AID Association initiatives dionysiennes
Le peuple iranien a massivement voté....contre l’avis des occidentaux :-)

La "vague verte" n’a pas eu lieu : Moussavi au tapis !

Contestation et soupçons de fraude.....

samedi 13 juin 2009 par JMT

Après la victoire du président sortant dès le premier tour, des milliers de partisans de son principal opposant manifestent avec virulence dans les rues de capitale. Le président sortant a recueilli 62,6% des voix. Une "grande victoire", a-t-il réagi.

Les Etats-Unis ont déclaré suivre la situation de près en Iran après la victoire annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad, qui suscitait des réactions contrastées dans le monde, Israël appelant à mettre un terme "au "terrorisme iranien", tandis que plusieurs responsables occidentaux prenaient note d’"irrégularités" ou appelaient Téhéran au dialogue.

Le président sortant Mahmoud Ahmadinejad a remporté haut la main la présidentielle iranienne d’après les résultats officiels annoncés samedi, provoquant des émeutes en plein coeur de Téhéran de la part des partisans de son principal rival et des accusations de tricherie.

Des heurts ont opposé samedi à Téhéran la police à des partisans de Mir Hossein Moussavi, candidat à la présidentielle, après l’annonce des premiers résultats donnant une confortable avance à son rival Mahmoud Ahmadinejad, le président sortant.

Mir Hossein Moussavi, un conservateur modéré et principal rival du président Mahmoud Ahmadinejad pour la présidentielle du 12 juin, était passé dans l’ombre après avoir servi comme Premier ministre pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui se présente pour un deuxième mandat de quatre ans, est un candidat infatigable qui fait figure d’épouvantail en Occident et dont la politique populiste a suscité la controverse chez lui.

Iran - Ahmadinejad réélu, la colère monte à Téhéran

le 13/06/2009 - 07h20 Mis à jour le 13/06/2009 - 23h02

Après la victoire du président sortant dès le premier tour, des milliers de partisans de son principal opposant manifestent avec virulence dans les rues de capitale. Le président sortant a recueilli 62,6% des voix. Une "grande victoire", a-t-il réagi.

Crédit Photo : REUTERS Un partisan de Mirhossein Moussavi face à un policier à Téhéran, le 13 juin 2009

Son succès est aussi large que contesté. Avec 62,63% des voix, le président sortant Mahmoud Ahmadinejad a été réélu à la tête de l’Iran à l’issue du scrutin présidentiel de vendredi, et ce, dès le premier tour.

Son principal rival, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, qui avait clamé sa victoire à la clôture du scrutin, obtient lui 33,75% des suffrages. Malgré une participation "record" de 85%, cinq points de plus que lors de l’élection triomphale du réformiste Mohammad Khatami en 1997.

Mahmoud Ahmadinejad a parlé samedi d’une "grande victoire". Selon lui, l’élection présidentielle s’est déroulée de façon "libre et saine". "Le peuple iranien a inspiré de l’espoir aux nations et déçu ceux qui lui souhaitent du mal", a-t-il dit dans une adresse télévisée à la nation.

"Nous empruntons une nouvelle voie aujourd’hui, qui, bien qu’allant dans le même sens que la précédente, s’effectue à un niveau et avec une perspective plus élevés", a ajouté Mahmoud Ahmadinejad, qualifiant également sa victoire "d’énorme épopée".

"La différence entre le nombre de votes obtenus par Ahmadinejad et ceux recueillis par ses rivaux est telle que tout doute sur sa victoire sera interprété comme une forme d’humour par l’opinion publique", avait déclaré auparavant son directeur de campagne.

Des "irrégularités visibles et nombreuses"

Mais dans le camp du candidat soutenu par les réformistes, Mir Hossein Moussavi, on ne l’entend pas comme ça. Samedi, l’ancien Premier ministre a protesté "vigoureusement contre les irrégularités visibles et nombreuses" du scrutin.

Il a expliqué qu’il était de son "devoir religieux et national de révéler les secrets de ce processus dangereux et d’expliquer ses conséquences destructrices sur le destin du pays. Les gens sont conscients et ne se plieront pas face à ceux qui arrivent au pouvoir en trichant".

