AID Association initiatives dionysiennes
Élections législatives libanaises du 7 Juin 2009

Un pas en avant, un pas en arrière

Une analyse de Fayez Nahabieh

mardi 9 juin 2009 par JMT , Fayez NAHABIEH

Le vote confessionnel

En orange, l’opposition : 57 sièges

En bleu, la nouvelle majorité : 69 sièges

En blanc, des Indépendantistes : 02 sièges

Le parlement élu le 7 Juin 2009

Les résultats définitifs qui ont été publiés cet après-midi par le Ministre de l’intérieur libanais (proche du Président), Monsieur Antoine Baroud, confirment l’équation libanaise par excellence, le ni-ni :« ni vainqueur, ni vaincu ».

La répartition des sièges, suite au scrutin d’hier, ressemble grosso modo à celle de 2005. Le groupe majoritaire passe de 72 sièges à 69, maintenant ainsi sa main sur l’assemblée et sur la composition du cabinet ministériel.

L’ensemble de l’opposition passe de 58 sièges à 57.

Donc, très peu de changement entre les deux chambres.

Vers un gouvernement de salut national ?

Pour le journaliste britannique Robert Fiske, il n’y aura ni une république islamique,ni une république pro-occidentale, mais il y aura un gouvernement de salut national.

Mais ces résultats en dépit de leur équilibre ont été interprétés comme un succès pour la majorité actuelle, car les sondages pronostiquaient un changement relatif en faveur de l’opposition.

L’opposition, de son côté, qui espérait que le vent allait souffler en sa direction vient de reconnaître son échec.

Le rédacteur en chef du journal Al-Akhbar (l’information), qui est proche de l’opposition, n’a pas hésité à décrire les résultats comme « une grande défaite ».

Le député Hassan Fadl Allah, membre du bloc chiite « fidèle à la résistance », a estimé que les élections dans le sud n’étaient qu’une formalité pour les deux mouvements chiites Amal et Hezbollah. Il a ajouté que le pays s’appuie dans son existence sur un équilibre confessionnel.

Toujours pas d’évolution vers la laïcité

En fait, ceci est écrit dans la constitution libanaise et l’accord de Taëf en Arabie Saoudite en 1991 a appelé à le supprimer progressivement, mais durant vingt ans, rien, rien n’a été proposé ou suggéré et même pas une seule réunion a été consacrée à ce sujet.

Le Président du conseil français de la IIIè République, Georges Clémenceau disait : "si vous êtes en face d’une difficulté et vous n’êtes pas en mesure d’apporter une réponse franche, vous n’avez qu’à mettre en place une commission ou plusieurs commissions pour l’étudier, la réétudier et le temps passe."

Au Liban, en ce qui concerne la question du confessionnalisme, le pays, vingt ans après Taëf n’est même pas encore en phase de mettre en place une commission pour envisager les différents aspects de ce problème.

Les citoyens ont voté, ont bien voté, mais chacun pour sa confession – malgré eux- comme d’habitude (17 confessions). Et aucune perspective réelle n’ est envisagée pour instaurer la laïcité.

Une fois de plus, le parlement a été élu, le pays a gagné certes, mais une fois de plus la République a perdu car l’équilibre confessionnel demeure fragile.

Fayez Nahabieh/ 08,06,2009 Membre « Amis du Monde diplomatique »

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