AID Association initiatives dionysiennes
Si Téhéran est la clé du Moyen-Orient, Israël en est la poudrière

Goliath Obama contre David Netanyahu ?

comment ramener Israël dans le sillage des nouveaux intérêts étatsuniens ?

mardi 2 juin 2009 par JMT

Les sirènes ont retenti mardi sur l’ensemble du territoire israélien pour appeler la population à se réfugier dans les abris dans le cadre d’un vaste exercice de défense passive simulant une attaque tous azimuts de missiles.

L’Etat d’Israël souhaite que le président américain Barack Obama respecte les ententes conclues avec lui par son prédécesseur sur la colonisation, a affirmé mardi un ministre israélien.

Le président américain veut la paix au Proche-Orient. Il sait que la résolution des casse-tête irakien, afghan ou iranien passe aussi par Jérusalem. Mais est-il prêt à imposer un compromis à Israël ? Ce serait un tournant.

Le président américain, qui se rend au Proche-Orient ce mardi, a appelé à la fermeté sur la création d’un Etat palestinien et sur la colonisation. Une attitude qui irrite l’Etat hébreu.

S’il a réclamé à Israël la fin de la colonisation et a plaidé pour un Etat palestinien en recevant Mahmoud Abbas, il s’est aussi démarqué de George W. Bush en se gardant de fixer un calendrier. Mahmoud Abbas venait pourtant d’affirmer l’urgence de progrès pour résoudre le conflit israélo-palestinien, en déclarant que "le temps est un facteur essentiel".

C’est la première fois que le chef du gouvernement israélien évoque un "Etat palestinien" depuis son arrivée au pouvoir le 31 mars dernier.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a évoqué dimanche un "Etat palestinien", pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir le 31 mars dernier, tout en indiquant avoir des "réserves" à son propos, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

Israël simule une attaque de missiles tous azimuts contre son territoire

AFP - mardi 2 juin 2009, 11h19

Les sirènes ont retenti mardi sur l’ensemble du territoire israélien pour appeler la population à se réfugier dans les abris dans le cadre d’un vaste exercice de défense passive simulant une attaque tous azimuts de missiles.

Des enfants Israéliens dans un abri le 2 Juin 2009

Au son des sirènes, qui s’est prolongé pendant une minute et demie, les Israéliens ont été appelés à se réfugier dans les abris publics ou les pièces blindées spécialement aménagées dans les logements les plus récents.

Les chaînes de télévision et les radios ont diffusé des messages explicatifs et appelé la population à gagner les abris rapidement, tout en prenant soin de rappeler qu’il s’agissait uniquement d’un exercice.

Dans les centres commerciaux, les écoles, et les lieux publics, la population a généralement gagné les abris pour y rester une dizaine de minutes.

"J’ai eu l’impression de rêver ... personne n’a réagi lorsque les sirènes ont retenti et les gens ont continué de vaquer à leurs occupations", confie cependant une automobiliste, près d’un grand centre commercial de Tel Aviv.

L’armée avait auparavant demandé à la population d’entreposer dans les abris des stocks de vivre, de l’eau et du matériel d’urgence ainsi que des trousses de premiers soins.

A l’école Mitzpé Golan, dans le village de Bnei Yéhouda, au nord du lac de Tibériade, des tirs d’artillerie ont retenti au loin et les enfants sont entrés en file indienne et calmement dans les salles de classes protégées.

"L’important, c’est de ne pas avoir peur", chantonnent les professeurs.

"Cet exercice montre clairement que le danger est réel", dit l’un d’eux sous couvert d’anonymat. En cas de tirs réels de missiles, les habitants du secteur disposeraient de trente secondes seulement pour se mettre à couvert, explique-t-il.

"En faisant retentir les sirènes, nous voulons que tous les citoyens israéliens prennent conscience du fait qu’une alerte peut se produire n’importe quand et n’importe où et qu’ils doivent savoir comment se comporter", a déclaré à la radio publique le vice-ministre de la Défense, Matan Vilnai.

Intervenant à la télévision publique, le général Yaïr Golan, commandant de la Défense passive, a déclaré : "ce pays est sécurisé. Mais la contribution de chacun peut le rendre encore plus sûr".