Dans le même temps, milliers de jeunes sont descendus dans la rue, affrontant violemment les forces de l’ordre pour contester les résultats du scrutin. Dans certains quartiers de Téhéran, les affrontements avec la police se sont même transformés en véritables scènes d’émeutes. Des violences jamais vues depuis les émeutes estudiantines de juillet 1999.

Samedi soir, Mir Hossein Moussavi a appelé ses partisans à rester calmes et à ne pas recourir à la violence. "Les irrégularités dans le scrutin présidentiel sont très graves et vous avez raison de vous sentir lésés", a-t-il déclaré à ses partisans.

"Dans le même temps, je vous demande fermement de n’agresser aucun individu et groupe, de ne pas perdre votre sang-froid et de vous abstenir de toute action violente", a-t-il affirmé.

De son côté, l’association de l’ancien président réformateur Mohammad Khatami a appelé samedi à l’annulation de l’élection présidentielle, parlant d’"un trucage massif des voix".

Sur le plan international, la Maison Blanche a indiqué dans un communiqué qu’elle suivait "de près l’ensemble de la situation, y compris les informations faisant état d’irrégularités".

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a dit espérer que les résultats de l’élection iranienne reflètaient la volonté du peuple. La France elle "prend note" de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad mais aussi de la "contestation" des résulats.

"Nous continuons à suivre la situation de près", a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay, Eric Chevallier. Quant à la présidence tchèque de l’Union européenne, elle s’est dite "préoccupée" par les "irrégularités présumées" ainsi que par les "violences" qui ont suivi.

Le premier réseau de téléphones portables coupé

Le premier réseau de téléphonie mobile, qui est contrôlé par l’Etat, a été coupé à Téhéran. Conséquence, depuis samedi soir, il n’y a plus de réseau portable et les téléphones ne fonctionnent plus alors que les manifestations se poursuivent dans la capitale iranienne.

Le réseau de SMS, qui servait de moyen de communication pour les partisans du candidat Mir Hossein Moussavi, avait été coupé dès vendredi matin, jour du scrutin.

Par ailleurs, les réseaux Youtube et Facebook ainsi que plusieurs sites internet réformateurs iraniens, notamment Jomhouriat, Norouz, Emrouz, Entekab, Shahbnews et Aftabnews ont été filtrés par les autorités depuis vendredi après-midi et les internautes n’y ont plus accès.

D’après agence

Présidentielle en Iran : réserve américaine, inquiétude d’Israël, joie des alliés de Téhéran

AFP - samedi 13 juin 2009, 21h15

Les Etats-Unis ont déclaré suivre la situation de près en Iran après la victoire annoncée du président Mahmoud Ahmadinejad, qui suscitait des réactions contrastées dans le monde, Israël appelant à mettre un terme "au "terrorisme iranien", tandis que plusieurs responsables occidentaux prenaient note d’"irrégularités" ou appelaient Téhéran au dialogue.

Hillary Clinton le 11 Juin 2009

Les pays et mouvements amis de l’Iran - Syrie, Venezuela, Hamas palestinien et Hezbollah libanais- se sont pour leur part réjouis de la réelection du président sortant.

Prudente, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a exprimé l’espoir que le résultat de l’élection présidentielle en Iran reflétait "la véritable volonté et le désir de la population".

La Maison Blanche a indiqué suivre de près l’évolution de la situation en Iran et se pencher en particulier sur les accusations d’irrégularités portées par deux candidats d’opposition.

"Nous continuons à suivre de près la situation dans son intégralité, y compris les informations faisant état d’irrégularités", a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs.

Même circonspection côté britannique : "Nous prenons note du résultat tel qu’il a été annoncé par la Commission électorale iranienne", a indiqué le chef de la diplomatie David Miliband, estimant que les "inquiétudes exprimées par deux des candidats à propos du comptage des bulletins de vote" étaient "du ressort des autorités iraniennes".

Paris a "pris note des résultats" en Iran "tels qu’annoncés par les autorités", mais aussi "de leur contestation par deux des candidats", selon un bref communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui assure "suivre la situation de près".

Le Canada s’est déclaré "extrêmement préoccupé" par les informations sur des "irrégularités" ainsi que des actes "d’intimidation", par la voix du chef de la diplomatie, Lawrence Cannon.

Israël a appelé la communauté internationale à agir "sans concession" contre l’Iran.

