droite et de gauche, ainsi que Ni putes, ni soumises, se disent favorables à la proposition d’André Gerin (PCF) de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port en France du voile intégral (niqab ou burka)..

Par LCI


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