"La rapidité et le degré de coopération de la population dans l’application des consignes de sécurité nous permettront de savoir si cet exercice est couronné de succès", a de son côté déclaré à la télévision un officier supérieur de la Défense passive.

Seules les localités israéliennes situées à la périphérie de la bande de Gaza, souvent visées par des tirs palestiniens de roquettes, ont été priées de ne pas participer à l’exercice.

Cet exercice d’une ampleur sans précédent simule une attaque simultanée contre Israël de missiles et de roquettes, des attentats terroristes de grande envergure ainsi qu’une catastrophe naturelle, notamment un tremblement de terre.

"Non, cela ne veut pas dire qu’une guerre est à l’horizon. L’armée ne cache rien au public ni à personne. Il faut juste que la population sache comment agir en cas d’attaque conjuguée de missiles sur plusieurs fronts", a affirmé Alon Ben David, correspondant militaire de la Chaîne-Dix privée de la télévision.

Une tension à la frontière nord d’Israël avec le Liban est perceptible depuis le début de l’exercice. Pas de mesure particulière visible sur le terrain, a-t-on cependant indiqué de source militaire.

Cet exercice, qui a commencé dimanche et doit durer cinq jours, permettra de tester les capacités d’Israël à répondre à des tirs de roquettes depuis le Liban et la bande de Gaza, et de missiles balistiques depuis l’Iran ou la Syrie, selon des responsables du ministère de la Défense.

Israël veut qu’Obama respecte les engagements de Bush

AFP - mardi 2 juin 2009, 09h14

L’Etat d’Israël souhaite que le président américain Barack Obama respecte les ententes conclues avec lui par son prédécesseur sur la colonisation, a affirmé mardi un ministre israélien.

Des colons juifs le 1er Juin 2009

"Lorsque le président américain demande le gel de la construction, y compris de jardins d’enfants (dans les colonies), il s’écarte des ententes conclues avec Israël par le président (George W.) Bush", a affirmé à la radio publique le ministre de l’Environnement Gilad Erdan, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"En 2004, M. Bush a indiqué dans une lettre que la construction pourrait continuer dans les grands blocs d’implantations en Judée-Samarie (Cisjordanie), et c’est en vertu de ce texte qu’Israël a ensuite évacué une vingtaine de colonies dans la bande de Gaza" en 2005, a-t-il poursuivi.

"Les fonctionnaires du département d’Etat américain connaissent ces ententes", a-t-il insisté.

Le président américain Barack Obama a affirmé lundi, avant son départ pour le Proche-Orient, la nécessité d’une certaine fermeté envers Israël sur la création d’un Etat palestinien et la colonisation dans les territoires.

Dans un entretien accordé à la radio publique américaine NPR, M. Obama a justifié cette fermeté par le fait que la tendance générale actuelle dans la région était "profondément négative" pour les intérêts israéliens et américains.

M. Erdan a rappelé qu’Israël est par ailleurs engagé par la +Feuille de route+, un plan international de paix lancé en 2003 et resté lettre morte qui prévoit la création par étapes d’un Etat palestinien.

"Mais, il ne faut pas pointer un doigt accusateur sur Israël, car ce plan exige que les Palestiniens mettent d’abord fin à la violence alors qu’ils ne luttent pas contre les organisations terroristes", a-t-il dit.

"Ceux qui pensent pouvoir exercer des pressions au détriment des intérêts et de la sécurité des habitants d’Israël se trompent (...). Nous pensons qu’il faut poursuivre le dialogue avec l’administration à Washington et qu’il est possible de la convaincre", a encore dit M. Erdan.

De son côté, Yitzhak Herzog, ministre travailliste des Affaires sociales, a constaté mardi que si "l’administration en place à Washington a changé (...) cela ne remet pas en question notre alliance avec les Etats-Unis. Entre alliés et amis, la critique est légitime".

"Les Américains pensent qu’Israël n’a pas fait tout le nécessaire en Cisjordanie, et l’épreuve consistera à démanteler, conformément à nos engagements, les colonies illégales" créées sans l’aval des autorités israéliennes, a-t-il ajouté sur la radio publique.