"La communauté internationale doit agir sans concession contre le programme nucléaire de l’Iran et l’aide apportée par ce pays à des organisations terroristes impliquées dans des tentatives de déstabilisation dans la région", a déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman.

Pour le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, qui a appelé la communauté internationale à mettre un terme "au programme nucléaire iranien et au terrorisme iranien", "la réélection d’Ahmadinejad montre que la menace iranienne est d’autant plus grave".

A Moscou, le chef de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kossatchev a espéré que le président Ahmadinejad ferait preuve de "davantage de compréhension et de sagesse à l’égard de la communauté internationale" et souhaité qu’il "se démarque de la politique unilatérale fondée sur la force militaire et le développement d’un programme nucléaire".

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a quant à lui estimé que le vainqueur de l’élection quel qu’il soit devrait "opter pour le dialogue", soulignant "la main tendue par la nouvelle administration américaine" de Barack Obama à Téhéran.

Le président syrien Bachar al-Assad a été le premier à adresser à M. Ahmadinejad "un message de félicitations (...) à l’occasion de sa réélection pour un second mandat, tout en exprimant ses meilleurs voeux au peuple iranien frère pour plus de progrès et de prospérité".

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l’Iran est un des principaux soutiens politiques, a estimé par la voix de son porte-parole, Fawzi Barhoum, que les résultats "sont une preuve du succès du programme officiel iranien au service des intérêts du peuple et de sa manière de relever tous les défis".

Le Hezbollah chiite libanais a estimé que la République islamique avait "réussi une nouvelle fois dans l’exercice de la démocratie".

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, l’un des rares dirigeants à soutenir le programme nucléaire iranien, a appelé M. Ahmadinejad au téléphone, saluant une "victoire très importante pour les peuples qui luttent pour un monde meilleur".

Iran : Ahmadinejad remporte la présidentielle, émeutes à Téhéran

AFP - samedi 13 juin 2009, 19h43

Le président sortant Mahmoud Ahmadinejad a remporté haut la main la présidentielle iranienne d’après les résultats officiels annoncés samedi, provoquant des émeutes en plein coeur de Téhéran de la part des partisans de son principal rival et des accusations de tricherie.

Des partisans de Mahmoud Ahmadinejad fêtent la victoire à Qom le 13 juin 2009

M. Ahmadinejad a qualifié sa réélection au premier tour pour un mandat de quatre ans de "grande victoire", affirmant que le scrutin avait été "totalement libre", alors même que des milliers de partisans de son principal rival, Mir Hossein Moussavi, étaient descendus dans les rues du centre de Téhéran pour protester.

Les affrontements avec la police se sont transformés en scènes d’émeutes dans certains quartiers, selon des témoins et des correspondants de l’AFP. Leur cible était le ministère de l’Intérieur, un grand bâtiment de béton remontant à l’époque du shah.

La capitale n’avait pas connu de telles violences depuis les émeutes estudiantines de juillet 1999.

Aucun incident n’a été signalé en revanche dans les autres grandes villes.

Selon le ministre de l’Intérieur Sadegh Mahsouli, M. Ahmadinejad, 52 ans, a recueilli 24.527.516 voix (62,63%), sur un total de 39.165.191 suffrages exprimés, dont 409.389 ont été invalidés.

L’ex-Premier ministre Moussavi, un conservateur modéré revenu sur le devant de la scène politique après 20 ans d’absence, est arrivé deuxième avec 13.216.411 voix (33,75%).

Le conservateur Mohsen Rezaï a recueilli 1,73% des voix et le réformateur Mehdi Karoubi 0,85%. Ce dernier a jugé les résultats "illégitimes" et "inacceptables".

La participation a été de 85%, "un record", selon M. Mahsouli, qui n’a fait état d’aucune irrégularité dans le scrutin.

Mais M. Moussavi a parlé de "tour de magie" à propos des résultats, dénonçant "vigoureusement les irrégularités visibles et nombreuses", et affirmant que cela ne pouvait que "fragiliser le régime islamique et instaurer le mensonge et la tyrannie".

"Les gens ne sont pas dupes et ne plieront pas face à ceux qui arrivent au pouvoir en trichant", a dit M. Moussavi, qui avait revendiqué une large victoire après la clôture du scrutin.

Ensuite, il a publié un nouveau communiqué pour demander aux dignitaires religieux de ne pas rester silencieux face à la "manipulation du vote".

Malgré l’interdiction de la police, les manifestations se poursuivaient tard dans la soirée, tandis que le premier réseau de téléphonie portable, contrôlé par l’Etat, a été coupé à Téhéran.

Criant "dictature, dictature" ou encore "démission du gouvernement de coup d’Etat", les manifestants bloquaient plusieurs artères de la capitale, notamment l’avenue Vali-e Asr et des rues avoisinantes.

Des manifestants affrontaient la police dans d’autres endroits de Téhéran. "Moussavi, Moussavi, récupère nos votes", scandaient certains, généralement jeunes, mais soutenus par des plus âgés.

La campagne électorale s’était déroulée dans un climat acerbe entre candidats mais aussi dans une atmosphère festive, à un niveau jamais vu en 30 ans de République islamique. Elle avait aussi reflété des divisions profondes sur l’avenir de l’Iran après quatre ans de mandat Ahmadinejad.

Alors que la réélection de ce dernier devrait compliquer les efforts du président américain Barack Obama pour surmonter 30 ans d’hostilité entre les Etats-Unis et l’Iran, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a dit espérer que le résultat du vote reflète "la véritable volonté et le désir de la population".

En Israël, ennemi juré de l’Iran, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a appelé la communauté internationale à agir "sans concession" contre l’Iran et notamment son programme nucléaire controversé.

En revanche, l’allié régional de l’Iran, le président syrien Bachar al-Assad a félicité Mahmoud Ahmadinejad pour sa victoire, de même que le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Iran : Ahmadinejad en passe d’être réélu président, heurts à Téhéran

AFP - samedi 13 juin 2009, 07h47

Des heurts ont opposé samedi à Téhéran la police à des partisans de Mir Hossein Moussavi, candidat à la présidentielle, après l’annonce des premiers résultats donnant une confortable avance à son rival Mahmoud Ahmadinejad, le président sortant.

Mahmoud Ahmadinejad à l’arrivée au bureau de vote à Téhéran le 12 Juin 2009

Avec près de 90% des urnes dépouillées, soit l’équivalent de 28,909,689 bulletins, M. Ahmadinejad était crédité de 64,88%. M. Moussavi, un conservateur modéré qui avait clamé sa victoire à la clôture du scrutin, obtenait 32,6%.

"Ils ont ruiné le pays et ils veulent le ruiner encore plus pendant les quatre ans qui viennent", ont lancé des partisans de M. Moussavi, rassemblés devant le QG de campagne de leur candidat, alors que la police tentait de les disperser à coups de bâton et de coups de pieds.

"Nous resterons ici, nous mourrons ici", criaient-ils alors qu’une femme était frappée d’un coup de bâton dans le dos par un policier. "J’ai peur qu’ils aient joué avec le vote du peuple", a dit une autre femme.

Selon un précédent décompte, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, qui avait clamé sa victoire à la clôture du scrutin, obtenait 32,6%.

Depuis l’annonce des premiers résultats partiels le ministère n’a fourni aucun chiffre sur le taux de participation. M. Daneshjou a dit "penser que le niveau de participation ira jusqu’à plus de 36 millions de votes, soit un taux de 75% à 82%".

"La différence entre le nombre de votes obtenus par Ahmadinejad et ceux recueillis par ses rivaux est telle que tout doute sur sa victoire sera interprété comme une forme d’humour par l’opinion publique", a dit son directeur de campagne Mojtaba Samareh hachémi, cité par l’agence Fars.

M. Samareh Hachémi a ridiculisé l’annonce de M. Moussavi, en estimant que "l’annonce théâtrale d’une victoire par ceux qui ont perdu l’élection est le dernier épisode d’un projet de propagande irréelle et négative mené depuis trois mois".

M. Moussavi et ses partisans ont dénoncé une manipulation du scrutin et des violations dans son déroulement, alors que la participation record constatée par les autorités était censée favoriser sa candidature.

Des supporteurs se sont rendus dans les rues de Téhéran au milieu de la nuit pour célébrer la victoire.