"Ces colonies illégales portent atteinte aux blocs de colonies qui font partie du consensus, y compris dans l’accord de Genève", a ajouté M. Herzog, en allusion à un plan de paix alternatif conclu en 2003 en Suisse par des intellectuels et des hommes politiques israéliens et palestiniens.

Interrogé par l’AFP, un haut responsable israélien a estimé sous condition d’anonymat que "ce qui compte surtout pour nous dans les propos d’Obama, c’est le fait qu’il a rappelé avec force son soutien profond à Israël. Il a réitéré l’importante alliance de nos deux pays basée sur des valeurs communes".

"Nous pensons par ailleurs qu’il faut toujours être francs et honnêtes entre amis, et il est bon et parfaitement normal qu’un président américain soit ferme dans ses prises de positions".

Benjamin Netanyahu a rejeté lundi la demande américaine de geler la colonisation en Cisjordanie, affirmant que le gouvernement ne construirait pas de nouvelles colonies et détruirait les avant-postes illégaux mais n’empêcherait pas l’expansion naturelle des colonies existantes.

Obama, Israël et les juifs

SEMAINE DU JEUDI 28 Mai 2009 De notre correspondant aux Etats-Unis

Le président américain veut la paix au Proche-Orient. Il sait que la résolution des casse-tête irakien, afghan ou iranien passe aussi par Jérusalem. Mais est-il prêt à imposer un compromis à Israël ? Ce serait un tournant.

Barack Obama devant l’AIPAC, le principal lobby pro-Israélien à Washington lors de sa campagne en 2008

Ce sera le mois de tous les dangers, ce sera le mois de tous les espoirs : 4 juin, discours d’Obama au Caire ; 7 juin, élections législatives au Liban ; 12 juin, élection présidentielle en Iran.

Après ? Après, tout est possible. Au Moyen-Orient comme ailleurs, la victoire de Barack Obama a « fait bouger les lignes », pour reprendre une expression très en vogue à Washington.

A peine installé, le nouveau président a multiplié les signes d’activisme : nomination de George Mitchell, l’artisan de la paix en Irlande du Nord, comme envoyé spécial au Moyen-Orient, interview à la chaîne Al-Arabiya, discours en Turquie, visite à Washington de Benyamin Netanyahou, suivi cette semaine par Mahmoud Abbas, serait-ce enfin le bout du tunnel entre Israéliens et Palestiniens ? Certains, avant même que ne soit connu le plan d’Obama, n’hésitent pas à parler d’un nouveau paradigme.

A Washington et à New York, même les plus blasés reconnaissent que la donne a changé. Le mot-clé ? Popularité. Celle de Barack Obama parmi les juifs américains, qui ont massivement voté pour lui, mais aussi celle dont il jouit partout dans le monde.

« L’Iran ne peut pas diaboliser « Barack Hussein Obama », il est bien trop populaire pour cela. Netanyahou, quant à lui, a parfaitement intégré la cote d’amour dont dispose Obama. Personne ne veut une confrontation », note David Makovsky du Washington Institute for Near East Policy. Même l’opinion israélienne, majoritairement favorable à John McCain pendant la campagne, n’attend qu’une visite du président américain pour se laisser séduire.

Barack Obama a aussi d’autres atouts. Il succède à George Bush, c’est-à-dire à « huit années d’absence totale d’une politique sérieuse sur le processus de paix », souligne Leslie Gelb, président émérite du Council on Foreign Relations. « Bush a tenté l’approche régionale à Annapolis en 2007, nuance Nathan Brown, professeur à la George Washington University et spécialiste de la Palestine, mais son administration n’avait ni l’expérience, ni la crédibilité d’Obama, ni son équipe, pour une telle approche. »

Par le style et la méthode, Obama marque une rupture avec ses prédécesseurs. « Il comprend la politique étrangère d’une façon qui est rare pour un nouveau président, constate Charles Kupchan, du Council on Foreign Relations. Il a fallu deux ou trois ans à Clinton, avec qui j’ai travaillé, pour prendre la mesure des dossiers, malgré sa grande intelligence Obama, lui, a pigé d’emblée. »

Alors ? Alors personne ne croit au Grand Soir ! Certainement pas l’ancien conseiller de Clinton, Robert Malley dont les liens avec les Palestiniens lui ont valu d’être éjecté de l’équipe Obama pendant la campagne.