Mahmoud Ahmadinejad "est un génie", clamaient certains. "Je suis heureux de la victoire de mon candidat. Il aide les pauvres et attrape les voleurs", expliquait Kamra Mohammadi, 22 ans.

Les deux autres candidats, le réformateur Mehdi Karoubi et le conservateur Mohsen Rezaï, obtenaient respectivement 0,88% et 2,3% des voix.

Le résultat officiel doit être annoncé samedi matin par le ministère de l’Intérieur.

Pour être élu au premier tour, tout candidat devait obtenir au moins 50% plus une voix.

Après l’annonce de la fermeture des bureaux de vote, en soirée, M. Moussavi, 67 ans, avait revendiqué une large victoire.

Mais, peu après, l’agence officielle Irna avait annoncé un net succès de Mahmoud Ahmadinejad.

Dans le communiqué lu à la presse, M. Moussavi a par ailleurs affirmé que ses équipes avaient "constaté dans certaines villes comme Shiraz, Ispahan et Téhéran un nombre insuffisant de bulletins de vote".

Avec une mobilisation "sans précédent", selon le ministère de l’Intérieur, l’heure de clôture du scrutin n’a cessé d’être repoussée.

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a fini par annoncer la fermeture des bureaux à 22H00 (17H30 GMT). Mais il a ajouté que tout électeur faisant la queue devait pouvoir déposer son bulletin.

La campagne électorale s’est déroulée dans un climat acerbe entre candidats mais aussi dans une atmosphère festive, à un niveau jamais vu en 30 ans de République islamique.

Elle a aussi reflété des divisions profondes sur l’avenir de l’Iran après quatre ans de mandat Ahmadinejad.

Les adversaires du président ont notamment critiqué sa rhétorique dure sur la crise du nucléaire et sur Israël, qui a contribué à l’isolement du pays.

M. Ahmadinejad, 52 ans, a repris son slogan de défense des plus pauvres qui lui avait réussi en 2005. Il l’a même durci avec des attaques personnelles contre M. Moussavi.

Ce dernier, ex-Premier ministre sorti d’une retraite politique de 20 ans, a dénoncé les "mensonges" du président sur son bilan économique ainsi que sa politique populiste.

A Washington, le président américain Barack Obama, qui souhaite un dialogue ferme mais direct avec Téhéran, a estimé qu’un "changement" était "possible" dans les relations bilatérales, quel que soit le vainqueur du scrutin.

Sur la côte ouest, des exilés iraniens ont eux voté par petits groupes dans un hôtel de Los Angeles. D’autres, restés à l’extérieur, ont dénoncé une "mascarade".

Moussavi, un conservateur modéré et ancien ministre, qui tente un retour

AFP - vendredi 12 juin 2009, 08h55

Mir Hossein Moussavi, un conservateur modéré et principal rival du président Mahmoud Ahmadinejad pour la présidentielle du 12 juin, était passé dans l’ombre après avoir servi comme Premier ministre pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak.

Hossein Moussavi et sa femme Zahra Rahnavard votent le 12 Juin 2009

Cet homme discret, qui se définit comme un "réformateur attaché aux principes" de la révolution islamique de 1979, revient sur le devant la scène après une éclipse de 20 ans.

Lors d’un débat télévisé avec M. Ahmadinejad il a justifié son retour par le le "danger" que ferait courir ce dernier à l’Iran en restant à sa tête.

Bien que manquant de charisme, il bénéficie d’un véritable engouement chez de nombreux jeunes des villes, qui espèrent qu’il libéralisera la société. Il a aussi le soutien d’une partie de l’électorat féminin avec son engagement à assurer l’égalité des sexes.

Né le 29 septembre 1941, il a été un des fondateurs du Parti islamique qui a soutenu l’ayatollah Rouhollah Khomeiny après le départ du Shah.

Il est nommé Premier ministre en 1981, l’année ayant suivi l’attaque de l’Iran par l’Irak de Saddam Hussein. Pendant cette guerre de huit ans, c’est l’ayatollah Khomeiny qui dirige le pays, et l’ayatollah Ali Khamenei, aujourd’hui guide suprême, qui en est le président.

Mir Hossein Moussavi s’occupe lui plus particulièrement de gérer l’économie en temps de crise. Il impose un système de rationnement de la nourriture et un contrôle des prix rigoureux. Il est remercié en 1989, une année après la fin de la guerre, avec la suppression du poste qu’il occupait.