Aaron David Miller, du Woodrow Wilson Center, engagé dans le processus de paix depuis les années 1980, est plus pessimiste que jamais : « J’ai vécu trop d’illusions pendant trop longtemps, je ne veux pas voir l’Amérique trébucher une nouvelle fois parce que nous avons perçu le monde tel que nous le voulions et non tel qu’il était. »

C’est surtout la détérioration des conditions sur le terrain qui alimente le blues des experts : « Vu l’état de leurs leaderships respectifs, les chances d’un accord entre Israéliens et Palestiniens sont pratiquement nulles », juge Miller. « Le style d’Obama, qui associe à l’empathie d’un Clinton un vrai sens stratégique, aurait fait des merveilles il y a cinq ou six ans, affirme Nathan Brown. Aujourd’hui, je ne vois aucune base institutionnelle pour un accord. Les divisions entre Palestiniens sont trop profondes, et les illusions des Israéliens trop grandes ! »

Des concessions de part et d’autre

Creusez un peu, pourtant, et vous trouvez l’espoir. Ces experts, malgré leur pessimisme affiché, attendent beaucoup d’Obama. D’abord parce que « l’Amérique reste la seule nation capable de conduire à des solutions sur les problèmes majeurs, rappelle Leslie Gelb. Si nous ne jouons pas un rôle actif afin de faciliter la paix au Proche-Orient ou une ouverture de l’Iran, il n’y aura aucun progrès. »

Quel rôle ? L’objectif poursuivi par Obama est clair : un accord bilatéral sur une solution à deux Etats (voir l’interview de Robert Malley), impliquant des concessions de part et d’autre, avec une dimension régionale importante.

En d’autres termes, une sorte d’« Annapolis sur stéroïdes ». Mais « définir l’objectif c’est la partie facile, dit Gelb. Ce que je ne vois pas encore, c’est la stratégie ». Les fuites en provenance de la Maison- Blanche sont inexistantes. « Ils ont un sens de la discipline incroyable, je n’aurais jamais cru cela possible de la part de démocrates », admire Charles Kupchan.

Mais ce n’est pas qu’une affaire de communication : la Maison-Blanche attend les résultats des élections en Iran et au Liban pour faire le point sur la mission Mitchell. « Ils sont très loin d’avoir articulé une stratégie, tout simplement parce que les problèmes sont extraordinairement ardus », note Miller.

Les Américains feront-ils pression sur Israël ? Henry Siegman, ancien directeur de l’American Jewish Congress et président du US Middle East Project, a rassemblé une dizaine de grands noms (parmi lesquels Paul Volcker, Brent Scowcroft ou Zbigniew Brzezinski), lesquels ont remis une lettre à Obama lui demandant d’« au moins explorer la possibilité » de discussions avec le Hamas.

Siegman préconise la fermeté avec Israël : « Il est possible, dit-il, d’imaginer un président américain tenant un langage très fort et sans concession : « Voilà notre intérêt dans la région, les choses doivent progresser et voici le cadre dans lequel on doit discuter. »

La notion sur laquelle se sont fondées toutes les politiques passées, et qui a échoué, est celle d’une Amérique jouant le rôle de simple facilitateur : conduire les gens à la table, enlever leur manteau, leur demander s’ils veulent du café, mais les laisser décider. »

Sur le terrain

Selon Henry Siegman, « un président américain ayant le vent en poupe peut faire face à un leader israélien et parler au nom de la majorité des juifs américains, et il peut le faire plus facilement avec Netanyahou qu’avec un leader israélien qui serait plus populaire dans son pays ».

Ce genre de langage n’est pas celui qu’on entend le plus souvent dans la communauté juive américaine. « En Europe, les gens pensent qu’il suffirait de faire pression sur les Israéliens pour obtenir la paix, s’amuse David Makovsky.