Il quitte alors le devant de la scène, pour servir de conseiller des présidents Akbar Hachémi Rafsandjani (1989-1997), un conservateur pragmatique, puis Mohammad Khatami (1997-2005), un réformateur.

Ce dernier, qui s’était initialement porté candidat pour le scrutin du 12 juin, s’est désisté au profit de M. Moussavi à qui il a apporté son soutien. L’ex-Premier ministre est membre par ailleurs du Conseil de discernement, un organe d’arbitrage des institutions dirigé par M. Rafsandjani.

Conservateur modéré, il s’est engagé à ramener la stabilité dans une économie secouée par la politique dispendieuse et inflationniste du président Ahmadinejad. Il entend aussi utiliser de nombreux experts dans son administration, alors que M. Ahmadinejad a été accusé par ses détracteurs de privilégier la fidélité à sa personne.

En politique étrangère, il veut changer l’image "extrémiste" de son pays à l’extérieur. Une référence aux déclarations incendiaires du président actuel, que ce soit contre Israël ou les Occidentaux.

En revanche, il est fidèle à la ligne officielle de la République islamique sur le dossier nucléaire iranien. Les grandes puissances exigent, résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU à l’appui, que Téhéran suspende ce programme. Elles craignent qu’il ne le détourne à des fins militaires.

Outre le soutien de M. Khatami, il bénéficie d’une bonne réputation dans les cercles intellectuels. Architecte de formation, il dirige l’Académie des arts d’Iran, et son épouse Zahra Rahnavard est à la tête de l’Université Al-Zahra de Téhéran.

Ahmadinejad, candidat infatigable et président controversé

AFP - vendredi 12 juin 2009, 08h30

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui se présente pour un deuxième mandat de quatre ans, est un candidat infatigable qui fait figure d’épouvantail en Occident et dont la politique populiste a suscité la controverse chez lui.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad vote le 12 Juin 2009

Cet ultraconservateur, qui se présente en défenseur des pauvres et en dévot de l’islam, s’est attiré le courroux des grandes puissances à cause de sa rhétorique agressive.

Peu après sa victoire surprise en 2005, M. Ahmadinejad s’est rendu célèbre en affirmant qu’Israël était voué à "disparaître de la carte" et que l’Holocauste était un "mythe".

M. Ahmadinejad, qui a comparé le programme nucléaire du pays à "un train sans frein et sans marche arrière", a incarné le refus du régime de le suspendre malgré les pressions internationales.

En Iran, il a été critiqué par bon nombre d’économistes pour sa politique de distribution massive des pétro-dollars qui a abouti à une forte inflation (23,6%), sans pour autant réduire le chômage et la pauvreté.

Agé de 52 ans, il est marié et père de deux garçons et d’une fille. Ce fils de forgeron est né dans le petit village d’Aradan, situé à 90 km au sud-est de Téhéran. Il a grandi à Téhéran et a obtenu un doctorat en gestion de transport urbain.

Au moment de la révolution de 1979, il s’est enrôlé parmi les étudiants islamistes de Téhéran avant de s’engager dans le corps des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime.

Plus tard, il prendra son premier poste politique en devenant gouverneur de la province d’Ardebil (Nord-Ouest). En 2003, il devient maire de Téhéran, poste qu’il utilisera comme tremplin pour devenir président en juin 2005.

Lors des récents débats télévisés, il a soigné son image d’homme du peuple, en affirmant qu’il vivait seulement avec son salaire de professeur. Son populisme plaît encore, en particulier dans les milieux populaires des villes et campagnes. Alors que ses rivaux le qualifient d’"imprévisible" à cause de sa rhétorique agressive, ses partisans voient en lui l’homme "qui aide les pauvres".

"S’il y a deux personnes en difficulté, Ahmadinejad aidera d’abord celui qui est en plus mauvaise posture", affirmait par exemple Mehdi Mahmoudi, un jeune habitant de la ville populaire d’Islamshahr en bordure de Téhéran.

Ces derniers jours, il a été très critiqué par ses adversaires pour avoir mis en cause, lors d’un débat télévisé, les diplômes de Zahra Rahnavard, l’épouse de son principal concurrent, Mir Hossein Moussavi. "C’était un coup bas", a estimé Nassim, un jeune électeur, alors que Mme Rahnavard a menacé de porter plainte.