La plupart des Américains sont sceptiques ; ils voient la complexité de la situation du côté des Palestiniens, et leurs divisions. » Cela dit, d’Obama à Hillary Clinton en passant par George Mitchell ou James Jones, « tout le monde, à Washington, est d’accord pour peser davantage sur les Israéliens et pour aborder des questions qui ne l’ont jamais été auparavant », affirme Nathan Brown.

Faire pression de façon très explicite, comme James Baker avec Itzhak Shamir en 1991 ? Personne n’y croit trop. « Mais il y aura une certaine confrontation sous une forme ou une autre, probablement dès cet été », pronostique Nathan Brown.

Là encore, beaucoup dépendra du dossier iranien (voir encadré), de la situation politique intérieure israélienne, des tensions palestiniennes ou des considérations stratégiques arabes. Mais sur le terrain les dossiers où l’on pourrait avancer ne manquent pas.

« Prenez la Cisjordanie : 280 000 colons vivent au-delà des frontières d’avant 1967. Ce n’est pas énorme, et l’on peut très bien imaginer un troc de territoires sur une base égalitaire », avance David Makovsky.

La question de Jérusalem-Est (200 000 colons) et du Golan resterait entière, mais cela débloquerait singulièrement le processus de paix. « Le plus important, souligne Leslie Gelb, est de raviver l’appétit des Palestiniens et des Israéliens pour un compromis, comme l’avaient fait les Britanniques en Irlande du Nord : ils avaient mis sur pied des groupes de femmes catholiques et protestantes, des cercles d’hommes d’affaires, en un mot, ils avaient créé des clientèles favorables à des concessions politiques. »

Barack Obama se satisferait-il d’ambitions aussi limitées ? Peut-être pas. Mais le verra-t-on risquer prestige et popularité pour un accord voué à l’échec ? Certainement pas.

Richard Nixon et Golda Meir en 1969

Richard Nixon et Golda Meir en 1969, à la Maison-Blanche. Un accord secret aurait alors été conclu sur la bombe atomique israélienne.

Sadate, Carter et Begin en 1979.

La paix israélo-égyptienne contraint Israël à se retirer du Sinaï.

Itzhak Shamir et George Bush en 1991à la Conférence de Madrid

Au lendemain de la première guerre du Golfe, Israël, les pays arabes et les Palestiniens sont réunis pour engager une négociation.

Rabin, Clinton, Arafat en septembre 1993.

La signature des accords d’Oslo ouvre l’immense espoir d’une solution au conflit.

George W. Bush et Ariel Sharon en 2004

George W. Bush et Ariel Sharon en 2004 à Washington. Le président américain juge irréaliste la restitution de la totalité de la Cisjordanie aux Palestiniens.

Les hommes d’Obama

Rahm Emanuel

Au sein de l’équipe rapprochée du président, David Axelrod, le stratège, et Rahm Emanuel, chef d’état-major de la Maison- Blanche, assurent le lien indispensable avec la communauté juive. Tous deux sont juifs. Emanuel, dont le père est israélien, a même été volontaire dans Tsahal en 1991.

Joe Biden

Ami d’Israël, le vice-président, qui manie aussi le langage de la fermeté, est entouré de vétérans du dossier, comme son conseiller pour la Sécurité nationale, le francophile Antony Blinken.

George Mitchell

Le très habile envoyé spécial d’Obama au Moyen-Orient est actuellement aux commandes sur le dossier israélo-palestinien. Son chef d’état-major, Mara Rudman, et son conseiller, Frédéric Hof, sont partisans d’une ligne ferme avec les deux parties.

James Jones

Souvent critique envers les Israéliens, le conseiller pour la Sécurité nationale est entouré de poids lourds de l’équipe Obama : Daniel Shapiro, son directeur pour le Proche-Orient, et surtout Mark Lippert et Denis McDonough, deux des principaux conseillers d’Obama en politique étrangère.

Hillary Clinton

Entourée de conseillers appréciés d’Israël, comme Dennis Ross (chargé entre autres de l’Iran), elle n’est pas - pas encore ? - le premier violon sur ce dossier. Une partie de son rôle, pour l’instant, semble être de rassurer les dirigeants israéliens.

Philippe Boulet-Gercourt Le Nouvel Observateur

Le ton monte entre Israël et Barack Obama

NOUVELOBS.COM 02.06.2009 13:37

Le président américain, qui se rend au Proche-Orient ce mardi, a appelé à la fermeté sur la création d’un Etat palestinien et sur la colonisation. Une attitude qui irrite l’Etat hébreu.

Le président américain Barack Obama (Reuters)

Le président américain Barack Obama a déclaré, lundi 1er juin, avant de partir pour le Proche-Orient, qu’il était nécessaire de faire preuve d’une certaine fermeté envers Israël au sujet de la création d’un Etat palestinien et la colonisation dans les Territoires.

Une attitude qui suscite plusieurs critiques parmi les dirigeants de l’Etat hébreu. Barack Obama, qui donnait une interview à la radio publique américaine NPR a justifié cette fermeté par le fait que la tendance générale actuelle dans la région était "profondément négative" pour les intérêts israéliens et américains.

Il a évoqué les appels régulièrement proférés dans la région à l’annihilation d’Israël, appels d’organisations radicales ou de dirigeants comme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

"Les Etats-Unis ont une relation particulière avec Israël, cela ne fait aucun doute", a déclaré Barack Obama à la radio NPR qui l’interrogeait sur le sentiment éprouvé pour beaucoup au Proche-Orient d’un parti pris quasiment aveugle des Etats-Unis en faveur d’Israël.

"Une solution à deux Etats"

"Quand on a dit cela, ce qui est également vrai, c’est qu’être amis, cela signifie aussi être honnêtes. Et je pense qu’il y a eu des moments où nous n’avons pas été aussi honnêtes que nous le devrions sur le fait que la direction actuelle, la trajectoire actuelle dans la région, est profondément négative, non seulement pour les intérêts israéliens, mais aussi pour les intérêts américains", a-t-il indiqué.

"Je ne pense pas que nous devions modifier le soutien ferme que les Etats-Unis apportent à Israël", a dit Barack Obama, qui s’envole mardi pour son premier séjour de président au Proche-Orient.

Mais "nous devons maintenir une foi constante dans la possibilité de négociations menant à la paix. Et, selon moi, cela nécessite une solution à deux Etats. Cela nécessite que de chaque côté, israélien et palestinien, on honore ses obligations", a-t-il dit.

"J’ai dit très clairement aux Israéliens, en privé et en public, qu’un gel de la colonisation, croissance naturelle incluse, fait partie de ces obligations", a-t-il dit, signifiant par là qu’il rejette l’argument de l’accroissement démographique pour justifier une extension des colonies dans les Territoires palestiniens.

Appel à suivre les accords signés sous Bush

L’Etat d’Israël a répondu à Barack Obama en exprimant son souhait que le président américain respecte les ententes conclues avec lui par son prédécesseur sur la colonisation, à travers les déclarations d’un ministre israélien.

"Lorsque le président américain demande le gel de la construction, y compris de jardins d’enfants (dans les colonies), il s’écarte des ententes conclues avec Israël par le président (George W.) Bush", a affirmé à la radio publique le ministre de l’Environnement Gilad Erdan, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"En 2004, M. Bush a indiqué dans une lettre que la construction pourrait continuer dans les grands blocs d’implantations en Judée-Samarie (Cisjordanie), et c’est en vertu de ce texte qu’Israël a ensuite évacué une vingtaine de colonies dans la bande de Gaza" en 2005, a-t-il poursuivi.

"Les fonctionnaires du département d’Etat américain connaissent ces ententes", a-t-il insisté.

"La critique est légitime"

Gilad Erdan a rappelé qu’Israël est par ailleurs engagé par la ’Feuille de route’, un plan international de paix lancé en 2003 et resté lettre morte qui prévoit la création par étapes d’un Etat palestinien.

"Mais, il ne faut pas pointer un doigt accusateur sur Israël, car ce plan exige que les Palestiniens mettent d’abord fin à la violence alors qu’ils ne luttent pas contre les organisations terroristes", a-t-il dit.