M. Ahmadinejad a instauré un nouveau style de gouvernement en réunissant son conseil des ministres toutes les deux ou trois semaines dans les villes de province pour "mieux comprendre les problèmes du peuple".

En quatre ans, 20 millions de lettres de demande d’aide lui ont été remises et un service a été créé pour répondre à chacune d’elles et fidéliser l’électorat populaire.

S’il est réélu, M. Ahmadinejad, qui bénéficie du soutien implicite du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, sera en première ligne pour répondre à l’offre de dialogue du président américain Barack Obama. Ce dernier a décidé de "tendre la main" à l’Iran. Sans la rejeter, M. Ahmadinejad a demandé un changement "dans la pratique" de la politique américaine.

Dans le même temps, il a poursuivi sa rhétorique agressive comme il l’a fait récemment en affirmant que l’Holocauste était une "grosse tromperie".

VIDEOS

Iran : Ahmadinejad triomphe, l’opposition manifeste

Le 13 juin 2009 - 20h00

Le président sortant a été réélu à la tête de l’Iran dès le premier tour. Mais dans les rues de Téhéran, les partisans de l’ancien Premier ministre Moussavi crient à la manipulation..

Par TF1

Iran : Hossein Moussavi, l’espoir des réformateurs

Le 11 juin 2009 - 09h48

L’ancien Premier ministre, en poste pendant la guerre contre l’Irak, fédère les ambitions du camp réformateur face au président sortant Mahmoud Ahmadinejad. .

Par Benoît CHRISTAL

Iran : JT 20h : l’édition spéciale

Le 10 juin 2009 - 20h19

A l’occasion de l’élection présidentielle en Iran, l’équipe du 20 heures de TF1 consacre une page spéciale à ce pays qui inquiète..

Par TF1

JT TF1 : Making-of : les coulisses de la "Spéciale Iran"

Le 10 juin 2009 - 13h48

Vidéo - Découvrez Laurence Ferrari et son équipe lors du tournage de l’édition spéciale "Iran" diffusée dans le journal de 20h du 10 juin 2009..

Par La rédaction de TF1

Iran : Haute-tension avant la présidentielle

Le 10 juin 2009 - 10h06

Les attaques personnelles entre candidats se multiplient avant le scrutin, qui a lieu ce vendredi. Le président sortant Mahmoud Ahmadinejad est sur la sellette..

Par Benoît CHRISTAL

Il semble que nous ayions été l’objet d’une tentative supplémentaire de bourrage de crâne.

Tout était bon pour tenter de faire disparaître l’actuel président, fut-ce en allant chercher après 20 ans d’absence un ancien premier ministre complaisamment décrit comme "modéré" mais qui finalement ne diffère de son adversaire que par la manière de présenter les choses car sur le fond, ni l’un ni l’autre ne décident : le Guide et les conseils de la révolution y pourvoient.

Au demeurant Monsieur Moussavi a été un premier ministre bizarre (le poste a été supprimé à son départ) son activité ayant été cantonnée à l’économie intérieure pour cause de guerre avec l’Irak menée par d’autres que lui. Il n’a donc pas exercé dans le domaine de la politique étrangère à l’inverse de son adversaire aux commandes depuis 4 ans.

L’Iran est toujours un régime révolutionnair et le "Guide" Ali Khamenei donne la voie. Il a apporté son soutien au président sortant qui n’est pas impopulaire.

Or dans un pays majoritairement rural, religieux et traditionnaliste, le vote pour un président ainsi adoubé vaut confirmation de la confiance du pays dans son guide !

Par ailleurs, les étrangers ne voient de l’Iran que Téhéran, ses intellectuels et ses étudiants dont un certain nombre a pu se laisser prendre aux mirages d’une "nouvelle évolution orange" . mais la vague verte n’était qu’une vaguelette limitée à ce petit cercle regroupant nostalgiques de l’ère Pahlevi et de ses bonnes affaires et une jeunesse urbaine qui voit sur internet et à la télé la société de consommation occidentale qui la fait rêver.

N’oublions pas combien les USA se sont trompés sur l’Iran en 1979 déjà !


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