"Ceux qui pensent pouvoir exercer des pressions au détriment des intérêts et de la sécurité des habitants d’Israël se trompent (...) . Nous pensons qu’il faut poursuivre le dialogue avec l’administration à Washington et qu’il est possible de la convaincre", a encore dit Gilad Erdan.

De son côté, Yitzhak Herzog, ministre travailliste des Affaires sociales, a constaté mardi que si "l’administration en place à Washington a changé (...) cela ne remet pas en question notre alliance avec les Etats-Unis. Entre alliés et amis, la critique est légitime".

"Combattre les provocations anti-israéliennes"

Quant aux Palestiniens, ils doivent améliorer la sécurité et combattre les provocations anti-israéliennes pour qu’Israël cesse de se sentir menacé, a dit Barack Obama.

A propos d’un refus par le nouveau gouvernement israélien d’un arrêt de la colonisation, Barack Obama a mis en avant qu’il est "encore tôt dans le processus, ils (les Israéliens) ont formé leur gouvernement, il y a quoi ? un mois seulement..."

"Mais il est important que nous soyons clairs quant à ce qui, selon nous, conduira à la paix et qu’il n’y ait pas d’équivoque et qu’on ne donne pas l’impression que nous n’attendons de compromis que de l’une des parties", a-t-il dit.

Discours au Caire jeudi

Barack Obama a dit qu’il y allait de la crédibilité des Etats-Unis dans la région, où il se va pour détendre les relations avec les musulmans et prononcer un grand discours promis de longue date à leur adresse.

Dans ce discours au Caire jeudi, il compte évoquer les valeurs américaines, à savoir "la démocratie, l’Etat de droit, la liberté d’expression et la liberté de religion", mais sans chercher à imposer ces valeurs à quiconque.

Barack Obama n’a pas tranché entre ce qui serait le plus dangereux : que l’Iran détienne l’arme nucléaire ou qu’Israël attaque l’Iran pour l’empêcher de l’avoir.

Mais que l’Iran possède la bombe atomique "serait profondément déstabilisateur pour la région, non seulement à cause de la réaction d’Israël, mais aussi à cause de la réaction d’autres Etats arabes ou d’autres Etats musulmans dans la région inquiets que l’Iran ne soit indûment avantagé", a-t-il dit.

(Nouvelobs.com)

Proche-Orient - Obama refuse de s’enfermer dans des échéances fixes

le 29/05/2009 - 07h30 Mis à jour le 29/05/2009 - 07h32

S’il a réclamé à Israël la fin de la colonisation et a plaidé pour un Etat palestinien en recevant Mahmoud Abbas, il s’est aussi démarqué de George W. Bush en se gardant de fixer un calendrier. Mahmoud Abbas venait pourtant d’affirmer l’urgence de progrès pour résoudre le conflit israélo-palestinien, en déclarant que "le temps est un facteur essentiel".

Crédit Photo : TF1/LCI Barack Obama recevant Mahmoud Abbas à la Maison Blanche (28 mai 2009)

Son prédécesseur, George W. Bush, s’était donné jusqu’à la fin de son mandat en janvier 2009 pour voir un accord entre Israéliens et Palestiniens, lorsqu’il avait présidé à un effort de relance du processus de paix fin 2007.

Barack Obama préfère avancer à pas comptés. "Je vais voir des progrès et nous allons travailler énergiquement pour y parvenir", a-t-il affirmé jeudi en recevant Mahmoud Abbas. "Je suis confiant sur le fait que nous pouvons faire avancer ce processus si les parties sont prêtes à honorer leurs engagements".

Confiance affichée, mais prudente, de même que les déclarations du président américain au leader palestinien. Certes, Barack Obama a fait pression sur Israël pour la création d’un Etat palestinien et la fin de la colonisation - deux questions qui représentent un sérieux différend entre les gouvernements américain et israélien : Benjamin Netanyahu refuse en effet d’accepter un règlement à deux Etats, au coeur des efforts de paix de la communauté internationale depuis des années et oppose une fin de non-recevoir à un arrêt total de la colonisation.

Abbas remet un "plan palestinien" à Obama

Mais l’actuel locataire de la Maison Blanche a reconnu les réalités politiques auxquelles fait face le gouvernement israélien pour refuser de fixer des échéances : "Je pense que nous n’avons pas un moment à perdre" dans l’effort de résolution du conflit, "mais je ne prends pas non plus mes décisions en me fondant simplement sur des discussions que nous avons eues la semaine passée, parce que, de toute évidence, M. Netanyahu doit régler ces questions au sein de son propre gouvernement, de sa propre coalition", a souligné Barack Obama.

Mahmoud Abbas, qu’il recevait pour la première fois à la Maison Blanche, venait pourtant d’affirmer l’urgence de progrès pour résoudre le conflit israélo-palestinien, en déclarant que "le temps est un facteur essentiel". Barack Obama, lui, a rappelé que les deux parties, israélienne et palestinienne, avaient des obligations à honorer.

Mahmoud Abbas a toutefois profité de cette première rencontre au siège de la présidence américaine pour remettre à Barack Obama un document contenant des idées pour la relance du processus de paix israélo-palestinien.

"Ce document ne sort pas du cadre de la Feuille de route et de l’Initiative de paix arabe. Il contient des idées pour la mise en place de mécanismes d’application de ces deux plans", a déclaré le leader palestinien peu avant de quitter Washington. "Le président Obama a promis d’étudier ce document", a pour sa part affirmé le négociateur palestinien Saëb Erakat.

L’initiative arabe de paix, lancée par l’Arabie Saoudite en 2002, prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis 1967 et la création d’un Etat palestinien. Israël l’a rejetée dans sa forme actuelle, principalement en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens.

Quant à la Feuille de route, elle a été élaborée par le Quartette international - Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU - et lancée en 2003. Elle prévoit la création d’un Etat palestinien dans les territoires occupés par Israël mais elle est restée lettre morte depuis son lancement.

D’après agence

Israël - Netanyahu évoque un "Etat palestinien"

le 24/05/2009 - 18h04 Mis à jour le 24/05/2009 - 22h37

C’est la première fois que le chef du gouvernement israélien évoque un "Etat palestinien" depuis son arrivée au pouvoir le 31 mars dernier.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a évoqué dimanche un "Etat palestinien", pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir le 31 mars dernier, tout en indiquant avoir des "réserves" à son propos, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

Crédit Photo : ABACA Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu Image d’archives

"Clairement, nous devons avoir certaines réserves concernant un Etat palestinien dans un accord sur le statut final" des territoires palestiniens, a déclaré Benjamin Netanyahu.

"Ces choses ont été clairement exprimées devant le président (américain Barack Obama) à Washington", a-t-il ajouté. "Lorsque l’on parviendra à un accord sur la substance, nous parviendrons à un accord sur la terminologie", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien a rencontré lundi dernier le président Obama pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir des deux hommes. A son retour de Washington, il avait simplement dit pouvoir envisager un "arrangement" dans lequel Israéliens et Palestiniens vivraient côte-à-côte.

Le Premier ministre israélien a aussi affirmé dimanche que son gouvernement entendait poursuivre l’accroissement des colonies existantes en Cisjordanie mais n’avait pas l’intention d’en créer de nouvelles.

"Je n’ai pas l’intention de créer de nouvelles implantations mais ce n’est pas logique de nous demander de ne pas trouver de réponses à la croissance naturelle et d’interdir toute construction en Judée-Samarie (Cisjordanie, ndlr)", a-t-il déclaré lors du Conseil des ministres hebdomadaire.

Barack Obama a réclamé lundi l’arrêt de la colonisation, en présence de Netanyahu, à l’occasion de leur rencontre.

(D’après agence)

VIDEO

Proche-Orient : Obama et Netanyahu abordent les sujets qui fâchent

Le 18 mai 2009 - 20h15

Benjamin Netanyahu a été reçu lundi à la Maison Blanche par Barack Obama. Le Premier ministre israélien était loin d’être en terrain conquis car le président américain veut repenser la politique des Etats-Unis dans la région..

Par TF1


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